dimanche 19 février 2012

Billet d’humeur : on a beau dire on a beau faire, en Mauritanie certains sont plus égaux que d’autres

Tout fout le camp : plusieurs jeunes filles de l’université de Nouakchott viennent d’être détenues en isolement total (au moins pour quelques unes et pour quelques jours). Passe encore que de jeunes manifestants soient mis aux arrêts, même dans des lieux tenus secrets. Mais que des jeunes filles de moins de 20 ans soient détenues dans des lieux inconnus et par on-ne-sait quelle autorité, sans aucun contact avec leurs familles respectives est tout simplement ahurissant.

Tout fout le camp : le zeste de morale qui nous restait, le soupçon de sens de l’honneur que nous avions hérité et le peu de dignité que nous avions. On ne se gêne plus. Dans un pays où l’on s’extasie sur la place privilégiée réservée à la femme, la première question qui saute à l’esprit c’est : mais comment est-ce possible ?

Sur les images publiées par le site Alakhbar, c’est une manifestante qui apporte une réponse : on n’a jamais vu une manifestante de la communauté maure se faire emprisonner dans un endroit inconnu, sans contact avec sa famille plusieurs jours durant. C’est cela donc. Cette même manifestante qui interpelle un agent des forces de l’ordre dont elle a soigné le fils durant une semaine en pédiatrie, sans que l’agent ne débourse un traitre sou. Un agent qui lui faisait face la matraque à la main à défaut d’un pansement, d’un bistouri ou d’une perfusion. Au milieu de la foule noire qui proteste, une autre manifestante présente un (seul) visage blanc : l’artiste Tahra Mint Hembara venue témoigner sa solidarité avec les familles des étudiantes. Tahra justifiait sa présence par le refus de considérer qu’en Mauritanie chacun devait se limiter à ses propres revendications : maures et noirs séparés. Un pays deux peuples.

Elle ne croit pas si bien dire. Quand des jeunes maures manifestent dans le sillage du printemps arabe, des noirs les ignorent au prétexte qu’il ne faut pas valider la thèse de l’arabité de la Mauritanie en mimant ce qui se passe ailleurs. Quand des noirs manifestent contre le recensement qu’ils jugent discriminatoire, ils constatent que peu de maures épousent leur combat. Dans les deux cas d’ailleurs, ceux qui se mobilisent ne sont pas nombreux. Où sont passés les autres qui ont autant de raison de s’indigner ? Sont-ils inconscients ? Apathiques ? Lâches ? Opportunistes ? Se sentent-ils non concernés ? Tout ça à la fois ? Des « visages blancs » comme celui de Tahra Mint Hembara qui se désolidarisent des manigances des politiciens, il y en a beaucoup en Mauritanie. Des « visages noirs » comme ceux de ces militantes qui crient leur dégout d’un système nauséabond, il y en a aussi beaucoup en Mauritanie. Mais ils sont trop silencieux alors que les odieux hurlent trop fort.

Au milieu de ce champ de ruines, les politiciens exultent. Des jeunes sont-ils victimes des balles des forces de l’ordre à Maghama, la plupart dans le dos y compris pour une dangereuse jeune fille de 8 ans, frêle comme un roseau ? Leurs familles doivent se débrouiller pour les évacuer, par leurs propres moyens, sur l’hôpital de Kaédi. Un jeune manifestant se fait-il sectionner la main par une grenade lancée par la police ? Le secours ne lui viendra que de l’intervention d’une Allemande après des appels à l’aide restés vains ! Honte ! Trois fois Honte ! Dans l’intervalle, une jeune fille est-elle victime d’une balle à bout portant ? Des hauts fonctionnaires au sommet de l’Etat se mobilisent et un avion spécial est affrété pour une évacuation au Maroc dans les 48 heures. Un instituteur tente-t-il de s’immoler par le feu (ou succombe-t-il sous les balles tirées par la garde présidentielle) ? On s’affaire en haut lieu pour préparer un avion d’évacuation que seule la mort, hélas, l’empêchera de prendre. Cherchez l’erreur.

Vous comprendrez alors pourquoi la question de la cohabitation des communautés en Mauritanie doit être discutée sans tabou. Vous comprendrez aussi pourquoi les voix qui posent la question de l’unité de la Mauritanie sont de moins en moins inaudibles. Car, quand on se limite à dire que l’Etat républicain et la démocratie suffisent à tout régler, on s’expose à une réponse du genre, « tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres » (Georges Orwell). L’accusation d’extrémisme, de terrorisme, d’étroit… que l’on brandit au visage de ceux qui osent crier au racisme en Mauritanie est périmée. Parce que « cabri mort n’a plus peur de couteau ». Parce que de plus en plus, il faudra appeler un chat par son nom. Quand un sage scrute le ciel en plein jour et par ciel dégagé et soutient mordicus qu’il ne voit pas le soleil accablant qui vous éblouit et vous brûle la peau et les pieds, vous avez le droit de douter -au choix- de sa sagesse, de son acuité visuelle ou de sa bonne foi. Le pire est peut être devant nous.

Abdoulaye DIAGANA pour Kassataya.com

mardi 14 février 2012

Mali: Sadio Gassama, un homme respecté par la troupe

C’est la première fois depuis 2002 qu’un général a été nommé à la tête du ministère de la Défense et des Anciens Combattants. En effet, à la faveur d’un léger réaménagement de l’équipe gouvernementale, intervenu le 2 février dernier, le général de division, Sadio Gassama prend les commandes du département en charge de la défense. Nathié Pleah va se charger de la sécurité intérieure et de la protection civile.

La nomination de cet officier valeureux est interprétée par de nombreux observateurs comme la traduction de la volonté de fermeté du président de la République mais aussi une manière de calmer les troupes sur le terrain. Ancien chef d’Etat-major général des Armées, Sadio Gassama est un homme respecté par la troupe qui a longtemps travaillé avec l’actuel chef d’Etat-major, général Gabriel Poudiougou.
Les chefs de partis politiques à Koulouba
Le 4 février dernier, quelques chefs de partis politiques ont été reçus au Palais de Koulouba par le président ATT. Ils étaient venus faire leurs propositions de sortie de crise au chef de l’Etat tout en affirmant leur détermination à l’accompagner. Selon le président de l’Assemblée Nationale, Pr Dioncounda Traoré, la situation est gravissime. Il faut éviter, dit-il, la complaisance et tenir un langage de vérité. Pour lui, la population doit garder son calme et sa sérénité et éviter de faire l’amalgame.
Tombouctou interdit aux bandits armés
Environ 1000 jeunes arabes de la région de Tombouctou se sont organisés pour défendre le territoire de la cité mystérieuse contre toute agression de bandits armés du MNLA. De sources concordantes, les jeunes arabes ont lancé un sévère avertissement aux apatrides en intelligence avec des puissances extérieures afin qu’ils puissent quitter la région de Tombouctou.
Le général putschiste joue avec le feu
Le président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Azziz est un soutien de taille pour les aventuriers traîtres du MNLA. Ce soutien du général putschiste ne surprend personne. En proie à une vague de contestations à l’intérieur, Mohamed Ould Abdel Azziz vit avec la peur d’être renversé par un coup d’Etat. Ce général putschiste a mis en place un régime brutal et raciste, qui n’hésite pas à tirer sur ses propres citoyens.
Des réfugiés en Algérie,
en Mauritanie, au Niger
et au Burkina !
4.500 Maliens ayant fui les combats dans le nord malien sont entrés en Mauritanie ces derniers jours. Ils ont été recensés “avec l’aide du Haut Commissariat aux Réfugiés’’ (HCR) de l’ONU dans la région de Wassala, à la frontière entre les deux pays, selon une source administrative en Mauritanie. Au Niger, 4 700 ont été recensés à Chinagodrar, à 18 km de la localité malienne d’Anderamboukane. Parmi les réfugiés, il y a des notables et des responsables des autorités locales.
Un journaliste de
l’Observateur agressé
Notre confrère du journal ‘’L’observateur’’, Bocoum Moumini, a été agressé par les manifestants du 2 février dernier. Venu pour faire la couverture de l’évènement, il a échappé à un lynchage. Il a reçu quelques coups et ses matériels (appareil photo numérique, dictaphone) ont été endommagés. N’eût été l’intervention de certains, des badauds auraient calciner sa moto. Notre pauvre confrère s’en est sorti indemne avec une foulure au bras. Il nous est revenu que d’autres confrères ont été agressés par la foule.
Le ministre de l’Economie et des Finances au PMU-MALI !
Le ministre de l’Economie et des Finances, Lassine Bouaré, était, le 4 février dernier, dans les locaux du PMU-Mali. Selon une source proche du PMU-MALI, le ministre Bouaré était accompagné de son aide de camp. Visite privée ? Difficile de l’affirmer. Une chose est sûre : le siège du PMU a subi des dommages lors des manifestations du 2 février dernier.
Afri’Actu*
Nord-Mali : Enfin l’option militaire !
Depuis que le monde est monde, les hommes ont créé et construit des pays, des états et des nations dont certains continuent encore d’exister. C’est certainement le cas de la République du Mali, la résultante de trois grands empires (le Ghana, le Mali et le Songhaï) qui ont existé dans le même espace géographique culturel et linguistique de l’Antiquité au Moyen Âge. Nous sommes donc les héritiers de ces grands ensembles qui ont fait et continueront de faire notre histoire commune, celle du Mali. Malheureusement, au jour d’aujourd’hui, depuis déjà plus de deux décennies, certains aventuriers irrédentistes « touarègues » ont pris des armes contre la mère patrie pour des velléités indépendantistes au nord du pays. Il y a eu des accords, des traités, nationaux comme bilatéraux pour endiguer, voire circonscrire les différentes crises ou conflits pendant des années.

Mais voilà que les récents évènements au Nord, où actuellement l’armée régulière se bat avec les éléments armés se réclamant de « l’Armée Nationale de Libération de l’Azawad » (ANLA), soutenus par des éléments déserteurs de l’armée libyenne et des éléments d’Aqmi (selon certaines sources), viennent d’éclairer la lanterne des Maliens quant au mauvais traitement de ce dossier. Toute chose qui doit interpeller plus d’un malien soucieux de paix, de quiétude, de développement et de l’intégrité de notre territoire, cher à nous tous. Si les autorités maliennes avaient fait une bonne lecture de la campagne militaire de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), on aurait fait l’économie de l’atrocité de cette guerre que l’ennemi nous a imposée. D’autant plus que tout le monde savait que notre pays, à l’instar des autres Etats sahélo-sahariens, subirait les effets collatéraux de la crise libyenne. Mais l’Etat malien, au lieu de prévenir cela en amont (puisque dans sa quête perpétuelle de règlement pacifique, à tout prix, même au gré d’abandon d’une partie de sa souveraineté nationale, l’Etat s’était retiré quasiment de la partie nord du territoire), n’avait-il pas conforté les agresseurs du jour dans leur option de prise d’armes contre leur partie ? En effet, les différents accords, traités et autres signés en Algérie, en Libye, ou ailleurs, avaient fait la part belle au retrait de l’Armée des zones du Nord, toute chose qui n’œuvrait pas dans le bon sens. Ainsi pour un règlement harmonieux, responsable, durable et conséquent de ces crises ou rébellions récurrentes, L’Etat malien doit, désormais privilégier, au premier chef, l’option militaire (position actuelle de l’exécutif, si l’on se réfère au discours et interventions du Chef de l’Etat qui, ces derniers jours, parle de renforcement des capacités militaires au septentrion) restaurer d’abord l’intégrité territoriale du pays dans ces régions nord. Pour ce faire, l’Armée doit réoccuper toutes les positions militaires qu’elle avait délaissées sciemment ou pas, au gré des accords passés ou des conflits récents. L’Etat doit certainement revoir sa copie en ce qui concerne l’intégration de ce qu’on a communément appelé : « ex-combattants » au sein de notre vaillante armée et surtout cesser de créer des troupes spéciales d’intervention à partir de critères ethniques, de couleur, ou régionalistes. Oui ! L’Armée malienne se doit d’être hétérogène dans sa composition, mais homogène dans son déploiement sur l’ensemble du territoire sans exclusive. Pour la gestion des crises au Nord, dorénavant, l’Etat malien ne doit emprunter simplement que les voies républicaines dans sa quête de solutions. Il ne doit faire preuves d’aucun complexe extérieur pour l’application de solutions idoines. Aussi, les autorités doivent-elles cesser la gestion cavalière, clanique, communautaire ou régionaliste qui avait toujours été la sienne dans ces crises à répétition. Pour que les solutions ne sortent plus que dans les coulisses et ne restent la chasse gardée d’un seul clan ou d’un seul homme, fût-il le président de la République. Alors les élus nationaux et la société civile doivent davantage s’impliquer, chacun jouant pleinement leur partition dans un cadre strictement démocratique et républicain. Nous pensons que les cartes du Nord-Mali doivent être bien rebattues et redistribuées. Et ce dans un cadre national et de façon inclusive.
Par Gaoussou M. Traoré
Les limites de la solution ATT !
Depuis le retour de nos compatriotes de la Libye et la reprise des hostilités dans le septentrion, on ne dort à Bamako que d’un œil. Les compatriotes proches des régions nord se trouvent peu ou pas protégés par l’Etat qui a le devoir sacré de rassurer tous les citoyens sans exception. Sans déclarer la guerre, nos compatriotes venant de Libye soutenus par des combattants d’AQMI et des bandits armés ont attaqué certaines casernes, froidement abattu de paisibles citoyens pour continuer à harceler les populations dans l’impunité totale.
La méthode choisie par le Général Amadou Toumani Touré vient de prouver toutes ses limites. On se souvient que l’ancien président nigérien, le Colonel Mamadou Tandja, avait opté pour la solution militaire, qualifiant au passage les assaillants de bandits armés avec lesquels il refusait de négocier. Malgré son départ forcé du pouvoir, le Niger n’a pas encore remis en cause cette méthode. Le Mali par ailleurs avait choisi l’option négociation, offrant au passage des emplois, des épaulettes d’officiers et surtout des mallettes pleines de liasses. C’est au Mali seulement que cette rébellion reste récurrente. Cette fois-ci, les bandits armés dépassent toutes les limites.
Pourquoi le Mali seulement ?
Depuis la résolution de la crise du Nord des années 60, les Maliens ont attendu le début des années 90 pour se voir confrontés à la rébellion touarègue. A la fin de son règne, le Général Moussa Traoré les distinguait des autres Maliens en les qualifiant de frères égarés. Aujourd’hui, ils reviennent à la charge, mieux équipés et surtout avec un discours mieux élaboré. Dans un communiqué publié le 16 octobre 2011, le MNLA se donne pour objectif de sortir le peuple de l’Azawad de l’occupation illégale du territoire azawadien par le Mali. Moussa Salam, qui se dit porte-parole du mouvement assigne au MNLA un seul objectif, celui de déloger l’Armée des villes du Nord.
La communauté touarègue est estimée a un million cinq cent mille âmes, reparties entre le Niger, le Mali, la Mauritanie et l’Algérie. Revendiquer le nord du Mali relève d’un mépris souverain pour les autres communautés du Mali. Au passage, il est nécessaire de signaler que tous les Touaregs ne sont pas dans cette logique de division. Veulent-ils réellement sortir de la République ?
Permettez-moi d’en douter. Même dans les régions qu’ils revendiquent, ils sont largement minoritaires. C’est le Mali qui offre les meilleures chances de promotion et d’enrichissement à ceux qui prennent les armes contre le Mali et les Maliens. A ce rythme, le pays s’achemine vers une dictature de la minorité. L’ensemble des Touaregs au Mali ne dépassant guère les 300 000 personnes, ils atteignent à peine la population d’une commune de Bamako.
Les autorités ont presque tout accordé aux dirigeants et aux seconds couteaux de cette bande. Une part est réservée aux combattants démobilisés dans l’Administration, dans l’armée, la police, la gendarmerie, la garde. En somme, tous les corps de la République ont reçu leurs doses de rebelles.
Ils s’imposent à tout le monde dans l’Administration. Certains intégrés agissent comme s’ils étaient en terrain conquis. Quelques fois dans leur insolence, il y en a qui laissent entendre crûment que le pays leur appartient. Une pression, quelques coups de pistolet et les négociations s’ouvrent.
Le Mali est le seul pays qui négocie perpétuellement avec les frères égarés, et il reste le seul aussi à souffrir de cette rébellion. De multiples agences et programmes sont lancés dit-on, par solidarité, afin qu’ils renoncent aux armes pour se consacrer au développement. Après la mort de Kadhafi, certains de ses combattants reviennent au Mali, affirmant vouloir se mettre à la disposition du pays et d’ajouter qu’ils n’ont appris que le métier des armes. Le Mali est le seul pays qui a accepté des combattants venus d’ailleurs avec leurs rangs et qualifications au sein de son Armée.
Cette fois-ci, les revenants de la Lybie qui combattent aujourd’hui au nord du Mali sont-ils tous Maliens ?
Avec les armes, ils ont les meilleures chances de s’intégrer dans un circuit de production leur permettant de s’épanouir, de s’enrichir rapidement. Pour une minorité, se retrouver au sommet de l’Etat, non pas par sa valeur mais pour le maintien de l’équilibre, pour le silence ou pour la paix, il faut le faire. Malgré tout, ils en réclament encore. Les Maliens n’ont pas à remercier ceux qui sont restés républicains. Il s’agit d’obliger par tous les moyens, ceux qui abusent des privilèges à eux accordés par une classe politique en manque d’inspiration. La violence et la peur qui découlent de cette situation sont entretenues par cette minorité de la minorité de Touaregs. Après chaque attaque, apparaît un leader touareg, craint pour sa cruauté.
Les récents événements dans le septentrion malien qui étaient prévisibles d’ailleurs après les marches de Ménaka prouvent le laxisme des autorités actuelles du pays.
Sont-ils les seuls à revenir de Lybie ?
Des milliers de compatriotes ayant fui la Côte d’Ivoire d’abord puis la Lybie afin de se protéger, ont reçu le soutien et la solidarité du Mali. L’absence de fermeté de l’Etat et son retrait des zones Nord suite aux accords d’Alger ne pouvait que favoriser de tels agissements. C’est la cruauté et le discours qui ont fait le lit des débordements au sud du pays (Kati, Bamako, Ségou, Sikasso etc.).
L’absence de fermeté dans le discours présidentiel, après les marches de Kati et les saccages des biens de certaines notabilités touarègues n’a pas permis de rassurer les populations. L’absence de fermeté ne nous a pas permis de comprendre. Une chose est de recruter massivement les agents des forces de sécurité, une autre est d’assurer leur présence dans tous les recoins du pays. Et de leur donner les moyens de se défendre et de défendre les populations. Des Nigériens aussi sont revenus de la Lybie. Eux, ils ont été recensés, cantonnés et débarrassés de leurs armes. C’est pourquoi, ils se rabattent tous sur le Mali, où une pression et quelques cruautés suffisent pour que le pouvoir politique accorde tout. Quitte à ce que, dans cinq ou dix ans, les hostilités reprennent.

L’unité du pays est le seul bien commun à nous tous. Brader cette unité, pour quelque motif que ce soit, reste un crime. Reste maintenant à chercher qui doit payer les frais du désordre.
Par Issa Laye Camara

maliactu.net

dimanche 12 février 2012

plainte pour irrégularités dans le concours de recrutement d’enseignants chercheurs.


Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Objet : plainte pour irrégularités dans le concours de recrutement d’enseignants chercheurs.

Monsieur le Président de la République,
Lors de votre arrivée au pouvoir vous avez appelé les mauritaniens de l’étranger à revenir au pays pour participer à son développement. Cet appel s’adressait, spécialement aux Docteurs, Ingénieurs et à tous nos brillants cerveaux exilés qui font profiter de leurs talents les centres de recherches, universités et entreprises européennes et américaines. C’est ce que l’on appelle communément la fuite des cerveaux.

En juin 2011 :

« le Ministère d’Etat à l’Education National, à L’enseignement Supérieur et à la Recherche Scientifique et le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration annoncent l’organisation d’un concours de recrutement de 60 enseignants chercheurs universitaires. »

De retour au pays durant mes vacances d’été, J’ai participé à ce concours. Etant titulaire d’un Doctorat es sciences de l’Université de Marseille (France), d’un Diplôme d’Etat de Docteur en pharmacie de l’université Claude Bernard de Lyon (France). J’avais aussi une expérience d’une dizaine d’années dans la recherche scientifique en milieu universitaire en France. J’ai participé à des projets de recherche scientifique dans les domaines des maladie tropicales, en parasitologie et en microbiologie.

Certains de ces travaux ont été publiés dans revues scientifiques internationales telle que le journal de Société Royale Britannique de Médecine Tropicale, les Comptes rendus de l’Academie Française des Sciences, le journal Parasitology de l’Université de Cambridge, le journal européen de l’EASL, le journal Suisse CMLS et de franciscain publications dans des revues scientifiques de niveau international. Ces travaux ont été reconnu par la communauté scientifique internationale et cités plus 192 fois dans des revues scientifiques internationales.

J’ai été incité depuis quelques années par les membres de ma famille et amis à revenir au pays pour intégrer la faculté des Sciences et le milieu médicale. Les sujets de recherche ne manquent pas : maladies tropicales, infectieuses, sciences fondamentale …. et le pays a d’énormes besoins. Un retour au pays pour une carrière d’enseignant chercheur dans mon pays était un rêve très lointain …

En effet, les malheureuses expériences d’amis ayant eu de brillants parcours universitaires, et qui se sont trouvés face à des portes closes lors de leur retour au pays.

Deux exemples, m’ont profondément marqué :

1) Aghdhafna ould Eyih (actuellement ministre) Doctorat de physique en 1993.

- Titulaire Diplôme ingénieure d’une des plus prestigieuses école française : l’Ecole Centrale de Lyon.

- Titulaire de Diplôme de Docteur es science de l’Université Claude Bernard de Lyon

Ce brillant Docteur-ingénieur s’est présenté au département de physique de l’ISS (qui deviendra plus tard la faculté des sciences de Nouakchott). A sa grande surprise, sa candidature à un poste d’enseignant , ne fut pas acceptée.

S’agit-il de jalousie ?

Ou d’un simple « instinct de conservation de poste » ?

Il est à noter que ce monsieur, qui arborait le titre de Professeur, n’avait à l’époque comme diplôme universitaire qu’un titre ingénieure d’une école marocaine. Ce n’est que quelques années plus tard (1996) qu’il soutint « une Thèse Caruba » à Nice!

Ce monsieur qui fut plus tard le Doyen de la faculté des Sciences de Nouakchott, n’a jusqu’à aujourd’hui aucun travail scientifique cité (source Google Scholar). Toujours est-il que le Docteur – Ingénieur Aghdhafna, qui avait à l’époque de nombreuses opportunités de travail en France et dans d’autres pays a voulu aller en Mauritanie.

Il rejoignit un autre Docteur – Ingenieur formé lui aussi en France. Ils seront parmi les premiers cadres d’une société de travaux publiques : l’ENER. Il mit aussi un point d’honneur à ne pas travailler dans le public.

2) Docteur Mohamed oud Khouna (actuellement ministre), Doctorat de physique 1992

Titulaire du Diplôme de Docteur de l’université Claude Bernard de lyon (Diplôme préparé à l’Ecole Centrale de Lyon). De retour au pays, il se heurte aux mêmes obstacles quand il a voulu enseigner à l’ISS, comme son ami Agdafna. Monsieur X, protège son département de physique contre tous les titulaires de Doctorat.

Mohamed Ould Khouna, atterrit dans un centre de formation technique appartenant à la SNIM. Un billant Docteur d’université, qui se prédestinait à une carrière universitaire se retrouve enseignant dans un établissement qui forme des ouvriers spécialisés. A l’époque cet établissement n’avait même pas le niveau d’un collège technique !

Vous avez fait confiance à ces brillants Docteurs, en les nommant à des postes de ministres dans votre gouvernement. Je ne parlerai ici, que de la France, pays dans lequel j’ai effectué mes études supérieures et où je réside depuis plus d’une vingtaine d’années.

Monsieur le Président,

La France a formé ces vingts dernières années des centaines de Docteurs es sciences et ingénieurs. Il suffit pour se rendre compte de faire entrer le mot Ould dans le site SUDOC (où sont répertoriés toutes les Thèses de Doctorat soutenues en France), pour obtenir plus de 150 noms mauritaniens. Bien sûr, les noms mauritaniens ne contiennent pas tous le mot ould. De brillants Diallo, Ba, Coulibaly, Soumaré … et autres frères et sœurs negro-africains ont eux aussi soutenu des thèses de Doctorats et fait de brillantes études en France.

A ceux là s’ajoutent, celles et ceux formés en Allemagne, UK, USA, Canada et autres pays développés. Il est à noter que l’université de NKT et plus spécialement, la faculté des sciences ont été depuis leur création, « la chasse gardée » des diplômes des universités magrébines (marocaines et tunisiennes). Les Docteurs des Universités françaises (exception faites des titulaires de thèses Curiba), se heurtent depuis plusieurs années à cet obstacle. Les diplômés français n’ont réussi à percer que récemment …

Sur les 16 enseignants, du département de biologie, 3 enseignants formés en France (Zeinebou Mint Sidoumou, Mohamed Vall Ould El Kébir, Ahmedou Ould Houmeida ), totalisent 288 citations. Soit plus de 71 % de l’impact scientifique du département de biologie de la faculté des sciences ! Il est à noter que 57 des 134 citations restantes appartiennent à un seul enseignant (Ali Ould Mohamed Salem Ould Boukhary ). Ce qui vous laisse 74 citation à partager entre 12 enseignants (dont 2 Professeurs d’Université) !

Force est de constater qu’avec mes 192 citations, je serais une recrue gênante, comme l’ont été mes illustres prédécesseurs (Agdafna et khouna avec leurs doctorat face à ingénieure du maroc). De ce fait il est compréhensible que la faculté recrute un candidat, diplômé de Tunisie et auteur d’un seul article (de surcroit en 4eme position) , qui n’a eu 10 citations en 8 ans.

Force est de constater que la politique de recrutement d’une université est à l’image de ses enseignants : quant un doyen de faculté n’a comme bagage universitaire qu’une Thèse Caruba et aucun travail scientifique reconnu et publié dans des revues internationales, il ne faut pas s’étonner !

Cette politique de recrutement, en plus du manque de reconnaissance de l’activité de recherche scientifique (l’excellence est déconseillée) dans notre pays a dissuadé les plus compétitifs diplômés universitaires de haut niveau de revenir au pays. Ils ont préféré rester à l’étranger là où l’excellence, les compétences et la qualité du travail sont reconnues, récompensées et encouragées.

Monsieur le Président,

Les résultats des concours de recrutement des enseignants chercheurs, ces dernières années, démontrent que la politique de recrutement établie par ce monsieur est toujours appliquée.

Monsieur le président,

Je m’adresse à vous, car vous avez lancé un appel au retour des cadres de haut niveau qui travaillent à l’étranger pour qu’ils reviennent au pays. J’ai répondu à cet appel, vous faisant confiance. C’est ma première tentative de retour et certainement la dernière car je suis depuis quelques mois atteint par la limite d’âge !

Monsieur le président,

L’objet de cette lettre est de vous faire part de l’injustice dont j’estime être victime. En effet, suite à des recherches menées dans les bases de données scientifiques internationales (Pubmed, Google Scolars, Wordcat) sur les CV des concurrents à ce concours de recrutement d’enseignants chercheurs, j’ai constaté les faits suivants :

- Le concurrent admis à ce concours, Monsieur Ikhyarhum Ould Brahim , a comme travaux scientifiques référencés dans les bases de données internationales :

Les Titres et travaux de monsieur Ikhyarhoum Ould Brahim:
1) Travaux de recherches :

Ben Slimen Hichem; Guerbej Hammadi; Ben Oothmen Abdelwahed; Ould Brahim Ikhyarhoum; Blel Hager; Chatti Nouredine; El Abed Amor; Said Khaled.

Genetic differentiation between populations of gilthead seabream (Sparusaurata) along the Tunisian coast.

Cybium 2004, vol. 28, no 1, SUP,pp. 45-50

Impact Factor 0.41 en 2009 (site web de la revue). Un impact factor très faible selon les standards internationaux.

Cité 10 fois

Il est à noter que Cybium est le journal de la Société Française d’Ichtyologie (étude des poissons).

2) Thèse de doctorat (ou Thèse de 3ème cycle ?)

Il est à noter que ce monsieur, se trouve en 4ème position dans l’ordre des auteurs de cette publication. Ce qui évoque (selon les conventions) une participation relativement peu significative dans le travail de recherche. Les chercheurs, s’attribuent rarement les publications dans lesquels ils sont placés après la 3ème position (exception faites des études internationales multicentriques auxquelles peuvent collaborer des centaines d’individus et ce n’est apparemment pas le cas ici). Les positions les plus prestigieuses étant la 1ère (principal auteur) et la dernière (directeur de la recherche)

Ce monsieur est supposé avoir soutenu une Thèse dans une université tunisienne. Cependant, elle n’est pas répertoriée dans les bases de données internationales accessibles.

Docteur Abdallahi Ould Mohamed Salem

Mes titres et Travaux :

1) Les Titres et Diplômes Universitaires

a) Diplôme de Docteur de l’Université de la Méditerranée (Marseille ; France) :

Thèse : Abdallahi Ould Mohamed Salem

« Implication du stress oxydant, du monoxyde d'azote et des voies métaboliques associées, dans la pathogénie de la bilharziose à Schistosoma mansoni »

Accessible grâce aux identifiants suivants :

Num. national de thèse : Thèse : 2001AIX22074 (catalogue de l’enseignement supérieur français: www.sudoc.abes.fr)

Worldcat : 490899829 (base de donnée internationale : worldcat.org)

b) Diplôme d’Etat de Docteur en Pharmacie de l’Université Claude Bernard (Lyon ; France)

Thèse : Abdallahi Ould Mohamed Salem

Régulation de la production du monoxyde d'azote par les macrophages péritonéaux et dosage du tnf-alpha chez la souris infestée par schistosoma mansoni


Num. national de thèse : Thèse : 1999LYO1P027 (www.sudoc.abes.fr) Wordcat : 490358316 (wordcat.org)

c) DEA d’Immunologie de l’Université de la méditerranée (Marseille ; France)

d) Maitrise es sciences Biologiques et médicale, Université Claude Bernard (Lyon ; France)

2) Publications significatives dans des revues internationales

a) Abdallahi OM, Bensalem H, Augier R, Diagana M, De Reggi M, Gharib B. Arginase expression in peritoneal macrophages and increase in circulating polyamine levels in mice infected with Schistosoma mansoni. Cell Mol Life Sci. 2001 Aug;58(9):1350-7.

Impact Factor de la revue est de 7.04 (2010 : www.bioxbio.com/IF/)

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30 citations dans des revues et travaux internationaux publiés (source google scholar)

b) Bouchra Gharib, Ould Mohamed Salem Abdallahi, Hélia Dessein, Max De Reggi Development of eosinophil peroxidase activity and concomitant alteration of the antioxidant defenses in the liver of mice infected with Schistosoma mansoni J Hepatol. 1999 Apr;30(4):594-602.

Impact Factor 9.33 en 2011 (source easl.eu)

Cité 52 fois (source Google Scholar)

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c) Abdallahi OM, Hanna S, De Reggi M, Gharib B. Visualization of oxygen radical production in mouse liver in response to infection with Schistosoma mansoni.

Liver. 1999 Dec;19(6):495-500.

Impact factor : 7.67

30 citations (source Google Scholar)

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d). Bouchra Ghariba, Stéphane Hannaa, Ould M. S. Abdallahi, Hubert Lepidib, Bernard Gardettec and Max De Reggi, a Anti-inflammatory properties of molecular hydrogen: investigation on parasite-induced liver inflammation

Comptes Rendus de l’Académie des Sciences - Series III - Sciences de la Vie Volume 324, Issue 8, August 2001, Pages 719-724

(Journal de l’Académie Française des Sciences)

Impact Factor :

Cité 27 fois (source Google Scholar)

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e) Abdallahi OM, Bensalem H, Diagana M, De Reggi M, Gharib B.

Inhibition of nitric oxide synthase activity reduces liver injury in murine schistosomiasis. Parasitology. 2001 Mar;122(Pt 3):309-15.

Impact Factor : 2.52

Cité 18 fois

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f) Pascal M, Abdallahi OM, Elwali NE, Mergani A, Qurashi MA, Magzoub M, de Reggi M, Gharib B.
Hyaluronate levels and markers of oxidative stress in the serum of Sudanese subjects at risk of infection with Schistosoma mansoni.

Trans R Soc Trop Med Hyg. 2000 Jan-Feb;94(1):66-70.

Impact Factor : 1.924

Cité 19 fois (source Google Scholar)

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g) Eboumbou C, Steghens JP, Abdallahi OM, Mirghani A, Gallian P, van Kappel A, Qurashi A, Gharib B, De Reggi M.

Circulating markers of oxidative stress and liver fibrosis in Sudanese subjects at risk of schistosomiasis and hepatitis.

Acta Trop. 2005 May;94(2):99-106

Impact Factor 2.62

Cité 16 fois (source Google Scholar)

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Il est à noter que j’ai une expérience de recherche de plus de 10 ans dans des laboratoires français de microbiologie et de maladies tropicales. Ce qui fait un réseau potentiel important pour de futures collaborations.

3) Expérience dans l’enseignement :

Il est à noter qu’en France, seuls les Maitres de Conférences et les Professeurs d’Université, ont une activité d’Enseignement donnent des cours. Durant plus de 10 ans, j’ai participé en tant que doctorant, puis postdoc et chargé de recherche à l’encadrement, la formation des étudiants aux techniques de recherches et à leur formation théorique à travers les participations dans des séminaires spécialisés et les participations aux congrès scientifiques.

4) Langues

a) Langue de l’enseignement :

J’ai une formation et une expérience de plus d’une vingtaine d’années dans les universités françaises, Monsieur Ould Brahim étant formé en Tunisie, puis selon ses dires a fait une partie de sa carrière universitaire en Libye.

b) Anglais

c) Arabe

Outre, les Diplômes et autres formations Universitaires, la qualité d’un enseignant chercheur est estimée internationalement sur la base de ses travaux de recherches et de leurs Impacts factors (nombre de citations) .

Internationalement un enseignant chercheur se présente comme suit :

Nom

Titres

Sujet de recherche (ou thème principal) :

Travaux de recherche (les articles les plus significatifs (auteur en 1ère, 2ème et en dernière position)

Monsieur le Président,

Je sollicite de votre haute bienveillance que justice me soit rendue.

Veuillez agréer, monsieur le Président de la République l’expression de mon profond respect.


dimanche 5 février 2012

Rébellion Touareg au Mali: un nuage sur l’axe Nouakchott/Bamako.

Selon des informations parvenues à Kassataya, les violents combats qui opposent l’armée malienne aux troupes du MNLA et de leurs alliés suscitent des interrogations à Bamako. L’équipement des rebelles provient-il seulement de la Libye ?


La Mauritanie soupçonnée d’accointances avec la rébellion.

Dans la capitale malienne, les médias et certaines voix laissent entendre de plus en plus ouvertement que les rebelles disposent d’autres cartes que les armes rapatriées de chez Kadhafi. Un élu appartenant à la majorité au pouvoir au Mali a confié à Kassataya ce mardi 31 janvier 2012 qu’un pays voisin est directement impliqué dans le conflit. « Les rebelles avaient planifié de se ravitailler en minutions et en carburant en attaquant certaines bases militaires dans le Nord. Malheureusement pour eux ils ont mal calculé. Ils se sont repliés sans munitions en comptant sur le soutien du voisin » confie l’élu.

Contacté par Kassataya, un connaisseur de la région assure que la Mauritanie est entrain de se faire une bien mauvaise publicité. Certains pays de la sous -région n’hésitent pas à rappeler que quand des risques de rébellion avaient menacé la stabilité de ce pays, tous les pays avaient apporté leur soutien à Nouakchott.

Mais quel crédit accorder à ces accusations ? Que peut espérer Nouakchott de ce soutien supposé à la rébellion touareg ? L’accusation semble quelque peu curieuse. La Mauritanie s’est lancée dans une chasse aux éléments d’Al-Qaïda qui écument la région. L’on se souvient que l’armée mauritanienne s’était engagée en territoire malien pour traquer justement les combattants d’AQMI notamment dans la forêt de Wagadou.

Toutefois, selon un analyste spécialiste des questions de sécurité, la Mauritanie pourrait trouver dans la rébellion touareg l’occasion de réaliser ce qu’elle n’a pu obtenir de l’armée malienne : juguler la menace terroriste dans la sous-région. Ce serait une façon de sous-traiter la guerre contre AQMI aux rebelles du MNLA. Certains analystes à Bamako pointent par ailleurs les ambigüités des propos du ministre Mauritanien des affaires étrangères. Celui-ci déclarait sur les ondes de RFI que « les Touaregs sont une communauté ethnique, ce qui n’est pas le cas des terroristes. Les Touaregs au Mali sont chez eux, ce qui n’est pas le cas des terroristes. Les Touaregs ont des revendications identitaires, irrédentistes, ce qui n’est pas le cas des terroristes. Les Touaregs n’ont jamais attaqué un pays étranger, ce qui n’est pas le cas, non plus, des terroristes. Donc, à mon avis, il faut éviter de faire l’amalgame ». Le ministre mauritanien accuse, sans les nommer, certains pays de manquer de volonté politique dans la lutte contre le terrorisme dans la sous-région. La détermination de la Mauritanie reste elle intacte. Au point de s’allier à une rébellion dans un pays voisin immédiat ?

Une situation explosive à bien des égards.

Pour l’élu malien, ce serait une très mauvaise analyse de la part des autorités mauritaniennes. En pensant pouvoir compter sur les rebelles touaregs, les autorités mauritaniennes montreraient leur méconnaissance des alliances et équilibres tribaux sur lesquels reposent les relations dans la région. Certaines tribus touaregs ont noué des alliances avec des chefs terroristes et ils ne les renieraient pour rien au monde. De plus, en agissant ainsi, la Mauritanie exposerait les populations maures du Nord du Mali aux représailles des terroristes et des rebelles. Des commerçants arabes ont été dépouillés de leurs matériels de communication (téléphone satellitaires Thuraya) et de leurs stocks en carburant (vendu dans la région de façon informelle). Excédées, les victimes se sont récemment réunies pour se constituer en groupes d’autodéfense et faire face à la situation devant l’impuissance de l’armée malienne dont certains hommes se sont réfugiés dans les pays voisins pour fuir les combats.

Appels au calme et rejet de l’amalgame.

Dans le même temps, l’unanimité se fait à Bamako aussi bien du côté des officiels que de la société civile pour appeler au calme et éviter l’amalgame entre ceux qui sont qualifiés de « bandits armés » et les populations touaregs et arabes du Mali. Mais ces voix cachent mal le malaise profond qui s’est exprimé quelquefois dans des représailles contre les populations du nord. Des pillages ont été signalés dans la capitale malienne suite aux manifestations de mardi et mercredi.

De nombreuses familles ont traversé la frontière pour trouver refuge en Algérie et au Niger. Le plus important contingent semble avoir choisi la Mauritanie (entre 4500 et 5000 personnes selon certaines sources). Ce pays faisant face à une grave crise alimentaire risque de se trouver confronté à des difficultés inhérentes à la pression sur les ressources disponibles et aux déséquilibres nés d’un afflux massif de populations réfugiées. La situation n’est pas plus prometteuse du côté de la frontière avec le Sénégal où l’instabilité politique risque de déstabiliser le pays et envoyer un nouveau flot de populations vers le voisin mauritanien. Situation qui fait dire à cet analyste que « la Mauritanie risque de payer le plus lourd tribut à l’instabilité politique dans la sous-région compte tenu du caractère hétéroclite de son peuplement et du peu d’encrage de l’Etat sur le territoire ». C’est justement un argument qui fragilise la thèse de l’alliance entre Nouakchott et les rebelles touaregs. La situation politique interne est à ce point tendue qu’on voit mal où le régime d’Ould Abdel Aziz pourrait trouver l’énergie nécessaire pour s’impliquer dans un tel bourbier. Sauf à dire qu’il s’agit d’un contrefeu pour détourner l’attention. Soupçon qu’une source proche du pouvoir en Mauritanie renvoie d’ailleurs au voisin malien qui trouve dans cette rébellion une l’occasion de repousser l’élection présidentielle prévue en avril et dont est exclu le président sortant qui ne peut briguer un troisième mandat.

Abdoulaye DIAGANA

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com

mardi 24 janvier 2012

Qui ménager : Aziz suicidaire ou l’opposition qui appelle au coup d’état ?


Où sont passés les aziziens de la première heure ? Où sont passés celles et ceux qui défendaient Aziz avec passion car ils croyaient en lui ? Où est passée la passion du changement ? Ils se sont tus car Aziz les a tués ! Le voilà maintenant entourés de paillassons, de griots sans âme, d’ennemis corrompus, de seconds couteaux sans foi ni loi, d’aventuriers à genoux…


Alors qu’Aziz a plus que jamais besoin de gens sincères et talentueux défendant son bilan et son régime, le voilà paumé au milieu de bras cassés qui se taisent pour ne pas subir les foudres de la liberté d’expression ; le voilà servi par des nuls qui ne peuvent ouvrir la bouche sans dire une bêtise ou une chanson frelatée à l’excès !


Voyez le symbole même du bilan du changement : après presque 3 ans de changement constructif, 78 millions de dollars dépensés pour la santé en construisant et équipant des hôpitaux, personne n’est capable en Mauritanie de sauver une femme qui a reçu une balle dans la poitrine ! C’est grave pour un pays en guerre contre le terrorisme ! Que se passerait-il si demain une explosion venait à atteindre les populations ou même un tir à la kalach dans un marché ? Il faudrait alors affréter des avions médicalisés pour soigner tout le monde au Maroc ! Tu parles !


Maroc qui, soit dit en passant, est en train d’éviter à l’azizanie un cauchemar inchallah ! C’est un autre signe à méditer pour l’azizanie. Mais que voulez-vous, Aziz est ainsi fait que si vous l’accusez d’être pro-marocain, il ira jusqu’à claquer la porte à M6 pour rien ou juste pour prouver qu’il n’a pas de maître et n’est pas marocain, comme il peut la claquer à l’Emir du Qatar ; Que voulez-vous, Aziz est ainsi fait que si vous voulez la peau de quelqu’un, il vous suffit de faire courir la rumeur qu’il est l’homme fort qui tient l’oreille d’Aziz où il déverse ce qu’il veut, Aziz le fera exiler comme ould Brahim khlil qui depuis passe sa vie sur internet ou au téléphone, ou comme ce qu’a subi Mohcen qui se présentait comme le numéro 2 après Aziz ; c’est aussi ce qui arriva à Bouamatou et bien d’autres…


Aziz veut être libre et ne devoir rien à personne, ce qui est difficile quand on doit tout à quelques uns sinon à tout le monde… Il aura au moins réussi à prouver qu’il est bien mauritanien et non marocain, c’est accordé !


Pour ce qui nous occupe, on dit que celui qui ne voit pas le ciel, ne faut pas le lui montrer… Voilà que le ciel descend vers Aziz pour lui dire : Vois si tu es aveugle… Ecoute si tu es sourd… Lis si tu es honnête…


Aziz a voulu gérer le pays seul ou du moins, donner l’impression de gérer, gouverner tout au plus près comme si c’était possible au pays de la gabegie atavique ; le voilà donc responsable de tout ce qui peut arriver dans un tel pays. C’est le retour du bâton ou le coup de pied de l’âne…


Qui est l’âne ? L’âne est celui qui est pris pour tel ou celui qui en a toutes les caractéristiques en l’occurrence le peuple prêt à suivre quiconque le fait rêver mais prêt aussi à accuser quiconque n’assume pas !


Le mécontentement est-il général ? C’est le cas de le dire : Oui ! Qui sont les mécontents ? Le peuple, la classe moyenne, les riches, l’opposition, la majorité. Tout le monde est mécontent. Une partie pour n’avoir rien reçu des fruits hypothétiques du changement, l’autre pour n’en avoir pas reçus assez…


Aziz peut-il craindre ce mécontentement ? Pas vraiment car il a les moyens de faire taire beaucoup de leader d’opinion ; il lui suffit pour cela de leur mettre quelque chose dans la bouche ce qui les empêchera de parler la bouche pleine. Pourtant, il semble ne vouloir rien en faire comme s’il attendait que ces leaders le calomnient au maximum avant de leur faire chanter « vive Aziz sans condition ! ».


Aziz ne fait rien contre ce mécontentement comme s’il en avait besoin pour se libérer de certains... Aziz ne fait rien comme s’il savait que le pouvoir ne se prend pas par les braillards ; pourtant si les faiseurs d’opinions continuent ainsi, bientôt toute la république se dira qu’Aziz est un zéro qui a menti au peuple et dont l’unique but est de devenir l’homme le plus riche de Mauritanie.


C’est déjà bien lancé car en face des opposants, il n’y a personne de taille pour répondre arguments à l’appui. Le silence plein de mépris risque cette fois de coûter cher à Aziz et ses silencieux car ce vacarme naissant à la base laisse entendre à l’armée que si coup d’état il y a, alors la classe politique serait du côté des putschistes !


Nous en sommes là ! Les démocrates ont découvert le chantage au coup d’état contre les auteurs de coups d’état. C’est l’arme ultime la plus terrible qui soit ; c’est une véritable menace pour l’homme fort du moment car le front, armée contre civils, ne tient plus quand en face les civils en appellent à l’armée !


Voilà le seul danger qui puisse guetter Aziz : la soif de pouvoir de ses frères d’armes, tout le reste c’est du flan : révolte des haratines, du flan ! Révolte de la jeunesse, du flan ! Révolte du peuple, du flan ! Que du flan sorti de l’esprit pâtissier de plumitifs qui confondent farine et mayonnaise ! Rien ne monte, rien ne prend ! à moins d’une manipulation…


Le plus grand reproche qu’on puisse faire à Aziz, au-delà de tout le reste : ingratitude, convention criminelle avec la Chine, bradage de nos ressources or et autres, absence totale de lisibilité ni de perspective à aucun terme ni court, ni moyen ni long, nullités au pouvoir, marginalisation des lumières et cuisine des lueurs, arrogance, égoïsme qui consiste à se servir et mettre les autres à la diète, clochardisation de la fonction publique, opacité et clientélisme dans l’octroi des marchés publics devenus une affaire de clans proches du pouvoir etc. ; le plus grand reproche qu’on puisse faire à Aziz c’est de n’avoir pas eu le courage, ni lui ni les autres généraux d’impulser un vrai changement révolutionnaire même light mais un changement…


Voilà des jeunes généraux qui avaient tout pour réussir à changer ce pays de front à savoir nous débarrasser au moins des prédateurs arrogants et insolents que sont certains hommes d’affaires. Rien n’a été fait de ce côté que de leur faire peur en vain !


Mais Aziz est-il le seul responsable de ce désastre politique ? Les prédateurs qui n’ont pas pu servir Aziz sont allés remplir les rangs de l’opposition où plus rien n’est sain. Tout est corrompu de cœur ou de fréquentation. Tout est gris. L’opposition à la diète et haineuse veut la perte d’Aziz à tout prix non pas pour la Mauritanie mais juste pour assouvir la haine.


C’est cette haine qui fit la victoire sans coup de feu du CMJD ; C’est cette haine qui fit la victoire de Sidioca contre Daddah. C’est cette Haine qui fit que Daddah prit acte du coup d’état et c’est aujourd’hui la même haine les uns des autres qui veut la perte d’Aziz car Aziz les méprise et leur montre, car Aziz ne veut rien partager avec eux sans le verdict des urnes et les renvoie aux électeurs que l’opposition historique semble craindre car la jeune opposition islamiste semble mieux placée…


Il n’est plus question de démocratie nulle part, tout n’est que haine pour assouvir la haine. Qu’il tombe c’est tout ! Que Taya tombe c’est tout ! Que Daddah perde c’est tout ! Que Sidioca et son Messoud tombent c’est tout ! Maintenant c’est qu’Aziz tombe c’est tout !


Les mêmes qui depuis les années 70 se haïssent et se partagent le pouvoir ou en rêvent les uns contre les autres.


Assez ! Assez ! Pour toutes ces raisons, comme à l’époque où Aziz venait de démissionner de l’armée où nous avions appelé les généraux à ne pas le lâcher ce qui eût été possible si les civils ne s’étaient pas entredévorés,


http://chezvlane.blogspot.com/2009/12/lettre-au-hce-de-la-part-dun-citoyen.html


j’en appelle à ménager Aziz tant que cette classe politique n’aura pas pris sa retraite. Assez de cette haine qui ne sert à rien et détruit tout comme une haine entre malades mentaux qui se passent la balle et courent les uns après les autres riant et pleurant au hasard pour avoir la balle à eux comme pleurnichent des enfants méchants.


Quelque chose se passe dans ce pays ! Un changement de fond est en route ! Ce n’est certainement pas le changement qui arrête la gabegie partout, ni le changement qui offre une perspective dynamique mais au moins c’est un changement qui neutralise la classe politique devenue malsaine. Avant les civils valaient mieux que les militaires car ils étaient mieux formés, plus cultivés et avaient un réel souci du bien commun. Ce bien commun ce n’est pas seulement le bien matériel, c’est surtout un bien immatériel qu’on appelle la morale, l’honneur. Aujourd’hui tout est gris.


Nous ne sommes pas sortis de l’auberge et la relève n’est pas là mais au moins on sent qu’il se passe quelque chose dans les mentalités. On nous a conditionné à chanter, à mendier, à haïr en espérant de maigres faveurs comme récompenses de la mauvaise foi, tel fut ce système qui fit Taya, qui fit Ely, qui mit Sidioca et fit germer la toute puissance d’Aziz.


Aujourd’hui Aziz brise la recette infâme ! Il ne donne rien ! Il ne protège pas même ses ministres qu’il envoie se ridiculiser à l’assemblée, le tout à la TV. Pense-t-il à lui ? Est-il fou de ne pas songer à sa fortune alors qu’il est à la tête de l’Etat : la plus riche et plus puissante entreprise féodale militarisée dans un pays où les voleurs sont arrogants et se pavanent dans les rues, respectés alors qu’ils ont sucé ce pays et prostitué ses valeurs ? Tout ce que les braillards semblent lui reprocher c’est de ne penser qu’à lui… La classe politique, la société réclament leur part de gabegie… C’est tout !


Allons ! Que faut-il ménager ? La petite gabegie du seigneur de l’armée qui laisse quelque chose et cherche à bâtir malgré ses limites ou la gabegie généralisée qui ne laisse rien ? Faut-il croire aux chimères de la classe politique haineuse, corrompue, périmée ou reconnaître l’impasse politique gangrénée par la mauvaise foi ?


Voilà pourquoi, Aziz debout nous l’attaquons ! Aziz en danger, nous le ménageons ! Cette recette de modeste arbitre des élégances est valable pour ses ennemis que nous attaquons ou ménageons au mérite car tout est gris mais pas suffisamment obscur pour ne pas y voir clair. Etre neutre c’est faire le jeu d’un camp contre l’autre ; autant être neutre dans le tir et non dans le silence. Aziz n’est pas encore indéfendable et l’opposition n’est pas encore défendable !


Pourvu que l’homme du 18 se reprenne mais c’est pas gagné sinon il partira mais la Mauritanie ne se relèvera pas s’il tombe demain car alors ce sera une fois de plus la victoire de la haine face au sang-froid et le début d’une autre valse des bandits manchots or à ce casino-là, c’est l’armée qui gagne à tous les coups…


Vlane