samedi 8 décembre 2007

L’argent ne fait pas le bonheur…




Les états et organismes financiers étrangers réunis dernièrement à Paris avec la délégation du Premier ministre ont exigé de la Mauritanie de prendre des mesures contre la corruption qui mine tous les rouages de l'Etat.

C'est ainsi que le Président vient de nommer une commission nationale de lutte contre la corruption (CNLC).

L'état mauritanien est prêt à tout pour obtenir les financements promis et il faut toujours que ce soit nos partenaires étrangers qui exigent la transparence!

Et puis le grand problème n'est-il pas la gestion même et non seulement la corruption, au vrai sens du terme.

En effet, en Occident et dans les pays émergeants, c'est la corruption qui est le grand mal alors que la gestion est presque sans reproche. C'est ce qui fait que les projets vont à terme et que malgré tout il y a des réalisations.

Ainsi donc si, en Mauritanie, on ne lutte que contre la corruption et même de la manière la plus vigoureuse, le problème de la dilapidation des financements que nous venons difficilement d'acquérir et que nous devons rembourser avec des intérêts n'est pas résolu et nous resterons au même point de départ en sachant que les mêmes hommes et femmes d'hier sont toujours à leurs postes...

Et puis je veux bien voir les noms des membres de cette commission...

Comment peut-elle échapper aux Roumouz El Vessad (les RV) qui continuent à investir les rouages de l'administration et de l'appareil de l'Etat?

Au sujet des 2 milliards de dollars obtenus pour boucler dit-on « le financement de l'ambitieux programme triennal d'investissements 2008/2010 » selon un article sur CRIDEM de O. Soueidi (journal le Challenge):

« Les objectifs à atteindre en 2010 sont, entre autres, la diminution de l'incidence de la pauvreté de 46% à 35%, l'augmentation du PIB par habitant de 538 dollars à 952 dollars, la réduction du taux d'inflation de 11,4% à 3,5%, l'allongement de l'espérance de vie de 53,6 à 56 ans, la réduction des taux de mortalité infantile de 87 à 80 décès pour 1000 et de mortalité maternelle de 747 à 400 décès pour 100 000. »

Un ambitieux programme certes mais qui ne pourra pas être réalisé pour la simple raison que l'institution de l'Etat n'a pas été reformée en vue des objectifs notamment économiques et sociaux. En santé publique par exemple, je ne vois pas comment avec les infrastructures, l'organisation et la politique actuelle du département ministériel, on peut arriver aux chiffres avancés. Sauf si on bidouille les chiffres à la fin du dit plan en 2010 comme on sait le faire... D'ailleurs, qui nous dit que les chiffres de départ ne sont pas faux?

La grande question qui reste toujours posée c'est la confiance en l'Etat et sans cette confiance le citoyen ne peut pas croire en l'Etat et donc à la politique menée.

Yanis