lundi 30 juin 2008

La guerre des clans des Roumouz El Vessad n’est pas notre guerre…

La crise politique actuelle n’est que l’expression et la conséquence d’une démocratie née sur de mauvaises bases.

Si le 3 août 2005 fut un événement historique et l’annonce de la fin de la dictature, ses promoteurs militaires ne se sont pas gênés pour marquer de leur empreinte un processus démocratique en gestation en influençant toutes les manifestations électorales dont le summum a été atteint au cours de la présidentielle avec l’approbation ou le silence d’une grande frange de notre intelligentsia.

Sun Tzu ne disait-il pas : « un général ne peut bien servir l'État que d'une façon, mais il peut lui porter un très grand préjudice de bien des manières différentes »…

Après plus d’un an de gestion approximative du pays, certains, si présents jusqu’ici, veulent à travers cette crise, peut-être, se dédouaner et passer pour n’y avoir pas participer.

C’est le premier événement politique qui vient secouer le mandat du « président qui rassure ».

Et c’est dans le camp de la majorité « historique », celle du 2ème tour de l’élection présidentielle de mars 2007, que la fronde est née et qu’une motion de censure est entrain d’être votée avec une destitution annoncée et inévitable de l’actuel gouvernement.

Deux groupes semblent s’affronter: le groupe du Président dont fait partie le premier ministre actuel et le groupe des deux nouveaux généraux, « tuteurs autoproclamés ».

Au vu des dernières interventions et des intrigues de part et d’autre, nous avons l’impression que les deux groupes ne se connaissaient pas et viennent tout juste de se découvrir…

Les symboles de la gabegie étaient apparemment invisibles pour certains alors qu’ils étaient toujours là, sollicités pour leurs expériences (et quelles expériences !) ou leurs fortunes, candidats soutenus au cours des différentes élections municipales et législatives avec l’étiquette de la majorité présidentielle, celle qui les rassure...

Qu’est ce qui s’est passé alors pour devenir, ce qu’ils devaient toujours être, des parias, des exclus de la gestion de la cité ?

Qui sont ces nouveaux justiciers qui collaborent avec la pègre mais ne veulent pas de la pègre ?

Pourtant en justice, les receleurs et les voleurs sont du même coté de la barre…

Il s’agit tout simplement d’une manœuvre politicienne. Les deux groupes sont responsables de la banqueroute de l’Etat et ne nous ont offerts jusqu’ici qu’une lamentable guerre de petites chapelles à des fins mercantiles et d’accaparement du pouvoir. Ce sont les mêmes personnes de part et d’autre qui ont saigné le pays et qui continuent à le saigner.

Leur guerre n’est pas notre guerre, ce n’est pas cette de l’intérêt général ni du développement.

Sidioca n’est pas malheureusement le général de Gaulle qui au plus fort de mai 68, en partance pour l’Allemagne aurait dit : « Je veux attirer les projecteurs sur moi ! Ah ! Ils font semblant que je n'existe plus, ils vont voir ».

Le voyage de notre Président en Égypte en pleine crise institutionnelle est mal venu sauf si Sidioca a pris, comme devise, la sagesse de Lao Tseu : « Sois avare de tes paroles et les choses s'arrangeront d'elles-mêmes. »

Les généraux vont gagner la bataille si aucun sursaut ne vient tout troubler et c’est un Président encore affaibli, et donc un Etat faible, que nous aurons pour la suite du mandat, quatre ans encore.

Après la dictature, on a voulu que la Mauritanie n’ait de choix qu’entre une démocratie sous tutelle ou une démocratie qui honore les prédateurs.

Et la démocratie tout court…

Yanis