mercredi 4 février 2009

Lettre à Ould Abdel Aziz

Mon général!

Je ne joindrai pas ma voix à celles et ceux, nombreux, qui, comme une litanie, n’arrêtent pas de vous implorer de briguer la magistrature suprême. Persuadé que je suis que cette candidature n’est ni dans votre intérêt, ni dans celui du pays, je me permets de vous interpeller dans l’espoir de vous donner un «autre» éclairage, sur la situation, particulière, que vit le pays. Un petit rappel historique, en guise d’introduction.

En 2005, vous avez sauvé la Mauritanie, en la libérant des griffes d’Ould Taya. Tout le monde vous en sait gré. Avec vos frères d’armes, vous êtes montés sur vos grands chevaux pour pourfendre un régime, dont vous étiez, pourtant, de purs produits, et ses symboles qui avaient mis le pays en coupe réglée.

Vous avez décidé de rester, le moins de temps possible, au pouvoir et de ne pas interférer dans le jeu politique, en laissant, à vos concitoyens, le libre choix de leurs dirigeants. Nous vous avons cru sur parole. Le monde entier n’avait d’yeux que pour la Mauritanie, ce pays arabe et africain, hors de l’ordinaire, où les militaires prennent le pouvoir pour mettre la démocratie réellement sur les rails.

Pour une fois que notre pays était cité en bien, personne ne boudait son plaisir. Mais malheureusement, cet état de grâce ne fut pas sans fin. Le temps, pour vous et vos amis, de vous rendre compte qu’il serait dangereux de laisser le peuple devenir maître de son destin?

Toujours est-il que vous avez commencé à manipuler une partie de la classe politique, incapable, vous semblait-il, de voler de ses propres ailes, et à encourager les candidatures indépendantes. Afin qu’une fois le processus achevé, vous ne soyez pas hors jeu?


Quelques fussent vos objectifs inavoués, vous avez, en suivant, choisi «votre» candidat à la présidentielle, autour duquel vous avez congloméré tous ceux que vous considériez, à peine un an plus tôt, en pires maux de la Mauritanie. Comme quoi, entre les déclarations d’intention et la réalité, le fossé est, parfois, insondable...

Après l’élection présidentielle et le succès de votre candidat, vous avez continué à monter en grade, ainsi que vos amis. Vous avez écarté, progressivement, vos rivaux dans l’armée, avant de tisser une toile qui condamnait, irrémédiablement, Sidioca dès qu’il s’aventurerait à s’affirmer en chef. Et vous l’avez poussé à tenter de s’affranchir de votre tutelle, en embrigadant une majorité parlementaire – celle là même que vous avez encouragée et soutenue en 2006 – pour lui mener la vie dure et l’empêcher de gouverner.

Avant que vous ne décidiez de le déposer par les armes, après avoir échoué à le faire par des méthodes «constitutionnelles». Une dernière cartouche que vous auriez, certainement, préféré ne jamais tirer mais votre limogeage vous accula, soudain, le dos au mur. Vous étiez, à n’en pas douter, conscient des catastrophes qui risquaient de pleuvoir sur le pays, après ce coup d’Etat, mais vous n’aviez plus le choix, pour reprendre votre expression.

En quelque sorte, un coup d’Etat «accidentel», si l’on s’en tient à votre raisonnement. Mais un coup d’Etat, quand même. Dont les résultats se révèlent terribles. Depuis le 6 août 2008, notre pays est affaibli et divisé, à l’intérieur ; indexé et cité en contre-exemple, à l’extérieur, avec de prochaines sanctions à la clé. Pourquoi en arriver là, mon général? Vous auriez pu déclarer, dès le premier jour, à la face du monde, que vous ne comptiez pas rester au pouvoir et que, contrairement à 2005/2007, la transition serait exemplaire.

Votre amertume contre Sidi ne doit pas vous amener à prendre tout un pays en otage et à hypothéquer son avenir. Malgré ce que vous chantent vos laudateurs, votre candidature à la prochaine présidentielle n’a aucune chance d’être acceptée par la communauté internationale. Personne ne peut vous empêcher de vous présenter et de gagner haut la main. Mais posez-vous cette question, en votre âme et conscience : le jeu vaut-il vraiment la chandelle?

Que gagnerait la Mauritanie dans une élection que vont boycotter ses plus grands partis politiques et dont personne ne reconnaîtra les résultats? Regardez autour de vous, écoutez bien vos conseillers et les gens que vous recevez quotidiennement. Un seul d’entre eux a-t-il osé critiquer votre démarche? Ils ne vous diront que du bien alors que vous savez, parfaitement, que toute œuvre humaine est imparfaite.


Vous avez reconnu que ce sont les flagorneurs et les symboles de la gabegie qui ont perdu Ould Taya. Alors ne les laissez pas vous perdre. Ressaisissez-vous! L’avenir de ce pays est entre vos mains. Sans vouloir vous donner de leçons, gardez, seulement, en mémoire que la Mauritanie est trop fragile pour supporter d’interminables secousses et trop pauvre pour supporter des sanctions. N’en soyez pas le fossoyeur, après en avoir été le sauveur.

Ahmed Ould Cheikh
source cridem

un consulat de Mauritanie à Rouen

Les Mauritaniens qui vivent en Normandie ont un nouveau consul honoraire. Il s'agit de Philippe Bihan qui remplace ainsi Alain Morainville, décédé en 2007.
Directeur commercial Afrique de Sagatrans à Rouen, une filiale du groupe Bolloré spécialisée dans le transport maritime et multimodal, Philippe Bihan est tombé amoureux de la République islamique de Mauritanie lorsqu'il s'occupait de logistique dans l'humanitaire : « En 1993, ce fut ma première mission en Afrique de l'Ouest pour expédier du matériel médical. Il y avait 14 conteneurs pour 14 villages, j'ai parcouru ce pays de long en large. Un endroit extraordinaire avec ses déserts… »
Philippe Bihan va s'impliquer auprès des 400 familles mauritaniennes vivant entre la Haute et la Basse-Normandie. Une communauté importante qui nécessite le maintien d'un consulat à Rouen (pour l'instant dans les locaux de Sagatrans) pour gérer au plus près les formalités administratives, visas, passeports. « Je souhaite être présent pour les Mauritaniens vivant en France. Il y a de nombreux étudiants au Havre. Cela nécessite de l'écoute pour les aides aux logements ou les demandes de bourses… »
De par son activité professionnelle, le consul honoraire se rend ainsi une fois par trimestre en Mauritanie : « Cela devrait faciliter les démarches administratives, j'ai des contacts directs avec les administrations ou les ministères. » Malgré un climat politique troublé - un coup d'Etat militaire en août 2008 et la tenue

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d'élections en juin prochain - le nouveau consul tient à rester « apolitique et neutre ». Pour mettre en œuvre ses nouveaux objectifs, il a créé un site internet.
A. L.
http://www.paris-normandie.fr