samedi 13 février 2010

Que vaut un repentir obtenu sous la menace?

Que nos oulémas éclairent aussi le musulman lambda qui sait ce que le coran contient et qui croit que Dieu seul peut accueillir le repentir car Dieu seul peut savoir ce que le cœur contient. Nos oulémas ont-ils désormais de telles prérogatives et peuvent-ils, à l’instar d’un pape, béatifier ou excommunier ?

Quel est le but inavoué du dialogue avec les salafistes ? S’agit-il de permettre une confrontation des arguments afin qu’en découle la lumière vers chacun ou est-ce un procès clandestin sous couvert de dialogue avec à la clé un verdict plus ou moins accablant selon que les accusés aient ou non fait montre d’un repentir auquel cas quel crédit accorder à un repentir soutiré sous la menace d’un verdict qui pend comme une épée de Damoclès ?

Ensuite, quel que soit le repentir sincère que Dieu seul peut sonder, va-t-on décréter dans le cas de l’assassinat des français qu’il s’agit là d’homicide involontaire ? Nos oulémas peuvent en effet estimer que les coupables ont agi sous le coup de l’ignorance auquel cas que prévoit le verdict des oulémas « grâce présidentielle » requise ?

On s’étonne qu’à aucun moment de ce dialogue, on n'ait impliqué les familles des victimes dans le processus du repentir et de la compréhension de la mécanique de l’intention au passage à l’acte. Pourtant, en plus d’accueillir le repentir à la place de Dieu, nos oulémas vont-ils aussi pardonner à la place des familles des victimes ?

Quant à la présidence : Aziz se béchirise-t-il ? Dedew se salafise-t-il ? On est en droit de se poser la question car tout autour de nous, chacun veut instrumentaliser les groupuscules : l’Algérie et ses islamistes, khaddafi et ses touaregs, sans aller jusqu’à el béchir et ses milices, doit-on craindre que Aziz cherche à avoir ses salafistes ?

Mais modérés par qui ? Par dedew ! alors qu’arrivera-t-il demain quand Dedew ou un autre décidera le moment venu de voler de ses propres ailes sans l’aval de la présidence ? Aziz restera-t-il à l’abri dans son palais comme Karzaï et est-ce nous , le peuple, qui allons faire les frais d’une politique qui se sert de la religion pour contrôler ce que nul ne peut contrôler, sinon la foi en Dieu sincère ou la pente vers le diable tout puissant ?

Nous assistons à un jeu extrêmement dangereux où la bonne foi ne semble être que du bout des lèvres de part et d’autre car toutes les parties de ce dialogue ont en commun d’avoir deux poids deux mesures dans la balance de leur bonne foi. Le pouvoir dialogue avec les salafistes et pendant ce temps s’acharne contre « un journaliste », le pouvoir envoie au dialogue parmi les oulémas , l’imam de la grande mosquée qui a émis des réserves radicales quant au choix d’un MAEC de sexe féminin, quant à certains salafistes, ils n’ont commis leur ignorance qu’après avoir reçu la liberté suite au bénéfice du doute émis par un marabout et pas des moindres : sidioca !

Oui au dialogue sain ! oui à la bonne foi ! oui au repentir si Dieu l’accepte ! Non à la tentative d’instrumentalisation du repentir à des fins politiques ! non à la mise à l’écart des familles des victimes en ce qui concerne l’accueil du repentir !

Craignez Dieu et malheur aux hypocrites !
Publié par vlane