vendredi 5 novembre 2010

L’I.G.E ni sainte ni touche : Ould dadde en rêvait, le calame l’a fait !

Thiam diombar, l’inspecteur général d’Etat, doit sérieusement s’inquiéter suite aux dernières lumières apportées soi-disant par les journalistes du calame. L’I.G.E tout entière se voit sérieusement dépouillée de son auréole de compétence quand le calame nous apprend, entre autres preuves à l’appui, que l’inspecteur qui s’occupa du dossier Ould dadde ne sait pas compter ! Qui a écrit ce papier du calame non signé en paraissant sur cridem ?

On connaît toutes les plumes du calame, de la place, du net et du papier, aucun journaliste mauritanien ne peut servir à ses lecteurs un tel papier ! Cet article, si mesuré, a été entièrement caviardé par un avocat, maître, s’il en est, du mot qu’il faut à la place qu’il faut, n’épargnant ni l’humour glacial des palais avertis ni la distance des corbeaux requise quand tout n’est pas si achevé…

Le titre «… victime ou coupable ? » est du journal ; d’ailleurs pourquoi se permettre un tel doute quand on écrit un article où l’on démonte un à un quasiment tous les fils qui peuvent justifier de jeter Ould Dadde en prison ? A la lumière de ce que nous avons lu, il eût mieux fallu appeler l’article « Preuves irréfutables de la légèreté criminelle de l’I.G.E au sujet de l’affaire Dadde »

Pourquoi n’avoir pas osé ? Pourquoi n’avoir pas signé ? Tout simplement parce qu’au-delà des terribles lumières qu’apporte « la plume du calame » à la décharge de Ould Dadde, reste qu’il n’en sort pas toujours si net, sans parler des autres coupables aux aguets…

Cependant, cela ne retire rien au fait que si ce que déclare « la plume du calame » est vrai alors plus personne ne peut nier que l’I.G.E a fait montre d’un zèle douteux prouvant que quelqu’un de puissant voulait injustement la peau de Ould Dadde de la façon la plus terrible qui soit : briser sa carrière et salir définitivement sa conscience intacte jusque-là.

L’I.G.E doit répondre au calame sinon il ne nous restera plus qu’à mettre cette sortie « du calame » sur le même piédestal que les sorties d’autres « accusés » par l’I.G.E dont les réponses furent tout aussi tsunamiques.

Reste Aziz dans cette affaire ! La façon dont il a sacrifié Ould Dadde prouve qu’il a, sans doute, été intoxiqué sinon sa réaction eût été tout autre, plus mesurée. On attend vivement de l’I.G.E de répondre aux éléments de réponse apportés par « le calame » dans une affaire obscure où tout, sans être ni blanc ni noir, n’en est pas non plus au gris absolu !

Rappelons ce que dit le « calame » :

1- Au sujet de la haute cour de justice : la plume du calame rappelle que « Le seul élément de réponse fourni, à ce jour, en dépit de l’insistance de la défense, a été une déclaration, au micro de l’AFP, du procureur qui a, tout simplement, soutenu que, ne siégeant pas au Conseil des ministres, le commissaire ne peut se prévaloir de la qualité de ministre.

Pour la défense, cet argument d’opinion ne peut, évidemment pas, faire opposition au caractère organique de la définition, particulièrement précise et dépourvue de toute ambiguïté, de la fonction du commissaire aux droits de l’Homme, telle que définie par le décret 247/2008. »

2- Deuxième coup de massue : « Sur le fond des accusations, l’IGE parle, tout d’abord, de surfacturation, de collusions, de faux et d’usage de faux, en ne s’intéressant qu’à une seule personne.

Or, en matière de surfacturation, la première personne à répondre et à s’expliquer sur une telle question ne peut être, et en premier lieu, que celle qui a établi la facture. Mais ceux qui les ont établies n’ont jamais été interrogés ou recherchés. Pour soutenir l’existence de surfacturations et les imputer à Ould Dadde, il va, donc, falloir prouver qu’il a, lui-même, établi les factures et encaissé les fonds.

Or, aucun indice de quelque nature qu’elle soit n’a été et ne peut être, bien évidemment, administré que le commissaire ait eu une relation quelconque avec l’établissement des factures et/ou l’encaissement des fonds ou s’est enrichi, à titre personnel et à quelque niveau que ce soit.

En outre, il y a lieu d’ajouter que l’inspection ne formule point de tels reproches à Mohamed Lemine Ould Dadde. »

3- Troisième lumière qui laisse le décor de l’accusation suspect : « Plus grave: l’IGE parle de collusions et de pratiques collusoires et ne s’intéresse qu’à celui-ci. Mais comment seulement imaginer qu’il y ait eu collusions ou pratiques collusoires n’impliquant qu’une seule personne? »

4- Sans commentaire : « il est, enfin, question, de «dépenses fictives, pour un montant de 40.929.634 UM». Ici encore, une telle précision serait admirable, si elle n’était pas le fruit de manifestes erreurs de calcul. En effet, une simple vérification de l’addition des chiffres retenus aboutit au total de 34.490.722 UM. De telles erreurs permettent de soutenir, déjà, qu’un inspecteur incapable d’additionner correctement des chiffres n’est pas digne d’une mission d’inspection. »

5- Pourquoi tant de précipitation ? « C’est, aussi, le signe de la précipitation qui a caractérisé le traitement du dossier qui n’a fait, non plus, l’objet d’une (re)lecture – procédé régulièrement appliqué et exécuté, au niveau de tout rapport d’inspection – avant qu’il ne prenne sa forme définitive. »

6- Au sujet des prétendues dépenses fictives : « …Le document de la défense énumère, alors, une longue liste des réalisations du commissariat, au cours de la courte période où Mohamed Lemine Ould Dadde a dirigé celui-ci. Il suffit, note le document, de mener un minimum d’investigations auprès des bénéficiaires, notamment dans les départements de Monguel, de Barkéol mais aussi la commune de Mâle, pour ne citer que ceux-ci, particulièrement notables en ce qu’ils sont situés dans la zone dite «triangle de la misère».

Les maires, députés et sénateurs de ces zones peuvent témoigner de l’ampleur des transformations qui s’y sont déroulées. On saisira mieux, alors, l’inconsistance du dossier de l’accusation, seulement monté pour casser un homme dont le mérite est d’avoir réussi dans sa tâche.

7- « Sur les «avantages indus sans bases règlementaires pour la somme de 1.191.000 UM», le rapport de l’inspection ne précise pas la décomposition et l’attribution de ce montant, qu’il prétend correspondre à des avantages indus, pour pouvoir fournir les éléments de réponse, comme s’il suffisait de le présenter et le faire signer par l’inspecteur général d’Etat, Thiam Diombar qui est – soulignons-le – membre de l’instance dirigeante du parti au pouvoir, l’UPR. »

8- Et enfin : « Les «dépenses privées indûment prises en charge», évaluées à 5.929.634 UM – une prouesse de précision comptable – concernent des fournitures installées au domicile de fonction du commissaire où il est, statutairement, entièrement pris en charge. Aucune de ces installations n’est sa propriété et ne constitue, en aucune manière, des dépenses privées.

Elles relèvent de l’équipement nécessaire d’un lieu susceptible de recevoir des hôtes protocolaires et demeurent la propriété du commissariat, tout comme la voiture et autre élément de confort mis à sa disposition, dans le cadre du traitement qui lui dû, durant son mandat.

Toutes les installations que l’IGE considère comme dépenses privées indûment prises en charge sont répertoriées dans le registre du patrimoine du commissariat. Il se comprend, alors, que ce volet d’accusations est, également, inopérant. »

9- La conclusion qui va de soi : « Que conclure de tout cela, assène, enfin, la défense, sinon l’évidence d’un acharnement partisan, infondé, tant en sa forme qu’en son fond, et d’autant plus douteux, en son esprit, que plane l’ombre de l’arbitraire, instrumentalisant une IGE au garde-à-vous, à l’image de son premier responsable, Thiam Diombar, membre du directoire du parti au pouvoir, l’UPR?

La question est posée. Dans un système réellement démocratique, l’indépendance de la justice suffirait à y porter une réponse convaincante. Est-ce le cas, en Mauritanie? On attend encore, hélas, la réponse… »

Quant à nous, citoyens lambdas électeurs, intoxiqués de part et d’autres, on se doit qu’exiger de l’I.G.E des réponses à ces questions. Le silence méprisant comme les accusations infondées ne servirait qu’à discréditer à jamais l’I.G.E et réduire à néant le bénéfice du doute qui faisait jusque-là le beau jeu de l’I.G.E et des intentions du pouvoir.

Pour ma part, la célérité avec laquelle Aziz a sacrifié cet inespéré compagnon de la rectification prouve qu’Aziz a été sans doute intoxiqué. Qu’il en tire les conséquences même si on le sait, comme tout mauritanien, incapable de reconnaître ses erreurs, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains ministres le sont toujours car ils doivent leur place à un homme qui ne se trompe jamais…

Aziz dit n’avoir pas d’amis ni de cousins ; il l’a dit et prouvé. Toutefois à l’U.P.R, on a des amis et des cousins. Combien de temps tiendra l’homme sans amis ? Le temps que les amitiés qui l’entourent se fassent…

Si Aziz est de bonne foi, ce que je veux bien toujours croire pour l’instant, la liberté d’expression est sa plus fidèle alliée dans la construction d’une hypothétique Mauritanie nouvelle. Tout le funeste système, cultivé sous Taya et toujours actif dans les esprits et les cœurs, veut la perte de cette liberté d’expression afin que commence le véritable règne de l’enfumage dont Aziz sera la seconde victime immédiate juste après la Mauritanie à peine sortie de trente ans de malheurs.
Publié par vlane A.O.S.A à l'adresse 16:30