mercredi 29 février 2012

Affaire Swahifri Consulting : Le D.G du port de Nouakchott poignarde Aïssata Kane dans le dos…


Le jour où j’ai décidé de quitter la blogosphère pour des aventures moins virtuelles, j’apprends à l’instant un énième scandale dont une jeune mauritanienne fit les frais à l’autel des petits meurtres entre amis du système. Il nous a fallu des trésors de rhétorique pour convaincre la énième victime des ennemis de la jeunesse constructive de nous laisser raconter son aventure au pays de quelques uns…

Avez-vous déjà entendu parler d’Aïssata Kane ? Pas une ligne à son sujet en Mauritanie pourtant son talent, son mérite, son énergie et son professionnalisme sont reconnus dans toute la sous-région où elle rencontra les Alassane Ouattara, Alpha Condé, Compaoré lors du fespaco pour ne citer que quelques chefs d’état sans parler des Guillaume Soro et autres ministres prestigieux qui n’ont ménagé aucun effort pour faciliter la tâche à cette dame de Mauritanie qui dirige Swahifri Consulting ; une agence de communication ayant à son actif plusieurs réussites dans la sous-région.

Quelle est la trajectoire de Swahifri Consulting et en quoi ses aventures en Mauritanie furent celles du mérite tombé dans les griffes des ennemis de la jeunesse constructive malgré le soutien du premier ministre Dr Laghdaf et de son ministre de l’équipement et des transports ?

Tout part de Tombouctou : au détour d’un festival, grâce à l’invitation d’une amie qui dirige une agence de communication, Aïssata Kane rencontre un certain nombre de dirigeants maliens qui l’invitent au Salon International des Transports d’Afrique de l’Ouest ( S.I.T.R.A.O) où se rencontrent, entre autres, les maliens et les représentants des différents ports avec lesquels le Mali enclavé travaille.

Là Aïssata a l’idée originale de proposer ses services afin d’organiser chaque année une rencontre dans un port différent entre les maliens et le pays concerné. Le Mali accepte l’idée et lui donne carte blanche pour organiser les différents événements. C’est ainsi que ce fut un succès en Côte d’Ivoire, en Guinée au Sénégal comme l’attestent les reportages qui nous avons pu voir et autres photos.

Jusque-là toujours pas un mot en Mauritanie à propos de cette jeune mauritanienne dont le professionnalisme est plébiscité dans toute la sous-région. C’est alors qu’Aïssata Kane décide d’organiser pour décembre 2011, une de ces rencontres originales entre les acteurs maliens et le port de Nouakchott comme ce fut le cas dans divers pays de la sous-région.

Les conseillers du P.M ayant entendu parler d’elle, lui permettent de rencontrer Dr Laghdaf qui la reçoit avec enthousiasme et lui permet de rencontrer le ministre de l’équipement et des transports tout aussi enthousiaste. Jusque-là, tout semble aller à merveille. Cela fait plaisir de voir que chez vous, vous êtes aussi bien considérée qu’à l’étranger.

Tout l’enthousiasme va ralentir petit à petit à partir du moment où Aïssata Kane rencontre le D.G du port de Nouakchott. L’homme, à ses dires, est tout sauf emballé malgré des formules de vague courtoisie. Il estime d’ailleurs que cet événement est un non-sens vu, selon lui, le flux négligeable que représente le débit vers le Mali à partir du port de Nouakchott ! Aïssata contacte de nouveau le P.M et son ministre. Les deux hommes renouvellent au D.G du port leur vive recommandation pour bien monter qu’au plus haut niveau, on reconnaît à Aïssata Kane le mérite de l’initiative et le professionnalisme déjà prouvé par de multiples réussites dans le domaine.

Hélas, rien n’y fait.

Il a fallu attendre l’arrivée à Nouakchott du ministre malien de l’équipement et des transports et que ce dernier arrête une date définitive avec son homologue mauritanien à propos des « Journées Portes Ouvertes sur le Corridor Nouakchott –Bamako » pour que le D.G change d’avis et déclare à Aïssata Kane : « nous allons faire les choses en grand ! ». Les rendez-vous se succèdent entre Aïssata Kane, le D.G du port de Nouakchott et les Maliens des EMAMAU, entrepôts maliens en Mauritanie.

Mais c’était trop beau et trop digne pour être vrai ! Soudain coup de théâtre dix jours seulement avant l’événement, on vient annoncer à Aïssata Kane qu’on a pour elle une mauvaise nouvelle. Ainsi, au lieu de dire un non clair et net, le D.G du port laissa courir Aïssata Kane qui continua à entretenir l’événement certaine qu’on ne saurait l’écarter sans raison. On vous passe ce que cela représente comme efforts psychologiques sans parler du prix de la parole donnée aux partenaires et du coût de l’humiliation chez vous ! D’ailleurs, le seul spot publicitaire qui passa à TVM fut celui d’Aïssata Kane !

Ainsi dix jours avant l’événement, on fait savoir à Aïssata Kane qu’on a une mauvaise nouvelle pour elle. Qui est le « on » ? C’est là toute la fourberie du système. Voyez l’élégance et le savoir-vivre : au lieu de contacter directement Aïssata Kane pour qu’elle puisse faire le nécessaire en informant ses partenaires de longue date, le D.G du port, pour bien montrer aux maliens son sens de la diplomatie, a contacté les maliens qui dirigent leurs entrepôts à Nouakchott pour leur dire que le port a déjà un prestataire de services, une femme, madame F, sympathique mauritanienne d’origine libanaise qui tient un supermarché, n’ayant jamais rien organisé de la sorte…

Le malheureux malien ne pouvait rien faire face aux autorités du port surtout qu’il s’agit d’un domaine délicat impliquant des états. C’est là tout le scandale car il ne s’agit en fait que d’humilier Aïssata Kane dans la pure tradition des trafics d’influence dans ce pays pour que toutes les activités restent aux mains des mêmes personnes même quand l’idée ne vient pas d’eux.

Ils auraient pu trouver une formule pour faire travailler tout le monde ensemble en respectant les promoteurs de l’initiative, mais non ! Il fallait écarter Aïssata Kane et profiter de son idée, de ses efforts et de son carnet d’adresse en ne la prévenant que 10 jours avant l’événement après avoir tout organisé !

Aïssata Kane n’a pas même eu droit à une carte d’accès au palais des congrès où étaient reçus les ministres. Grande dame, elle a pris sur elle et n’a fait aucun scandale à ce sujet. Ce n’est qu’hier, qu’elle m’en a parlé car on se connaît depuis l’adolescence. Impossible de ne pas raconter son aventure afin que cela remonte jusqu’au chef de l’Etat, lui qui se dit soutenir la jeunesse constructive...

Combien de fois avons vu des jeunes ayant des idées constructives finir par ne plus pouvoir respirer face aux tentacules d’un vieux système d’exploitation qui leur empoisonne l’air et la terre par mille vulgaires trafics d’influence et autres concurrences déloyales ? et ce, malgré le soutien enthousiaste d’un P.M et de son ministre ? On ne les compte plus, on les entasse, on les enterre et on les oublie…

Impunité quand tu nous tiens !

Mais, loin de décourager Aïssata Kane, elle espère tout simplement, qu’à l’avenir, ses soutiens en Mauritanie auront plus de poids quand la jeunesse qui innove et entreprend se trouve face à ceux qui pensent comme pensaient, hier, les ennemis des jeunes de la république qui ont pour toute force leur mérite…

Vlane.aosa.




95 commentaires:

Anonyme a dit…

Salam


Vlane a dit:

d’humilier Aïssata Kane dans la pure tradition des trafics d’influence dans ce pays pour que toutes les activités restent aux mains des mêmes personnes même quand l’idée ne vient pas d’eux.

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Ainsi dix jours avant l’événement, on fait savoir à Aïssata Kane qu’on a une mauvaise nouvelle pour elle. Qui est le « on » ? C’est là toute la fourberie du système. Voyez l’élégance et le savoir-vivre : au lieu de contacter directement Aïssata Kane pour qu’elle puisse faire le nécessaire en informant ses partenaires de longue date, le D.G du port, pour bien montrer aux maliens son sens de la diplomatie, a contacté les maliens qui dirigent leurs entrepôts à Nouakchott pour leur dire que le port a déjà un prestataire de services, une femme, madame F, sympathique mauritanienne d’origine libanaise qui tient un supermarché, n’ayant jamais rien organisé de la sorte…

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Rien d'étonnant car c'est une pratique courante : les médiocres volent toujours les idées des autres.

Je ne pleure pas sur le sort de ces négres qui, face à l'injustice ne réagissent que par la passivité et la soumission voir le MASLAHA.

Au lieu de pleurnicher, elle aurait du porter cette affaire devant la justice.....pas pour gagner mais pour le principe...

La lâcheté, la passivité et la soumission des négros face à l'injustice et le racisme fait qu'ils méritent amplement leur sort.

On a beau dire ou beau faire, une connasse de mauritano-libanaise inculte vaudra toujours mieux qu'une négresse, dit le fou

maatala

Anonyme a dit…

Une leçon pour vlane,

Une affaire comme ça d' abord ne se fait pas via le gré-à-gré. Même si Aissata est chouette, côté look et que tu l'a connait dans ta jeunese. Tout le momde a fait une erreur: les maliano-ivoiriens avec leur gré-à-gré à cause de leurs bangalas en poupe et le DG du port de Nktt qui a preferé la libanaise parcequ'elle va lui donner sa commission ou autre chose.

Fais attention vlane avec ce que tu dis. Ici le QI est trop haut.

Aissata du courage. Évite les facilités parceque tu es fraîche et baisable. Des gens sont allés en prison et perdu leurs familles pour les gré-à-gré avec des femmes potables. Ne fais pas ça.

Abdi Ould Waghef enteu veum?

X ould y

maatala a dit…

salam

Leïla Trabelsi, la «sorcière» mal aimée


Mais que devient Leïla Ben Ali, née Trabelsi? Il y a quelques jours, une rumeur a circulé dans toute la Tunisie: selon le site Tunivisions (le magazine people des Tunisiens), l’ex-Première dame aurait récemment tenté de mettre fin à ses jours en avalant du poison.

Admise à l’hôpital privé de la ville d’Abha (capitale en altitude de la province d’Asir, en Arabie saoudite), ses jours ne seraient pas en danger comme semble le regretter le site, qui déplore que la potion ingurgitée n’était «malheureusement (sic) pas meurtrière»…

Il est très difficile de vérifier cette information, tant les autorités saoudiennes refusent de communiquer à propos de l’ancien couple présidentiel. A ce jour, Ryad n’a même pas daigné répondre officiellement à la demande d’extradition formulée par les autorités tunisiennes et nombre de Tunisiens craignent que Ben Ali et sa femme n’échappent à la justice de leur pays.

Pour autant, les langues se délient en Tunisie et chaque jour apporte son lot de révélations. C’est ainsi que le tout-Tunis parle beaucoup du livre de Lofti Ben Chrouda, un ancien majordome au palais présidentiel qui a passé vingt ans au service de Leïla Trabelsi.

Paru le 9 juin dernier aux éditions Michel Lafon, Dans l’ombre de la reine, écrit en collaboration avec Isabelle Soares Boumala, professeur de lettres et journaliste en Tunisie, est en vente dans nombre de librairies du pays —ce qui en soi est une révolution, quand on sait ce qu’a été l’emprise de la censure jusqu’à la chute de Ben Ali en janvier 2011. Et son contenu n’est rien de moins que sidérant.

La sorcière
Dès les premières pages, on y apprend ainsi que «Madame la présidente» —expression utilisée par la presse tunisienne jusqu’à ce qu’éclatent les premières émeutes en décembre 2010— avait recours à la sorcellerie et à la magie noire à la fois pour protéger son mari, mais aussi pour garder le contrôle sur lui. N’hésitant pas à sacrifier des caméléons, elle fera aussi appel à de nombreux devins, mages et autres diseuses de bonne aventure venus des quatre coins de l’Afrique, et notamment du Maroc, du Sénégal et du Mali ainsi que de l’intérieur du pays.

«Cela ne m’étonne pas. Elle n’est pas la seule à verser dans ce genre de pratiques. Nombre de femmes de la bourgeoisie tunisienne y ont recours», explique à SlateAfrique un universitaire franco-tunisien, qui estime que la pratique de la sorcellerie dans les milieux aisés et soi-disant cultivés en Tunisie mériterait une véritable enquête sociologique.

On relèvera au passage que le recours supposé à la magie noire pourrait valoir de sérieux ennuis à Leïla Trabelsi, quand on sait que le royaume wahhabite où elle s’est réfugiée n’a pas l’habitude de plaisanter avec ce genre de pratique formellement prohibé par l’islam.

La cruelle
Mais l’ouvrage ne se résume pas uniquement aux exploits de Leïla «la sorcière». Page après page, le lecteur découvre un univers sordide où des parvenus (la famille de Leïla) s’installent dans les palais présidentiels, sèment la terreur parmi le personnel et participent au pillage du pays.

maatala a dit…

Cruelle, manipulatrice, avare, jamais satisfaite du service et totalement insensible à la fatigue, voire l’épuisement, de celles et ceux qu’elle considérait comme ses esclaves, Leïla Trabelsi ira même jusqu’à plonger les mains d’un cuisinier dans de l’huile bouillante pour le punir d’une peccadille.

L’adultère
Certes, le livre n’apporte aucune révélation majeure sur le plan politique, si ce n’est que l’alliance entre Leïla et Ali Seriati, le chef omnipuissant de la garde présidentielle —dont le procès vient encore d’être reporté—, était plus le résultat d’une alliance tactique que d’une quelconque affinité. A cela s’ajoute le fait que Leïla menaçait régulièrement son mari de «dire la vérité» à propos de la mort de plusieurs généraux dans un crash d’hélicoptère.

Pour autant, nombre de descriptions sont saisissantes. Ainsi, on y trouve la confirmation que Ben Ali n’était plus qu’une marionnette entre les mains d’une femme dominatrice et plus jeune que lui. Laquelle n’hésitera pas à prendre pour amant l’un de ses gardes du corps, qu’elle rencontrait en cachette jusqu’à trois fois par semaine dans une petite maison en bord de mer à La Marsa —quand elle n’organisait pas des escapades pour deux à Paris ou Dubaï.

Un adultère qui, une fois découvert, lui vaudra la colère de son président de mari —lequel semblait quant à lui habité par la peur de perdre sa virilité (d’où une grande consommation d’aphrodisiaques, comme le gingembre et les fruits secs) et d’être dépossédé de ses biens, poisson frais compris, par sa femme, sa belle-famille et le personnel du palais.

La rapace, la stratège
Selon Lofti Ben Chrouda, Leïla Trabelsi avait mis en place une véritable opération de pillage des antiquités tunisiennes, se servant dans les musées, faisant procéder à des fouilles illégales dans tout le pays et masquant parfois ces dernières par des travaux conduits par Imed Trabelsi, son neveu, ou bien son fils —lui aussi traduit devant la justice tunisienne. Les trésors découverts (bijoux, statues, pièces d’or remontant à l’époque carthaginoise ou romaine) étaient ainsi transportés jusqu’aux villas des Trabelsi ou exportés à l’étranger, notamment en Russie et en Israël.

Le majordome raconte aussi comment Leïla et son clan ont mis la main sur tout ce que comptait le petit village de Sidi Boussaïd comme merveilles. Des biens légués par le fameux baron Erlanger (qui fut l’âme artistique du village au début du XXe siècle) aux avoirs immobiliers de personnalités tunisiennes dépossédées en un tour de main, en passant par la fameuse discothèque La Baraka, jadis fréquentée par Charles Aznavour: la rapacité des Trabelsi donne aujourd’hui encore le tournis.

Le livre de Ben Chrouda nous apprend de plus comment Leïla Trabelsi avait commencé à régenter la politique tunisienne en créant le club Elyssa, où nombres de femmes de la haute société tunisoise mais aussi des épouses d’ambassadeurs étrangers se devaient d’adhérer. En somme, un gynécée où se faisaient et se défaisaient les carrières ministérielles du fait de l’allégeance ou non de ces dames à Leïla.

Enfin, l’ouvrage confirme ce que bon nombre d’observateurs avaient très vite compris lors des événements de décembre 2010 et janvier 2011. Ni Ben Ali, ni sa femme n’avaient vu venir les émeutes populaires et ils ont, semble-t-il, cru jusqu’au dernier moment qu’ils pouvaient renverser la donne et retrouver leur ascendant sur le peuple en colère.

Akram Belkaïd

maatala a dit…

salam

Ben Ali, le dictateur «bac moins 3»


Alors que depuis le 20 juin 2011 les procès et les condamnations le concernant se succèdent à un rythme soutenu à Tunis, l’ex-président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, est absent, en exil à Jeddah en Arabie saoudite. Ce militaire a forgé l’essentiel de sa carrière au sein des services de sécurité et du renseignement. Personnage de l’ombre, Ben Ali est demeuré en 23 ans de pouvoir, et particulièrement vers la fin de sa présidence, un homme insensible et faussement populaire. Son portrait, placardé dans toute la Tunisie au fronton de la plus petite échoppe est certes connu de tous mais sa vraie nature, elle, est restée mystérieuse.

Cet enfant d’Hammam Sousse, une ville côtière au nord de la Tunisie, a vu le jour en 1936, sous le protectorat français. Quatrième d’une famille modeste de onze enfants (son père aurait été gardien au port de Sousse), Zine el-Abidine (la beauté des croyants), effectue de piètres études secondaires au lycée de garçons de Sousse. Celui qu’on surnommait «Bac moins 3», n’est effectivement pas devenu bachelier.

Il ne s’intéresse pas aux arts, n’a pas les qualités d’un autodidacte, ne lit pas et n’aime pas les intellectuels, une haine des lettres et des arts qui perdurera durant son règne. Son double engagement dans l’armée et le parti indépendantiste Néo-Destour lui offre en 1956 une seconde chance. Au cours de sa vie lycéenne, Ben Ali suit les traces de son ami d'enfance Hédi Baccouche, un militant aguerri qui restera l'un de ses plus proches alliés et qui deviendra son Premier-ministre.

Le jeune Ben Ali bénéficie d'une formation d'officier, lors d'un bref passage à l’Ecole militaire française interarmes de Saint-Cyr (EMIA) en 1956. Il est admis dans une promotion parallèle exceptionnelle en hommage à la récente indépendance tunisienne. Mais cette promotion particulière baptisée «Bourguiba», ne comprend qu’une poignée d’officiers tunisiens parmi lesquels Ben Ali ne s'est pas intégré. Il achève sa formation avec un diplôme d’ingénieur électronicien obtenu aux Etats-Unis:

«Mon intérêt pour l’informatique, a eu une incidence heureuse sur ma façon de travailler; cela m’a donné un goût prononcé pour la logique, la rigueur de l’analyse et une vision prospective planifiée, loin de toute improvisation.»

Premières armes en politique
De retour en Tunisie, il est affecté au service du colonel Kéfi, un ancier officier de l'armée française devenu le chef d'état-major de l'armée tunisienne, dont il épouse la fille en 1964, Naïma Kéfi. Un amour stratégique qui lui vaut d’être à 28 ans le directeur de la Sécurité militaire, poste qu’il occupe jusqu’en 1974.

Père de six enfants, dont trois filles nées de son premier mariage, Ben Ali se trouve particulièrement à son aise au sein des services de renseignement, sa fonction consistant à assurer la surveillance des casernes. Il est à un poste qui convient à sa nature timide et taciturne et qui le garde à distance des chefs de l’armée.

Ben Ali n’est pas vraiment inconnu des Tunisiens. Il apparaît pour la première fois sur la scène politique en 1974, à l’occasion de l’Union tuniso-libyenne et la naissance de la République arabe islamique proclamée par Habib Bourguiba et le colonel Kadhafi. C’est là que le général Zine el-Abidine Ben Ali se forge une réputation de militaire impassible et de référent en matière de sécurité. Mouammar Kadhafi avance son nom pour diriger l’ensemble des services de renseignement et de la sécurité militaire de cette union éphémère des deux pays voisins (de 1973 à 1974). Une fois la République arabe islamique enterrée et les relations avec la Libye refroidies, les conseillers de Bourguiba invitent ce dernier à écarter Ben Ali du pouvoir. Zine el-Abidine se contente d’un poste d’attaché militaire à Rabat, au Maroc, où il découvre les délices de la dolce vita marocaine mais entretient des relations exécrables avec le roi Hassan II.

maatala a dit…

Il marque son retour au pays quelques années plus tard en 1978, date à laquelle l’agitation sociale menace le régime du «Combattant suprême», Habib Bourguiba. Opportuniste, Ben Ali sent le vent tourner. Il prend en charge la Sûreté générale, alors que Bourguiba lutte pour laisser l’armée en dehors de la politique. Un poste clé sur lequel Zine el-Abidine s’installe pendant trois ans.

Mais alors qu’il se croit définitivement ancré au gouvernement, il commet une erreur qui lui coûte son poste: un commando libyen investit la ville de Gafsa, dans le Sud tunisien, et y séjourne en toute impunité, sans que les responsables de la sûreté générale s’en aperçoivent. Il est aussitôt limogé par Bourguiba et envoyé à Varsovie en Pologne en mars 1980 en tant qu’ambassadeur. Il revient en Tunisie en décembre 1983, lors de la «révolte du pain» qui officialise la rupture entre les Tunisiens et Bourguiba. Abandonné, Habib Bourguiba a justement besoin de rigueur militaire et d’expertise en matière de renseignement et rappelle Ben Ali à ses côtés à la direction de la Sûreté générale.

Dès lors, son ascension au sein du gouvernement tunisien est fulgurante. La lutte contre les islamistes qui menacent le régime et le climat de crise sociale, propulsent alors Ben Ali vers le sommet du pouvoir au plus proche de Bourguiba. Après les émeutes de 1984, il passe respectivement de secrétaire d’Etat à la Sûreté, puis ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement de Rachid Sfar au poste de Premier ministre le 2 octobre 1987.

Installé à la présidence tunisienne depuis l’indépendance du pays en 1956, Habib Bourguiba est malade, s’enferme dans son palais et règne plus qu’il ne gouverne. Grâce à un «coup d’Etat médical», Ben Ali écarte «sans violence ni effusion de sang», le 7 novembre 1987, le père de l’indépendance devenu sénile. Selon la formule consacrée, Ben Ali «dépose» Bourguiba. Les journalistes Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi, dans leur livre «Notre ami Ben Ali», donnent leur version des faits (page 45):

«Sept medecins, dont deux militaires, sont convoqués en pleine nuit, non pas au chevet du malade mais, là encore, au ministère de l'Intérieur. Parmi eux se trouve l'actuel médecin du président, le cardiologue et général Mohamed Gueddiche. Ben Ali somme les représentants de la Faculté d'établir un avis médical d'incapacité du président. "Je n'ai pas vu Bourguiba depuis deux ans", proteste un des médecins. "Cela ne fait rien, signe", tranche le général (Ben Ali)».
Le premier discours présidentiel est rédigé par Hédi Baccouche. Les Tunisiens observent ce militaire inconnu à la carrure de déménageur et écoutent en silence Ben Ali leur promettre sur les ondes de la radio nationale une rupture avec l’ancien régime:

«Notre peuple est digne d'une vie politique évoluée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse. L'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l'Etat qui excluraient le peuple».

Un président manipulateur
Un an après, en 1988, il se sépare de la fille du colonel Kéfi et s’affiche avec une Tunisoise d’une trentaine d’années qu’il fréquentait dans les années 1980, Leïla Trabelsi. Leur première fille, Nesrine Ben Ali, voit le jour en 1987 alors que ses parents ne sont pas encore mariés. Il épouse Leïla Trabelsi en 1992, l’année de la naissance de sa cinquième fille, Halima Ben Ali. Cette seconde épouse, diplômée de Lettres et coiffeuse de profession, a un caractère beaucoup plus trempé que son mari, qu'elle manipule dans l'ombre. Elle place en outre progressivement ses dix frères et soeurs aux postes clés de l'économie du pays. On porte à l’actif du premier mandat de Ben Ali une politique dite de «solidarité», avec la création d’un fonds spécial destiné à l’origine aux pauvres, le «26-26». On découvrira plus tard que la moitié de ces fonds spéciaux ont été détournés par le clan présidentiel.

maatala a dit…

Parvenu à la plus haute marche du pouvoir, Ben Ali amadoue les Tunisiens et tisse discrètement sa toile. Il supprime «la présidence à vie», instituée par Bourguiba et limite à trois le nombre de mandats présidentiels. En 1988, il fait même adopter une nouvelle loi sur les partis. Il poursuit le développement d’un système de sécurité sociale et les réformes sur l’éducation et l’émancipation des femmes initiées par son prédécesseur. Ben Ali, c'est l'autocratie de Bourguiba moins son charisme et sa culture.

Sur la forme, le nouveau président Ben Ali entame une série de réformes politiques et économiques: libéralisation et ouverture des marchés, libération des prisonniers politiques, instauration du multipartisme, scolarisation obligatoire jusqu'à 16 ans. Le Parti Socialiste Destourien (PSD) qu'il dirige est rebaptisé Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD). Ce parti compte plus de 2 millions d’adhérents sur une population de 10 millions.

Sur le fond, les méthodes de sa présidence restent les mêmes que celles employées dans les services de renseignement militaire. Selon Ahmed Bennour, ancien secrétaire d'Etat à la Défense puis à l'Intérieur, le budget de la police avait presque quadruplé depuis 1987. Il existait à peine deux cents lignes téléphoniques sur écoute du temps de Bourguiba; en 1989 il y en avait plus de trois mille.

En 1991, Ben Ali dissout Ennahdha (Renaissance), le grand parti islamiste tunisien, dont il fait emprisonner plus de 20.000 membres. Il interdit le port du voile dans les lieux publics et muselle la presse ainsi que les partis d'opposition. La révision de la Constitution et le Code électoral ne sont que des mesures de démocratisation de façade. En réalité, la Tunisie toute entière est progressivement soumise à une surveillance généralisée et à une propagande massive en faveur de Ben Ali.

maatala a dit…

À la tête du parti majoritaire le RCD, il est réélu président de la République en 1994, en 1999 et en 2004, recueillant entre 94% et 99% des voix. Son régime est soutenu par les Etats-Unis, Israël, la France et l'Italie, notamment parce qu'il abrite discrètement une base arrière de la CIA et de l'Otan servant aux opérations anti-terroristes régionales et au contrôle de la Méditerranée.

La fin du règne
En 1999, il organise la première élection présidentielle pluraliste de l’histoire de la Tunisie, un événement. Mais dès 2002 il fait sauter le dernier verrou empêchant son maintien au pouvoir à vie: l’adoption par référendum d’une modification constitutionnelle lui permettant de se représenter. L’année 2005 marque la naissance de son fils, Mohamed Zine el-Abidine Ben Ali, «le prince» pour lequel le président réalise les dépenses les plus folles. En 2008, il mate des émeutes dans le sud-ouest tunisien par l’armée sur fond de chômage et de népotisme. L’année suivante, Zine el-Abidine Ben Ali, est réélu pour un cinquième mandat avec près de 90% des voix.

Les méthodes répressives et dictatoriales sont de plus en plus visibles. Le régime devient paranoïaque. Un projet de loi adopté en conseil des ministres prévoit que tout Tunisien qui transmet à une organisation internationale des informations «de nature à ternir l'image de la Tunisie» est passible d'une peine de prison de cinq à douze ans.

L’espionnage et la censure de la population créent un silence politique assourdissant. La corruption, les passe-droits, les tortures marquent la fin de son règne. La nature profonde de Ben Ali transparaît dans sa façon de gouverner le pays. Il utilise les forces de l’ordre pour maintenir la population sous une chape de terreur en anéantissant l'âme et l'identité des Tunisiens.

Le 14 janvier 2011 sur le tarmac de l’aéroport de Tunis-Carthage, le Boeing présidentiel 737-700 d’une trentaine de places est prêt à décoller en urgence. Au même moment, les Tunisiens tombent sous les coups de matraques et sous les balles. Zine el-Abidine Ben Ali, lui, ajuste sa cravate rouge sur son costume bleu avant d'embarquer. L’enfant d’Hammam Sousse timide et renfermé sur lui-même, à la scolarité désastreuse, est «dégagé» par les Tunisiens sortis de 30 années de léthargie.

Mehdi Farhat

maatala a dit…

salam


En voiture Simone (Gbagbo)
Simone, qu'a fait de toi ce pouvoir? Es-tu réellement cette femme monstrueuse, cette dame de sang, le mauvais génie de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire? Par l'écrivain Venance Konan


Simone, n’entends-tu vraiment rien? Ne vois-tu rien? Ne sens-tu pas une présence autour de toi lorsque tu te couches dans ton grand lit que ton infidèle Laurent a déserté depuis longtemps pour le corps plus frais de la belle Nady? Tu es Africaine, Simone, et avant de te lancer dans la politique, tu avais dirigé le Groupe de recherche sur la tradition orale (GRTO). Tu sais donc que dans nos traditions, comme l’a écrit le poète Birago Diop, «les morts ne sont pas morts, ils sont dans le vent, ils sont dans l’eau qui coule...»

Alors, Simone, écoute dans le vent le buisson en sanglot, et tu entendras certainement les gémissements de ces femmes aux corps déchiquetés. Si tu ouvres bien les yeux, surtout lorsque tu as éteint toutes les lumières, Simone, tu verras ces femmes, parfois sans têtes, sans membres, sans corps, tourner autour de toi.

Ouvre bien les yeux
Ouvre bien les yeux, et tu verras celles qui sont mortes après avoir subi de multiples viols. Elles te montreront leurs sexes ensanglantés. Tu les vois, Simone, tu les entends? Elles t’accusent toutes. Elles t’accusent toi, qui aurais dû être leur mère, leur sœur, leur protectrice, d’avoir été leur bourreau. Est-ce vrai Simone? Est-ce vrai que tu as définitivement fermé ton cœur depuis que tu as accédé au pouvoir?

Simone, Simone! Qu’a fait de toi ce pouvoir? Jézabel, la reine qui tuait les prophètes de Dieu et qui détourna Achab de son vrai Dieu afin qu’il adore Baal? Héra, la femme trompée et jalouse de Zeus? Es-tu réellement cette femme monstrueuse, cette dame de sang, le mauvais génie de Laurent Gbagbo que décrivent les chroniqueurs et que chanteront pendant longtemps les porteurs de voix?

maatala a dit…

Je te revois, radieuse, dans ta robe blanche, ce jour où ton Laurent a décidé de se faire investir président de la République de Côte d’Ivoire, alors que les Ivoiriens lui avaient refusé leurs voix. Tu savais qu’il commettait une forfaiture, qu’il usurpait un pouvoir qui n’était plus le sien. Mais il n’était pas question pour toi de revenir en arrière. La Côte d’Ivoire, disais-tu en exergue de ton livre Paroles d’honneur, avait été donnée par Dieu à l’homme qui partageait ta vie depuis plus de trente ans sans partager ton lit. Cela t’importait peu je crois, ce qui comptait étant qu’il partage avec toi le pouvoir. Le pouvoir Simone! Est-ce la seule chose qui ait jamais compté à tes yeux? Et toute ta vie, tu ne te serais battue que pour l’avoir? Ah ta vie, Simone Ehivet Gbagbo. Reprenons-en le fil.

Dans la petite tribu côtière des Abouré
Tu nais en 1949, dans la petite tribu côtière des Abouré, onze ans avant l’indépendance du pays que tu dirigeras plus tard. As-tu souvenance de ce jour où l’indépendance fut proclamée? Il y a quelques années, tu as déclaré que tu n’avais pas apprécié la manière dont cette indépendance avait été acquise par Houphouët-Boigny. Tu aurais préféré un «non» flamboyant comme celui que Sékou Touré [premier président de la République de Guinée, de 1958 à 1984] avait dit à de Gaulle. La vraie indépendance, disais-tu, sera celle que ton mari octroiera à la Côte d’Ivoire. Mais en 1960, tu étais trop jeune pour dire ton mot dans cette affaire.

Ton père, Jean Ehivet, gendarme, dont tu as probablement hérité de ta carrure, te trimbalera de ville en ville à travers le pays, au gré de ses affectations. C’est sans doute ce qui t’a permis de parler une bonne partie de nos langues. C’est ce père qui te transmet sa foi catholique.

Après tes études couronnées par un doctorat de troisième cycle en littérature orale, tu deviens enseignante chercheur. Tu militeras alors activement dans le syndicat des enseignants qui représentait à cette époque la seule opposition véritable au pouvoir d’Houphouët-Boigny. C’est au sein de ce syndicat que tu rencontreras Laurent, qui deviendra ton époux, et le père de tes trois premières filles.

Avec lui vous vous formerez au marxisme, sous la conduite du poète Zadi Zaourou, celui que l’on appelle le père de la gauche ivoirienne. Avec Laurent tu seras plusieurs fois arrêtée. En 1982, tu participes à l’organisation de la grande grève des enseignants qui vaudra à Laurent de fuir le pays, te laissant toute seule avec tes enfants qui étaient désormais cinq. Au retour de Laurent en 1989, vous créez ensemble le Front populaire ivoirien (FPI), l’un des premiers partis politiques d’opposition qui sera officialisé en 1990, après les grands mouvements sociaux qui avaient ébranlé le pouvoir trentenaire de celui qu’on appelait «Le Vieux».

Le vrai patron du FPI, c'est Simone
En 1990, Laurent est élu député. Toi tu prends les rênes du parti, même si tu n’en es pas officiellement la secrétaire générale. Tout le monde sait que le vrai patron du FPI, c’est Simone. En 1992, après une marche qui a dégénéré en violences à travers les rues d’Abidjan, tu es arrêtée avec Laurent et son premier fils Michel, celui qu’il a eu avec une Française, par Alassane Ouattara qui était Premier ministre. Il n’empêche que lorsque celui-ci sera combattu par Henri Konan Bédié qui avait succédé à Houphouët-Boigny, votre parti s’alliera à lui.

En 1995, tu rejoins Laurent à l’Hémicycle. Tu es députée de la commune d’Abobo, à Abidjan. Tu n’es pas femme à te contenter d’être l’épouse d’un homme politique. Tu es une femme politique. En 1996, Laurent et toi êtes victime d’un grave accident de la route. Tu échappes à la mort par miracle. C’est alors que tu rencontres le pasteur Moïse Koré, celui qui deviendra le très officiel conseiller spirituel de ton époux après son accession au pouvoir, et officieusement son négociant en armes. C’est lui qui te fait découvrir la foi évangélique.

maatala a dit…

En 2000, par un de ces retournements de situation dont seule l’Afrique a le secret, Laurent se retrouve à la tête du pays. Tout le monde se souvient de ces larmes que tu avais versées le jour de son investiture. Ton heure était arrivée. Laurent et toi étiez arrivés au pouvoir. «Dieu nous a donné la Côte d’Ivoire», écriras-tu plus tard.

Tu n'es pas femme à s'occuper d'œuvres sociales
Tu n’es pas femme à s’occuper d’œuvres sociales sous le prétexte que son mari est président de la République. Tu te feras élire députée de la même commune d’Abobo, vice-présidente de l’Assemblée nationale et première vice-présidente du FPI, le nouveau parti au pouvoir. Alassane Ouattara avait été empêché de se présenter aux législatives par Laurent Gbagbo, son ancien allié, tout comme il avait été empêché de se présenter à la présidentielle par le général Robert Guéï. Ses militants descendent dans les rues pour protester. Certaines femmes sont envoyées à l’école de police et violées. Tu en es informée. «Mais qu’avaient-elles à aller manifester dans les rues?» t’exclames-tu devant la nation ébahie. Et peu de temps après, la télévision te montre, priant presqu’en état de transe, dans un temple évangélique.

Toutes tes interventions sont truffées de citations bibliques. Et tu répètes à tout propos que «c’est Dieu qui donne le pouvoir, c’est Dieu qui le reprend». L’on commence à s’interroger. D’autant plus que tu t’affirmes presque comme une coprésidente de la République. Tu disposes d’un cabinet, comme le président de la République, tu reçois des acteurs sociaux, comme une présidente de la République, et tu déclares au magazine français L’Express: «Tous les ministres ont du respect pour moi. Et on me situe souvent au-dessus d’eux.» L’on apprend dans le même temps que Laurent a délaissé ta couche pour celle de la nordiste Nady Bamba. Il l’a même épousée selon les traditions musulmanes, lui le chrétien qui t’avait suivi dans la foi évangélique.

Puis survient du Nord du pays la rébellion de 2002
Puis survient du Nord du pays la rébellion de 2002. Laurent et toi conservez le pouvoir de justesse. Certains de vos proches sont tués, et le pays est coupé en deux. Surgissent alors des escadrons de la mort qui assassinent tous ceux qui sont soupçonnés de soutenir la rébellion, du fait de leur origine nordiste. Et ton nom commence à être associé à ces escadrons qui sèment la terreur. Ton masque se durcit. Tes propos contre les populations du Nord et les immigrés aussi.

Après l’accord de Linas-Marcoussis qui consacre le partage du pouvoir avec la rébellion, la chronique rapporte que tu aurais giflé Affi N’guessan, le Premier ministre de ton mari, pour l’avoir signé. Tu te bats bec et ongles pour vider cet accord de toute substance. Les escadrons de la mort sévissent de plus belle. Ils ne cesseront leurs sinistres opérations que lorsque Laurent et toi aurez été accusés d’en être les vrais patrons, et menacés de traduction devant la Cour pénale internationale. Mais tu restes la «mère» des «Jeunes patriotes» de Blé Goudé qui te vouent une véritable dévotion.

maatala a dit…

Prise d’une frénésie d’enrichissement
Prise d’une frénésie d’enrichissement, tu achètes de nombreuses entreprises, en arraches à ceux qui ne veulent pas te les vendre, puises dans les caisses de l’Etat, fais des dépenses somptuaires au cours de tes voyages, et tu te construis un immense palais à Moossou, ton village natal. Tout le monde dans le pays a peur de toi. Le Journal suisse Le Matin évalue la fortune que tu avais déposée dans les banques suisses à 2,49 milliards d’euros.

Cahin-caha, la Côte d’Ivoire arrive à l’élection présidentielle en octobre 2010, sur fonds de rumeurs de rivalité entre Nady Bamba et toi. Pendant la campagne électorale, tu fais une longue tournée dans les régions du Nord, le terrain de Nady. Celle-ci t’y emboîte le pas, demandant aux populations de voter pour son «mari». Au premier tour, Laurent est sévèrement battu au Nord. Tu en profites alors pour reprendre les rênes de la campagne qui étaient entre les mains de Nady.

Laurent perd cette fois-ci dans tout le pays. Selon la chronique, Nady lui aurait conseillé de reconnaître sa défaite. Ce contre quoi tu te serais radicalement opposée. Tu aurais même dit à Laurent: «Si tu fais cela, c’est que tu n’en as pas dans la culotte.» Juste les mots qu’il fallait pour fouetter l’orgueil du mâle ivoirien. Laurent en a dans la culotte. Il l’aurait prouvé à de nombreuses femmes durant son règne de dix ans. Il ne cachait d’ailleurs pas qu’il adorait la bagatelle. Laurent se cabre donc et refuse de quitter le pouvoir, pour le grand malheur du peuple ivoirien.

Le 15 janvier 2011, tu as rassemblé tous tes partisans au Palais de la culture, tu as dansé devant eux, et entre deux prières à Dieu, tu as proclamé que jamais Laurent et toi ne laisseriez le pouvoir à Alassane Ouattara que tu as qualifié de «chef bandit». Et Abobo, le quartier dont tu es la députée, mais qui a eu le malheur de voter pour Alassane Ouattara, est pilonné chaque jour par vos miliciens. Le 3 mars, ils ont tiré sur des femmes rassemblées devant la mairie, tuant sept d’entre elles. Le 15 mars, ce sont des obus qu’ils ont tirés sur un marché, et une trentaine de personnes, dont de nombreuses femmes, ont encore perdu la vie.

La Côte d’Ivoire est à feu et à sang
La Côte d’Ivoire est à feu et à sang. Des cadavres s’entassent dans les rues. Les morts se comptent par centaines. Des personnes blessées d’Abobo refusent d’aller à l’hôpital de crainte d’y être achevées. Vos miliciens considèrent tout blessé venant d’Abobo comme un rebelle. Ton mari a fait couper l’eau et l’électricité dans le Nord du pays ainsi que dans les quartiers favorables à Ouattara. Les enfants meurent de faim, de soif. Rien de tout cela ne t’a tiré la moindre larme de remords, le moindre mot de compassion. Votre télévision a dit que les femmes mortes à Abobo, c’était du chiqué, du bidonnage.

Laurent et toi refusez de quitter le pouvoir. Dieu l’a donné à Laurent. Et à toi. Seul lui pourra vous l’enlever. Qu’ont donc ces femmes et ces hommes à contester votre pouvoir, ton pouvoir à toi, Simone la Jézabel? Souviens-toi tout de même. Lorsque Jézabel est morte, son corps a été jeté aux chiens.

Venance Konan

maatala a dit…

salam

Hugo Chavez, un homme à abattre

Françoise Gérard


Un homme à abattre … Cette expression évoque de mauvais souvenirs pour les Burkinabè. Pourtant, il ne s’agit ni de Thomas Sankara ni de Norbert Zongo, ni même d’un Africain. L’homme dont il est question est l’actuel Président du Venezuela, Hugo Chavez. La majorité de la presse occidentale le diabolise. Il est qualifié de dictateur fou, de clown sinistre, de « populiste belliqueux », on l’accuse d’antisémitisme et d’ « anti-américanisme primaire ». On lui reproche de censurer les médias de l’opposition. On blâme sa politique économique, la nationalisation du pétrole vénézuélien, la criminalité en hausse dans son pays, ses amitiés sulfureuses avec Amadjinedja d’Iran ou le Hamas palestinien. Tout est bon pour le discréditer. Pourtant, son combat a produit des résultats dont peuvent s’inspirer bien de peuples. C’’est peut-être à cause de cela qu’il dérange certains milieux.

La campagne de dénigrement contre le président Chavez a porté ses fruits empoisonnés jusque dans le parti socialiste français qui s’est joint à « la chorale des diffamateurs ». L’influence négative de la presse française a joué en retour sur l’opinion africaine, les partis de l’opposition restant indifférents, et ceux du pouvoir se méfiant comme de la peste de ce leader charismatique (ce qui expliquerait que la langue espagnole ne soit quasiment plus enseignée au Burkina Faso). Pourtant, cet homme qui, en 2009, au IIème sommet Afrique-Amérique latine, a rendu hommage au dirigeant martyr Thomas Sankara, a de quoi susciter notre intérêt.

« La fermeté dans nos relations avec le monde africain est (…) un de nos piliers culturels. Nous avons davantage à faire avec notre continent frère, la Mère Afrique, après avoir fixé nos yeux sur l’univers occidental et capitaliste. Caracas doit devenir un pont pour toutes sortes de coopération culturelle et économique entre l’Afrique et l’Amérique Latine. », avait-il déclaré.

Pourquoi le président Hugo Chavez fait-il l’objet d’un tel déchainement de haine ? Une investigation moins partisane ne peut que provoquer de la surprise. Malgré ses difficultés persistantes, le Venezuela va nettement de l’avant. Ainsi apprenons-nous que : « 71,8% des Vénézuéliens décrivent comme positive l’administration du président Hugo Chavez, selon les résultats de l’enquête menée par l’Institut vénézuélien de données (IVAD) entre le 24 septembre et 2 octobre 2011. » et que : « 63,8 % jugent que la gestion du gouvernement dans les 11 dernières années a été positive ». Les prochaines élections auront lieu en octobre 2012. « Si elles avaient lieu aujourd’hui, toujours selon l’IVAD, Hugo Chavez serait crédité de 53,7% des voix en sa faveur contre 34,6 % à son principal concurrent ». Seulement 53,7% des voix ? C’est peu pour un dictateur… Par ailleurs, personne n’a jamais accusé de fraude ou d’irrégularités les quatre scrutins qui de 1998 à 2006 ont maintenu Chavez au pouvoir.

maatala a dit…

Le Venezuela avant Chavez

Pour comprendre le rôle de Chavez, il faut rappeler dans quel état se trouvait le Venezuela lorsqu’il a été élu, et évoquer quelques jalons de l’histoire de l’Amérique latine « découverte » par Christophe Colomb vers 1500. Les « Conquistadors » espagnols et portugais, au nom du Christ, pillèrent le continent sans vergogne et massacrèrent férocement les indiens, s’emparant de l’or et de richesses fabuleuses qu’ils rapatriaient en Espagne. L’inépuisable butin contribua à la rapide prospérité de la bourgeoisie européenne au détriment de l’aristocratie. Par la suite, quand la main d’oeuvre indienne -et gratuite- fut décimée, les navires négriers prirent la relève pendant trois siècles. Plus de 50 millions d’Africains furent victimes de ce trafic, et environ une dizaine de millions d’esclaves furent débarqués en Amérique. On peut faire remonter les débuts du capitalisme à ce commerce, car cet enrichissement prodigieux dû à un « libre-échange » sans limites est à l’origine des grandes banques dont certaines existent toujours : La Lloyd Bank, la Barclay’s Bank… Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Plus tard, le style changea mais le pillage des ressources continua. Les futurs Etats-Unis, affranchis de la tutelle de l’Angleterre, prirent la place laissée par une Espagne en déclin. L’Amérique du Sud devint le pourvoyeur d’un nouvel empire impitoyable. Les Etats-Unis n’eurent pas de mal à corrompre la bourgeoisie locale, blanche et héritière des espagnols. C’est ainsi que les populations indigènes, changeant de maitres, furent exploitées par des présidents entièrement acquis aux multinationales états-uniennes. « Les Etats-Unis qui n’ont que la « démocratie » à la bouche ont ensanglanté l’Amérique latine par le nombre incroyable de dictatures qu’ils ont mis en place ».

Amérique latine

L’ascension de la famille Cisnéros est exemplaire. A la tête d’une petite compagnie de transports, Diégo Cisnéros obtient en 1940 la concession sur les ventes de Pepsi Cola. Par des manœuvres maffieuses (accidents, incendies, sabotages), il élimine la concurrence et fait fortune. Il se lie aux dirigeants états-uniens, devient l’ami du très puissant David Rockefeller (« Tout ce qui n’appartient pas à Rocke appartient à Feller » selon un adage connu) fait main basse sur les médias, sur les centres commerciaux, les compagnies d’aviation, l’agriculture. Et par-dessus tout sur le pétrole, première ressource du pays dont les réserves dépassent même celles de l’Arabie Saoudite. Il est surtout grassement récompensé pour avoir vendu son pays – et le pétrole - aux Etats-Unis. Résultat, la plus profonde misère et la criminalité se partagent un pays pourtant gorgé de richesses et qui comporte le plus grand nombre de millionnaires en Amérique latine.

maatala a dit…

Le tournant de 1998 avec l’élection de Hugo Chavez

Brièvement brossé, tel est le tableau du Venezuela lorsqu’Hugo Chavez gagne le pouvoir par des élections démocratiques en 1998. L’étincelle est venue, en 1989, d’émeutes de la faim sauvagement réprimées par un gouvernement qui sera bientôt renversé par l’armée. Chavez, un officier issu du peuple (ses deux parents sont instituteurs), organise la résistance. Emprisonné, sa popularité grandit à mesure que la crise s’aggrave. Enfin libéré, il propose la tenue d’une Assemblée constituante pour redéfinir les bases et l’avenir du pays, et permettre aux couches populaires de reprendre leur destin en main. En 1998, élu avec 56% des voix, il proclame la « République Bolivarienne » en mémoire du grand libérateur Simon Bolivar et se met aussitôt au travail. Ses premières mesures consisteront à récupérer les secteurs clés de l’économie dont les profits filaient à l’étranger. Soutenu par le peuple, haï par la bourgeoisie « apatride », il échappera à plusieurs attentats et à un putsch organisé en 2002, lorsqu’il se réappropriera le pétrole. Bien qu’une partie des médias acquis à l’oligarchie pro américaine ait juré sa perte, Chavez maintiendra la liberté de la presse. On comprend l’importance de l’enjeu et l’âpreté de la bataille : 60% du pétrole vénézuélien partait aux Etats-Unis. L’occident ne lui pardonnera pas de vouloir développer son pays et de parvenir à rembourser la dette qui l’enchainait au FMI (qu’il surnomme « Dracula ») et à la Banque Mondiale…

Les résultats de la réappropriation des ressources nationales

Le pétrole vendu enfin à un juste prix va pouvoir financer des projets sociaux, et même aider les pays voisins. Dans le domaine de la santé, un accord « pétrole contre médecins » passé avec Cuba permettra à des médecins cubains de venir soigner gratuitement la population dans les nouveaux centres de santé. L’exode rural résultant de l’abandon des terres au profit de l’industrie du pétrole avait généré d’immenses bidonvilles à la périphérie des villes. Chavez met en œuvre une réforme agraire et redistribue aux paysans environ 3 millions d’hectares de terres accaparées par les grands propriétaires fonciers. Cette mesure vise à réduire la pauvreté et à parvenir à la souveraineté alimentaire, objectif difficile à atteindre.

maatala a dit…

Dans un souci de préserver l’environnement et la diversité biologique, la culture des OGM est interdite, ainsi que la pêche intensive le long des côtes. La rente pétrolière a aussi contribué à éradiquer peu à peu l’analphabétisme et à scolariser tous les enfants, cette scolarité s’accompagne de la distribution de repas quotidiens aux élèves, faisant ainsi disparaître la malnutrition. Le chômage a considérablement diminué. L’armée, issue des classes populaires, reste fidèle et participe aux efforts du gouvernement « bolivarien ».

Les difficultés de la tâche

Si les inégalités ont fortement diminuées, il reste des problèmes très difficiles à résoudre. Chavez pensait qu’en améliorant le niveau de vie du peuple, la criminalité allait baisser automatiquement. Erreur : l’abondance des biens en circulation au contraire a fait monter la délinquance. De plus, la multiplicité des polices existantes, leur allégeance aux notables, la corruption endémique rendent bien de nouvelles lois inefficaces. Changer les mentalités forgées par des siècles d’asservissement n’est pas une mince affaire. L’hostilité virulente de la grande bourgeoisie alliée à Washington et aux multinationales états-uniennes menace sans cesse de renverser Chavez. Attaché aux valeurs démocratiques, il ne veut pas s’opposer directement à elle. Il tente de se protéger en s’alliant avec des pays voisins eux aussi gouvernés à gauche (Cuba, Chili, Brésil, Equateur, Bolivie, Argentine, Nicaragua…) et avec des pays producteurs de pétrole. Chavez est menacé aussi dans sa santé : nul ne sait si le cancer dont il souffre est véritablement en voie de guérison.

Les points faibles de Chavez : son populisme théâtral, sa tendance à attribuer des postes importants à sa famille, ses alliances stratégiques avec des dictateurs reconnus, sa difficulté à réduire l’inflation monétaire et à réguler les importations, sont réels, mais les médias occidentaux les amplifient outrageusement au détriment de l’espoir que Chavez représente pour tous les oubliés de la terre, tant les dirigeants qui se soucient vraiment de leur peuple sont rares. Derrière la caricature qu’on nous présente, il y a un grand homme sensible, intelligent et profondément pacifique.

Françoise Gérard

maatala a dit…

salam

Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans est assassiné.
« Destruction massive. Géopolitique de la faim » de Jean Ziegler

René HAMM
Depuis que j’ai découvert Jean Ziegler, dans les années 70 (1), je n’ai loupé aucun livre du trublion au franc-parler. Plume en main, comme à l’occasion de chacune de ses nombreuses interventions publiques, l’ex-député (2) ne s’embarrasse nullement des précautions rhétoriques tacitement prescrites par les convenances diplomatiques. Je ne le connais pas autrement qu’insurgé contre « le cartel des nouveaux seigneurs féodaux », « les oligarques du capital globalisé », qui mènent une « guerre économique permanente », étouffant avec une férocité inouïe les « aspirations élémentaires au bonheur » de tant d’êtres humains, victimes de leurs criminelles exactions.



Dichotomie insensée

Dans son dernier essai (3), il vitupère à nouveau contre « l’ordre cannibale » que révèlent notamment, de la manière la plus crue, le pillage permanent du Tiers-Monde et le scandale majeur de notre temps : l’assassinat par la faim de trente-six millions d’êtres humains par an (toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans).

Or, rappelle-t-il, l’accès à la nourriture constitue une prérogative inaliénable, gravée dans le marbre de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10 décembre 1948 à Paris par l’Assemblée générale des Nations Unies où siégeaient les représentants de soixante-quatre pays. Le natif de Thoune, qui officia, de septembre 2000 à mars 2008, auprès de l’instance new-yorkaise précitée, en qualité de premier rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation, sait mieux que quiconque combien ce dernier est bafoué quotidiennement. Pourtant, la production agricole mondiale permettrait de satisfaire les besoins vitaux de douze milliards d’individus.

Nulle fatalité dans cette dichotomie insensée entre l’abondance des richesses disponibles et la privation des biens les plus élémentaires qui frappe tant de nos semblables ! 1,2 milliard d’entre eux végètent, avec moins de 1,25 dollar par jour, dans une pauvreté extrême. En cause, les orientations ultralibérales de l’Organisation mondiale du Commerce, du Fonds monétaire international et, à un degré moindre, de la Banque mondiale. Les « plans d’ajustement structurels » imposés aux gouvernements induisent des coupes drastiques dans les budgets sociaux (santé, éducation, retraites…), déterminent, dans les contrées les plus miséreuses, le type de relations économiques entre les oligarques du Nord et les peuples du Sud.

maatala a dit…

Ainsi au Niger, la puissante organisation cornaquée depuis le 5 juillet 2011 par Christine Lagarde avait notamment ordonné la dissolution de 40 000 tonnes de réserves (mil, orge, blé, sorgho…) détenues par l’État. Le département Afrique (4) du FMI estimait que ces stocks « pervertissent le libre fonctionnement du marché ». Le pays (1,267 million de kilomètres carrés) « dispute » au Congo la dernière place à l’Indice du développement humain. Son sous-sol recèle des gisements dont certains demeurent inentamés (or, gypse, phosphates, cassitérite, composé de dioxyde d’étain…) ; bien que les trois-quarts de sa superficie soient désertiques, il regorge d’immenses nappes d’eau fossiles (deux mille milliards de mètres cubes, plus les vingt-deux milliards fournis par le débit du fleuve éponyme et 2,5 milliards de poches souterraines ou superficielles). Il se situe dans une des zones les plus ensoleillées du globe et possède un potentiel éolien non négligeable.

Profits astronomiques et spéculations criminelles

Mais c’est surtout l’uranium qui attise les convoitises ; avec 4 198 tonnes en 2010, le Niger pointe au cinquième rang des producteurs mondiaux, derrière le Kazakhstan, le Canada, l’Australie et la Namibie. Le 9 novembre 2007, le président Mamadou Tanja accorda un permis d’exploitation du site d’Azelik à la SOMINA, créée le 5 juin 2007 (67% détenus par le consortium chinois Sino-Uranium et 33% par l’État). Début 2010, il reçut une délégation de l’Empire du Milieu s’intéressant au site d’Imouraren, guigné par AREVA. Cette mine, dont la première pierre fut posée le 4 mai 2009, sera la seconde au monde après celle de Mac Arthur River au Saskatchewan, à l’ouest du Canada. Elle permettrait l’extraction d’environ cinq mille tonnes de minerai par an. Au matin du 18 février 2010, un putsch militaire porta au pouvoir le colonel Salou Djibo, lequel rompit les négociations avec les Asiatiques, réaffirmant la « gratitude et la loyauté » vis-à-vis de la firme drivée depuis le 1er juillet dernier par Luc Oursel. Le 12 mars 2011, Mahamadou Issoufou, ingénieur des mines et ex-cadre de la SOMAÏR (5), une filiale…d’AREVA, remporte l’élection présidentielle. À partir de 2013, le consortium français se partagera les bénéfices avec son partenaire sud-coréen KEPCO.

Les trusts agro-alimentaires axent leurs stratégies sur les turbulences générées par les injonctions des gardiens de l’orthodoxie capitaliste. Cargill, Bunge, le groupe Louis-Dreyfus et les autres « pieuvres du négoce des matières premières » engrangent des profits astronomiques sur le blé, le maïs et le riz, cultures vivrières de base, en provoquant l’explosion des prix. Certaines ont diversifié leurs activités en s’impliquant dans les « biocarburants », une aberration écologique que le vaillant polémiste considère comme un « crime contre l’humanité ». Depuis quelques années, des hedge funds, ces fonds d’investissement spéculatifs, peu transparents et souvent implantés dans des paradis fiscaux (les deux tiers sont domiciliés aux Îles Caïman), ont migré vers le secteur des céréales. Le cours de celles-ci se traite au C.M.E. Group, le plus grand marché de contrats à terme (devises, denrées, énergie, immobilier, jusqu’aux indices ayant trait aux…conditions météorologiques), issu de la fusion, en 2007, du Chicago Mercantile Exchange et du Chicago Board of Trade, qui date de 1848. Jean Ziegler démonte, chiffres et preuves à l’appui, les mécanismes implacables maniés avec un cynisme achevé par les immondes « prédateurs du capitalisme financier globalisé », cupides, sans scrupules, ni états d’âme. Mais l’indécrottable optimiste, élu le 26 mars 2008 au Comité consultatif du Conseil onusien des Droits de l’Homme à Genève, garde foi en une improbable (6) « insurrection des consciences ».

René HAMM

maatala a dit…

Ainsi au Niger, la puissante organisation cornaquée depuis le 5 juillet 2011 par Christine Lagarde avait notamment ordonné la dissolution de 40 000 tonnes de réserves (mil, orge, blé, sorgho…) détenues par l’État. Le département Afrique (4) du FMI estimait que ces stocks « pervertissent le libre fonctionnement du marché ». Le pays (1,267 million de kilomètres carrés) « dispute » au Congo la dernière place à l’Indice du développement humain. Son sous-sol recèle des gisements dont certains demeurent inentamés (or, gypse, phosphates, cassitérite, composé de dioxyde d’étain…) ; bien que les trois-quarts de sa superficie soient désertiques, il regorge d’immenses nappes d’eau fossiles (deux mille milliards de mètres cubes, plus les vingt-deux milliards fournis par le débit du fleuve éponyme et 2,5 milliards de poches souterraines ou superficielles). Il se situe dans une des zones les plus ensoleillées du globe et possède un potentiel éolien non négligeable.

Profits astronomiques et spéculations criminelles

Mais c’est surtout l’uranium qui attise les convoitises ; avec 4 198 tonnes en 2010, le Niger pointe au cinquième rang des producteurs mondiaux, derrière le Kazakhstan, le Canada, l’Australie et la Namibie. Le 9 novembre 2007, le président Mamadou Tanja accorda un permis d’exploitation du site d’Azelik à la SOMINA, créée le 5 juin 2007 (67% détenus par le consortium chinois Sino-Uranium et 33% par l’État). Début 2010, il reçut une délégation de l’Empire du Milieu s’intéressant au site d’Imouraren, guigné par AREVA. Cette mine, dont la première pierre fut posée le 4 mai 2009, sera la seconde au monde après celle de Mac Arthur River au Saskatchewan, à l’ouest du Canada. Elle permettrait l’extraction d’environ cinq mille tonnes de minerai par an. Au matin du 18 février 2010, un putsch militaire porta au pouvoir le colonel Salou Djibo, lequel rompit les négociations avec les Asiatiques, réaffirmant la « gratitude et la loyauté » vis-à-vis de la firme drivée depuis le 1er juillet dernier par Luc Oursel. Le 12 mars 2011, Mahamadou Issoufou, ingénieur des mines et ex-cadre de la SOMAÏR (5), une filiale…d’AREVA, remporte l’élection présidentielle. À partir de 2013, le consortium français se partagera les bénéfices avec son partenaire sud-coréen KEPCO.

Les trusts agro-alimentaires axent leurs stratégies sur les turbulences générées par les injonctions des gardiens de l’orthodoxie capitaliste. Cargill, Bunge, le groupe Louis-Dreyfus et les autres « pieuvres du négoce des matières premières » engrangent des profits astronomiques sur le blé, le maïs et le riz, cultures vivrières de base, en provoquant l’explosion des prix. Certaines ont diversifié leurs activités en s’impliquant dans les « biocarburants », une aberration écologique que le vaillant polémiste considère comme un « crime contre l’humanité ». Depuis quelques années, des hedge funds, ces fonds d’investissement spéculatifs, peu transparents et souvent implantés dans des paradis fiscaux (les deux tiers sont domiciliés aux Îles Caïman), ont migré vers le secteur des céréales. Le cours de celles-ci se traite au C.M.E. Group, le plus grand marché de contrats à terme (devises, denrées, énergie, immobilier, jusqu’aux indices ayant trait aux…conditions météorologiques), issu de la fusion, en 2007, du Chicago Mercantile Exchange et du Chicago Board of Trade, qui date de 1848. Jean Ziegler démonte, chiffres et preuves à l’appui, les mécanismes implacables maniés avec un cynisme achevé par les immondes « prédateurs du capitalisme financier globalisé », cupides, sans scrupules, ni états d’âme. Mais l’indécrottable optimiste, élu le 26 mars 2008 au Comité consultatif du Conseil onusien des Droits de l’Homme à Genève, garde foi en une improbable (6) « insurrection des consciences ».

René HAMM

maatala a dit…

salam

Attaquer l’Iran ?

Ignacio RAMONET
L’année 2012 sera-t-elle celle de la fin du monde ? Une légende maya l’a prophétisée qui en précise même la date exacte : le 21 décembre prochain (21-12-12). Quoi qu’il en soit, dans le contexte européen de récession économique, de chômage de masse et de catastrophe financière et sociale, les dangers ne manqueront pas. De surcroît, des élections décisives se dérouleront en France, en Russie, au Mexique, au Venezuela et aux Etats-Unis.



Mais le principal risque géopolitique continuera de se situer dans la région du Golfe. Israël et les Etats-Unis lanceront-ils l’attaque annoncée contre les installations nucléaires iraniennes ? Le gouvernement de Téhéran revendique son droit à disposer de l’énergie atomique civile. Et le président Mahmoud Ahmadinejad a répété que l’objectif de son programme n’est absolument pas militaire ; que son but est simplement de produire de l’énergie électrique d’origine nucléaire. Il rappelle aussi que l’Iran a signé et ratifié le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ce qu’Israël n’a jamais fait.

De leur côté, les autorités israéliennes pensent qu’il ne faut plus attendre. Selon elles, on s’approche dangereusement du moment où le régime des ayatollahs disposera de l’arme atomique, et à partir d’alors on ne pourra plus faire grand chose. L’équilibre (inégal) des forces au Proche-Orient sera définitivement modifié. Israël ne disposera plus de son incontestable suprématie militaire dans la région. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou estime que, dans de telles circonstances, l’existence même de l’Etat juif serait menacée.

D’après les stratèges militaires israéliens, le moment actuel serait d’autant plus propice à une frappe préventive, que l’Iran se retrouve affaibli. D’abord, au niveau économique, à cause des sanctions imposées, depuis 2007, par le Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que par les Etats-Unis et l’Union européenne sur la base de rapports alarmants établis par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA). Ensuite, à cause de l’évolution du contexte géopolitique régional. En effet, principal allié de Téhéran, le gouvernenent baasiste de Syrie, en raison de la violente insurrection interne, se trouve dans l’impossibilité de lui venir éventuellement en aide. Et cette impuissance de Damas se répercute sur un autre associé local iranien, le Hezbollah libanais, dont les lignes d’approvisionnement militaire, à partir de Téhéran, ont cessé d’être fiables.

Deux des fronts les plus dangereux - le libanais et le syrien - qui se seraient immédiatement activés en cas de frappe israélienne sur l’Iran, sont donc, d’ores et déjà, quasi neutralisés. Raison de plus pour qu’une partie de l’état-major d’Israël pousse à une action rapide. À cet égard, et pour préparer d’éventuels bombardements, des effectifs des forces spéciales ont déjà été infiltrés en territoire iranien. Il est probable que des agents israéliens aient conçu les attentats qui, au cours des deux dernières années, ont provoqué la mort de cinq importants scientifiques nucléaires iraniens.

maatala a dit…

Bien que Washington accuse également Téhéran de conduire un programme nucléaire clandestin pour se doter de l’arme atomique, son analyse sur l’opportunité de l’attaque est différente. Les Etats-Unis sortent à peine de deux décennies de guerres dans la région, et le bilan est désolant. L’Irak a été un désastre, et se retrouve finalement piloté par la majorité chiite qui sympathise avec l’Iran… Quant au bourbier afghan, les forces américaines se sont révélées incapables de vaincre les talibans, avec lesquels le Département d’État s’est résigné à négocier avant le retrait prochain du pays.

Ces ruineux conflits ont affaibli les Etats-Unis, et révélé au monde les limites de leur puissance et le prélude de leur déclin historique. L’heure n’est pas à de nouvelles aventures. Encore moins en année électorale, alors que le président sortant, Barack Obama, n’est pas certain d’être réélu. Et alors que toutes les ressources sont mobilisées pour combattre la crise et relancer la croissance.

Par ailleurs, Washington voudrait changer son image aux yeux du monde musulman, surtout après les insurrections du « printemps arabe » de l’an dernier. Longtemps complice de dictateurs –en particulier du Tunisien Ben Ali et de l’Egyptien Moubarak – l’Amérique veut désormais apparaître comme le mécène des nouvelles démocraties proche-orientales. Une agression militaire contre l’Iran, qui plus est en alliance avec Israël, ruinerait pour longtemps ces efforts et réveillerait l’antiaméricanisme latent dans nombre de pays de la région. Surtout dans ceux dont les gouvernements, issus des révoltes populaires, sont dirigés par des islamistes modérés.

Importante considération complémentaire : l’attaque contre l’Iran aurait certes des répercussions militaires. Peut-on exclure que, en riposte, des missiles balistiques iraniens atteignent le territoire israélien ou parviennent à toucher les bases américaines situées au Koweït, Bahreïn ou Oman ? Mais les conséquences seraient surtout économiques. Car on peut imaginer que la réplique minimale de Téhéran consisterait –ses responsables militaires ne cessent de l’annoncer – à bloquer le détroit d’Ormuz. Verrou du Golfe, ce mince couloir maritime voit passer le tiers du pétrole du monde, soit 17 millions de barils de brut par jour… Sans cet approvisionnement, les prix des hydrocarbures atteindraient des niveaux insupportables interdisant la réactivation de l’économie mondiale.

maatala a dit…

L’état-major iranien affirme qu’il n’y a rien de plus facile à fermer que ce détroit. Il multiplie les manoeuvres navales dans la zone pour prouver qu’il est en mesure d’accomplir sa menace. Le Pentagone a répondu que le blocage de la voie stratégique d’Ormuz serait considéré comme un « cas de guerre ». Il vient d’ailleurs de renforcer sa Cinquième Flotte qui croise sur le Golfe.

Il est improbable que l’Iran prenne l’initiative d’obstruer le passage d’Ormuz (mais il pourrait le faire en représailles à une attaque). En premier lieu, parce qu’il se tirerait une balle dans le pied, car c’est par cette voie qu’il exporte l’essentiel de son propre pétrole, et ces ventes sont vitales pour son économie. Et aussi parce qu’il causerait un tort important à ses propres partenaires commerciaux, dont certains le soutiennent dans son conflit avec les Etats-Unis. Notamment la Chine, dont 15% des importations d’hydrocarbures proviennent d’Iran. Une éventuelle interruption de ce flux pourrait paralyser partiellement l’appareil industriel chinois.

Les tensions sont donc extrêmes. Les chancelleries du monde suivent minute par minute la dangereuse escalade pouvant déboucher sur un grand conflit régional. Y seraient concernés non seulement Israël, les Etats-Unis et l’Iran, mais au moins trois autres puissances proche-orientales : la Turquie, dont les ambitions régionales sont de nouveau considérables et qui pourrait vouloir en profiter pour « régler » son problème kurde ; l’Arabie Saoudite, qui rêve depuis des décennies de la destruction de son grand rival islamique chiite ; et l’Irak, menacé de se fracturer en deux parties, l’une chiite pro-iranienne, l’autre sunnite, pro-occidentale. Sans parler d’autres implications possibles : le Pakistan par exemple, ou la Russie.

Il faut aussi tenir compte qu’un bombardement des sites nucléaires iraniens provoquera des nuages radioactifs néfastes pour la santé de toutes les populations des alentours. Y compris les milliers de militaires des bases américaines et les habitants d’Israël.

Tout cela conduit à penser que même si les bellicistes donnent en ce moment de la voix, le temps de la diplomatie n’est pas encore terminé.

1er février 2012

Ignacio Ramonet

maatala a dit…

salam

Tunisie, l’épreuve de la révolution de l’an 02

Hedy BELHASSINE


Plus de cent immolations depuis un an. La contagion du désespoir gagne tout le pays. Les Tunisiens flambent comme les bagnoles en banlieue.

Président et gouvernement tentent d’éteindre le feu.

Les jeunes récusent la révolution sans solutions. Ils revendiquent et ne veulent rien entendre. Entre ceux qui travaillent et ceux qui chôment le dialogue est impossible. Foin des cahiers de doléances, ils réclament la répartition du pain.

Les ministres le voudraient bien ; ils ordonnent la distribution. En vain. Le pouvoir réel n’a pas changé de mains. L’administration regimbe. La police dressée pour servir un dictateur fait de la résistance, la justice n’est pas en reste. L’appareil refuse d’obéir à ceux qu’il a torturés méthodiquement depuis trente ans. Le syndrome de Stockholm n’est pas réversible. Jamais les loups n’obéiront aux agneaux.

Le patronat hiverne à Courchevel. La bourse est stable, la banque centrale indépendante, les exportations progressent. Les hommes d’affaires guettent les opportunités car même révolutionnairement révisé, le salaire horaire de l’ouvrier tunisien reste au prix du carambar français, et des hordes d’indigents sont prêts à travailler pour une poignée de pois chiches.

Marzouki Président de la République des droits de l’Homme est conséquent. Par la grâce accordée à cent vingt condamnés, il vient d’abolir de fait la peine de mort et la remplacer par la détention à vie. Arbitre de la cohabitation, il a fixé « les lignes rouges » au gouvernement Jebali qui grince, plie mais ne rompt pas. Le leader du parti islamiste Ghannouchi reste lui aussi conséquent, il a reçu en grandes pompes le chef palestinien du Hamas.

Mais les islamistes tunisiens sont débordés par leurs extrémistes. Des bandes de fanatiques sèment le désordre à la grande satisfaction des benalistes qui leur fournissent l’huile et le feu.

La Tunisie qui a toujours été dirigée par les notables du Nord est maintenant gouvernée par des bédouins du Sud. Pour la première fois, il n’y a plus de ministres anciens élèves des lycées français de la Marsa, Carnot ou Mutuelleville. Le dictateur avait discriminé les natifs du sud et de l’ouest qu’il traitait « d’arabes ». Aujourd’hui, les « ariba » ont pris leur revanche sur les « francis ».

Une écrivaine franco tunisienne s’en étonne dans les colonnes du journal Le Monde : « Tunisiens, je ne vous reconnais pas ! Etes-vous les mêmes Tunisiens ? »

Oui madame, mais c’est le personnel de maison qui a pris le pouvoir !

Hélé Béji a oublié que la révolution est le processus de renversement du pouvoir d’une classe par une autre. Il y a loin des bobos de Marsa-Cube aux « khammes » de M’Dilla !

maatala a dit…

Aucun des milliardaires des rivages de Gammarth ou de Sidi Bou Said n’a de sa vie jamais mis les pieds dans la Tunisie des fantômes de Siliana ou de Hajeb El Ayoun et aucun des généreux donateurs au compte 2626 de Ben Ali, n’a apaisé sa conscience depuis la chute du dictateur.

Les benalistes relèvent la tête, les réseaux d’affaires et de média se mobilisent, ils attisent la chienlit, ils espèrent le Chili.

Zinochet depuis son exil en Arabie Saoudite programme son retour aux affaires. La police politique lui est restée fidèle. Elle vient de mettre en ligne une vidéo porno filmée dans les geôles de la Tunisie d’hier pour salir un ministre de la Tunisie d’aujourd’hui. On attend les séquences plus "hard" montrant le viol des épouses d’opposants sous les yeux de leurs maris. Ben Ali est une authentique barbouze qui ne reculera devant aucun procédé sordide.

La presse et des blogs sont instrumentalisés. Des faits divers sont montés en épingle. Qu’un drapeau noir soit brandi, qu’une injure antisémite fuse et les médias tunisois et parisiens en font leurs choux gras.

La coalition légitimement élue est prise en tenailles entre la rue qui la conspue et l’ancien régime qui la salit. Entre une administration qui siffle en regardant en l’air et des aventuriers qui complotent dans l’ombre.
L’Etat c’est la force. Celui-ci n’en a point.

Alors, l’ingérence étrangère gagne du terrain. La Tunisie est le laboratoire de la démocratie musulmane où s’affrontent l’hégémonisme des deux théocraties salafistes : le Qatar et l’Arabie Saoudite.

A Washington, les Evangélistes tentent timidement d’y mettre bon ordre. Ils en sont distraits par les préparatifs de la prochaine guerre mondiale du pétrole.

Les relations avec la France sont quasiment rompues. Le dernier ministre français en visite à Tunis s’est vu proposer d’échanger en langue anglaise ou d’avoir recours à un interprète.

Depuis mars 2011, Tunis n’a toujours pas d’ambassadeur accrédité en France. Un hiver diplomatique aussi long ne s’est jamais produit dans l’histoire des relations bilatérales, même après la crise de Bizerte il y a cinquante ans ! L’Elysée mise sur le pourrissement de la situation et sur sa « Tunis connection » pour revenir à la faveur d’un coup de théâtre.

A Tunis, la marge de manœuvre diplomatique est faible. L’Algérie malade est une sœur capricieuse. Son Président recouvrant le sens de l’histoire et sa jeunesse est venu célébrer l’an un de la libération tunisienne. Le chef libyen est venu aussi, avec le Qatari qui est partout chez lui. Aucun autre chef d’Etat n’a fait le déplacement. Marzouki a clamé l’évidente nécessité d’une Union Economique du Maghreb. Reste à vaincre la culture dominante du scepticisme et profiter de l’indifférence passagère des occidentaux - accaparés par leurs élections- pour convertir l’Afrique du Nord au destin d’une Oumma iktisadya.

Mais en attendant, la paix civile est menacée.

A la caserne de Bab Menara, tout près de la place de la Kasbah, les officiers se demandent si un coup de fusil ferait tomber le ciel ou renaître le pays.

Hedy Belhassine

maatala a dit…

Aucun des milliardaires des rivages de Gammarth ou de Sidi Bou Said n’a de sa vie jamais mis les pieds dans la Tunisie des fantômes de Siliana ou de Hajeb El Ayoun et aucun des généreux donateurs au compte 2626 de Ben Ali, n’a apaisé sa conscience depuis la chute du dictateur.

Les benalistes relèvent la tête, les réseaux d’affaires et de média se mobilisent, ils attisent la chienlit, ils espèrent le Chili.

Zinochet depuis son exil en Arabie Saoudite programme son retour aux affaires. La police politique lui est restée fidèle. Elle vient de mettre en ligne une vidéo porno filmée dans les geôles de la Tunisie d’hier pour salir un ministre de la Tunisie d’aujourd’hui. On attend les séquences plus "hard" montrant le viol des épouses d’opposants sous les yeux de leurs maris. Ben Ali est une authentique barbouze qui ne reculera devant aucun procédé sordide.

La presse et des blogs sont instrumentalisés. Des faits divers sont montés en épingle. Qu’un drapeau noir soit brandi, qu’une injure antisémite fuse et les médias tunisois et parisiens en font leurs choux gras.

La coalition légitimement élue est prise en tenailles entre la rue qui la conspue et l’ancien régime qui la salit. Entre une administration qui siffle en regardant en l’air et des aventuriers qui complotent dans l’ombre.
L’Etat c’est la force. Celui-ci n’en a point.

Alors, l’ingérence étrangère gagne du terrain. La Tunisie est le laboratoire de la démocratie musulmane où s’affrontent l’hégémonisme des deux théocraties salafistes : le Qatar et l’Arabie Saoudite.

A Washington, les Evangélistes tentent timidement d’y mettre bon ordre. Ils en sont distraits par les préparatifs de la prochaine guerre mondiale du pétrole.

Les relations avec la France sont quasiment rompues. Le dernier ministre français en visite à Tunis s’est vu proposer d’échanger en langue anglaise ou d’avoir recours à un interprète.

Depuis mars 2011, Tunis n’a toujours pas d’ambassadeur accrédité en France. Un hiver diplomatique aussi long ne s’est jamais produit dans l’histoire des relations bilatérales, même après la crise de Bizerte il y a cinquante ans ! L’Elysée mise sur le pourrissement de la situation et sur sa « Tunis connection » pour revenir à la faveur d’un coup de théâtre.

A Tunis, la marge de manœuvre diplomatique est faible. L’Algérie malade est une sœur capricieuse. Son Président recouvrant le sens de l’histoire et sa jeunesse est venu célébrer l’an un de la libération tunisienne. Le chef libyen est venu aussi, avec le Qatari qui est partout chez lui. Aucun autre chef d’Etat n’a fait le déplacement. Marzouki a clamé l’évidente nécessité d’une Union Economique du Maghreb. Reste à vaincre la culture dominante du scepticisme et profiter de l’indifférence passagère des occidentaux - accaparés par leurs élections- pour convertir l’Afrique du Nord au destin d’une Oumma iktisadya.

Mais en attendant, la paix civile est menacée.

A la caserne de Bab Menara, tout près de la place de la Kasbah, les officiers se demandent si un coup de fusil ferait tomber le ciel ou renaître le pays.

Hedy Belhassine

maatala a dit…

salam

La profanation des morts - le mépris des races dites « supérieures »

Chems Eddine CHITOUR


« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. » - Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme)

Une vidéo montrant des forces américaines en Afghanistan en train d’uriner sur trois cadavres de talibans morts au combat a fait le tour du monde. L’un d’eux plaisante : « Bonne journée, mon pote. » Un autre fait une blague obscène. La vidéo ne va pas aider les efforts pour renforcer la confiance entre les parties belligérantes. « Cet acte aura un impact très, très mauvais sur les efforts de paix », a déclaré Arsala Rahmani, le négociateur en chef de Karzaï. « En voyant de telles pratiques, les Taliban peuvent facilement recruter des jeunes et leur dire que leur pays a été attaqué par des chrétiens et des juifs et qu’ils doivent le défendre », a-t-il dit dans ce qui correspond aux premiers commentaires livrés par un responsable afghan ».(1)

« Le corps des marines des États-Unis a déclaré qu’il allait enquêter. L’Isaf, force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan, a qualifié les actes montrés dans la vidéo de « hautement répréhensibles » et « dégoûtants ». « Le comportement décrit dans cette vidéo est répréhensible et n’est pas en harmonie avec les valeurs des forces armées américaines », a éructé le porte-parole de l’Isaf, le lieutenant-colonel Jimmie Cummings. La vidéo n’avait pas encore atteint les rues de Kaboul jeudi, mais les Afghans, qui avaient déjà visionné la bande, ont été horrifiés. » (1)

Un air de déjà-vu

Quelle différence y a-t-il entre cet acte innommable et celui d’un GI’s du fin fond d’une salle climatisée du Texas qui, sur instruction, commande au drone de tirer sur une cible ? Des morts, des tragédies invisibles, pas de bruits, pas de morts, pas de sang, le GI va ensuite au bar prendre une bière. C’est cela la nouvelle guerre, pas de remords, le tueur ne connaît pas, n’a pas vu la victime, pour lui c’est un point, une ponctuelle... Dans la longue série des « faits d’armes » demeurés impunis, surtout depuis la mise en service des drones, l’Afghanistan est devenu un terrain d’expérimentation. En effet, depuis le début de l’année 2007, des centaines de civils afghans ont perdu la vie du fait des bavures des drones. Naturellement, on promet des enquêtes qui n’aboutissent jamais.

Citons quelques « bavures » (mars 2007, 12 mai 2007, 15 juillet 2008, une centaine de civils meurent dans un raid le 25 août 2008, ensuite en septembre 2009, le 22 février 2010, le 6 juillet 2010, le 14 août et le plus récent le 16 juin 2010). Les massacres des civils ne sont pas imputables seulement aux Américains. Les troupes allemandes font aussi des massacres de civils (3 avril 2010) et le même mois le 29 avril 2010 ce sont les troupes françaises qui massacrent « par erreur » des enfants...

maatala a dit…

On peut se faire la guerre, on peut être ennemis et tout de même, se respecter. C’est du moins ce qui se passait dans les temps anciens, quand les hommes avaient de l’honneur, du respect pour l’adversaire, du respect pour la vie. (...).Mais pour ces jeunes soldats américains, que représente la vie « de ces étrangers à la culture différente de la leur... » ? Rien que des animaux qui ne méritent même pas d’être traités en tant qu’humains ! Comment leur en vouloir, après tout, c’est l’éducation qu’ils auront reçu de leurs parents et à travers leurs parents, la faute à une société toute entière. Une société qui pense être la meilleure, une société qui pense avoir raison sur toute chose. (...) Ces jeunes soldats ne se sont même pas posé de questions quant à diffuser cet enregistrement sur Internet et vraisemblablement filmé lors d’une opération en Afghanistan. Les 4 hommes étaient pourtant bel et bien conscients qu’une autre personne était en train de les filmer mais selon toute vraisemblance, ne semblent guère mesurer les conséquences de leurs actes. Un tel manque de respect pour la vie humaine amène à se poser nombre de questions... (3)

On peut se faire la guerre, on peut être ennemis et tout de même, se respecter. C’est du moins ce qui se passait dans les temps anciens, quand les hommes avaient de l’honneur, du respect pour l’adversaire, du respect pour la vie. (...).Mais pour ces jeunes soldats américains, que représente la vie « de ces étrangers à la culture différente de la leur... » ? Rien que des animaux qui ne méritent même pas d’être traités en tant qu’humains ! Comment leur en vouloir, après tout, c’est l’éducation qu’ils auront reçu de leurs parents et à travers leurs parents, la faute à une société toute entière. Une société qui pense être la meilleure, une société qui pense avoir raison sur toute chose. (...) Ces jeunes soldats ne se sont même pas posé de questions quant à diffuser cet enregistrement sur Internet et vraisemblablement filmé lors d’une opération en Afghanistan. Les 4 hommes étaient pourtant bel et bien conscients qu’une autre personne était en train de les filmer mais selon toute vraisemblance, ne semblent guère mesurer les conséquences de leurs actes. Un tel manque de respect pour la vie humaine amène à se poser nombre de questions... (3)

Pourquoi ce sacrilège ?

Nous allons donner une première explication qui nous paraît superficielle. Celle de Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières interviewé par Le Nouvel Observateur semble montrer de l’indulgence envers les soldats ; des gamins. Pour lui « Uriner sur des taliban c’est un mélange de domination et de peur, cocktail explosif ».

« Les images sont choquantes, mais finalement pas si étonnantes. (...) Mais chaque fois qu’un pays est occupé, avec en plus une population hostile à l’occupation, il y a des débordements. C’est presque automatique. Les armes, la force, engendrent un climat très violent. (...) Les soldats sont vulnérables et ils le ressentent au quotidien. Ce mélange de domination et de peur, c’est un cocktail explosif ! En Afghanistan, la situation pousse à l’extrémisme. C’est une confrontation radicale entre les Occidentaux et les taliban. Considérer des hommes comme « réceptacles » de déjections humaines, c’est tout de même très choquant. Mais cela rentre dans la logique de cette guerre : les Occidentaux sont là pour éliminer la « vermine », c’est à dire les talibans, et mettre au pouvoir des gens qu’ils jugent acceptables. Uriner sur quelqu’un, c’est un acte radical. La violence est physique, mais aussi symbolique. » (4)

maatala a dit…

« On « élimine », et cela rentre dans cette logique. C’est très extrême. Difficile de leur reprocher ensuite d’être « violents ». Surtout que ce sont des gamins qu’on envoie à la guerre. (...) Je n’ai aucune sympathie pour ces soldats que l’on voit uriner sur des cadavres. Il faut qu’ils soient jugés, parce que malgré tout, les règles doivent continuer à exister, et les sanctions pour les gens qui les dépassent à ce point, aussi. Mais dans le fond, la vraie responsabilité est dans le fait d’occuper. Ces comportements découlent presque naturellement de l’occupation, qui est une forme de brutalité, pour la société mais aussi pour ceux qui exercent la violence. Regardez ce qui se passe en Palestine. Certaines images sont parfois choquantes. Par exemple cette vidéo, montrant un soldat donner un coup de tête à une femme qui a fait scandale. Lorsque l’usage de la force est prôné, c’est normal qu’il y ait des débordements ! On transforme ces jeunes en brutes, comment pourraient-ils agir différemment ? Il faut être d’une très grande naïveté pour penser que les choses puissent être différentes ! » (4)

Le sacrilège des GI’s envers les morts est il une singularité ? Il semble que non ! On apprend que d’autres personnes revendiquent de faire la même chose. Nous lisons cette information qui est naturellement ignorée : « (...) Il n’est pas possible d’ignorer de la même façon le commentaire de Dana Loesch, analyste politique à CNN, qui aimerait pouvoir imiter le geste des marines. Fondatrice d’une organisation du Tea Party à St-Louis, Loesch a fait cette déclaration dans le cadre de son émission radiophonique. On verra si CNN voudra continuer à être associée à une analyste pouvant exprimer un tel commentaire. » (5)

Chitour
L’ensauvagement qui commence à envahir les races dites « supérieures »

La deuxième explication est celle imputable au « fond rocheux de l’inconscient collectif occidental » obnubilé par le mythe des races supérieures. En son temps, le grand Aimé Césaire dans « Le discours sur le colonialisme » discours qui n’a pas pris une ride, dénonçait avec force ce qu’il voit comme la barbarie interne à la civilisation occidentale, qui trouva un exutoire en dehors de l’Europe, avec l’implantation coloniale. À des territoires européens de droits et de libertés, Césaire oppose des territoires extra-européens colonisés, soumis à l’oppression et à la haine, au racisme et au fascisme. À des pratiques démocratiques et policées en Europe, il oppose des actions violentes et criminelles commises dans les colonies. Ainsi, moins d’un an après le début de la Guerre d’Algérie, il s’élève contre la torture infligée par l’armée française aux Algériens. Césaire critique violemment la position de la classe bourgeoise qu’il qualifie de décadente, car ne connaissant plus de limites dans le mal qu’elle commet au travers du système économique capitaliste.

« Il faudrait d’abord, écrit Césaire, étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, (...) il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. [...] » (6)

maatala a dit…

Comment juger les coupables ?

L’un des motifs de poursuite peut être une violation des Conventions de Genève qui interdisent de photographier les corps des combattants ou les prisonniers. « Sur les dix dernières années, il y a eu des centaines d’actes similaires qui n’ont pas été révélés », a affirmé l’un des porte-parole taliban, Zabiullah Mujahed, évoquant un « acte barbare » et « sauvage ». Une question pourrait être posée à l’égard de telles indignités, à savoir si ces gestes constituent l’incarnation possible de sentiments réels « animant » le corps de l’armée, en tout ou en partie. La question est d’autant plus légitimée qu’il y a eu, par exemple, Abu Ghraïb, et aussi cette attaque meurtrière apparemment gratuite révélée par WikiLeaks. Actions repues de racisme ? d’une absolue désacralisation de la vie humaine ? Dévoilement du refoulé de l’acte de guerre qui s’est revendiqué avec véhémence du meilleur aloi ? Pour Gilles Devers, la vidéo montre le calme des soldats US, pratiquant ce qui est pour eux une sorte de rituel, banal ».

« Qui peut oser soutenir, devant la tranquillité d’esprit de ces soldats commettant cet acte inhumain, que cette injure à la mémoire des morts a été un fait isolé ? Ces soldats US ont commis un crime de guerre, défini par l’article 8 2) b) xxi) du Statut de la Cour pénale Internationale. Le Comité international de la Croix-Rouge estime que la règle du respect dû aux morts est tellement reconnue qu’elle a pris la force d’une coutume, c’est-à-dire qu’elle s’impose même aux Etats qui n’auraient pas ratifié de traité prévoyant une telle disposition. C’est la règle 115 : « Les morts doivent être inhumés de manière respectueuse, et leurs tombes doivent être respectées et dûment entretenues. » J’entends déjà la suite : « Oui, mais les US n’ont pas ratifié le Statut de la CPI ! » « Exact, ces donneurs de leçons de morale commettent tant de violations du droit international qu’ils refusent de ratifier ce traité, car leurs responsables militaires seraient les premiers clients de la CPI. » (7)

maatala a dit…

Comment juger les coupables ?

L’un des motifs de poursuite peut être une violation des Conventions de Genève qui interdisent de photographier les corps des combattants ou les prisonniers. « Sur les dix dernières années, il y a eu des centaines d’actes similaires qui n’ont pas été révélés », a affirmé l’un des porte-parole taliban, Zabiullah Mujahed, évoquant un « acte barbare » et « sauvage ». Une question pourrait être posée à l’égard de telles indignités, à savoir si ces gestes constituent l’incarnation possible de sentiments réels « animant » le corps de l’armée, en tout ou en partie. La question est d’autant plus légitimée qu’il y a eu, par exemple, Abu Ghraïb, et aussi cette attaque meurtrière apparemment gratuite révélée par WikiLeaks. Actions repues de racisme ? d’une absolue désacralisation de la vie humaine ? Dévoilement du refoulé de l’acte de guerre qui s’est revendiqué avec véhémence du meilleur aloi ? Pour Gilles Devers, la vidéo montre le calme des soldats US, pratiquant ce qui est pour eux une sorte de rituel, banal ».

« Qui peut oser soutenir, devant la tranquillité d’esprit de ces soldats commettant cet acte inhumain, que cette injure à la mémoire des morts a été un fait isolé ? Ces soldats US ont commis un crime de guerre, défini par l’article 8 2) b) xxi) du Statut de la Cour pénale Internationale. Le Comité international de la Croix-Rouge estime que la règle du respect dû aux morts est tellement reconnue qu’elle a pris la force d’une coutume, c’est-à-dire qu’elle s’impose même aux Etats qui n’auraient pas ratifié de traité prévoyant une telle disposition. C’est la règle 115 : « Les morts doivent être inhumés de manière respectueuse, et leurs tombes doivent être respectées et dûment entretenues. » J’entends déjà la suite : « Oui, mais les US n’ont pas ratifié le Statut de la CPI ! » « Exact, ces donneurs de leçons de morale commettent tant de violations du droit international qu’ils refusent de ratifier ce traité, car leurs responsables militaires seraient les premiers clients de la CPI. » (7)

maatala a dit…

Pour rappel, Bradley Manning - jeune soldat américain- qui a révélé à WikiLeaks, les dessous de la politique américaine lui, et contrairement aux coupables d’Abou Ghraïb qui s’en sortiront avec quelques années de prison - risque la prison à vie voire la peine de mort. Dans un célèbre sketch « le flic », Coluche dénonçait avec sa gouaille légendaire la justice à deux vitesses. « Parce que les mecs quant y z’ont des traces, y paraît qu’y peuvent porter plainte ! Remarquez, y faudrait qu’y viennent au commissariat pour porter plainte. J’les plains les mecs ! Dans l’ensemble y viennent pas, on n’a pas à se plaindre. Parce qu’au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme ! Et au bout de 30 blâmes, on passe devant un conseil de discipline et on peut être dégradé ! Robert y s’en fout, lui, il est pas gradé »

Mutatis mutandis, c’est un peu ce que risquent les soldats qui ont uriné sur les cadavres d’Afghans. La guerre est sale. Sans vouloir disculper les Taliban qui eux-mêmes ont aussi des « faits d’armes » scandaleux et répréhensibles à leur actif, la situation n’est pas la même. C’est une réaction à une armée d’occupation dont les moyens sont autrement plus écrasants que ceux dont ils disposent. Ils ont la légitimité de se battre disent-ils pour leur pays. L’Occident sous couvert - de dévoilement de la burqa - pour libérer les Afghanes a d’autres objectifs moins moraux, ceux d’une mainmise sur un territoire qui est un second Irak en termes de richesses pétrolières mais surtout en minerais rares... La haine raciale, le mythe de la race supérieure illustré par la Destinée Manifeste fait que Dieu a élu le peuple américain en lui donnant le devoir, voire le droit d’éclairer le Monde, le cas échéant au napalm. N’allons-nous pas vers le postulat de Hobbes de la « guerre de tous contre tous » au nom de valeurs matérielles du money-théisme, identitaires, religieuses qui n’ont rien à voir avec l’humanité ? Cette humanité qui a pris son essor il y a quelques millions d’années dans la Corne de l’Afrique...

Chems Eddine

maatala a dit…

salam

Le monde politique est impuissant, otage de la dictature des marchés financiers.
Vers la fin de la société ?

Yann FIEVET
Nous acceptons difficilement de regarder la réalité en face. Nous préférons souvent nous persuader, sans en être totalement convaincus, que tout ce à quoi nous avons été attaché dans le passé est toujours présent et le sera encore demain. Ainsi, nous croyons que ce que nous nommons communément société existe encore.



Bien sûr, nous entendons dire que nous sommes gouverné désormais par une oligarchie, que l’Etat partout se désengage de ses missions traditionnelles , que les citoyens ne sont pas consultés à propos des affaires sérieuses de la Cité. Mais, sous ces arguments pertinents nous espérons pouvoir encore distinguer une société attendant son heure pour redevenir pleinement elle-même. Affirmons-le enfin : cet espoir n’est plus de mise. La société est en voie de disparition. Le principal agent de cette disparition est l’abandon de l’intérêt général au profit de la satisfaction d’intérêts particuliers à la puissance chaque jour renforcé. Lutter contre la disparition de la société devrait être la seule préoccupation de la prochaine élection présidentielle.

La société est un corps éminemment complexe se dotant, tout au long d’une histoire mouvementée, d’organes de gouvernement et de régulation normalement chargés de renforcer la cohésion sociale. L’idée de société s’oppose donc à celle de la simple addition d’individus occupés à la seule recherche de satisfaction de leur intérêt personnel ou de celui de leurs proches. Les sociétés dignes de cette définition – qu’il est erroné de croire trop ambitieuse – sont celles qui réussissent à développer le « vivre ensemble », ce concept si facilement méprisé par les chantres de l’autorégulation sociale. Pour satisfaire une telle exigence encore faut-il que la société soit capable de faire vivre un principe fondamental : l’intérêt général. C’est à l’Etat de le définir et de le faire accepter par le corps social dans son entier. Deux condition au moins sont nécessaires à cela : que l’Etat dispose de toute sa légitimité auprès du corps social et que celui-ci ait gardé en lui la volonté de solidarité envers les plus démunis. Le moins que l’on puisse dire est que ces deux conditions ne sont plus remplies en France aujourd’hui.

maatala a dit…

Ce que l’on pouvait nommer hier, avec une certaine fierté, « le modèle social français » est désormais attaqué de toutes parts. Construit pour l’essentiel au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il reposait sur des politiques publiques se donnant les moyens de leur ambition. C’était avant l’avènement du néolibéralisme, avant que la plupart des hommes politiques ne décident que le Marché devait s’emparer progressivement de bon nombre des anciennes prérogatives de l’Etat, pour une meilleure efficacité économique et financière comme ils s’en disent convaincus. Au bout de trente années de ce glissement – longtemps sournois, maintenant débridé- le monde politique est devenu impuissant, otage qu’il est de la dictature des marchés financiers. Nous rendons-nous réellement compte de la folie qui tourmente notre société : les agences de notation nord-américaines évaluent désormais jusqu’aux performances financières de la Sécurité Sociale et de la plupart de ce qu’il nous reste de services publics ! Retirer à notre système de protection sociale son « triple A » relèverait de la triple C. Et triplera la misère !

De « providentiel » l’Etat est devenu répressif et destructeur. On ne pousse pas dans l’insécurité sociale les moins armés pour affronter « la compétition de tous contre tous » sans faire naître des risques de délits intrinsèquement liés à cette insécurité, lien que l’on fait mine d’ignorer. On réprimera de plus en plus durement ces délits « socialement déclenchés » d’autant plus facilement que l’on en dissimule la cause et qu’il faut bien tenir en respect tous ceux que l’on suspecte de pouvoir passer à l’acte un jour prochain. L’Etat social fait place petit à petit à l’Etat pénal. Pour donner libre cours à sa nouvelle « vocation destructrice » l’Etat s’est doté d’une machine de guerre nommée RGPP. Cette Révision générale des politiques publiques est en réalité un rabougrissement généralisé des prérogatives publiques. La volonté affichée d’évaluer les politiques publiques pour les rendre plus efficaces est une mascarade, n’est qu’une opération de communication pour citoyens non avertis. L’impact social de ces politiques n’est plus mesuré depuis longtemps. Le bilan n’est pas fait des nombreuses réformes successives engagées dans les divers domaines d’intervention de l’Etat. Des cabinets d’audit privés évaluent financièrement – avec les critères que l’on imagine - chaque mission pour les décréter trop coûteuses le plus souvent. On confie ensuite ces missions à des agences de droit privée, telle l’Agence du médicament, chargées de « réguler » grâce à leurs experts inféodés aux firmes privés, le domaine qui leur a été concédé. Il existe aujourd’hui en France près de 650 agences de ce type. Le scandale du Médiator devrait pourtant inciter à une remise en cause de cette façon qu’a la puissance publique d’abdiquer de ses missions d’intérêt général.

maatala a dit…

Ce que l’on pouvait nommer hier, avec une certaine fierté, « le modèle social français » est désormais attaqué de toutes parts. Construit pour l’essentiel au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il reposait sur des politiques publiques se donnant les moyens de leur ambition. C’était avant l’avènement du néolibéralisme, avant que la plupart des hommes politiques ne décident que le Marché devait s’emparer progressivement de bon nombre des anciennes prérogatives de l’Etat, pour une meilleure efficacité économique et financière comme ils s’en disent convaincus. Au bout de trente années de ce glissement – longtemps sournois, maintenant débridé- le monde politique est devenu impuissant, otage qu’il est de la dictature des marchés financiers. Nous rendons-nous réellement compte de la folie qui tourmente notre société : les agences de notation nord-américaines évaluent désormais jusqu’aux performances financières de la Sécurité Sociale et de la plupart de ce qu’il nous reste de services publics ! Retirer à notre système de protection sociale son « triple A » relèverait de la triple C. Et triplera la misère !

De « providentiel » l’Etat est devenu répressif et destructeur. On ne pousse pas dans l’insécurité sociale les moins armés pour affronter « la compétition de tous contre tous » sans faire naître des risques de délits intrinsèquement liés à cette insécurité, lien que l’on fait mine d’ignorer. On réprimera de plus en plus durement ces délits « socialement déclenchés » d’autant plus facilement que l’on en dissimule la cause et qu’il faut bien tenir en respect tous ceux que l’on suspecte de pouvoir passer à l’acte un jour prochain. L’Etat social fait place petit à petit à l’Etat pénal. Pour donner libre cours à sa nouvelle « vocation destructrice » l’Etat s’est doté d’une machine de guerre nommée RGPP. Cette Révision générale des politiques publiques est en réalité un rabougrissement généralisé des prérogatives publiques. La volonté affichée d’évaluer les politiques publiques pour les rendre plus efficaces est une mascarade, n’est qu’une opération de communication pour citoyens non avertis. L’impact social de ces politiques n’est plus mesuré depuis longtemps. Le bilan n’est pas fait des nombreuses réformes successives engagées dans les divers domaines d’intervention de l’Etat. Des cabinets d’audit privés évaluent financièrement – avec les critères que l’on imagine - chaque mission pour les décréter trop coûteuses le plus souvent. On confie ensuite ces missions à des agences de droit privée, telle l’Agence du médicament, chargées de « réguler » grâce à leurs experts inféodés aux firmes privés, le domaine qui leur a été concédé. Il existe aujourd’hui en France près de 650 agences de ce type. Le scandale du Médiator devrait pourtant inciter à une remise en cause de cette façon qu’a la puissance publique d’abdiquer de ses missions d’intérêt général.

maatala a dit…

Partout on casse ce que la société avait patiemment bâti pour atténuer ou compenser les effets pervers du fonctionnement de l’économie. Une idéologie mortifère est à l’œuvre où les victimes de la sauvagerie du système économico-financier deviennent coupables. Coupables d’être trop coûteux pour la collectivité que l’on ne se donne plus la peine de définir autrement qu’en termes strictement budgétaires. Les pauvres et les chômeurs sont dénoncés comme les premiers responsables de leur pauvreté et de leur chômage. L’Etat et la société telle qu’elle devient n’aiment plus les fonctionnaires. Grâce à la loi « mobilité » on va enfin « dégraisser le mammouth » : le licenciement des fonctionnaires sans motif est désormais possible. Demain le fonctionnaire ne sera plus attaché à un corps et pourra être déplacé au gré de l’évolution capricieuse des besoins définis budgétairement. Ainsi, les enseignants ne resteront pas nécessairement enseignants. Bientôt ils ne seront plus évalués sur leurs qualités pédagogiques mais sur leur capacité à entrer dans un cadre de compétences définies en dehors de la nécessité absolue de dispenser dans les meilleures conditions possibles leurs connaissances acquises au cours d’un long parcours. N’est-il pas temps de sortir de cette spirale infernale par laquelle sont broyées des vies et des volontés. La Droite ne le fera évidemment pas. La Gauche « de gouvernement » ne semble pas s’apprêter à le faire. Sombre perspective !

Yann Fiévet

maatala a dit…

salam

Youssef Al-Qardaoui, Bernard-Henry Lévy : même combat ?

Ahmed BENSAADA
Comme tout printemps qui se respecte, celui qui est qualifié d’ « arabe » a évidemment permis la perpétuation d’idées de lignées pures mais, phénomène surprenant, a également facilité et catalysé l’hybridation de schèmes de pensée qu’on a, jusqu’à très récemment, jugés non hybridables.

Ainsi, voici deux illustres personnages que tout aurait dû séparer : Youssef Al-Qardaoui et Bernard-Henry Lévy (BHL).



L’un est un pur produit de l’Orient alors que l’autre est un Occidental invétéré. L’un se drape dans l’austère costume traditionnel serré au cou des savants d’Al-Azhar (longue gallabeyya, caftan et turban) alors que l’autre est un vrai dandy arborant une éternelle chemise blanche immaculée de chez Charvet, spécialement conçue pour lui et qu’il porte largement déboutonnée.

L’un est Égyptien d’origine, Qatari de nationalité, orphelin de père, d’origine paysanne modeste, de confession musulmane, membre des frères musulmans, emprisonné jeune pour son militantisme, déchu de sa nationalité et vivant au Qatar depuis plusieurs décennies. L’autre est Français, citadin né avec une cuillère d’or dans la bouche, de confession juive, se disant de gauche et qui n’a jamais été inquiété même après s’être immiscé dans de nombreux conflits armés à travers le monde.

L’un est un fervent défenseur des palestiniens, opiniâtrement opposé au sionisme. À ce sujet, il a déclaré : « La seule chose que j’espère, [...] c’est qu’Allah me donne, au crépuscule de ma vie, l’opportunité d’aller au pays du jihad et de la résistance (i.e. la Palestine), ceci même sur un fauteuil roulant. Je tirerai une balle sur les ennemis d’Allah, les juifs » [1]. L’autre est un ardent défenseur de l’État d’Israël et l’un de ses meilleurs ambassadeurs dans le monde. À la suite de la sauvage agression israélienne contre le Liban en 2006, il entreprit un voyage au nord d’Israël qui lui inspira un article qualifié de « tourisme de propagande de BHL en Israël » [2]. Il répéta sa technique en 2009, pendant le massacre de Gaza, en se rendant en Israël pour être « embedded » avec Tsahal. Il raconta son « aventure » dans un article qui a été perçu comme un tract de propagande pro-israélien [3] et consacra un autre billet à la justification de la brutale et inhumaine opération « Plomb durci » [4], internationalement condamnée. Il persista et signa en défendant l’attaque israélienne du 31 mai 2010 contre la flottille de la liberté qui fit neuf morts et vingt-huit blessés parmi les militants transportant de l’aide humanitaire vers Gaza [5]. N’est-il d’ailleurs pas récipiendaire de deux Doctorats Honoris Causa de ce pays ? Université de Tel Aviv en 2002 et Université de Jérusalem en 2008.

L’un est interdit de séjour aux États-Unis après qu’on eut découvert ses liens avec une banque finançant le terrorisme [6] et fut totalement opposé à l’invasion américaine de l’Irak. L’autre est un américanophile exemplaire frayant avec la jet set des deux rives de l’Atlantique. Sur le dossier de la guerre d’Irak, il trouva cette guerre « moralement justifiée » [7].

maatala a dit…

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Youssef Al-Qardaoui, Bernard-Henry Lévy : même combat ?

Ahmed BENSAADA
Comme tout printemps qui se respecte, celui qui est qualifié d’ « arabe » a évidemment permis la perpétuation d’idées de lignées pures mais, phénomène surprenant, a également facilité et catalysé l’hybridation de schèmes de pensée qu’on a, jusqu’à très récemment, jugés non hybridables.

Ainsi, voici deux illustres personnages que tout aurait dû séparer : Youssef Al-Qardaoui et Bernard-Henry Lévy (BHL).



L’un est un pur produit de l’Orient alors que l’autre est un Occidental invétéré. L’un se drape dans l’austère costume traditionnel serré au cou des savants d’Al-Azhar (longue gallabeyya, caftan et turban) alors que l’autre est un vrai dandy arborant une éternelle chemise blanche immaculée de chez Charvet, spécialement conçue pour lui et qu’il porte largement déboutonnée.

L’un est Égyptien d’origine, Qatari de nationalité, orphelin de père, d’origine paysanne modeste, de confession musulmane, membre des frères musulmans, emprisonné jeune pour son militantisme, déchu de sa nationalité et vivant au Qatar depuis plusieurs décennies. L’autre est Français, citadin né avec une cuillère d’or dans la bouche, de confession juive, se disant de gauche et qui n’a jamais été inquiété même après s’être immiscé dans de nombreux conflits armés à travers le monde.

L’un est un fervent défenseur des palestiniens, opiniâtrement opposé au sionisme. À ce sujet, il a déclaré : « La seule chose que j’espère, [...] c’est qu’Allah me donne, au crépuscule de ma vie, l’opportunité d’aller au pays du jihad et de la résistance (i.e. la Palestine), ceci même sur un fauteuil roulant. Je tirerai une balle sur les ennemis d’Allah, les juifs » [1]. L’autre est un ardent défenseur de l’État d’Israël et l’un de ses meilleurs ambassadeurs dans le monde. À la suite de la sauvage agression israélienne contre le Liban en 2006, il entreprit un voyage au nord d’Israël qui lui inspira un article qualifié de « tourisme de propagande de BHL en Israël » [2]. Il répéta sa technique en 2009, pendant le massacre de Gaza, en se rendant en Israël pour être « embedded » avec Tsahal. Il raconta son « aventure » dans un article qui a été perçu comme un tract de propagande pro-israélien [3] et consacra un autre billet à la justification de la brutale et inhumaine opération « Plomb durci » [4], internationalement condamnée. Il persista et signa en défendant l’attaque israélienne du 31 mai 2010 contre la flottille de la liberté qui fit neuf morts et vingt-huit blessés parmi les militants transportant de l’aide humanitaire vers Gaza [5]. N’est-il d’ailleurs pas récipiendaire de deux Doctorats Honoris Causa de ce pays ? Université de Tel Aviv en 2002 et Université de Jérusalem en 2008.

L’un est interdit de séjour aux États-Unis après qu’on eut découvert ses liens avec une banque finançant le terrorisme [6] et fut totalement opposé à l’invasion américaine de l’Irak. L’autre est un américanophile exemplaire frayant avec la jet set des deux rives de l’Atlantique. Sur le dossier de la guerre d’Irak, il trouva cette guerre « moralement justifiée » [7].

maatala a dit…

Pourtant en y regardant bien, il est aisé de déceler de nombreuses similitudes entre les deux personnages. En voici quelques unes.

Primo, tous les deux ont été de brillants étudiants : Al-Qardaoui a été major de promotion à l’Université d’Al-Azhar et BHL a été reçu 7e au concours d’entrée à l’École normale supérieure. Secundo, ce sont tous deux des auteurs prolifiques, des hommes de lettre et des philosophes (quoique ce statut soit très critiqué dans le cas de BHL). Tertio, sans avoir aucune fonction politique, ils possèdent une indéniable influence sur les dirigeants de leurs pays respectifs et le pouvoir d’infléchir, dans certains dossiers, la politique de leurs gouvernants. Quarto, ce sont de réelles vedettes médiatiques, l’un sur Al-Jazira avec son émission « La charia et la vie » qui est regardée par plus de dix millions de téléspectateurs à travers le monde et l’autre avec son omniprésence sur les plateaux de télévision français et étrangers. Quinto et non des moindres par les temps qui courent, tous les deux sont d’impénitents va-t-en-guerre.

Mais en fait, c’est le « printemps arabe » et ses soubresauts qui ont révélé les similitudes les plus « originales » entre ces deux célébrités.

En matière de religion, Youssef Al-Qardaoui revendique sa foi dans ses actions. Cela se comprend par son érudition en sciences islamiques, ses nombreuses responsabilités et ses diverses activités et engagements reliés à la religion musulmane. Cela était moins évident dans le cas de BHL jusqu’à ce qu’il confesse, à propos de son rôle dans la guerre civile libyenne : « C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques » [8].

À propos d’Israël, une récente déclaration d’Al-Qardaoui laisse perplexe : « les pays qui connaissent un réveil islamique et ont vu l’accès des islamistes au pouvoir traiteront avec l’Occident et Israël » [9]. Serait-il possible que le célèbre théologien n’ait plus envie d’en découdre avec l’état sioniste, ni de tirer sa dernière balle en terre sacrée du jihad ? Serait-il tenté d’en faire plus que le gouvernement de son pays d’adoption, le Qatar, qui entretient des liens officieux avec Israël ?

D’ailleurs, les rumeurs d’établissement de relations diplomatiques entre la Libye « nouvelle » et l’état hébreu [10] sous la probable médiation de BHL, semblent confirmer les dires du Cheikh.

D’un autre côté, la fatwa d’Al-Qardaoui appelant à l’assassinat de Kadhafi [11] s’est inscrite dans le prolongement des gesticulations guerrières de BHL. En contrepartie, le philosophe français n’a vu aucun inconvénient dans les déclarations du président du CNT libyen concernant l’application de la charia dans la future Libye. Dans un article qui fera date, il s’est laissé aller dans une dissertation sur la signification de la charia et du jihad : un vrai Al-Qardaoui « en herbe » [12] ! Quel étonnant revirement pour ce virulent pourfendeur de l’extrémisme religieux qui s’était fait remarqué par ses positions contre les islamistes en Algérie [13]. Connaissait-il en ce temps la signification de la charia et du jihad ou a-t-il pris des cours sur le sujet depuis ?

maatala a dit…

Pourtant en y regardant bien, il est aisé de déceler de nombreuses similitudes entre les deux personnages. En voici quelques unes.

Primo, tous les deux ont été de brillants étudiants : Al-Qardaoui a été major de promotion à l’Université d’Al-Azhar et BHL a été reçu 7e au concours d’entrée à l’École normale supérieure. Secundo, ce sont tous deux des auteurs prolifiques, des hommes de lettre et des philosophes (quoique ce statut soit très critiqué dans le cas de BHL). Tertio, sans avoir aucune fonction politique, ils possèdent une indéniable influence sur les dirigeants de leurs pays respectifs et le pouvoir d’infléchir, dans certains dossiers, la politique de leurs gouvernants. Quarto, ce sont de réelles vedettes médiatiques, l’un sur Al-Jazira avec son émission « La charia et la vie » qui est regardée par plus de dix millions de téléspectateurs à travers le monde et l’autre avec son omniprésence sur les plateaux de télévision français et étrangers. Quinto et non des moindres par les temps qui courent, tous les deux sont d’impénitents va-t-en-guerre.

Mais en fait, c’est le « printemps arabe » et ses soubresauts qui ont révélé les similitudes les plus « originales » entre ces deux célébrités.

En matière de religion, Youssef Al-Qardaoui revendique sa foi dans ses actions. Cela se comprend par son érudition en sciences islamiques, ses nombreuses responsabilités et ses diverses activités et engagements reliés à la religion musulmane. Cela était moins évident dans le cas de BHL jusqu’à ce qu’il confesse, à propos de son rôle dans la guerre civile libyenne : « C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques » [8].

À propos d’Israël, une récente déclaration d’Al-Qardaoui laisse perplexe : « les pays qui connaissent un réveil islamique et ont vu l’accès des islamistes au pouvoir traiteront avec l’Occident et Israël » [9]. Serait-il possible que le célèbre théologien n’ait plus envie d’en découdre avec l’état sioniste, ni de tirer sa dernière balle en terre sacrée du jihad ? Serait-il tenté d’en faire plus que le gouvernement de son pays d’adoption, le Qatar, qui entretient des liens officieux avec Israël ?

D’ailleurs, les rumeurs d’établissement de relations diplomatiques entre la Libye « nouvelle » et l’état hébreu [10] sous la probable médiation de BHL, semblent confirmer les dires du Cheikh.

D’un autre côté, la fatwa d’Al-Qardaoui appelant à l’assassinat de Kadhafi [11] s’est inscrite dans le prolongement des gesticulations guerrières de BHL. En contrepartie, le philosophe français n’a vu aucun inconvénient dans les déclarations du président du CNT libyen concernant l’application de la charia dans la future Libye. Dans un article qui fera date, il s’est laissé aller dans une dissertation sur la signification de la charia et du jihad : un vrai Al-Qardaoui « en herbe » [12] ! Quel étonnant revirement pour ce virulent pourfendeur de l’extrémisme religieux qui s’était fait remarqué par ses positions contre les islamistes en Algérie [13]. Connaissait-il en ce temps la signification de la charia et du jihad ou a-t-il pris des cours sur le sujet depuis ?

maatala a dit…

Mais l’intérêt béhachélien aux islamistes ne date pas de son « épopée » libyenne. Sur son site officiel, où trônent des centaines de photos destinées à la postérité, il y en a une qui attire l’attention : BHL s’entretenant avec Saad Al-Hoseiny au Caire, le 20 février 2011, soit 9 jours après la chute de Moubarak. Pour information, Saad Al-Hoseiny est membre du bureau exécutif des Frères musulmans [14] et la photo a été prise à leur QG.

Dans un article consacré à cette rencontre, BHL écrivit : « Il fait profil bas, en effet, dans l’entretien. M’assure que la confrérie ne pèse pas plus de 15 %. Me garantit qu’elle ne présentera, dans six mois, pas de candidat à la présidentielle. Me jure sur tous les dieux qu’elle n’a, de toute façon, et pour le moment, d’autre programme que la liberté, la dignité, la justice. Mais ajoute, l’œil moqueur, que les « problèmes de l’Égypte » sont trop « énormes » pour que la modeste confrérie en assume l’écrasante responsabilité » [15]. On connait actuellement la réalité des urnes égyptiennes.

La victoire des islamistes dans les pays touchés par le « printemps arabe » en a surpris plus d’un. Alors qu’aucun Coran n’a été brandi et que nul slogan religieux n’a été scandé pendant toute la durée des sanglantes manifestations, les partis religieux ont obtenu d’excellents scores, au détriment des jeunes activistes, principaux acteurs des révoltes populaires.

Pourtant, le 18 février 2011 un évènement prémonitoire s’est déroulé à la place Tahrir. Ce jour-là, Al-Qardaoui est retourné triomphalement au Caire et a conduit la prière du vendredi devant plus d’un million de personnes. Profitant de l’occasion, l’illustre cyberdissident Wael Ghoneim, héros de la place Tahrir, celui-là même qui a été nommé « l’homme le plus influent du monde » par le magazine américain Time [16] s’est approché de l’estrade pour prendre la parole. Quelle ne fût sa surprise lorsqu’il s’est vu interdire, manu militari, l’accès à la tribune. Il quitta la place Tahrir, un drapeau égyptien sur le visage [17].

Malgré des différences notables, les actions « printanières » d’Al-Qardaoui et BHL présentent des similitudes qui ont pour objet de canaliser les évènements dans la même direction. Il en est ainsi pour la situation syrienne où l’un a émis une fatwa autorisant l’intervention internationale en Syrie [18] et l’autre avance que l’option militaire (celle dont il a été l’artisan en Libye) est de plus en plus acceptée par l’opposition syrienne [19].

À la mort du « guide » libyen, un journal titrait : « Libye – Youssef Al-Qardaoui célèbre avec Sarkozy et Obama la mort du guide Kadhafi » [20]. En fait, il célébrait aussi avec BHL et David Cameron. À noter que ce dernier, en 2008, alors qu’il était encore dans l’opposition, s’était farouchement opposé à la venue d’Al-Qardaoui en Grande-Bretagne, le traitant d’homme « dangereux ». Sous sa pression, son visa a été refusé car « le Royaume-Uni ne tolère pas la présence de ceux qui cherchent à justifier tout acte de violence terroriste ou à exprimer des opinions qui pourraient favoriser des violences intercommunautaires » [21].

Décidément, l’extravagance de ce printemps idéologique florifère ne cessera jamais de nous étonner : Al-Qardaoui qui recommande aux pays arabes de traiter avec Israël et qui prêche en faveur d’une intervention militaire étrangère pour démettre les gouvernements arabes en place ; BHL que les islamistes n’effraient plus et qu’il appuie dans leur « apprentissage » démocratique tout en donnant des cours de charia à ses concitoyens occidentaux.

Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, aucun d’entre eux n’a émis une opinion sur les monarchies arabes. Seraient-elles par hasard des modèles de démocratie ? Ou peut-être des contrées où les libertés fondamentales sont respectées ? Nos deux célèbres philosophes n’ont encore rien à dire sur ce sujet. Et pourquoi pas une déclaration commune ? L’hybridation serait totale.

Ahmed Bensaada

maatala a dit…

Le marché contre la démocratie

Pierre VERHAS


Le beau nom de démocratie est un « mot poubelle ». Il a autant de sens différents que ceux qui l’expriment. Étymologiquement, la démocratie est le « pouvoir du peuple », par opposition à « aristocratie », le « pouvoir d’un petit nombre », souvent héréditaire, ou par opposition à tout ce que l’on met devant le suffixe « cratie ». Il a des sens dérivés puisque l’on peut avoir, par exemple, des attitudes démocratiques ou antidémocratiques. On est toujours le démocrate de quelqu’un, ou l’antidémocrate…

Aussi, affirmer d’emblée que la démocratie est en danger signifie l’installation progressive d’un pouvoir oligarchique et plus ou moins occulte, au détriment du partage entre pouvoirs politiques et contre-pouvoirs. Cela signifie aussi la fin du débat au profit de « la pensée unique ». Autrement dit, on enferme la pensée politique dans le carcan d’un seul système qui ne souffre aucune critique. Cela signifie surtout l’absence des peuples ou plus exactement leur exclusion du débat et du processus de décision.

Un nouvel absolutisme s’installe. Il a un nom : « gouvernance ». Isabelle Stengers définit ainsi la gouvernance : « … elle traduit bien la destruction de ce qui impliquerait une responsabilité collective quant à l’avenir, c’est-à-dire la politique. Avec la gouvernance, il ne s’agit plus de politique, mais de gestion et d’abord de gestion d’une population qui ne doit pas se mêler de ce qui la regarde. » Ajoutons que la « gouvernance » concernait initialement la direction des entreprises qui, par définition, n’est pas démocratique, mais dictée par les seuls intérêts de ses propriétaires. Si on reprend la définition de Stengers, le peuple est exclu de la gouvernance bien qu’il soit concerné au premier chef.

Ce nouvel absolutisme est né d’un long processus de développement du capitalisme total décrit par deux auteurs, la première hostile, Naomi Klein, le second partisan, Jacques Attali.

Naomi Klein et Jacques Attali : deux visions antagonistes du monde

Naomi Klein, journaliste et militante canadienne, décrit dans un livre passionnant et très documenté, La stratégie du choc (Actes Sud, 2008) ce qu’elle appelle « la montée d’un capitalisme du désastre ». Il s’agit d’un livre de référence qui retrace sur la base de données historiques et de témoignages l’installation progressive du capitalisme absolu et mondial à la place de l’Etat-nation moderne et prétendument démocratique.

L’État, sous toutes ses formes, est l’ennemi à abattre. Il ne peut en aucun cas intervenir dans les activités des individus, de la naissance à la mort. On veut bien lui concéder un rôle protecteur, et encore. Naomi Klein cite Milton Friedman (1912 - 2006), le gourou de l’ultralibéralisme et père de la fameuse école de Chicago : « l’État a pour unique fonction de protéger nos libertés contre ses ennemis extérieurs et contre nos concitoyens eux-mêmes : il fait régner la loi et l’ordre, il fait respecter les contrats privés, il favorise la concurrence. »

Deux commentaires : premièrement, dans l’État de Friedman, le concitoyen peut être l’ennemi au même titre qu’un éventuel agresseur. Cela vise en plus des délinquants, les « concitoyens » qui auraient la mauvaise idée de remettre le système en cause. En second lieu, l’État « friedmanien » protège la concurrence. Autrement dit, il accepte l’interventionnisme étatique pour peu qu’il soit la police des grandes entreprises privées. Par contre, toute autre intervention étatique consisterait en une intolérable ingérence au sein des marchés.

maatala a dit…

Si on lit le livre de Naomi Klein, l’État « friedmanien » s’est retrouvé dans les pires dictatures de l’après-guerre : dans le Chili de Pinochet et dans la Chine communiste dès la prise de pouvoir de Deng Xiao Ping. Les stades sanglants de Santiago de Chile en 1973 et la répression des chars chinois à la Place Tien an Men en 1989 sont deux faces de l’État « friedmanien ». Le capitalisme absolu ne peut se développer que dans un pouvoir absolu.

Jacques Attali décrit dans Une brève histoire de l’avenir (Fayard 2006) le processus qui mène au capitalisme absolu qu’il appelle de ses vœux. Il s’agit d’une utopie qu’il voit se réaliser progressivement. « Le marché sera devenu assez puissant et le coût de l’échange des données assez faible pour que les membres de la classe créative n’aient plus besoin de vivre au même endroit pour diriger le monde ; l’industrie nouvelle s’installera en mille sites à la fois ; la forme marchande fonctionnera sans « cœur ». »

Donc, le marché absolu s’installera partout et il n’y aura plus de centre de décision. Tous les mécanismes de protection sociale seront éradiqués au profit du « coût assez faible » de l’échange des données. Ce n’est pas un rêve. Si on observe le monde, c’est une réalité qui s’installe. Les dirigeants réels « la classe créative » comme l’appelle Attali auront trouvé la forteresse la plus imprenable : elle se situe partout et nulle part.

C’est en cela que les luttes classiques sont devenues inefficaces. Auparavant, l’ennemi de classe était bien identifié et se trouvait en un lieu bien connu. Aussi, était-il relativement aisé à combattre si le rapport de force était favorable. Aujourd’hui, non seulement, on ignore qui est l’ennemi de classe, mais on ne sait pas où il se trouve.

Attali poursuit en reprenant l’idée de la fin de l’histoire de Fukuyama : « l’Histoire ne racontera plus que la généralisation du marché puis de la démocratie, à l’intérieur de chaque pays. » Remarquons la chronologie : le marché d’abord, la démocratie ensuite. Donc, le marché créera la démocratie.

Mais quelle démocratie ? Attali prévoit sa disparition. Il pense que ce qu’il appelle la « neuvième forme du capitalisme », à savoir le capitalisme actuel de haute technologie, finira par s’effacer dans vingt ou trente ans pour « laisser la place à un monde sans maître coordonné par quelques puissances relatives. » L’auteur prévoit beaucoup, mais nul n’est assuré que cela se réalisera. Ainsi, il n’a pas prévu la crise bancaire suivie de celle de la dette. Or, beaucoup d’économistes avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. Cependant, Attali publie les programmes élaborés par les think-tanks ultralibéraux dont il est un des principaux animateurs. C’est donc la construction d’un nouvel ordre, celui du capitalisme absolu, sur les ruines de l’ordre actuel en pleine déliquescence.

Enfin, pour l’ancien conseiller « spécial » de François Mitterrand, cela va s’achever par ce qu’il appelle « l’hyper-empire ». Cela signifie que les forces du marché prennent la planète en main, la privatisation générale de tous les services publics et de l’État-providence, l’État ne conservant que ses fonctions régaliennes : armée, justice, police. Et tout cela est transformé : les lois sont remplacées par des contrats, la justice par des arbitrages, l’armée et la police par des mercenaires. L’État est donc devenu une coquille vide et les forces du marché peuvent ainsi agir en toute liberté. L’individualisme remplace la solidarité. L’homme est aussi « marchandisé », soit comme acteur du marché – consommateur/producteur –, soit comme objet du marché. Les pauvres, par exemple, constituent un marché parmi d’autres. Les pouvoirs sont remplacés par des assurances et des organismes de contrôle développés à l’extrême. Enfin, une classe minoritaire et très riche règne sur une masse considérable précarisée.

maatala a dit…

En résumé, c’est l’épouvante !

Utopie ? Non. Les privatisations se généralisent et sont même rendues obligatoires par la Commission européenne. L’État-providence est attaqué de front et s’effrite. Toutes les mesures d’austérité visent avant tout à étouffer la sécurité sociale et le droit du travail. L’armée, dans les nouveaux théâtres d’opération – le Moyen Orient pétrolier et gazier – est « aidée » par des compagnies de mercenaires comme la fameuse Blackwater. La police est de plus en plus remplacée par des compagnies de sécurité, véritables milices privées auxquelles on donne même des pouvoirs de police judiciaire. De nombreux juristes militent pour introduire une justice contractuelle. Les assurances prennent de plus en plus de place dans le budget des ménages. Les contrôles privés se répandent comme une traînée de poudre. La « vie privée » est devenue un concept creux.

Si le risque d’un « hyper-empire » est réel, il ne s’établira sans doute pas de la manière prévue par Attali. Si on analyse le processus qui a mené à la crise de la dette souveraine, le cheminement n’est pas le même, mais il risque d’aboutir au résultat escompté.

Après avoir créé un marché unique dérégulé, on a créé – et c’était logique – une monnaie unique aux caractéristiques particulières. Elle échappe à tout contrôle politique, car les États membres ne peuvent plus « battre » monnaie – c’était aussi logique – et ne peuvent plus fixer la politique monétaire Elle est la seule prérogative de la Banque centrale européenne qui est totalement indépendante. Cette même banque ne peut non plus émettre des obligations qui aideraient des Etats en difficulté : l’Euro est entièrement entre les mains des marchés.

La Banque centrale européenne à Francfort : un redoutable instrument des marchés

Qu’on ait unifié la monnaie dans le cadre européen, c’était indispensable, mais il est inacceptable que les politiques ne puissent plus fixer une politique monétaire. Elle est figée une fois pour toutes par le Traité.

Se pose aussi la question de la souveraineté qui est le principal droit démocratique. Ce ne sont plus les gouvernements des Etats nations qui ont le contrôle, cela se passe à un niveau supranational mal défini. L’État-nation est dépassé, l’Union européenne constituait une bonne occasion de le transcender en établissant une démocratie au-dessus des nations. C’est loin d’être le cas. C’est une technocratie au service des marchés qui disposent de pouvoirs très larges.

« Monsieur le Président, je ne comprends pas pourquoi vous passez votre temps à vous ôter des pouvoirs ! ». Ainsi fut interpellé Philippe Busquin, alors président du Parti socialiste francophone belge (de 1992 à 1999), par un militant wallon. En effet, le futur commissaire européen évoquait les privatisations des entreprises publiques qui avaient été rendues possibles par une loi de 1991. Ce militant a mis le doigt sur l’essentiel : les hommes et les femmes politiques se sont dépouillés de leurs pouvoirs au profit des technocrates et des financiers. Les événements que nous vivons sont le signal de la fin du politique.

Le processus de décision est devenu l’enjeu entre deux secteurs forcément antagonistes : le politique en déclin et la finance en crise.

maatala a dit…

En résumé, c’est l’épouvante !

Utopie ? Non. Les privatisations se généralisent et sont même rendues obligatoires par la Commission européenne. L’État-providence est attaqué de front et s’effrite. Toutes les mesures d’austérité visent avant tout à étouffer la sécurité sociale et le droit du travail. L’armée, dans les nouveaux théâtres d’opération – le Moyen Orient pétrolier et gazier – est « aidée » par des compagnies de mercenaires comme la fameuse Blackwater. La police est de plus en plus remplacée par des compagnies de sécurité, véritables milices privées auxquelles on donne même des pouvoirs de police judiciaire. De nombreux juristes militent pour introduire une justice contractuelle. Les assurances prennent de plus en plus de place dans le budget des ménages. Les contrôles privés se répandent comme une traînée de poudre. La « vie privée » est devenue un concept creux.

Si le risque d’un « hyper-empire » est réel, il ne s’établira sans doute pas de la manière prévue par Attali. Si on analyse le processus qui a mené à la crise de la dette souveraine, le cheminement n’est pas le même, mais il risque d’aboutir au résultat escompté.

Après avoir créé un marché unique dérégulé, on a créé – et c’était logique – une monnaie unique aux caractéristiques particulières. Elle échappe à tout contrôle politique, car les États membres ne peuvent plus « battre » monnaie – c’était aussi logique – et ne peuvent plus fixer la politique monétaire Elle est la seule prérogative de la Banque centrale européenne qui est totalement indépendante. Cette même banque ne peut non plus émettre des obligations qui aideraient des Etats en difficulté : l’Euro est entièrement entre les mains des marchés.

La Banque centrale européenne à Francfort : un redoutable instrument des marchés

Qu’on ait unifié la monnaie dans le cadre européen, c’était indispensable, mais il est inacceptable que les politiques ne puissent plus fixer une politique monétaire. Elle est figée une fois pour toutes par le Traité.

Se pose aussi la question de la souveraineté qui est le principal droit démocratique. Ce ne sont plus les gouvernements des Etats nations qui ont le contrôle, cela se passe à un niveau supranational mal défini. L’État-nation est dépassé, l’Union européenne constituait une bonne occasion de le transcender en établissant une démocratie au-dessus des nations. C’est loin d’être le cas. C’est une technocratie au service des marchés qui disposent de pouvoirs très larges.

« Monsieur le Président, je ne comprends pas pourquoi vous passez votre temps à vous ôter des pouvoirs ! ». Ainsi fut interpellé Philippe Busquin, alors président du Parti socialiste francophone belge (de 1992 à 1999), par un militant wallon. En effet, le futur commissaire européen évoquait les privatisations des entreprises publiques qui avaient été rendues possibles par une loi de 1991. Ce militant a mis le doigt sur l’essentiel : les hommes et les femmes politiques se sont dépouillés de leurs pouvoirs au profit des technocrates et des financiers. Les événements que nous vivons sont le signal de la fin du politique.

Le processus de décision est devenu l’enjeu entre deux secteurs forcément antagonistes : le politique en déclin et la finance en crise.

maatala a dit…

Patrick Viveret, philosophe français et ancien conseiller à la Cour des comptes française met, quant à lui, en évidence les contradictions entre la logique financière et les valeurs démocratiques. (Mediapart, 14 novembre 2011) Selon lui, l’Europe s’est bâtie initialement sur deux valeurs cardinales : la démocratie et la paix. Toutes deux sont menacées.

La démocratie fonctionne, en premier lieu, selon un temps qui n’est pas assez rapide pour la finance qui, elle, marche à la seconde. En effet, ce sont des robots, à travers le trading algorithmique – ou programmé par ordinateur – qui déterminent les valeurs. Comme dit Viveret : rassurer les marchés reviendrait à rassurer les robots ! Or, coordonner le rythme démocratique et celui des finances est impossible. Aussi, forcément, l’un domine l’autre.

C’est ce qu’il s’est passé en Belgique : la formation du gouvernement était bloquée par une profonde divergence de vue entre libéraux et socialistes. La spéculation se déclenche sur les taux d’intérêt belges et, comme par hasard, l’agence de notation Standard & Poors dégrade la cote de la Belgique. La nuit suivante, un accord est signé… après 521 jours de négociations. Il est clair qu’après le Grèce et l’Italie, la Belgique est aussi gouvernée par « les marchés ».

Viveret met en évidence, en second lieu, la menace qui pèse sur l’autre pilier de la démocratie qui est la pluralité des opinions et des orientations. Les marchés ne peuvent supporter ce qui constitue une entrave à leur domination. Ils exigent partout des gouvernements d’union nationale – c’est le cas en Belgique, par une tripartite traditionnelle – et que l’on « bloque » la décision politique par l’adoption de la fameuse « règle d’or » qui interdit constitutionnellement tout déficit budgétaire.

Viveret ajoute : « Si on laisse cette logique s’imposer, on en arrive donc à ce qu’a décrit le prix Nobel hétérodoxe Paul Krugman. Pour lui, nos programmes d’austérité sont l’équivalent des sacrifices humains chez les Mayas. Il faut analyser la crise actuelle à travers les catégories d’une crise de foi, donc d’une crise religieuse, pas seulement d’une crise de confiance. Nous sommes dominés par un socle de croyances et de crédulités conduisant à penser que, face à ces nouveaux dieux courroucés que sont les marchés financiers, nous n’avons d’autres choix que les rassurer avec des sacrifices ! Et des sacrifices humains. Chaque annonce d’un plan d’austérité implique plus de chômage, moins d’infirmières, moins d’éducation…

C’est pourtant une destruction de richesse réelle et humaine aussi absurde que les sacrifices mayas, qui ne parvenaient pas à arrêter les éclipses de soleil et n’ont pas empêché la civilisation maya de s’effondrer. On voit bien que c’est inefficace, mais on nous explique que c’est lié au fait qu’on n’a pas été assez loin dans le sacrifice ! Or, cette logique sacrificielle, si on la laisse aller jusqu’au bout, met en cause non seulement la démocratie, mais, ensuite, la paix elle-même. »

Nous passerons l’aspect guerre. Depuis la guerre du Golfe, nous nous trouvons dans des conflits interminables dans le Moyen-Orient pétrolier et gazier qui sont eux aussi commandés par les marchés.

Les menaces sur la démocratie sont aussi un danger mortel pour la civilisation. Les relations humaines qui ont été construites durant des siècles dans l’alliance de la solidarité et de la liberté risquent la destruction.

Le monde que nous préparent les marchés sera un monde d’individus laissés à eux-mêmes où la loi du plus fort l’emportera. Jamais l’humanité n’aura connu pareille récession au profit éphémère de quelques-uns.

Pierre Verhas

maatala a dit…

salam

Trois intellectuels américains jugent la « démocratie réellement existante » dans leur pays.
La démocratie américaine : Une coquille vide

Jean-Pierre DUBOIS
« La convention qui rédigea la Constitution des Etats-Unis était composée de 55 membres. Une majorité d’entre eux étaient des avocats - pas un seul fermier, ouvrier ou paysan. 40 possédaient du Revolutionary Scrip [monnaie émise pour contrer la monnaie coloniale]. 14 étaient des spéculateurs de terrains. 24 étaient des prêteurs. 11 étaient des marchands. 15 possédaient des esclaves. Ils ont crée une Constitution qui protège les droits de propriété, pas les droits de l’homme ».

Senateur Richard Pettigrew. (In : « 200 CITATIONS POUR COMPRENDRE LE MONDE passé, présent et à venir ». Viktor Dedaj, Maxime Vivas. Editions la Brochure).

LGS



DOUG MORRIS [1]

Aux États-Unis, « la notion de démocratie se résume à l’aspect le plus élémentaire, le plus rudimentaire et la forme la moins développée de la démocratie : la démocratie électorale [...] forme de compétition limitée à deux grands partis financés par l’élite fortunée et les milieux d’affaires ».

Il arrive que l’intérêt du public se réveille lorsqu’on lui présente les hyper-spectacles des campagnes électorales, ou lorsqu’il est soumis à la répétition incessante de slogans creux qui parlent d’« espoir », de « changement ».
Mais, « le résultat final est que pratiquement rien ne change en ce qui concerne les besoins ou les préoccupations de la population, ou l’approfondissement de la démocratie ».

Dans les « démocraties électorales, les électeurs votent tous les deux ou quatre ans et n’ont pratiquement aucune influence sur les politiques ou les programmes ».

Ce qui signifie que « cette démocratie-là n’est qu’une coquille formelle et pratiquement vide, un arbre qui cache la forêt des véritables centres de pouvoir et de décision et qui se trouvent principalement au niveau des grandes sociétés ».

maatala a dit…

NOAM CHOMSKY [2]

Aux États-Unis, il n’existe qu’un seul parti - celui du business - composé de deux fractions : les « démocrates » et les « républicains ».

Ce qui est couramment appelé « élections » n’est que le choix entre deux politiciens de ces deux fractions, tous deux nés dans des familles fortunées et de grande influence politique, tous deux ayant fréquenté les mêmes écoles particulières et les mêmes universités d’élites où ils ont été formés à devenir des membres de la classe dirigeante.

L’élection est une immense campagne publicitaire qui mène la population à se concentrer sur de grands spectacles personnalisés, et la conduit à penser : « c’est ça, la politique ».

La population a la permission de voter, de temps en temps, d’élire un des candidats choisis par la classe dominante, mais ensuite, elle doit revenir chez elle et s’occuper de sa sphère privée.

HOWARD ZINN [3]

« Parce que l’armée reste dans les casernes et que la domination n’est pas totale, nous pouvons prétendre vivre en démocratie ».

« Son ouverture et sa souplesse rendent une telle société plus séduisante que bien d’autres, mais elles induisent également un type de contrôle bien plus efficace : on est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société pluraliste ».

Pourtant, ce pluralisme est très limité. On nous offre le même genre d’alternatives que dans les questionnaires à choix multiples où seules certaines options sont proposées.

Aux États-Unis, il y a « le parti démocrate et le parti républicain (options A et B) mais les autres partis ne sont ni ouvertement tolérés ni encouragés et encore moins financés. Il existe d’ailleurs une loi qui n’ouvre les débats télévisés des campagnes présidentielles qu’aux deux principaux partis ».

Les débats publics considérés comme légitimes offrent un choix tout aussi limité. Ainsi, pendant la guerre du Vietnam, on a doctement disserté sur l’opposition des « faucons » et des « colombes ».
Les premiers prônaient un bombardement généralisé de l’Indochine tandis que les seconds entendaient privilégier les bombardements ciblés. L’option du retrait pur et simple ne fut jamais envisagée.

Quant aux idées subversives, elles « sont noyées sous un flot de critiques et discréditées comme ne faisant pas partie des choix acceptables.
A moins qu’elles ne soient autorisées à survivre dans certaines marges culturelles - minimisées mais vivantes - et présentées comme autant de preuves du caractère démocratique, tolérant et pluraliste de notre société ».

Jean-Pierre Dubois.

maatala a dit…

NOAM CHOMSKY [2]

Aux États-Unis, il n’existe qu’un seul parti - celui du business - composé de deux fractions : les « démocrates » et les « républicains ».

Ce qui est couramment appelé « élections » n’est que le choix entre deux politiciens de ces deux fractions, tous deux nés dans des familles fortunées et de grande influence politique, tous deux ayant fréquenté les mêmes écoles particulières et les mêmes universités d’élites où ils ont été formés à devenir des membres de la classe dirigeante.

L’élection est une immense campagne publicitaire qui mène la population à se concentrer sur de grands spectacles personnalisés, et la conduit à penser : « c’est ça, la politique ».

La population a la permission de voter, de temps en temps, d’élire un des candidats choisis par la classe dominante, mais ensuite, elle doit revenir chez elle et s’occuper de sa sphère privée.

HOWARD ZINN [3]

« Parce que l’armée reste dans les casernes et que la domination n’est pas totale, nous pouvons prétendre vivre en démocratie ».

« Son ouverture et sa souplesse rendent une telle société plus séduisante que bien d’autres, mais elles induisent également un type de contrôle bien plus efficace : on est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société pluraliste ».

Pourtant, ce pluralisme est très limité. On nous offre le même genre d’alternatives que dans les questionnaires à choix multiples où seules certaines options sont proposées.

Aux États-Unis, il y a « le parti démocrate et le parti républicain (options A et B) mais les autres partis ne sont ni ouvertement tolérés ni encouragés et encore moins financés. Il existe d’ailleurs une loi qui n’ouvre les débats télévisés des campagnes présidentielles qu’aux deux principaux partis ».

Les débats publics considérés comme légitimes offrent un choix tout aussi limité. Ainsi, pendant la guerre du Vietnam, on a doctement disserté sur l’opposition des « faucons » et des « colombes ».
Les premiers prônaient un bombardement généralisé de l’Indochine tandis que les seconds entendaient privilégier les bombardements ciblés. L’option du retrait pur et simple ne fut jamais envisagée.

Quant aux idées subversives, elles « sont noyées sous un flot de critiques et discréditées comme ne faisant pas partie des choix acceptables.
A moins qu’elles ne soient autorisées à survivre dans certaines marges culturelles - minimisées mais vivantes - et présentées comme autant de preuves du caractère démocratique, tolérant et pluraliste de notre société ».

Jean-Pierre Dubois.

maatala a dit…

salam

L’Occident peut célébrer sa mort, mais il s’agit juste d’un accident de timing.
On ne peut blâmer Kadhafi de penser qu’il faisait partie des braves types. (The Independent)

Robert FISK


Nous l’avons aimé. Nous l’avons détesté. Ensuite, nous l’avons aimé à nouveau. Anthony Blair a bavé sur lui. Ensuite, nous l’avons détesté à nouveau. Puis La Clinton a bavé sur son BlackBerry et nous l’avons vraiment détesté encore plus à nouveau. Prions tous pour qu’il n’ait pas été assassiné. « A succombé à des blessures subies lors de la capture. » Qu’est-ce que cela signifie ?

Il était une combinaison folle de Don Corleone et de Donald Duck – le seul moment de vérité de Tom Friedman à propos de Saddam Hussein - et nous qui avons dû regarder ses marches militaires martiales ridicules, et ses discours à pouffer de rire et avons écrit sur les tanks, les fusiliers marins et les missiles libyens et qui étions censés prendre tout ça au sérieux. Ses hommes-grenouilles claudiquaient en palmes à travers la Place Verte dans la chaleur et nous avons dû prendre ces bêtises pour argent comptant et prétendre qu’il s’agissait d’une menace réelle pour Israël, tout comme Anthony Blair a essayé de nous persuader (non sans succès) que les tentatives pathétiques de Mouammar Kadhafi de créer « des armes de destruction massive » avaient été stoppées. Ceci, dans un pays qui n’arrivait pas à réparer un WC public.

Ainsi il s’en est allé, le Colonel qui était autrefois aimé du Foreign Office [Ministère des Affaires Etrangères britannique] (après le coup d’Etat contre le roi Idris), puis apprécié comme « quelqu’un de sûr », puis détesté parce qu’il avait envoyé des armes à l’IRA, puis aimé, etc, etc. Pouvez-vous blâmer cet homme pour penser qu’il faisait partie des braves types ?

Et a-t-il péri ainsi ? Abattu alors qu’il tentait de résister ? Nous avons survécu à la mort de Ceausescu (et celle de sa femme), alors pourquoi pas à celle de Mouammar Kadhafi ? Et la femme de Mouammar Kadhafi est hors de danger. Pourquoi le dictateur ne devrait-il pas mourir ainsi ? Question intéressante. Nos amis du Conseil National de Transition ont-ils décrété sa disparition ? Ou était-ce « naturel », une mort aux mains de ses ennemis, une fin honorable pour un homme mauvais ? Je me demande. Comme l’Occident doit avoir été soulagé qu’il n’y ait pas de procès, pas de discours interminables du Grand Leader, pas de défense de son régime. Pas de procès signifie pas d’histoires sur les renditions (arrestations et transferts de prisonniers - NdT), les tortures et les mutilations de parties génitales.

maatala a dit…

Oublions donc toutes les courbettes devant Mouammar Kadhafi. Voici plus de 30 ans, je suis allé à Tripoli, et j’ai rencontré l’homme qui avait envoyé du Semtex à l’IRA en Irlande et protégé des citoyens irlandais en Libye, et les Libyens étaient très heureux de notre rencontre. Et pourquoi pas ? Car c’était une période où Mouammar Kadhafi était le leader du Tiers Monde. Nous nous sommes habitués aux méthodes de son régime. Nous nous sommes habitués à sa cruauté. Nous avons fermé les yeux lorsqu’il est devenu « normal ». Il était donc important de terminer de documenter sa méchanceté exercée en notre nom.

En effet, la disparition de tout élément de preuve juridique de torture par les soins du régime de Mouammar Kadhafi (bien sûr) et pour le compte du gouvernement britannique serait une bonne chose, n’est-ce pas ? La femme britannique qui savait tout sur cette torture – non nommée, mais dont je connais l’identité, alors faites en sorte qu’elle ne recommence pas à se comporter mal - sera-t-elle à l’abri de poursuites (ce qui ne devrait pas être le cas) ? Et allons-nous tous faire copain-copain avec les potes de Mouammar Kadhafi au lendemain de sa disparition ?

Peut-être. Mais n’oublions pas le passé. Mouammar Kadhafi se souvenait de l’ordre colonial italien en Libye, l’autorité italienne répugnante sous laquelle tous les Libyens devaient marcher dans le caniveau lorsqu’ils croisaient un Italien, où les héros de la Libye étaient pendus en public, lorsque la liberté de la Libye était considérée comme du « terrorisme ». Les hommes du pétrole et les gars et les filles du FMI allaient être traités de la même manière. Les Libyens sont des gens intelligents. Kadhafi le savait. Et de manière fatale, il s’est cru plus intelligent encore. L’idée que ces populations tribales allaient soudain se « mondialiser » et devenir différents est ridicule.

Mouammar Kadhafi était un de ces potentats arabes pour lesquels le surnom de « fou » était approprié, mais qui s’exprimait avec une sorte de bon sens. Il ne croyait pas en « la Palestine » parce qu’il pensait que les Israéliens avaient déjà volé trop de terres arabes (correct) et il ne croyait pas vraiment dans la Nation Arabe – d’où ses croyances tribales. C’était vraiment une personne très étrange.

Nous allons attendre pour savoir comment Mouammar Kadhafi est mort. A-t-il été assassiné ? A-t-il « résisté » (une bonne chose tribale à faire) ? Ne vous inquiétez pas – La Clinton sera heureuse qu’il ait été « tué ».

Robert Fisk - (The Independent).

maatala a dit…

salam

Romney : la schizophrénie du pénis et du cerveau

Gaëtan PELLETIER


« Dieu nous a donné un cerveau et un pénis, mais pas assez de sang pour faire fonctionner les deux en même temps » - Robin Williams

« Un jour, Dieu a dit : il faut partager : les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit. » Coluche

« Les États-Unis doivent toujours conserver leur suprématie militaire pour dissuader leurs agresseurs potentiels et défendre leurs alliés », a déclaré le candidat à l’investiture républicaine Mitt Romney.

Selon Mitt Romney, les États-Unis ont été crées pour dominer le monde. M. Romney est favori à la primaire américaine. Missionnaire de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Bref, un mormon.

Diplômé de Harvard, en droit.

Conclusion : un bon agencement de cellules grises n’a rien à voir avec une capacité de jugement ou d’ouverture d’esprit.

Voilà une Amérique à bout de souffle, qui ramène « dieu » chez elle. Ce discours est manifeste sur le piteux état, qui est en train d’élever une statue qui penche à droite comme la Tour de Pise. Ça dépend de quel côté vous admirez la tour…

Cette « version » de l’Histoire en dit long sur le système caméléon des américains qui ont été capables d’aller sur la lune, mais incapable d’aller vraiment sur Terre.

L’Amérique vit dans une équation dont l’étrangeté est questionnant : « Plus ça va mal, plus on appelle dieu à sa rescousse. » La « grandeur » de sa technologie, particulièrement dans le domaine de l’armement en fait un prêtre -cowboy capable du tirer sur n’importe qui.

Romney est un saint qui veut ramener Bush. À croire que les américains ont un pied dan un temple et la botte en Afghanistan ou en Irak. De la schizophrénie légalisée et non traitée.

En Amérique, on peut tuer et ensuite aller éponger ses péchés dans une église ou un temple. Pauvre Amérique ! Le mal vient la chercher. La Terre est enflée de terroristes qui veulent découper le talon de ces saints votants pour des saints.

De la bonté américaine

La crédibilité américaine sur sa bonne foi est depuis longtemps disparue, engloutie. À se demander si la politique de ce pays n’est pas sous la gouverne de « preachers » à 200$ millions.

Un pays de plâtre usé, aux murs qui se désagrègent et sur lesquels on plastronne à coups de crayons les fendillements et l’approche du désastre. Ils se flouent entre eux, vont piller les pays de la planète, enfouissent leurs pauvres sous le tapis.

M. Romney n’offre que pour programme non seulement une poursuite de la politique américaine, mais un ajout et un retour à ce que, finalement, les a mis K.O. Son « programme » :

Il propose notamment de « restaurer la crédibilité navale » des États-Unis en accélérant la construction de navires de guerre, pour passer de neuf bâtiments par an à 15. Il recommande un renforcement des relations avec les alliés de Washington, dont Israël, la Grande-Bretagne, ainsi que le Mexique sur les questions de drogue et de sécurité. lien
La bonté américaine, c’est le diable qui prend des bains de plâtre.

Le mouvement

L’Amérique est en train d’avancer en reculant. De quoi faire frémir le reste de la planète.

Ne priez pas, ne votez pas.

Attendez.

On comprend maintenant pourquoi on produit autant de films sur les zombies. La vie quitte l’Amérique. On vote pour des morts-vivants.

Et M. Romney est un zombie maquillé.

L’Amérique s’en délecte…

Gaëtan Pelletier

maatala a dit…

salam

Traduction du discours complet du président iranien Ahmadinejad à l’ONU le 22/09/11

Voici le discours qualifié de "diatribe contre les occidentaux" par les médias et qui a provoqué la colère des diplomates occidentaux qui ont quitté la salle en guise de protestation.



Discours du président de la République Islamique d’Iran Mahmoud Ahmadinejad à la 66ème session de l’assemblée générale des Nations Unies à New York le 22/09/11

Au nom de Dieu, le Compatissant, le Miséricordieux,

« Loué soit Allah, le Seigneur de l’Univers, paix et bénédiction soient sur notre Maître et Prophète, Mahomet, sa pure demeure, ses nobles Compagnons et tous ses divins messagers »

« Ô Dieu, hâte l’arrivée de l’imam Al-Mahdi et accorde lui une bonne santé ainsi que la victoire et fais de nous ses disciples et ceux qui témoignent de sa justesse »

M. le Président,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je suis reconnaissant au tout-puissant Allah qui m’a accordé, une fois de plus, l’opportunité de paraître devant cette assemblée mondiale. J’ai le plaisir d’exprimer mes sincères remerciements à H.E. Joseph Deiss, président de la 65ème session pour ses énormes efforts durant sa tenue. Je voudrais également féliciter H.E Nassir Abdulaziz Al-Nasser pour son élection en tant que président de cette 66ème session de l’assemblée générale et je lui souhaite le succès.

Permettez-moi de profiter de ce moment pour rendre hommage à tous ceux qui ont perdu la vie cette année, particulièrement aux victimes de la tragique famine en Somalie et de la dévastatrice épidémie au Pakistan et spécialement du tremblement de terre et les explosions suivantes dans les centrales nucléaires au Japon.

J’exhorte chacun à intensifier son assistance et son aide aux populations touchées dans ces pays.

Les années passées, j’ai parlé de différents problèmes mondiaux, et le besoin d’introduire des changements fondamentaux dans l’ordre international actuel.

Aujourd’hui, tenant compte des évolutions internationales, j’essaierai d’analyser la situation actuelle d’un angle différent.

Comme vous le savez tous, la domination et la supériorité des êtres humains sur les créatures se trouvent dans la nature même et la réalité de l’humanité, qui est un don divin et une manifestation de l’esprit divin comprenant : la foi en Dieu, qui est l’éternel créateur et architecte de l’univers ; montrer de la compassion envers les autres, la générosité, la recherche de la justice, faire valoir l’intégrité dans les mots et les actes ; la quête de dignité pour atteindre les sommets de la perfection, l’aspiration à élever la matière et le spirituel de tout un chacun, et le désir d’être libre ; défier l’oppression, la corruption, et la discrimination en supportant les opprimés ; rechercher le bonheur, et la prospérité durable et la sécurité pour tous.

Voici quelques-unes des manifestations des attributs communément humains et divins, que l’on peut clairement observer dans les aspirations historiques des êtres humains, comme le reflète l’héritage de nos recherches dans l’art et les travaux littéraires, prose et poésie, et dans les mouvements socio-culturels et politiques des êtres humains dans la course de l’histoire.

Tous les prophètes divins et réformateurs sociaux ont toujours invité les êtres humains à emprunter ce droit chemin.

Dieu a donné la dignité à l’humanité afin qu’elle élève son statut pour assumer son rôle de successeur sur la Terre.

Chers collègues et amis,

Il est particulièrement clair, que malgré les accomplissements historiques, par exemple la création des Nations Unies, qui a été le produit d’inlassables luttes et d’efforts d’esprits libres et d’individus cherchant la justice autant que de la coopération internationale, les sociétés humaines sont encore loin de satisfaire leurs nobles désirs et aspirations.

maatala a dit…

La plupart des nations du monde ne sont pas satisfaites des circonstances internationales actuelles.

Et malgré le désir général et l’aspiration à promouvoir la paix, le progrès et la fraternité, des guerres, des meurtres de masse, la pauvreté généralisée, les crises socio-économiques et politiques continuent de porter atteinte aux droits et souveraineté des nations, causant d’irréparables dommages de par le monde.

Trois milliards de personnes environ vivent avec moins de 2.5 dollars par jour, et plus d’un milliard vit sans avoir même un seul repas suffisant par jour.

40% des populations les plus pauvres du monde se partagent seulement 5% de la richesse globale, tandis que 20% des plus riches détient 75% de la richesse mondiale.

Plus de 20.000 enfants démunis et innocents meurent chaque jour à cause de la pauvreté.

Aux États-Unis, 80% des ressources financières sont contrôlées par 10% de la population, alors que 20% de ces ressources appartient à 90% de la population.

Quelles sont les causes et les raisons derrière ces inégalités ? Comment remédier à de telles injustices ?

Les dirigeants des cercles de gouvernance globale séparent la vie sociale de l’éthique et de la spiritualité tout en déclarant que la situation est le résultat de la poursuite du chemin de divins prophètes ou de la vulnérabilité des nations ou de la performance malade de petits groupes ou d’individus. Ils proclament que seules leurs opinions et approches peuvent sauver la société humaine.

Chers collègues et amis,

Ne pensez-vous pas que la cause fondamentale des problèmes devrait être considérée dans l’ordre international en vigueur, la manière dont le monde est gouverné ?

J’aimerais porter votre aimable attention sur les questions suivantes :

Qui a enlevé par la force des millions de personnes de leurs maisons en Afrique et d’autres régions du monde durant la sombre période de l’esclavage, faisant d’eux les victimes de leur avidité matérielle ?

Qui a imposé le colonialisme durant 4 siècles dans ce monde ? Qui a occupé des terres et massivement spolié les ressources d’autres nations, détruisant les talents, les langues traditionnelles, les cultures et les identités de ces nations ?

Qui a déclenché les première et seconde guerres mondiales, qui ont tué 70 millions de personnes et des blessé ou mis à la rue des centaines de millions d’autres ? Qui a lancé les guerres en Corée et au Vietnam ?

Qui a imposé, au moyen de la tromperie et de l’hypocrisie, le Sionisme, et près de 60 ans de guerre, exclusion, terreur, et meurtre de masse sur le peuple Palestinien et les pays de la région ?

Qui a imposé et supporté pendant des décennies des dictatures militaires et des régimes totalitaires en Asie, Afrique et Amérique Latine ?

Qui a utilisé la bombe nucléaire contre des personnes sans défense, et possède des milliers de têtes nucléaires dans ses arsenaux ?

Les économies de quels pays reposent sur la guerre et la vente d’armes

Qui a provoqué et encouragé Saddam Hussein à envahir et imposer une guerre de 8 ans à l’Iran, et qui l’a assisté et équipé à déployer des armes chimiques contre nos villes et notre peuple ?

Qui a utilisé l’incident mystérieux du 11 septembre comme un prétexte pour attaquer l’Afghanistan et l’Irak, en tuant, blessant et déplaçant de force des millions de personnes dans ces deux pays, avec comme objectif final la domination sur le Moyen-Orient et ses ressources pétrolières ?

Qui a mis fin au système de Bretton Woods en imprimant des milliards de dollars sans en avoir les réserves ou la monnaie équivalente ? Un changement qui a déclenché l’inflation dans le monde entier et qui avait pour but la prédation sur les gains économiques des autres nations ?

maatala a dit…

De quel pays la dépense militaire dépasse annuellement mille milliards de dollars, dépassant les budgets militaires cumulés de tous les autres pays du monde ? Quels gouvernements sont les plus endettés du monde ?

Qui domine l’élaboration d’établissement des politiques sur l’économie mondiale ?

Qui est responsable pour la récession économique mondiale, et est en train d’imposer ses conséquences sur l’Amérique, l’Europe et le reste du monde ?

Quels gouvernements sont toujours prêts à lancer des milliers de bombes sur d’autres pays, mais tergiversent à fournir de l’aide aux personnes frappées par la pauvreté en Somalie ou d’autres pays ?

Quels sont ceux qui dominent le conseil de sécurité de l’ONU, qui est ostensiblement responsable de la sauvegarde de la sécurité du monde ?

Il existe quantité d’autres questions similaires. Evidemment, les réponses sont claires.

La majorité des nations et des gouvernements du monde n’ont eu aucun rôle dans la création des crises globales actuelles, et donc, elles ont été elles-mêmes victimes de telles politiques.

Il est aussi clair que la lumière du jour que les mêmes esclavagistes et pouvoirs coloniaux qui jadis ont déclenché les deux guerres mondiales ont maintenant causé la misère généralisée et le désordre avec des conséquences à long terme de par le monde depuis lors.
Chers collègues et amis,

Est-ce que ces pouvoirs arrogants ont réellement la compétence et la capacité de diriger ou gouverner le monde ? Est-il acceptable qu’ils s’appellent eux-mêmes les uniques défenseurs de la liberté, la démocratie et les droits de l’homme, lorsqu’ils attaquent militairement et occupent d’autres pays ?

La fleur de la démocratie peut-être surgir des missiles de l’OTAN et de ses armes ?

Mesdames et Messieurs,

Si certains pays Européens utilisent encore l’Holocauste, après six décennies, comme l’excuse pour payer rançon aux sionistes, ne devrait-il pas être une obligation pour les esclavagistes ou pouvoirs coloniaux de donner réparations aux nations concernées ?

Si les dommages et pertes de la période de l’esclavage et du colonialisme étaient compensés, qu’arriverait-il aux manipulateurs et pouvoirs politiques cachés aux États-Unis et en Europe ? Resterait-il des accrocs entre le Nord et Le Sud ?

Si seulement la moitié des dépenses militaires des États-Unis et de ses alliés à l’OTAN étaient prélevés pour aider à résoudre les problèmes économiques dans leurs propres pays, seraient-ils en train d’assister au moindre symptôme de crise économique ?

Qu’arriverait-il si la même somme était offerte aux nations pauvres ?

Quelle est la justification de la présence de centaines de militaires américains et de bases de renseignement dans les différentes parties du monde, incluant 268 bases en Allemagne, 124 au Japon, 87 en Corée du Sud, 83 en Italie, 45 au Royaume-Uni, et 21 au Portugal ? Cela signifie-t-il autre chose que l’occupation militaire ?

maatala a dit…

De quel pays la dépense militaire dépasse annuellement mille milliards de dollars, dépassant les budgets militaires cumulés de tous les autres pays du monde ? Quels gouvernements sont les plus endettés du monde ?

Qui domine l’élaboration d’établissement des politiques sur l’économie mondiale ?

Qui est responsable pour la récession économique mondiale, et est en train d’imposer ses conséquences sur l’Amérique, l’Europe et le reste du monde ?

Quels gouvernements sont toujours prêts à lancer des milliers de bombes sur d’autres pays, mais tergiversent à fournir de l’aide aux personnes frappées par la pauvreté en Somalie ou d’autres pays ?

Quels sont ceux qui dominent le conseil de sécurité de l’ONU, qui est ostensiblement responsable de la sauvegarde de la sécurité du monde ?

Il existe quantité d’autres questions similaires. Evidemment, les réponses sont claires.

La majorité des nations et des gouvernements du monde n’ont eu aucun rôle dans la création des crises globales actuelles, et donc, elles ont été elles-mêmes victimes de telles politiques.

Il est aussi clair que la lumière du jour que les mêmes esclavagistes et pouvoirs coloniaux qui jadis ont déclenché les deux guerres mondiales ont maintenant causé la misère généralisée et le désordre avec des conséquences à long terme de par le monde depuis lors.
Chers collègues et amis,

Est-ce que ces pouvoirs arrogants ont réellement la compétence et la capacité de diriger ou gouverner le monde ? Est-il acceptable qu’ils s’appellent eux-mêmes les uniques défenseurs de la liberté, la démocratie et les droits de l’homme, lorsqu’ils attaquent militairement et occupent d’autres pays ?

La fleur de la démocratie peut-être surgir des missiles de l’OTAN et de ses armes ?

Mesdames et Messieurs,

Si certains pays Européens utilisent encore l’Holocauste, après six décennies, comme l’excuse pour payer rançon aux sionistes, ne devrait-il pas être une obligation pour les esclavagistes ou pouvoirs coloniaux de donner réparations aux nations concernées ?

Si les dommages et pertes de la période de l’esclavage et du colonialisme étaient compensés, qu’arriverait-il aux manipulateurs et pouvoirs politiques cachés aux États-Unis et en Europe ? Resterait-il des accrocs entre le Nord et Le Sud ?

Si seulement la moitié des dépenses militaires des États-Unis et de ses alliés à l’OTAN étaient prélevés pour aider à résoudre les problèmes économiques dans leurs propres pays, seraient-ils en train d’assister au moindre symptôme de crise économique ?

Qu’arriverait-il si la même somme était offerte aux nations pauvres ?

Quelle est la justification de la présence de centaines de militaires américains et de bases de renseignement dans les différentes parties du monde, incluant 268 bases en Allemagne, 124 au Japon, 87 en Corée du Sud, 83 en Italie, 45 au Royaume-Uni, et 21 au Portugal ? Cela signifie-t-il autre chose que l’occupation militaire ?

maatala a dit…

Les bombes déployées dans les bases susdites ne mettent-elles pas en danger la sécurité de ces nations ?

Mesdames et Messieurs,

La question principale est la recherche de la cause fondamentale de telles attitudes.
La raison principale devrait être cherchée dans les croyances et les tendances de l’establishment.

Une assemblée de gens en contradiction avec les instincts humains propres et leurs dispositions, qui n’ont aussi aucune foi en Dieu et dans le chemin des divins prophètes justifient leur soif de pouvoir et leurs fins matérialistes par des valeurs divines.

Pour eux, seul le pouvoir et la richesse prévalent, et toute tentative doit amener à ces sinistres objectifs.

Les nations opprimées n’ont aucun espoir de restaurer ou protéger leurs droits légitimes contre ces pouvoirs.

Ces pouvoirs cherchent leur propre progrès, prospérité et dignité tout en imposant la pauvreté, l’humiliation et l’annihilation aux autres.

Ils se considèrent eux-mêmes supérieurs aux autres, jouissant de privilèges spéciaux et de concessions. Ils n’ont aucun respect pour les autres et violent aisément les droits des nations et des gouvernements.

Ils s’autoproclament comme les indiscutables gardiens de tous les gouvernements et nations à travers l’intimidation, recourent à la menace et la force, et abusent des mécanismes internationaux. Ils brisent simplement toutes les régulations internationales reconnues.

Ils insistent pour imposer leur style de vie et leurs croyances aux autres.
Ils appuient officiellement le racisme.

Ils affaiblissent les pays grâce à des interventions militaires, et détruisent leurs infrastructures, dans le but de piller leurs ressources, les rendant encore plus dépendants.

Ils sèment les graines de la haine et de l’hostilité parmi les nations et les peuples par différentes poursuites, afin de les empêcher de remplir leurs objectifs de développement et de progrès.
Toutes les cultures, les identités, les vies, les valeurs et la richesse des nations, femmes, jeunesse, familles, comme richesse des nations, sont sacrifiées à leurs désirs impérialistes et leur plaisir pour l’esclavagisme et la capture.

L’hypocrisie et la tromperie sont autorisées afin de sécuriser leurs intérêts and leurs buts impérialistes. Le trafic de drogues et la mort d’êtres humains innocents sont également autorisés dans la recherche de tels buts diaboliques. Malgré la présence de l’OTAN dans l’Afghanistan occupé, il y a eu une augmentation dramatique de la production de drogues illégales là-bas.

Ils ne tolèrent aucun questionnement ou critique, et au lieu de présenter des raisons pour leurs violations, ils se posent toujours dans la position d’inquisiteurs.

maatala a dit…

Au moyen de leur réseau de médias impérialiste, sous l’influence du colonialisme, ils menacent quiconque questionne l’holocauste et le 11 septembre avec des sanctions et des actions militaires.

L’année dernière, lorsqu’un besoin de créer une équipe de recherche pour mener une enquête approfondie concernant les éléments cachés du 11 septembre s’est mis en place ; une idée également soutenue par tous les gouvernements et nations indépendants, ainsi que la majorité des gens aux États-Unis, mon pays et moi-même avons subi des pressions et des menaces par le gouvernement des États-Unis.

Au lieu de mettre en place une équipe de recherche, ils ont tué le principal responsable et jeté son corps à la mer.

N’aurait-il pas été raisonnable de mener devant la justice et mettre à l’épreuve le principal responsable de l’incident dans le but de mettre au clair les éléments gardés secrets concernant l’avion détourné pour attaquer les twins towers ?

Pourquoi n’aurait-il pas dû être autorisé de l’amener devant la justice afin d’aider à trouver ceux qui lancent des groupes terroristes et mènent des combats et d’autres malheurs dans la région ?

Y a-t-il une quelconque information qui doive être gardée secrète ?

Ils voient le sionisme comme une idée sacrée et une idéologie. N’importe quelle question concernant sa véritable origine et histoire est condamnée par eux comme un pêché impardonnable. Toutefois ils approuvent et permettent des sacrilèges et des insultes contre les croyances d’autres divines religions.

Chers collègues et amis,

La liberté réelle, la justice, la dignité, le bien-être, et la sécurité durable sont les droits de toute nation.

Ces valeurs ne peuvent être achevées ni par la dépendance sur le système inefficace actuel de gouvernance, ni au travers de l’invasion du monde par des pouvoirs arrogants et les barils des forces de l’OTAN.

Ces valeurs pourront être atteintes seulement à travers l’indépendance et la reconnaissance des droits d’autrui dans l’harmonie et la coopération.

Y a-t-il une quelconque manière de résoudre les problèmes et les défis qui assaillent le monde en utilisant les mécanismes internationaux en vigueur pour aider l’humanité à réaliser ses aspirations de longue date, de sécurité et d’égalité ?

Tous ceux qui ont essayé d’introduire des réformes tout en préservant les normes et tendances en vigueur ont échoué. Les précieux efforts apportés par le mouvement des Non-Alignés et le groupe 77 et le groupe 15 tout comme quelques célèbres individus ont échoué à apporter des changements fondamentaux.

La gouvernance et la direction du monde requièrent des réformes fondamentales.
Que devrait-il être fait maintenant ?

Chers collègues et amis,

Des efforts doivent être faits avec une résolution ferme et grâce à la coopération collective pour créer un nouveau plan, sur la base des principes et la fondation même des droits universels humains comme le monothéisme, la justice, la liberté, l’amour et la recherche du bonheur.

maatala a dit…

L’idée de la création des Nations Unies reste un grand et historique succès pour l’humanité. Son importance doit être appréciée et ses capacités doivent être utilisées le plus possible pour nos nobles objectifs.

Nous ne devrions pas autoriser cette organisation, qui est le reflet de la volonté collective et l’aspiration partagée de la communauté des nations, à dévier de sa course principale et jouer dans les mains des pouvoirs mondiaux.

Un terrain favorable doit être préparé pour assurer la participation collective et l’implication des nations dans un effort pour promouvoir la paix durable et la sécurité.

La gestion partagée et collective du monde doit être réalisée dans sa vraie signification, et basée sur les principes soulignés et consacrés dans la loi internationale. La justice doit servir de critère et de base pour toutes les décisions et actions internationales.

Chacun d’entre nous devrait reconnaitre le fait qu’il n’y a pas d’autre moyen que la gestion partagée et collective du monde pour mettre fin aux désordres actuels, la tyrannie et la discrimination de par le monde

C’est en fait la seule voie vers la prospérité et le bien-être de la société humaine qui est une vérité établie et vive.

Tout en reconnaissant cette vérité, chacun devrait remarquer que la reconnaissance seule n’est pas assez. Nous devons croire en elle et redoubler d’efforts pour sa réalisation.

Chers collègues et amis,

La gestion partagée et collective du monde est le droit légitime de toutes les nations, et nous en tant que représentants, avons une obligation de défendre leurs droits. Bien que certains pouvoirs essayent en permanence de bloquer tout effort international destiné à promouvoir la coopération collective, nous devons, toutefois, renforcer notre foi dans l’accomplissement de ce but poursuivi qui est d’établir une gestion partagée et collective du monde.

Les Nations Unies ont été créées pour mettre en place une participation effective de toutes les nations dans les processus de prise de décision internationale.

Nous savons tous que cet objectif n’a pas encore été rempli à cause de l’absence de justice dans les structures de gestion actuelle et des mécanismes de l’ONU.

maatala a dit…

L’idée de la création des Nations Unies reste un grand et historique succès pour l’humanité. Son importance doit être appréciée et ses capacités doivent être utilisées le plus possible pour nos nobles objectifs.

Nous ne devrions pas autoriser cette organisation, qui est le reflet de la volonté collective et l’aspiration partagée de la communauté des nations, à dévier de sa course principale et jouer dans les mains des pouvoirs mondiaux.

Un terrain favorable doit être préparé pour assurer la participation collective et l’implication des nations dans un effort pour promouvoir la paix durable et la sécurité.

La gestion partagée et collective du monde doit être réalisée dans sa vraie signification, et basée sur les principes soulignés et consacrés dans la loi internationale. La justice doit servir de critère et de base pour toutes les décisions et actions internationales.

Chacun d’entre nous devrait reconnaitre le fait qu’il n’y a pas d’autre moyen que la gestion partagée et collective du monde pour mettre fin aux désordres actuels, la tyrannie et la discrimination de par le monde

C’est en fait la seule voie vers la prospérité et le bien-être de la société humaine qui est une vérité établie et vive.

Tout en reconnaissant cette vérité, chacun devrait remarquer que la reconnaissance seule n’est pas assez. Nous devons croire en elle et redoubler d’efforts pour sa réalisation.

Chers collègues et amis,

La gestion partagée et collective du monde est le droit légitime de toutes les nations, et nous en tant que représentants, avons une obligation de défendre leurs droits. Bien que certains pouvoirs essayent en permanence de bloquer tout effort international destiné à promouvoir la coopération collective, nous devons, toutefois, renforcer notre foi dans l’accomplissement de ce but poursuivi qui est d’établir une gestion partagée et collective du monde.

Les Nations Unies ont été créées pour mettre en place une participation effective de toutes les nations dans les processus de prise de décision internationale.

Nous savons tous que cet objectif n’a pas encore été rempli à cause de l’absence de justice dans les structures de gestion actuelle et des mécanismes de l’ONU.

maatala a dit…

La composition du conseil de sécurité est injuste et inéquitable. Par conséquent, des changements incluant la restructuration des Nations Unies sont considérés comme les demandes basiques des nations auxquelles doit s’adresser l’assemblée générale.
Durant la session de l’année dernière, j’ai insisté sur l’importance de cet objectif et appelé pour la désignation de la décennie actuelle comme la décennie de la gestion globale partagée et collective.

J’aimerais réitérer encore ma proposition. Je suis convaincu qu’à travers la coopération internationale, la vigilance, et les efforts des leaders mondiaux et des gouvernements, et en insistant sur la nécessité de la justice et l’appui des autres nations, nous puissions jeter les bases d’un brillant futur commun.

Ce mouvement est certainement sur son droit chemin de création, assurant un futur prometteur pour l’humanité.

Un futur qui sera construit lorsque l’humanité commencera à emprunter le chemin des divins prophètes et des justes sous le commandement de l’Imam Al-Mahdi, le sauveur ultime de l’humanité et l’héritier de tous les messagers divins et des meneurs et la génération pure de notre grand prophète.

La création d’une suprême et idéale société avec l’arrivée d’un être humain parfait qui est un vrai et sincère amoureux de tous les droits de l’homme, est la promesse garantie d’Allah.

Il viendra accompagné de Jésus Christ afin de mener les amoureux de la liberté et de la justice pour détruire la tyrannie et la discrimination, et promouvoir le savoir, la paix, la justice, la paix au travers du monde. Il présentera à chaque individu toutes les merveilles du monde et toutes les bonnes choses qui amèneront le bonheur à l’humanité.

Aujourd’hui les nations se sont réveillées. Avec l’augmentation de la prise de conscience publique, elles ne subiront plus très longtemps les oppressions et les discriminations.

Le monde est désormais en train d’assister plus que jamais, au réveil étendu dans les terres Islamiques, en Asie, en Europe, en Amérique. Ces mouvements leur ouvrent l’esprit un peu plus chaque jour et influencent la poursuite de la réalisation de la justice, de la liberté et la création d’un meilleur futur.

Notre grande nation se tient prête à joindre les mains à celles des autres nations pour emprunter ce magnifique chemin dans l’harmonie et en symbiose avec les aspirations partagées de l’humanité.

Laissez-nous saluer l’amour, la liberté, la justice, la sagesse et le futur merveilleux qui attend l’humanité.

Merci.

maatala a dit…

salam

Le lit du terrorisme : Injustice et néolibéralisme prédateur

Chems Eddine CHITOUR


« On a tort de penser que le terrorisme serait l’instrument des faibles. Comme la plupart des armes meurtrières, le terrorisme est surtout l’arme des puissants. Quand on prétend le contraire, c’est uniquement parce que les puissants contrôlent également les appareils idéologiques et culturels qui permettent que leur terreur passe pour autre chose que de la terreur. » -Noam Chomsky, (Terrorisme, l’arme des puissants dans le Monde Diplomatique, décembre 2001)

Mercredi 7 et jeudi 8 septembre Alger abritait une conférence sur le terrorisme. Les participants à la conférence d’Alger sur le Sahel se sont dits, déterminés à lutter contre le terrorisme et la criminalité démultipliés par la crise libyenne, mais en réclamant un soutien accru de la communauté internationale. Le ministre algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines a évoqué, pour sa part, la nécessaire collaboration à venir avec les autorités de la « Nouvelle Libye ». « La Libye est un pays voisin. Nous n’allons quand même pas déménager. Il faut composer avec », « Nous partageons beaucoup avec la Libye et nous jouerons notre rôle de pays frère », souligne-t-il.

Pour l’Algérie et pour les autres pays présents lors de cette conférence sur le Sahel, il importe que la Libye se normalise, qu’elle se mette aux standards internationaux de gouvernance et qu’elle prenne à bras-le-corps les problèmes sécuritaires. Beaucoup d’armes circulent depuis l’éclatement du conflit. Cela a été dit et répété en séance plénière et le danger est pris très au sérieux. La sécurité régionale est en effet l’affaire de tous dans la mesure où il s’agit d’un même territoire : le Sahara. Les quatre pays au coeur de la lutte contre le terrorisme au Sahel observent donc attentivement leur voisin libyen tout comme la Tunisie en pleine transition politique.

Le général Carter Ham, Haut commandant des forces américaines pour l’Afrique (Africom), et Shari Villarosa, membre du bureau de coordination antiterroriste du département d’Etat américain, ont souligné que le terrorisme et ses connexions demeurent une « inquiétude partagée », appelant à la conjugaison des efforts de tous les pays pour y faire face. Considérant que l’approche militaire ne saurait à elle seule éliminer la menace terroriste, Ham et Villarosa ont plaidé pour une « stratégie plus développée » basée sur la « diplomatie, défense et développement ».

maatala a dit…

Qu’est-ce que le terrorisme ?

Avant de traiter des causes du terrorisme nous allons d’abord donner quelques définitions du terrorisme. Ce terme désigne la violence politique (attentats, conflits asymétriques, assassinats politiques, etc. ). Son concept est critiqué par des chercheurs, en général ou dans des cas spécifiques, le terme étant jugé subjectif et comme servant à retirer toute légitimité et tout aspect politique aux groupes ou aux actes auxquels il est appliqué. Les techniques utilisées, la nature du sujet (mettant à part le terrorisme d’État), l’usage de la peur, le niveau d’organisation, l’idéologie. Pour éviter le « piège » sous-jacent à ne pas faire abstraction de la légitimité ou non de l’acte et qui est rappelé par le cliché qu’« un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre », une approche est de se focaliser sur les « objectifs opérationnels » et non pas sur les « objectifs politiques ». Depuis les années 1990, le terrorisme qualifié d’islamiste a pris une place croissante sur la scène internationale. Ses auteurs le justifient notamment comme une réponse apportée à la situation politique en Palestine, en Irak, en Afghanistan suite à l’intervention américaine. (1)

Une autre cause de révolte réside dans l’agression étrangère permanent à laquelle sont soumis certains peuples (occupation des territoires palestiniens, guerre contre l’Irak, interventions militaires multiples un peu partout dans le monde, notamment dans le Monde arabe). L’impuissance face à la brutalité et à l’arrogance de l’agresseur conduit infailliblement à des actes de désespoir. Le terrorisme est donc souvent - mais pas toujours - un signe de faiblesse qui se manifeste lorsque tous les autres moyens de lutte collective sont inexistants ou inefficaces. Il émane en général d’une organisation, aussi rudimentaire soit-elle, et n’est que rarement l’acte d’un individu isolé. Dans son préambule, la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU reconnaît implicitement le droit « à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».

Dans un monde orwellien où les puissants prétendent agir au nom de la « démocratie » et des « droits de l’homme », où la mise en condition de la population est permanente, et où l’on peut faire croire n’importe quoi à n’importe qui, dès lors qu’on dispose des médias, l’histoire remet rarement les choses en place. Pour un Nelson Mandela -ancien « terroriste » - réhabilité en 2008 de toute accusation de terrorisme, combien d’autres conservent cette estampille infamante, à commencer par Yasser Arafat. Les actes terroristes sont habituellement le fruit de groupes restreints, secrets, organisés selon des principes militaires ou quasi militaires. Ici, terrorisme s’oppose à révolution, qui suppose des mouvements de masse (exemple : les Brigades rouges en Italie). Dans certains cas, les mouvements peuvent combiner le terrorisme à d’autres formes d’actions politiques comme c’est le cas des mouvements palestiniens qui se battent pour leur terre en face d’un terrorisme d’Etat

maatala a dit…

Qu’est-ce que le terrorisme ?

Avant de traiter des causes du terrorisme nous allons d’abord donner quelques définitions du terrorisme. Ce terme désigne la violence politique (attentats, conflits asymétriques, assassinats politiques, etc. ). Son concept est critiqué par des chercheurs, en général ou dans des cas spécifiques, le terme étant jugé subjectif et comme servant à retirer toute légitimité et tout aspect politique aux groupes ou aux actes auxquels il est appliqué. Les techniques utilisées, la nature du sujet (mettant à part le terrorisme d’État), l’usage de la peur, le niveau d’organisation, l’idéologie. Pour éviter le « piège » sous-jacent à ne pas faire abstraction de la légitimité ou non de l’acte et qui est rappelé par le cliché qu’« un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre », une approche est de se focaliser sur les « objectifs opérationnels » et non pas sur les « objectifs politiques ». Depuis les années 1990, le terrorisme qualifié d’islamiste a pris une place croissante sur la scène internationale. Ses auteurs le justifient notamment comme une réponse apportée à la situation politique en Palestine, en Irak, en Afghanistan suite à l’intervention américaine. (1)

Une autre cause de révolte réside dans l’agression étrangère permanent à laquelle sont soumis certains peuples (occupation des territoires palestiniens, guerre contre l’Irak, interventions militaires multiples un peu partout dans le monde, notamment dans le Monde arabe). L’impuissance face à la brutalité et à l’arrogance de l’agresseur conduit infailliblement à des actes de désespoir. Le terrorisme est donc souvent - mais pas toujours - un signe de faiblesse qui se manifeste lorsque tous les autres moyens de lutte collective sont inexistants ou inefficaces. Il émane en général d’une organisation, aussi rudimentaire soit-elle, et n’est que rarement l’acte d’un individu isolé. Dans son préambule, la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU reconnaît implicitement le droit « à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».

Dans un monde orwellien où les puissants prétendent agir au nom de la « démocratie » et des « droits de l’homme », où la mise en condition de la population est permanente, et où l’on peut faire croire n’importe quoi à n’importe qui, dès lors qu’on dispose des médias, l’histoire remet rarement les choses en place. Pour un Nelson Mandela -ancien « terroriste » - réhabilité en 2008 de toute accusation de terrorisme, combien d’autres conservent cette estampille infamante, à commencer par Yasser Arafat. Les actes terroristes sont habituellement le fruit de groupes restreints, secrets, organisés selon des principes militaires ou quasi militaires. Ici, terrorisme s’oppose à révolution, qui suppose des mouvements de masse (exemple : les Brigades rouges en Italie). Dans certains cas, les mouvements peuvent combiner le terrorisme à d’autres formes d’actions politiques comme c’est le cas des mouvements palestiniens qui se battent pour leur terre en face d’un terrorisme d’Etat

maatala a dit…

Le terrorisme, un fonds de commerce qui permet toutes les dérives des Etats

On se souvient que dans le sillage de la destruction des tours jumelles du WTC, les Etats-Unis ont mis en place le Patriotic Act qui restreint les libertés. Il sera suivi en Europe de législations toutes plus liberticides les unes que les autres. George W. Bush a parlé à plusieurs reprises de « guerre contre le terrorisme ». « En Irak, il a affirmé avoir aussi envoyé ses troupes pour éradiquer cette menace. On a vu le résultat : il y a plus de terrorisme sur les bords du Tigre et de l’Euphrate, et même dans le reste du monde, qu’il n’y en eût jamais quand Saddam Hussein exerçait le pouvoir.

On présente l’Islam comme responsable du terrorisme. Ceux qui croient l’Islam cause quasi exclusive du terrorisme, perçoivent plus ou moins consciemment tous les musulmans comme un danger global. Ils parlent de « guerre de civilisations », à la manière de Samuel Huntington. Cette façon d’interpréter la réalité conduit à ranger les individus dans deux camps : d’une part, l’Occident, « civilisé » et déclaré chrétien. D’autre part, l’ensemble musulman, barbare et mauvais. Les guerres se préparent toujours de cette manière, les idéologues suscitant une vision manichéenne du monde et diabolisant celui dont on a décidé de faire l’ennemi. En fait, il n’en est rien, l’ennemi de la civilisation est le néolibéralisme sans visage qui lamine les faibles quelles que soient leurs latitudes.

Dès l’origine, il y a bien deux poids et deux mesures dans la manière d’appréhender cette question, tant pour ce qui est de la « couleur » du terrorisme que pour l’échelle à laquelle il se pratique (ce que le politologue américain Michael Parenti appelle « wholesale terrorism » et « retail terrorism » = terrorisme en gros ou au détail - ou comme on dit : ´´le terrorisme d’Etat est au terrorisme groupusculaire ce que la grande distribution est au petit commerce´´). (2)

On peut penser que le terrorisme a été boosté après le discours de Bush en septembre 2002. George W. Bush dévoile dans un document officiel le programme de stratégie de sécurité nationale que son administration compte défendre. Il y réaffirme la volonté de son pays à gagner la guerre contre le terrorisme. Le président Bush affirme que la guerre au terrorisme ne fait que commencer. Il exprime son intention de privilégier l’action militaire, incluant les frappes préventives, pour gagner cette guerre. La doctrine Bush marque un virage important dans la politique étrangère américaine. Pour la première fois, les États-Unis annoncent qu’ils ne permettront pas que leur suprématie militaire soit défiée comme elle le fut pendant la Guerre froide. Cette doctrine redéfinit en profondeur la stratégie de défense américaine afin d’assurer qu’aucune attaque-nucléaire, chimique, biologique, etc. - ne puisse être lancée contre les États-Unis. Dans cette optique, tout pays qui n’agit pas contre des groupes de terreur à l’intérieur de ses frontières sera dans un état de guerre virtuel avec Washington. Se basant sur le principe du droit à l’autodéfense, Bush fait de ces frappes un élément central de sa doctrine. L’intervention en Irak y trouve sa justification. Derrière cette vision, se dessinent aussi les visées des néo-conservateurs qui souhaitent remodeler le Moyen-Orient. (3)

maatala a dit…

Un nouveau gouvernement du monde qui a besoin du terrorisme pour s’installer

Inexorablement, une nouvelle architecture mondiale se met en place. Elle fait fi de la dignité humaine. Dans une première étape, ce sont les pays arabes qui vont être laminées car ils détiennent cet excrément du diable, selon le mot du président Chavez qu’est le pétrole. Parallèlement en Occident, on lamine l’Etat nation qui devient de plus en plus évanescent au profit d’une privatisation sauvage. Le nouveau gouvernement mondial c’est d’abord les finances avec le FMI, la Banque mondiale, c’est ensuite le commerce avec l’OMC, c’est aussi la Cour pénale internationale pour les « Etats voyous ». C’est aussi le super-ministère de la propagande à travers des médias « aux ordres du Nouvel Ordre » (Fox News, CNN, et les valets européens ((France 24) et arabes Al Jazeera). Pire, des journaux catalogués à gauche en rajoutent, c’est le cas du journal Le Monde et du Nouvel Observateur. . .

Justement et comme l’écrit à juste titre le journaliste allemand Jürgen Elsässer (dans le quotidien Junge Welt) : « La presse a atteint un tel niveau de schizophrénie que le public est depuis longtemps incapable d’y voir clair. D’un côté (Srebrenica), on présente les musulmans comme des victimes par excellence ; de l’autre (attentats de Londres), ils sont tous classés dans la catégorie des « natural born killers ». On offre simultanément au lecteur deux images totalement contradictoires de l’Islam : ici, cible innocente d’un « fascisme » serbe particulièrement brutal ; là, source monstrueuse d’un « fascisme » aussi brutal, voire plus brutal encore : « l’islamo-fascisme ».

C’est enfin le bras armé : l’Otan. Dans ce cadre, le Sommet de l’Alliance atlantique, qui s’est tenu à Lisbonne les 19 et 20 novembre 2010, a adopté le nouveau Concept de l’Otan. La nouvelle doctrine concrétise rien moins qu’un nouveau gouvernement planétaire, sorte d’Arche de Noé pour 47 Etats qui seront « sauvés ». Des milliards de dollars vont être dépensés en pure perte alors que la famine menace 1 milliard de personnes. Le budget de l’Otan est de près de 250 milliards de dollars. L’ONU demande un don de 100 millions de dollars pour lutter contre le choléra qui fait des ravages en Haïti. Quelles sont les menaces considérées comme prioritaires ? Toujours la menace terroriste, la piraterie et la prolifération nucléaire, mais d’autres priorités sont fixées : se défendre contre les risques de cyberattaques qui peuvent provoquer la paralysie d’un pays (et la sécurité des voies d’approvisionnement par pipelines ou maritimes). (4)

maatala a dit…

Dans le même ordre des guerres du futur, Jacques Derrida pense que la frontière entre guerre et terrorisme devient de moins en moins pertinente. Il écrit : « Il faut savoir que cela tient au savoir, c’est-à-dire à la techno-science. C’est la techno-science qui brouille la distinction entre guerre et terrorisme. A cet égard, comparé aux possibilités de destruction et de désordre chaotique qui sont en réserve, pour l’avenir, dans les réseaux informatisés du monde, le « 11 septembre » relève encore du théâtre archaïque de la violence destinée à frapper l’imagination. On pourra faire bien pire demain, invisiblement, en silence, beaucoup plus vite, de façon non sanglante, en attaquant les networks informatiques dont dépend toute la vie (sociale, économique, militaire, etc. ) d’un « grand pays », de la plus grande puissance du monde. Un jour, on dira : le « 11 septembre », c’était le (« bon ») vieux temps de la dernière guerre. C’était encore de l’ordre du gigantesque : visible et énorme ! Quelle taille, quelle hauteur ! Il y a eu pire depuis, les nanotechnologies en tous genres sont tellement plus puissantes et invisibles, imprenables, elles s’insinuent partout. Elles rivalisent dans le micrologique avec les microbes et les bactéries. Mais notre inconscient y est déjà sensible, il le sait déjà et c’est ce qui fait peur ». (5)

« Le Rapport de novembre 2010 de Lisbonne précise que « l’Otan a tout intérêt à protéger les axes vitaux qui alimentent les sociétés modernes ». On ne peut être plus clair, le rôle du Traité de l’Atlantique Nord est d’assurer la sécurité énergétique et l’approvisionnement de moins de 15% de la population mondiale. Il est aussi demandé de prendre en compte la pauvreté, la faim, l’eau, les mouvements migratoires, le changement climatique, non pas pour résoudre ces fléaux et menaces mais pour les sources de crises et de troubles qu’ils représentent. Bras armé du néolibéralisme, l’Otan doit aussi servir à réprimer les peuples qui luttent pour leur survie ». Il est hors de doute que la nouvelle doctrine fera qu’il y aura plus que jamais un seul gendarme planétaire qui doit s’assurer des sources d’approvisionnement pérennes, notamment en énergie. Comme en Irak, l’armée de pacification américaine surveille les puits, elle le fera ensuite en Afghanistan à partir de 2014. On l’aura compris, les « élus » monteront dans l’arche protégé par un bouclier. Les damnés seront confrontés à des déluges au quotidien. A l’insécurité, à la famine, s’ajoutent les colères de la Terre sous forme de déluges provoqués par un Occident drogué aux énergies fossiles. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (4)

maatala a dit…

Conclusion : que faire pour éradiquer les racines du terrorisme ?

Le vrai terrorisme c’est la faim dans le monde qui devait être éradiquée selon le sommet du Millénaire. On s’occupe de la Libye des millions de dollars. On ne veut pas d’un plan pour sauver l’Afrique du désespoir des migrants qui meurent par milliers. Ce qu’on veut protéger c’est l’uranium, c’est le pétrole, ce sont les matières premières, peu importe si les Africains s’étripent. Quand on accepte de dépenser des centaines de milliards de dollars pour sauver des banques qui ensuite distribuent les dividendes à une poignée d’élus.

Quand les Somaliens meurent par milliers alors qu’une fraction infime du gaspillage de l’Occident permettrait de faire revenir le sourire aux enfants ; Jean Ziegler parle à juste titre de meurtre quand un enfant meurt de faim. Ajoutons qu’un plein de voiture provenant du biocarburant à base de maïs détourné peut nourrir un Africain pendant un an et que les Etats-Unis dépensent en publicité 300 milliards de dollars et celles du monde à 1000 milliards de dollars. C’est cela le vrai terrorisme qui continuera à prospérer, les Occidentaux ne sont pas concernés par les attentats qui font des dégâts principalement dans les pays du Sud.

La croisade déclarée contre l’Islam entretient cette fiction. Pendant ce temps, main basse est faite sur les ressources du Sud, notamment énergétiques. Pour éradiquer le terrorisme, il faut tarir les sources d’approvisionnement des armes, et faire reverdir le Sahara en aidant les populations harassées à se prendre en charge, notamment par la mise en place d’un plan de lutte contre la sécheresse et aussi en promouvant graduellement l’éducation dans ces pays menacés par la menace d’un terrorisme réel : la faim au quotidien.

Professeur Chems eddine Chitour

maatala a dit…

salam

Appel à l’humanité

Badi BALTAZAR
"Diverse Humanity", Alexandra Lane
Ceci est un appel à l’humanité des femmes et des hommes du 21ème siècle. Un appel qui sonne comme l’imminence d’un changement, au croisement toujours plus proche des ténèbres de la fin d’un cycle et des lumières du début d’un autre. Un appel à celles et ceux qui comme moi transpirent cette même impression désagréable que tout se meurt, que l’état de droit n’est pas, que l’Humanité fonce tête baissée sur une autoroute sans sortie, que notre mauvaise foi et nos mensonges sont infinis et que s’installe cette insidieuse résignation à consommer du monde qui va mal.



Les mots qui vont défiler sous vos yeux ont pour cible votre conscience, que vous soyez proie ou prédateur, indigné ou dignitaire. Car comme vous je fais partie de cette génération sacrifiée qui veut, qui peut et qui va tout remettre en question. Tout. Telle est sa raison d’être. Prise en étau entre les murs que sont les frontières et l’argent, elle s’est formée en souterrain, comme une lame de fond, sous toutes les crises que nous traversons, c’est une véritable crise humaine que nous vivons. Que nous soyons Européens, Africains, Asiatiques ou Américains. N’en déplaise aux fatalistes, les récentes et multiples naissances de mouvements citoyens à travers le monde sont en cela des initiateurs de formes de pensées politiques nouvelles. A la lumière de leurs étincelles, nous goûtons à l’odeur des mèches qu’ils rallument pour nous éclairer. Car il est grand temps de réunir nos forces, de puiser en nous le courage d’exorciser nos peurs, de se sentir humain parmi les humains et de se projeter dans un avenir commun. Un monde dans lequel les dictatures financières, politiques et militaires des oligarchies seraient reléguées aux oubliettes de l’Histoire. Un monde dans lequel les citoyens pourraient réellement prendre part aux décisions politiques, libres de s’exprimer, libres d’aller et venir où bon leur semble. Un monde dans lequel l’homme et la nature seraient enfin au cœur des préoccupations, où les désirs seraient subordonnés aux besoins. L’espoir, aujourd’hui, relève du bon sens, participe du beau et surtout, il est plus que jamais vital.

Comment changer le monde ? Voilà la vraie question. Imaginer qu’un paradigme miracle pourrait nous propulser du jour au lendemain dans une ère de paix et de sérénité serait naïf, n’est-ce-pas ? Voilà pourquoi nous feignons ne pas pouvoir répondre à cette question fondamentale, nous réfugiant derrière son apparente inaccessibilité et nous moquant de la première âme venue qui se risquerait à une réponse ou en nous disant comme pour nous rassurer que l’important n’est pas la chute, c’est.... Ces comportements que nous adoptons face à nos responsabilités sont en fait les révélateurs d’un profond sentiment d’impuissance.

Si nous aspirons à la dignité, à l’autogestion et à ce que les peuples du monde décident de ce que le monde doit être, alors ce n’est qu’à travers notre réalisation personnelle qu’une réalisation collective sera possible. Nous ne pourrons changer le monde extérieur que si nous changeons notre monde intérieur. En un mot, se réaliser pour réaliser.

Si cette proposition est bel et bien une alternative aux postures réformistes (améliorer le système en place) ou révolutionnaires (changer radicalement le système), c’est parce qu’elle suggère une approche d’une toute autre dimension : construire un monde nouveau à l’intérieur même de l’ancien monde, sans chercher ni à le compléter ni à le détruire. Il s’agit donc d’innover, d’être créatif, de consacrer notre énergie à la réalisation et au développement d’un véritable espace public, par les citoyens et pour les citoyens.

maatala a dit…

de cet espace public se trouvent en nous, niLes barrières chées au plus profond de notre conscience. Sur le chemin vers notre humanité, nos doutes et nos peurs sont les obstacles qui nous enjoignent à faire demi-tour. Le long processus de reconquête que requiert la création d’un espace public réel ne peut donc s’enclencher que par la prise de cette conscience. C’est de là que jaillit la lumière, que l’on se rend compte d’une réalité, que l’on se réalise en acquérant de nouvelles connaissances qui nous permettent de mieux prendre la mesure du monde qui nous entoure et de découvrir des vérités jusqu’alors inconnues ou hors de portées. Cette évidence parait somme toute très simple, mais le fait est qu’elle semble encore inaccessible pour le plus grand nombre. Nous voyons tant de nos semblables hésiter, danser d’un pied puis l’autre en espérant qu’il ne s’agisse que d’un mauvais rêve. Pourtant, c’est notre éclatante réalité. Il est donc plus que temps d’en prendre conscience, chacun à notre niveau.

Naturellement, cette prise de conscience individuelle induit une responsabilité morale. En effet, comment ne pas réagir lorsque l’on a enfin réalisé ? Il devient alors inévitable de se repositionner. C’est un grand moment de vérité car il va falloir se redéfinir, implicitement ou explicitement, que cela débouche sur de l’indifférence ou de l’empathie. Mais il y a dès lors de grandes chances que, de cette petite graine de conscience en nous, une volonté puisse germer. Une volonté qui se marierait avec le besoin de revoir nos schémas de pensées et de se faire les avocats du diable de nos sociétés afin de libérer nos esprits de leur cellule de certitudes et enfin pouvoir atteindre l’étape ultime : mettre en place des actions nouvelles, constructrices et libératrices. Or le déclencheur de ces actions réside dans notre capacité technique. Les outils, réels ou virtuels, sont à notre portée, nous savons comment les utiliser. Ils sont notre pouvoir d’action, celui d’agir sur nos vies.

Rappelons brièvement le contexte à travers lequel la réalisation de cet espace public se dessine, car un des aspects paradoxaux de ce début de siècle transparait dans son individualisme mondialisé qui par la relativité des phénomènes, se révèle être également une opportunité inédite. En effet, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des êtres humains des quatre coins de la planète ont la possibilité de communiquer, d’échanger leurs compétences, de s’organiser et d’additionner leurs énergies. Les moyens techniques et matériels existent donc bel et bien. C’est un fait. Notre génération - tous les êtres humains vivants actuellement - a les outils nécessaires pour se réapproprier sa dignité.

Dès lors, face aux innombrables constats d’échec de nos politiques, si nous comprenons que les principes et les dogmes dont nous avons hérités sont le produit de la société telle que l’homme l’a construite, il devient évident que ceux-ci peuvent et doivent impérativement passer sous nos microscopes. Un gouvernement qui n’a plus que la peur, la manipulation et la violence à opposer à un mouvement profond d’expression populaire est en fait déjà mort.

Disons-le autrement : le savoir est sur le pas de la porte, le vouloir est tapi juste derrière. Et, le pouvoir populaire, lui, n’est plus un mythe. Sortons dans les rues, reparlons-nous, réunissons-nous en assemblées populaires, réapprenons le langage, l’écoute et le partage et réinventons. Reconnaissons que nous n’avons plus aucune excuse, aucun prétexte valable pour justifier notre inaction et notre silence.

Littéralement,

Badi Baltazar

www.lebuvardbavard

maatala a dit…

de cet espace public se trouvent en nous, niLes barrières chées au plus profond de notre conscience. Sur le chemin vers notre humanité, nos doutes et nos peurs sont les obstacles qui nous enjoignent à faire demi-tour. Le long processus de reconquête que requiert la création d’un espace public réel ne peut donc s’enclencher que par la prise de cette conscience. C’est de là que jaillit la lumière, que l’on se rend compte d’une réalité, que l’on se réalise en acquérant de nouvelles connaissances qui nous permettent de mieux prendre la mesure du monde qui nous entoure et de découvrir des vérités jusqu’alors inconnues ou hors de portées. Cette évidence parait somme toute très simple, mais le fait est qu’elle semble encore inaccessible pour le plus grand nombre. Nous voyons tant de nos semblables hésiter, danser d’un pied puis l’autre en espérant qu’il ne s’agisse que d’un mauvais rêve. Pourtant, c’est notre éclatante réalité. Il est donc plus que temps d’en prendre conscience, chacun à notre niveau.

Naturellement, cette prise de conscience individuelle induit une responsabilité morale. En effet, comment ne pas réagir lorsque l’on a enfin réalisé ? Il devient alors inévitable de se repositionner. C’est un grand moment de vérité car il va falloir se redéfinir, implicitement ou explicitement, que cela débouche sur de l’indifférence ou de l’empathie. Mais il y a dès lors de grandes chances que, de cette petite graine de conscience en nous, une volonté puisse germer. Une volonté qui se marierait avec le besoin de revoir nos schémas de pensées et de se faire les avocats du diable de nos sociétés afin de libérer nos esprits de leur cellule de certitudes et enfin pouvoir atteindre l’étape ultime : mettre en place des actions nouvelles, constructrices et libératrices. Or le déclencheur de ces actions réside dans notre capacité technique. Les outils, réels ou virtuels, sont à notre portée, nous savons comment les utiliser. Ils sont notre pouvoir d’action, celui d’agir sur nos vies.

Rappelons brièvement le contexte à travers lequel la réalisation de cet espace public se dessine, car un des aspects paradoxaux de ce début de siècle transparait dans son individualisme mondialisé qui par la relativité des phénomènes, se révèle être également une opportunité inédite. En effet, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des êtres humains des quatre coins de la planète ont la possibilité de communiquer, d’échanger leurs compétences, de s’organiser et d’additionner leurs énergies. Les moyens techniques et matériels existent donc bel et bien. C’est un fait. Notre génération - tous les êtres humains vivants actuellement - a les outils nécessaires pour se réapproprier sa dignité.

Dès lors, face aux innombrables constats d’échec de nos politiques, si nous comprenons que les principes et les dogmes dont nous avons hérités sont le produit de la société telle que l’homme l’a construite, il devient évident que ceux-ci peuvent et doivent impérativement passer sous nos microscopes. Un gouvernement qui n’a plus que la peur, la manipulation et la violence à opposer à un mouvement profond d’expression populaire est en fait déjà mort.

Disons-le autrement : le savoir est sur le pas de la porte, le vouloir est tapi juste derrière. Et, le pouvoir populaire, lui, n’est plus un mythe. Sortons dans les rues, reparlons-nous, réunissons-nous en assemblées populaires, réapprenons le langage, l’écoute et le partage et réinventons. Reconnaissons que nous n’avons plus aucune excuse, aucun prétexte valable pour justifier notre inaction et notre silence.

Littéralement,

Badi Baltazar

www.lebuvardbavard

maatala a dit…

Salam

salam

il a dit:

Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Jean JAURES.

maatala a dit…

salam

Jésus aurait prédit la venue du Prophète Mohammad dans une Bible découverte en Turquie [Video]

La Turquie recelait depuis plus de douze ans un trésor livresque précieux, mais aussi brûlant par la prophétie qui y est gravée en lettres d’or : datant de 1 500 ans, une Bible rare a traversé les siècles, et avec elle, la prédiction de l’arrivée du prophète Mohammad (SAWS) sur Terre, émise par Jésus, a résisté à l’épreuve du temps.

Fait marquant, le Pape Benoît XVI a fait part de son souhait, cette semaine, de voir l’ouvrage, comme le relate le Daily Mail. Une prédiction qui vaut aujourd’hui de l’or, après que sa nature hérétique aux yeux de l’Eglise Chrétienne, qui l’a soigneusement censurée pendant des années pour la vision islamique de Jésus qu’elle prêchait, l’ait confinée au secret.

Le texte a pris de la valeur au fil des âges, au point de devenir inestimable : il serait estimé à 22 millions de dollars.

Le ministre turc de la Culture et du Tourisme Ertugrul Gunay a confié au journal britannique : "Conformément à la croyance Islamique, l'Évangile présente Jésus comme un être humain, et non comme Dieu. Il rejette les idées de la Sainte Trinité et le Crucifiement et révèle que Jésus a prévu l'arrivée du Prophète Mohammed."

Le journal britannique poursuit : "Dans une version de l'Evangile, on rapporte qu'il a dit à un prêtre : comment le Messie sera-t-il appelé ? Mohammed est son nom béni. Et dans un autre, Jésus a nié être le Messie, prétendant qu'il ou elle serait Ishmaelite, le terme utilisé pour un Arabe". Les Musulmans revendiquent le texte, alors que d’autres assurent qu’il correspond à l'Évangile de Barnabé, un complément des évangiles originaux de Mark, Matthew, Luke et John", explique le Daily Mail.

Le ministre turc a confirmé le grand intérêt du Vatican pour ce livre découvert par son pays en 2000, lors d’une opération de démantèlement d’un réseau de contrebande. Conservée dans un coffre-fort du tribunal d’Ankara, la Bible a été par la suite remise aux bons soins du Musée d'Ethnographie d'Ankara, où elle sera bientôt exposée au grand jour.

Une seule photocopie d'une simple page du manuscrit relié en cuir et gravé d’or, dans la langue natale de Jésus, l’Araméen, vaut environ 2.4 millions de dollars. Sa datation fait actuellement débat, le pasteur protestant Ihsan Ö Zbek la faisant remonter au cinquième ou sixième siècle, alors que St Barnabé, apôtre de Jésus, a vécu au premier siècle.

Le professeur de théologie, Ö Mer Faruk Harman, a indiqué au Daily Mail que le procédé du feuilletage scientifique serait certainement le meilleur moyen pour déterminer avec précision, et de manière irréfutable, l’époque de sa rédaction.

Anonyme a dit…

Cette affaire de tentative de gré-à-gré de Swahifiri Consulting noyée comme un poisson dans l'eau. Le gré-gré n'est pas légal. C'est pire que l'affaire des sociétés de gardiennage.

maatala a dit…

salam

Mon ami

Ce pays est illégal, c'est une farce et une vaste escroquerie non virtuelle ( Vlane ente vem).

Aissata Kane doit porter plainte et on verra au grand jour les dessous de cette affaire.......

Dans ce putain de pays les victimes par leur attitude passive et le culte du Maslaha sont aussi condamnables que leurs bourreaux.

L'idée de justice effraie est une hérésie dans ce pays dit le fou

maatala

Anonyme a dit…

salam

Mauritanie: l’Etat réclame 29 millions UM à 13 parlementaires


ALAKHBAR (Nouakchott)- 29 millions d’Ouguiyas est le montant que réclame l’Etat à 13 députés de la majorité et de l’opposition mauritaniennes, pour avoir perçu, pendant 5 ans, deux salaires de parlementaires et celui de fonctionnaire, a appris Alakhbar de source sûre.

L’affaire, révélée dans une correspondance du ministère des finances adressée au président de l’Assemblée nationale, implique, du côté de la majorité sept députés de l’UPR, et du côté de l’opposition quatre députés de l’UFP et deux autres du Tawassoul et du PRDR.

Anonyme a dit…

Salam

Lu sur Kassataya

Kiffa: Le retour en force de la tribu

Depuis quelque semaines, la ville de Kiffa abrite rencontres sur rencontres tribales, quasiment en continu. Cérémonies grandioses, tam-tams résonnant, youyous de femmes, applaudissements à tout rompre.Toute la panoplie des rites destinés à ancrer, dans l’esprit des citoyens paisibles, le discours tribal, centré sur l'éloge de l'entité, sa glorieuse histoire, son hégémonie, notamment dans l'appropriation des terres et l’influence sur l’échiquier politique, le poids démographique et les alliances…



Manière, surtout, d’anticiper les échéances électorales à venir, mobiliser les partisans, les cadres natifs de la wilaya – avocats, professeurs, étudiants, académiciens, etc. Le vent ne faiblit pas et chacun veut se tailler son étiquette de dignitaire tribal…

Mais que font les autorités administratives et sécuritaires, face à ces débordements indésirables ? Inertie ou laxisme, c’est, en tout cas, favoriser le développement de structures susceptibles de se substituer à l'Etat, d’autant plus que celui-ci se désengage de ses responsabilités et obligations envers les citoyens. Par contre, ces mêmes autorités redoublent de vigilance et d’intransigeance, lorsqu’un parti politique de l’opposition ou, même, une association de la société civile décide d'organiser une activité légale. Entraves et harcèlements ne manquent, alors, jamais et les contraintes pullulent. Mais la sagesse ne devrait-elle pas l’emporter, en un pays officiellement promoteur de la démocratie et de la légalité du Droit ? Ne serait-ce plus au gouvernement que les populations devraient s'adresser, pour la construction ou la réhabilitation d’une digue, d’une école, d’un hôpital ? Et les seules prestations que l’Etat pourrait garantir à leurs administrés ne seraient plus que le maintien de « son » ordre ? Et pendant ce temps-là, le peuple souffre...

Vous avez dit aide sociale ?
Les hakems des différentes moughataas de la wilaya reçoivent des milliers de demandes des citoyens, en quête d’aide sociale et humanitaire. Elles sont transmises aux services régionaux concernés. Après études et tri, quelques dossiers sont retenus. On en convoque les bénéficiaires. Et voilà que débute un vrai parcours du combattant ! Ces pauvres citoyens louent des véhicules, payent des consultants, errent en tous sens, et se retrouvent, finalement, les mains vides !
Le Calame a réalisé une petite enquête sur le sujet et voici sa conclusion, corroborée par lesdits services régionaux : les études des consultants ne sont aucunement nécessaires, pour l'octroi d’aides sociales et économiques. Des crapules s'enrichissent sur le dos des pauvres citoyens, déjà épuisés par la pauvreté et la cherté de la vie.

Cheikh Ould Ahmed CP Assaba

Anonyme a dit…

salam

De sources généralement très informées rapportent qu’un groupe de blessés de rebelles touaregs qui combattent l’armée malienne au Nord Mali est arrivé au centre hospitalier de Nouakchott pour être soigné.

Selon les sources, les blessés ont été transportés dans des ambulances de Néma à Nouakchott après de forts accrochages vendredi dernier sur l’axe menant vers la ville de Tombouctou. Officiellement, la Mauritanie n’a pas évoqué l’arrivée de ces blessés. Pour rappel, les rebelles du Mouvement National pour la libération du Nord Mali combattent depuis plus de deux mois contre l’armée régulière malienne en vue de l’indépendance de l’Azawad. Ces hostilités entre les rebelles touaregs et les forces maliennes ont engendré plus d’une vingtaine de milliers de réfugiés dans tous les pays voisins comme la Mauritanie, le Niger ou l’Algérie.

Source : lecalame.info le 28/02/2012

Anonyme a dit…

Elle va porter plainte comment? Parcequ'elle est passée par un PM pour se faire un marché de gré-à-gré et que le ptit connard de de DG du port a dit non? Illégal. Ses photos sur le site de vlane avec ces bangalés sauvages qui bavent au regard de son decollété te dis tout.Elle passe par les en haut de en haut, alors que nous autres on galère pour avoir un marché d'un paquet de stylos. vlane peut s'amourracher d'elle et c'est son problème, mais ici sur canalh il faut être droit
et il ne faut pas nous prendre pour des ivoiriens en rut.

Leila Trabelsi enti vem?


salam

Mon ami

Ce pays est illégal, c'est une farce et une vaste escroquerie non virtuelle ( Vlane ente vem).

Aissata Kane doit porter plainte et on verra au grand jour les dessous de cette affaire.......

Dans ce putain de pays les victimes par leur attitude passive et le culte du Maslaha sont aussi condamnables que leurs bourreaux.

L'idée de justice effraie est une hérésie dans ce pays dit le fou

maatala

Anonyme a dit…

Le Daniel n'a pas tout dit ..
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Aqmi: pourquoi l'Algérie reste incontournable.

Spécialiste du Mali, Serge Daniel vient de publier «AQMI, l'industrie de l'enlèvement» aux Editions Fayard. Il analyse pour SlateAfrique les raisons de l'expansion d'al-Qaïda au Maghreb Islamique.

SlateAfrique - Pour lutter contre Aqmi dans le Sahel quels sont les obstacles à une coopération régionale?

Serge Daniel - Pour le Mali, les membres d’Aqmi ne proviennent pas de chez eux. Si nous voulons mener une lutte efficace contre al-Qaïda au Maghreb islamique, il faudrait que tous les pays s’investissent.Or l’Algérie, un pays clé dans la région, freine toute avancée dans la lutte. Le budget de l’armée algérienne est évalué à 6 milliards de dollars par an, autrement dit 5 fois plus que le budget national d’un pays comme la Mauritanie.

L’Algérie reste une puissance militaire régionale incontournable. Mais Alger ne veut pas entendre parler d’étrangers dans la zone, ni du Maroc, ni d’une coopération avec les pays occidentaux. Or le Maroc est capitale dans la lutte contre al-Qaïda au Maghreb. Et les Marocains ont une expertise en matière de lutte contre al-Qaïda.

Pour les Algériens, il y a seulement quatre pays concernés par la lutte contre Aqmi: l'Algérie, le Niger, le Mali et la Mauritanie. Il appartient donc à ces quatre pays de trouver une solution commune au problème par la mise en place d’un état-major basé au sud de l’Algérie. A cela s’ajoute l’ouverture d’un centre de renseignement à Alger.

En réalité, la coopération est fictive. La lutte sur le terrain est quasiment absente. Lors d’une réunion de coopération en Mauritanie, les pays ont récemment annoncé la formation d’une armée commune de 27.000 hommes. Mais rien de concret n’a été réalisé jusqu’à aujourd’hui.

SlateAfrique - Comment Aqmi est-elle structurée?

Serge Daniel - Un Emirat national est basé en Algérie. Les patrons sont là-bas. Ce sont les vétérans, les anciens du GIA (Groupe islamique armé). On les surnomme les «Afghans» car ils ont combattus en Afghanistan. Ensuite viennent les émirats régionaux et parmi eux, les katibas —milices— du Sahel: Mauritanie, Mali, Niger.

Anonyme a dit…

Swite - le Daniel. On connaît ça à canalh depuis 2008.
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Deux grosses katibas sortent du lot: d’une part la plus radicale conduite par Abou Zeid, l’homme qui a tué l'otage britannique Edwin Dyer en juin 2009. C’est dans sa katiba que l’otage Michel Germaneau, l’humanitaire français, a également été tué.

D’autre part, la katiba conduite par Moctar Ben Moctar, surnommé Malboro (en raison de son implication supposée dans des trafics de cigarettes). On le présente à tort comme un simple trafiquant de drogue. Or il est responsable de l’enlèvement de trois Espagnols fin novembre 2009. Il a pris neuf millions d’euros pour les libérer. Entre 2003 et aujourd’hui, les katibas ont au moins empoché 50 millions d’euros.

Aqmi, c’est un cancer qui est train de se métastaser. A côté des katibas, a été créé al-Qaïda en Afrique de l’ouest. Ce sont des noirs. L’idée c’est de favoriser une jonction entre Boko Haram, la secte islamiste basée au Nigeria et Aqmi.

Bémol. Une différence sépare les deux organisations. Pour l’instant, Boko Haram n’a pas fait allégeance à al-Qaïda maison mère. Sauf que Boko Haram se divise en deux branches, une interne qui veut instaurer la charia (loi islamique) et qui organise des attentats. L’autre branche formée par al-Qaïda au maghreb islamique.

C’est un Algérien Nabil Makhloufi qui a formé les combattants de Boko Haram à manier les explosifs. Il fait partie des vétérans algériens. Il était en prison en Algérie. Par exemple en commettant l’attentat d’Abuja (le 26 août 2011, un attentat suicide contre les locaux de l’ONU qui avait fait 26 morts), ils ont voulu dire aux cadres d’al-Qaida: vous nous avez formé, soyez fiers de nous.

Slate Afrique - Quel est le profil des membres d’Aqmi?

Serge Daniel - Ce sont des jeunes. Moyenne d’âge: 16 ans. Persuadés que Dieu va tout régler. Beaucoup de jeunes Mauritaniens. On les recrute majoritairement dans les madrassa (écoles coraniques). Autre cas de figure: si vous apportez dix jeunes à Aqmi, cela vous rapporte entre 10.000 et 20.000 euros. Le dernier mode de recrutement reste Internet via des sites de tchat. En 45 jours, ils surchauffent le cerveaux de ces jeunes, prêts à prendre les armes au nom de Dieu.

On dit qu’Aqmi compte entre 300 et 400 combattants. Sauf qu’il faut prendre en compte les sous-traitants. Pour moi, ils sont au moins un millier, essentiellement des Mauritaniens. Les Mauritaniens ne supportaient plus d’être dirigés par les Algériens. Le chef d’al-Qaïda en Afrique de l’ouest, c’est un Mauritanien. La maison mère en Algérie a été habile en donnant plus de responsabilités aux katibas locales.

Slate Afrique - Quels sont les liens entre Aqmi et les Touareg?

Serge Daniel - Les problèmes dans le Sahel sont transversaux. Les Touareg sont des nomades éleveurs. On ne pas s’intéresser aux Touareg en faisant l’impasse sur le Niger, le Tchad, l’Algérie. Les Touareg se déplacent. Toutefois, ils partagent le même territoire avec Aqmi, le nord du Mali. Quand ils disent qu’ils sont les seuls à combattre Aqmi, ils se trompent. Je ne pense pas que les Touareg puissent avoir deux fers au feu, d’un côté l’armée régulière et de l’autre Aqmi.

SlateAfrique - Comment expliquez-vous que la cause des Touareg soit aussi populaire en Occident?

Serge Daniel - Le principe des minorités. Depuis les années 90, ils ont des soutiens. Danielle Mitterrand avait fait partie des soutiens de la cause touareg. Aujourd’hui, il y a deux ou trois officines qui travaillent pour eux. Ils sont également très présents sur la Toile. Le mythe de l’homme bleu, dans son désert, alimente cette image d’Epinal. Ce fantasme. Alors qu’il y a des Touareg dans les rangs d’Aqmi. Ils partagent la même région, le nord-ouest. Mais il y a aussi des Touareg dans l’armée loyaliste du Mali.

Propos recueillis par Nadera Bouazza et Pierre Cherruau

Anonyme a dit…

Kim Jong AZ

Nik, nik et nik ATT. Il a fermé les yeux sur AQMI quand on nous avait attaqué. Maintenant il a des problèmes avec Alger qui soutient les rebelles.Pourquoi on nous attaque? Qu'est-ce qu'on a fait?

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Situation & la main invisible de Sarkozy :

Pourquoi la France veut une transition ?

«Une transition démocratique. C’est bien ce que veut la France au Mali en vue d’y placer et manipuler ses hommes de main». L’alerte a été donnée par un haut gradé de l’armée malienne qui, très en verve, a laissé entendre que «ATT a besoin d’un soutien, parce que la crise au nord Mali peut bien être un coup fatal pour notre pays».


Nicolas Sarkozy, président de la république française
Triste confidence d’un Officier Supérieur de l’Armée malienne. Il n’y a pas de développement dans un Etat de belligérance. Tout comme il ne peut y avoir d’élections avec 50 000 déplacés. Pour des raisons d’insécurité dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal…et tout récemment, à Mopti, puisque la ville de Hombori vient elle aussi de connaître son lot d’assassinat cruel, la présidentielle du 29 avril prochain qui doit être couplée avec le référendum, risque d’être reportée. «Les ficelles de toutes ces situations sont tirées parla France, qui n’a pas pardonné le fait que des militaires maliens aient combattu aux côtés des hommes de Kadhafi et que le peuple malien, en toute indépendance et en toute liberté, ait exprimé son soutien au Guide dela Jahmarialibyenne, le Colonel Kadhafi. Et pourtant, Sarkozy avait averti…seulement que le Mali n’a pas été attentif et prudent», poursuit notre interlocuteur.

Ces propos aussi concis que précis corroborent bien qu’il y a une main invisible dela Francederrière la rébellion touaregue. Quand bien même que M. Alain Juppé, Ministre des Affaires Etrangères dela Francedu petit-fils d’immigré (Nicolas Sarkozy) s’est réjoui des atrocités commises par les rebelles sur les militaires maliens. Dans une déclaration devant l’Assemblée nationale dela France, il lâche le morceau, sans crainte ni peur : «les rebelles maliens ont enregistré des succès militaires au Mali, mais nous demandons un cessez le feu..». Quoi de plus pour féliciter un émissaire de ses exploits si le commanditaire tapis dans l’ombre veut se montrer au grand jour. C’est ce qu’a fait M. Alain Juppé. Est-il vraiment au service de M. Sarkozy ? C’est là toute la question.

Anonyme a dit…

Pourquoila France veut une transition démocratique au Mali ? Pourquoi y a-t-il des mercenaires au service des apatrides ?

En fait de transition démocratique, le Collectif Janvier Noir en a demandé. Le Collectif Janvier Noir dirigé par le Pr. Abdoul Traoré alias Diop pense que «les crises de janvier 2012 ne sont que l’aboutissement de la mauvaise gouvernance, de la gabegie, du clientélisme et de la corruption érigée en système de gestion qui ont fini par gangrener toutes les Institutions de l’Etat, y compris l’institution militaire qui, par contre coup, dispose ni de ressources humaines, ni des moyens matériels nécessaires à l’accomplissement de ses missions républicaines». Comme en 1991 ? «Le Mali vit exactement la même situation peu avant le Coup d’Etat», nous confie discrètement un ancien Ministre du dernier Gouvernement d’Alpha Oumar Konaré. Encore en 1991,la Franceétait là, aux côtés du Mouvement Démocratique. L’on dit d’ailleurs que le Coup d’Etat qui a fait chuter le régime dictatorial du Général Moussa Traoré a été commandité depuisla France. Danstout cela, certains cadres maliens se prêtent au jeu. «Ils veulent empêcher la tenue des élections pour écarter ATT, mettant notre pays dans un chaos total», clame un analyste averti de la scène politique malienne.

La Constitutionest claire là-dessus. L’article 118 de notre Loi Fondamentale stipule qu’«aucune procédure de révision ne peut être faite lorsqu’il est porté atteinte à une partie du territoire national».

Le Pr. Dioncounda Traoré, Président de l’Assemblée Nationale, a laissé entendre lors de la présentation à la presse des propositions de la classe politique pour arrêter ce que nous avons appelé l’hémorragie, que «sans les élections (…) tout peut arriver (…) même un coup d’Etat». Comme pour dire que sans les élections, place à une transition politique. Et Bonjour une main invisible. Celle dela France ?

Le Collectif Janvier Noir veut une transition politique sans ATT. Si transition il y a, que préconise donc le petit-fils d’immigré ? Surtout que le pétrole devrait couler à flot au Nord-Mali.La Francede Sarkozy se précipiterait-elle à signer des accords avec la nouvelle Transition ? «Heureusement que le Mali a fait une plainte officielle au niveau des Nations Unies…qui pourrait dissuaderla France», se réjouit notre officier. Que Dieu épargne le Mali !

Boubacar KANTE

Anonyme a dit…

Un autre connard tripatouillé qui s'est ait déchiketer sans rien comprendre. Pourquoi le MUJAO attaqe en Algérie, alors qu'il est supposé opérer en Afrique de l'Ouest? Preparez-vous à la saison des mensonges.AFP doit quand m6eme être sérieux!
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Un groupe islamiste ouest-africain revendique l'attentat en Algérie.

Gao (Mali) - Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l'ouest (MUJAO) a revendiqué samedi dans un message à l'AFP au Mali l'attentat contre un camp militaire dans le sud de l'Algérie, qui a fait 24 blessés selon un bilan de presse.

Nous vous informons que nous sommes à l'origine de l'explosion (...) ce matin à Tamanrasset dans le sud de l'Algérie, a indiqué le MUJAO, un nouveau groupe islamiste apparu en 2011 et qui prône le djihad (guerre sainte) en Afrique de l'Ouest, dans un court message écrit.

Vingt-quatre personnes, 10 gendarmes et 14 civils, ont été blessées samedi dans un attentat suicide à la voiture piégée contre la brigade de gendarmerie de Tamanrasset (1.970 km au sud d'Alger), selon le site internet du quotidien arabophone algérien En Nahar.

Les victimes ont été transportées à l'hôpital, dont certaines dans un état critique, et l'auteur de l'attentat est mort déchiqueté par l'explosion, affirme encore le site de En Nahar. L'agence de presse algérienne APS a également confirmé l'attentat, sans toutefois donner de bilan. Selon un de ses journalistes sur les lieux un important dispositif de sécurité a été mis en place autour de la zone de l'attentat.

L'attentat a été perpétré, d'après le site de En Nahar, par un kamikaze qui a lancé sa voiture contre le siège de la gendarmerie occasionnant d'importants dégâts matériels. C'est la première fois qu'un attentat à l'explosif est commis dans cette région d'Algérie.

Le MUJAO est un nouveau groupe islamiste qui prône le jihad (guerre sainte) en Afrique de l'Ouest et est apparu au grand jour en décembre 2011 en revendiquant l'enlèvement de trois Européens à Tindouf (ouest de l'Algérie), fief des indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

Cette action avait auparavant été attribuée par le Polisario à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très actif dans les pays de la bande sahélo-saharienne depuis 2007. Le MUJAO serait une dissidence d'Aqmi dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, selon des experts.

Le 12 décembre 2011, une vidéo montrant des hommes armés encadrant deux femmes, une Italienne et une Espagnole, ainsi qu'un Espagnol, enlevés le 23 octobre dans la région de Tindouf, avait été rendue publique par le MUJAO.

Dans une autre vidéo visionnée en décembre 2011 par un journaliste de l'AFP à Bamako, six membres du MUJAO, enturbannés, dont la plupart ont la peau noire, ont exposé leur idéologie, se référant à Oussama Ben Laden, chef d'Al-Qaïda tué par l'armée américaine au Pakistan, au mollah Omar, chef des talibans afghans, et à des figures historiques de l'islam en Afrique de l'Ouest subsaharienne.

AFP

Anonyme a dit…

Une folie de porter plainte contre Médiapart: ils ont toujours des preuves. C'est eux qui ont fait tomber Sarkozy avec l'affaire takieddine/karachi. Une erreur monumentale de Karim Wade. Une fois tu attaques Médiapart, ils reviennent, reviennent et reviennent... avec plus de preuves.
A-
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http://www.cridem.org/C_Info.php?article=626711

Anonyme a dit…

Ah, j'ai oublié: l'affaire Woerth/Battencourt, les contrats avec la Libye, les moines de Tibherine, c'est eux. Une fois ils pointent leur lampe-torche sur twa, c'est la mort. Du vrai journalisme d'investigation. Un jour probablement ils vont s'interesser à la liquidation des français d'Aleg avec le juge Trévidic et ça va chier dur au bled. A-

Anonyme a dit…

On fabrique un AQMI de négros pour éloigner toute suspicion de lien avec les émirs algériens. Tessalit est collé à quel pays? On trompe qui?

A-


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Européens enlevés en Algérie : un groupe islamiste réclame 30 millions d’euros
libération

samedi 3 mars 2012

GAO (Mali) (AFP) - Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) réclame trente millions d’euros pour libérer trois otages européens, deux Espagnols et une Italienne, enlevés en octobre 2011 en Algérie, a-t-on appris samedi de source proche des médiateurs impliqués dans le dossier.

"Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’ouest réclame 30 millions d’euros pour libérer les deux Espagnols et l’Italienne", a affirmé à l’AFP cette source au Mali, déjà impliquée dans des médiations pour d’autres prises d’otage dans le passé.

"Les pays d’où sont originaires les otages sont au courant", a-t-elle ajouté.

Le MUJAO, qui a revendiqué un attentat organisé samedi contre un camp militaire dans le sud de l’Algérie, qui a fait 23 blessés selon un bilan officiel, avait revendiqué en décembre l’enlèvement de trois humanitaires espagnols et italien dans la région de Tindouf (ouest de l’Algérie), fief des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger.

Cette action avait auparavant été attribuée par le Polisario à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très actif dans les pays de la bande sahélo-saharienne depuis 2007. Le MUJAO serait une dissidence d’Aqmi dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, selon des experts.

Le 12 décembre 2011, une vidéo montrant des hommes armés encadrant deux femmes, une Italienne et une Espagnole, ainsi qu’un Espagnol, enlevés le 23 octobre dans la région de Tindouf, avait été rendue publique par le MUJAO, un nouveau groupe islamiste qui prône le jihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest.

Dans une autre vidéo visionnée en décembre 2011 par un journaliste de l’AFP à Bamako, six membres du MUJAO, enturbannés, dont la plupart ont la peau noire, ont exposé leur idéologie, se référant à Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda tué par l’armée américaine au Pakistan, au mollah Omar, chef des talibans afghans, et à des figures historiques de l’islam en Afrique de l’Ouest subsaharienne.

© 2012 AFP

Anonyme a dit…

Couli,

MUJAO attacking in Algeria, my ass. Avec des gens qui ont liquidé 45 soldats pour fabriquer la couverture djihadiste d'El Para, il faut faire attention. Il semblerait que ton pays était impliqué dans cette affaire avec celle de Lemgheity. L'affaire de wikileaks/strafor est une preuve pas facile à accepter. Tu as lu wikileaks ces derniers temps?

Je ne sais pas quelle foutaise le
Kim Jung AZ de Maatala a fait. Il faut sauver le soldat Kim Jung AZ jusqu'en 2014, sinon les Birame et autres connards de l'opposition ne sauront pas quoi faire avec le nors, sauf se gratter le cu et faire des discours vides. Le bled est en danger.

A-

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Un groupe islamiste ouest-africain revendique l’attentat en Algérie
Romandie News

samedi 3 mars 2012

GAO (Mali) - Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) a revendiqué samedi dans un message à l’AFP au Mali l’attentat contre un camp militaire dans le sud de l’Algérie, qui a fait 24 blessés selon un bilan de presse.

Nous vous informons que nous sommes à l’origine de l’explosion (...) ce matin à Tamanrasset dans le sud de l’Algérie, a indiqué le MUJAO, un nouveau groupe islamiste apparu en 2011 et qui prône le djihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest, dans un court message écrit.

Vingt-quatre personnes, 10 gendarmes et 14 civils, ont été blessées samedi dans un attentat suicide à la voiture piégée contre la brigade de gendarmerie de Tamanrasset (1.970 km au sud d’Alger), selon le site internet du quotidien arabophone algérien En Nahar.

Les victimes ont été transportées à l’hôpital, dont certaines dans un état critique, et l’auteur de l’attentat est mort déchiqueté par l’explosion, affirme encore le site de En Nahar.

L’agence de presse algérienne APS a également confirmé l’attentat, sans toutefois donner de bilan. Selon un de ses journalistes sur les lieux un important dispositif de sécurité a été mis en place autour de la zone de l’attentat.

L’attentat a été perpétré, d’après le site de En Nahar, par un kamikaze qui a lancé sa voiture contre le siège de la gendarmerie occasionnant d’importants dégâts matériels.

C’est la première fois qu’un attentat à l’explosif est commis dans cette région d’Algérie.

Le MUJAO est un nouveau groupe islamiste qui prône le jihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest et est apparu au grand jour en décembre 2011 en revendiquant l’enlèvement de trois Européens à Tindouf (ouest de l’Algérie), fief des indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

Cette action avait auparavant été attribuée par le Polisario à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très actif dans les pays de la bande sahélo-saharienne depuis 2007. Le MUJAO serait une dissidence d’Aqmi dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, selon des experts.

Le 12 décembre 2011, une vidéo montrant des hommes armés encadrant deux femmes, une Italienne et une Espagnole, ainsi qu’un Espagnol, enlevés le 23 octobre dans la région de Tindouf, avait été rendue publique par le MUJAO.

Dans une autre vidéo visionnée en décembre 2011 par un journaliste de l’AFP à Bamako, six membres du MUJAO, enturbannés, dont la plupart ont la peau noire, ont exposé leur idéologie, se référant à Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda tué par l’armée américaine au Pakistan, au mollah Omar, chef des talibans afghans, et à des figures historiques de l’islam en Afrique de l’Ouest subsaharienne.

(©AFP / 03 mars 2012 13h59)

Anonyme a dit…

Erreurs: nors c'est nord mali dans le message precedent. Et non noirs.

Esprit peulh ne m'attaque pas. A-

Anonyme a dit…

Qui va empocher les 20% de ces 30 millions comme intermédiaire? Je suis candidat et avec 6 millions d'euros, c'est cool.

Bilikiss et Bebe Ba: un voyage sur les îles waikiki, tous frais à la charge de la commission durement gagnée.

Au fait: où en est la plainte de notre compatriote contre Kim Jung AZ pour cette histoire d'accusation grâve et de demande d'arrêt international. Probablement pour une fois Kim Jun AZ a raison .. Une affaire entre les putshistes et nous n'avons rien à faire dedans.

A-

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Européens enlevés en Algérie : un groupe islamiste réclame 30 millions d’euros
libération

samedi 3 mars 2012

GAO (Mali) (AFP) - Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) réclame trente millions d’euros pour libérer trois otages européens, deux Espagnols et une Italienne, enlevés en octobre 2011 en Algérie, a-t-on appris samedi de source proche des médiateurs impliqués dans le dossier.

"Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’ouest réclame 30 millions d’euros pour libérer les deux Espagnols et l’Italienne", a affirmé à l’AFP cette source au Mali, déjà impliquée dans des médiations pour d’autres prises d’otage dans le passé.

"Les pays d’où sont originaires les otages sont au courant", a-t-elle ajouté.

Le MUJAO, qui a revendiqué un attentat organisé samedi contre un camp militaire dans le sud de l’Algérie, qui a fait 23 blessés selon un bilan officiel, avait revendiqué en décembre l’enlèvement de trois humanitaires espagnols et italien dans la région de Tindouf (ouest de l’Algérie), fief des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger.

Cette action avait auparavant été attribuée par le Polisario à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très actif dans les pays de la bande sahélo-saharienne depuis 2007. Le MUJAO serait une dissidence d’Aqmi dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, selon des experts.

Le 12 décembre 2011, une vidéo montrant des hommes armés encadrant deux femmes, une Italienne et une Espagnole, ainsi qu’un Espagnol, enlevés le 23 octobre dans la région de Tindouf, avait été rendue publique par le MUJAO, un nouveau groupe islamiste qui prône le jihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest.

Dans une autre vidéo visionnée en décembre 2011 par un journaliste de l’AFP à Bamako, six membres du MUJAO, enturbannés, dont la plupart ont la peau noire, ont exposé leur idéologie, se référant à Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda tué par l’armée américaine au Pakistan, au mollah Omar, chef des talibans afghans, et à des figures historiques de l’islam en Afrique de l’Ouest subsaharienne.

© 2012 AFP

Anonyme a dit…

Maatala,

Tu fais les commentaires que tu veux. Je vais dîner. Amitiés. A-
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Des rebelles Touareg enlèvent trois militaires
El Watan

samedi 3 mars 2012

Des rebelles touareg ont enlevé hier trois militaires dans la région de Mopti, dans le nord du Mali, ont déclaré des responsables locaux.

« Les rebelles sont arrivés ce vendredi à bord de huit véhicules dans la localité de Ténenkou, ils ont enlevés trois gardes (composante de l’armée malienne), et enlevés également quatre véhicules de services », a déclaré à l’AFP Ely Touré, du gouvernorat de Mopti, chef lieu de la région. Selon la même source, « il n’y a eu aucun coup de feu tiré » et « les rebelles ont tout de suite quitté la localité ». Un élu de la région a confirmé l’information. « Il n’y a pas eu un seul coup de feu tiré. Ils sont venus à bord d’un petit convoi, ils ont braqué des véhicules officiels qu’ils ont emporté, ainsi que trois militaires qui ont été enlevés », a précisé Moussa Guindo, un élu municipal de la région. « Ils sont repartis assez vite », a-t-il ajouté.

Les combats se sont poursuivis jeudi entre l’armée malienne, appuyée par des hélicoptères, et des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dans la région de Tessalit (nord-est du Mali), a appris l’AFP de sources militaires et rebelles. « Aujourd’hui, ce sont les hélicoptères qui sont intervenus dans les combats. Il n’y a pas eu de combats au sol », a déclaré une source militaire régionale, sans préciser s’il y a eu des bombardements ou pas. « Nous n’avons pas de bilan. Il est clair que l’intervention des hélicoptères peut changer la donne », a ajouté la même source. « Nous sommes à dix kilomètres du camp de Tessalit », a pour sa part affirmé une source militaire malienne contactée sur le terrain. Un responsable militaire de la rébellion touareg, également contacté sur le terrain, a de son côté déclaré que la rébellion n’allait « pas laisser passer l’armée. Nous allons nous battre jusqu’au bout ».

Le Mali est confronté depuis le 17 janvier à des attaques de membres du MNLA et d’autres rebelles, dont des hommes lourdement armés rentrés de Libye où ils avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi. Plusieurs localités et positions de l’armée dans le nord du Mali ont été visées. Les combats ont fait de nombreuses victimes — morts et blessés — des deux côtés, sans qu’il soit possible d’établir de sources indépendantes un bilan précis des pertes. Ils ont également poussé des dizaines de milliers d’habitants à fuir ces zones, dans des campements de déplacés en territoire malien, et dans des pays voisins : Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Algérie.

Anonyme a dit…

Qui a touché combien dans cette affaire?


Le gendarme Ely Ould Elmoctar et l’italienne Rosita Aouro attendus à Bamako après leur libération par AQMI


Selon une source informée présente au Mali, le gendarme Ely Ould Elmoctar et Rosita Aouro sont attendu, ce samedi à Bamamko, après leur libération par Al-Qaïda au Maghreb Islamique, au terme de négociations, dont les contours ne sont pas encore connus.


ANI n’a pas encore eu accès aux informations relatives au processus par lequel les deux otages ont été libérés, même si l’on sait que les dernières ententes concernant ce dossier ont été scellées entre l’envoyée spécial du gouvernement italien Mme Margueritta Bonivar et le président Mohamed Ould Abdel Aziz, la semaine dernière.
D’autre source révèle la participation de Moustapha Ould Limam Chavii en coordination avec les italiens par rapport à l’otage italienne et par son propre engagement pour le cas du gendarme mauritanien.
Il reste déjà confirmé que cet échange a abouti à la libération par la Mauritanie de Abderrahmane Ould Meddou, commerçant de nationalité malienne arrêté dans l’est mauritanien soupçonné par les services mauritanien d’être le commanditaire de l’enlèvement d’un couple italien.
Auparavant, Fatimettou Mint Brahim, mère du gendarme mauritanien Ely Ould Elmoctar a affirmé dans un contact avec ANI, que l’épouse de son fils a été informée par la gendarmerie à Amourj (est du pays)de sa libération et qu’il doit arriver, dans quelques heures à Nouakchott.
Des sources concordantes avaient également relayé l’information selon laquelle le détenu salafiste Abderrahmane Ould Medou avait été amené dans, dans la nuit du jeudi à vendredi, dans une direction inconnue, avant d’ajouter le départ de ce détenu serait liée à la libération du gendarme otage d’AQMI, dont l’ultimatum expire aujourd’hui.

Anonyme a dit…

salam

L'édito de Biladi


Ce qui n’était qu’une crainte semble bien se confirmer aujourd’hui : le président Aziz serait effectivement impliqué dans la guerre au nord du Mali, aux côtés des rebelles du MNLA.

Au cours d’un entretien avec Radio France International (RFI), le président malien, répondant à une question relative aux différents groupes touaregs revenus au Mali, avait dit – de manière presque furtive- que l’un de ces groupes, en l’occurrence celui qui mène la guerre contre Bamako, est ‘’géré’’ par le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Une révélation grave qui, pourtant, n’a pas été trop commentée. Ni pendant l’entretien, ni après cela. Pourquoi a-t-elle donc passé inaperçue ? Et surtout pourquoi le journaliste de RFI n’a-t-il pas jugé utile de creuser cela ? Son interlocuteur lui a-t-il demandé de ne pas donner un écho à cette partie de sa déclaration ? Et s’il ne désirait pas dévoiler cette réalité, pourquoi l’a-t-il dite ? Pourquoi le gouvernement mauritanien n’a-t-il pas commenté les propos du président malien … ?

Tout porte à croire que le président Aziz est bien impliqué dans le conflit au nord du Mali. Il aurait même reçu des dirigeants arabes maliens pour solliciter auprès d’eux le soutien à la rébellion touareg. Leurs réponses n’auraient pas été favorables aux thèses guerrières du président.

Mais au-delà de ce qui est devenu un secret de polichinelle, qu’est-ce gagne Aziz et derrière lui la Mauritanie d’un conflit armé aux frontières très poreuses avec le Mali ? Un pays proche de nous, où vit et travaille une bonne partie de nos citoyens et chez lequel transhument nos éleveurs ?

Aucun élément logique ne pourrait expliquer l’attitude plus que suicidaire du président Aziz à l’égard du voisin malien. Surtout que le mouvement touareg armé est soutenu par AQMI, l’ennemi déclaré du président et de ses alliés occidentaux.
Certes, il est vrai que certains de nos partenaires au développement ne pas contents du comportement du Mali dans la lutte contre Aqmi et les trafiquants de drogue, mais cela ne doit en aucun cas influencer les rapports de notre pays avec Bamako. On s’était déjà lancé avec eux et de manière aveugle dans des expéditions militaires contre Aqmi. Difficile d’accepter aujourd’hui, pour les mêmes raisons, de soutenir et aider une rébellion chez le voisin. On y gagne rien et on risque d’y perdre tout.

Anonyme a dit…

Ils étaient toujours là depuis 2003 au mois et les preneurs d'otages se dirigeaient exactement dans les zones sous leur surveillance. Alors, pourquoi cette nouvelles information? Après avoir contribué à maneouvrer AQMI avec les généraux algériens, maliens et mauritaniens, il est temps de liquider la vermine pour effacer toute trace de concussion ...

Couli: je suis fâché contre twa.La cola ne servira à rien. Le scandale de strafor, c'est pas bon.

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Mali – Nord: des militaires ravitaillés par un avion américain

3 mars 2012 Rubrique: Nord-Mali 57 réactions [-] Texte [+] Email Imprimer Partager60 Un avion militaire américain a largué des vivres aux militaires maliens qui tiennent le camp de Tessalit, dans le nord-est du pays, où depuis quelques jours forces gouvernementales et rebelles touareg s’affrontent, a appris samedi l’AFP, de sources concordantes.
« Oui, à notre demande, les Américains ont largué des vivres sur la piste d’aterrissage de Tessalit », en face du camp militaire, à une dizaine de kilomètres de la localité de Tessalit proprement dite, a affirmé à l’AFP un responsable du commandement régional de l’état-major malien basé à Gao.
Cette source n’a pas voulu préciser la date et le volume des vivres largués.

L’information a été confirmée par un élu local, qui a précisé que les civils avaient fui les combats autour de cette localité stratégique, située près de la frontière algérienne.

Le Mali est confronté depuis le 17 janvier à des attaques des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dans la région de Tessalit, et d’autres groupes armés, dont des hommes lourdement armés rentrés de Libye où ils avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi.

Plusieurs localités et positions de l’armée dans le nord du Mali ont été visées.

Les combats ont fait de nombreuses victimes – morts et blessés – des deux côtés, sans qu’il soit possible d’établir de sources indépendantes un bilan précis des pertes.

Ils ont également poussé des dizaines de milliers d’habitants à fuir ces zones, dans des campements de déplacés en territoire malien, et dans des pays voisins, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Algérie.

Depuis plusieurs années, des forces spéciales américaines forment des troupes maliennes dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme dans le nord malien, dans la bande sahélo-saharienne devenue théâtre de violences d’origines diverses liées notamment à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et à des rébellions touareg.

© AFP – 03/03/2012

Anonyme a dit…

Maatala, ton posting du 3 mars 201222:27:

Ce n'est pas la première fois qu'ATT pointe du doigt ton Kim Jung AZ. Il l'a fait via une interview sur RFI en fevrier 2010 ou 2011 après la fameuse attaque de Nampala. Je vous l'ai balancé ici, mais personne n'a lu ou compris compris.Assel klam ATT mahou klam malik, el mekhzi.

Mais une question: pourquoi ATT a continué a fermer les yeux sur AQMI qui opérait dans son pays contre la RIM? C'est à cette question à laquelle il faut répondre. Il a même laissé installer AQMI dans la forêt de Wagadou dans son propre territoire, le Mali.

Je crois que Aziz lui a rendu un chien de sa chienne et c'est de bonne guerre. Il ne faut pas se tromper: ATT est un corrompu et un nul et il risque de devenir le prochain noriega comme il tra6ine beacoup de casseroles. Yaharag beyou.

Comment tu peux accepter qu'un groupe tripatouillé par un voisin plus fort que toi s'attaque à un pays voisin avec lequel ta Nation a des liens séculaires? Il n y a qu'une bidasse formé en Côte d'Ivoire pour ne pas réflechir.

Anonyme a dit…

Cette Aissata Kane a bousillé ses chances de gagner la bataille médiatique tout comme Kane de l'affaire de la drogue. On ne confie pas ce genre de sujet à un blogeur amateur qui n'est pas ouillé pour exploiter des filons de ce calibre. Que chacun fasse ce qu'il sait faire. Le problème de la Mauritanie c'est que chacun veut se prendre pour ce qu'il n'est pas. Vlane aurait du conseiller à ses deux amis d'aller voir des personnes qui savent faire mieux que lui. Libre à lui de revenir après pour faire un billet incendiaire comme il sait le faire y compris en se prenant les pieds dans le tapis à force de changer de position avec le vent (pro Aziz malgé les humiliations, pro anti Bouamattou...)