dimanche 4 mars 2012

Portrait : Chehida Mint M'Boyrick, jeune, mauritanienne et directrice à Paris

Dans le marasme social et professionnel que la Mauritanie connaît depuis des années, les exemples ne sont pas pléthore, la faute à l'étouffement des vraies compétences. À l'extérieur, ces exemples foisonnent, s'épanouissent au gré des compétences acquises. Chehida Mint Boyrik est l'un de ces exemples, une de ces fiertés rassurantes mauritaniennes. Rencontre parisienne.

Cette jeune trentenaire vivant à Paris est aujourd’hui directrice d’une agence de BNP PARIBAS. «C’est une agence en gestation depuis trois semaines, et qui ouvrira en mai prochain; elle sera entièrement dédiée à l’international, avec des comptes de clients vivant à l’extérieur de l’Hexagone» confie souriante la jeune femme habillée de mauve, sa couleur. Une agence qui devrait gérer un portefeuille d’une demi-douzaine de milliers de clients. Une grosse nouvelle responsabilité pour l’ancienne conseillère en clientèle à la même banque, et l’ancienne employée d’une société américaine d’exploitation de logiciels, Extended Sytems.

Après un Bac S obtenu à Nouakchott, la stéphanoise s’envole vers Evry, en banlieue française, dans le 91, où elle passe son DEUG d’éco-gestion, enchaînant avec une licence, puis une maîtrise en analyses d’économie politique, avant de clore son chapitre estudiantin avec un Master en affaires internationales dans une école de commerce.

«De plus en plus, les entreprises apprécient particulièrement les parcours universitaires, suivis d’un passage dans une école de commerce. C’est un gage d’indépendance et d’autonomie pour elles; l'assurance d’une personnalité bien structurée. Ça tape dans l’œil des recruteurs» avance Chehida.

Elle et la Mauritanie

«J’ai failli rentrer après mes études, mais quand j’observe ce qui se passe au pays, ça décourage» déplore la directrice. «Les mentalités, le système, tout stagne» soutient avec une grimace Chehida, qui est persuadée que tous les mauritaniens veulent rentrer chez eux, y travailler, y prospérer, participer à l’évolution du pays. «Mais on appréhende tous aussi l’instabilité qui y perdure. Personne, quelle que soit sa valeur professionnelle et personnelle, ne peut espérer réussir en Mauritanie sans l’appui d’une puissante famille, de connaissances aux bras longs. C’est une triste réalité qui fait que le pays stagne toujours, car les énergies créatrices ne sont pas libérées» remarque-t-elle.

Le système social mauritanien n’est pas en reste dans les critiques de Chehida Mint Boyrik. Comme la place de la femme, à ses yeux par trop idéalisée. «Il est incontestable que la femme mauritanienne est forte, un pilier de son foyer, mais ça ne peut plus suffire, car quelle est la réelle valeur ajoutée sociale d'un tel statut, objectivement?» s'interroge Chehida en touillant sa tasse de thé.

Le marasme ambiant se retrouve dans les sociétés elles-mêmes, mêmes celles étrangères qui s'installent, et s'adaptent à certaines façons de faire «illogiques», qu'elle découvre en postulant à l'une d'elles.

«J'ai postulé à la BNP, en même temps à Paris qu'à Nouakchott. Et au final, mes compétences ont nettement été plus appréciées, et comptabilisées dans l'entretien, que mes origines, ou ma nationalité sur laquelle mon interlocuteur a beaucoup insisté, comme cela a été le cas à Nouakchott, et où vous découvrez qu'à compétences égales, un local est largement moins considéré et payé qu'un expatrié. Le respect des employés et des futurs potentiels employés n'existent pas» critique la trentenaire, pensive.

Pourtant elle aurait pu travailler dans l'entreprise familiale à succès, dans la pêche, à Nouadhibou. «Mais je n'aime pas le poisson et on doit tous pouvoir espérer vivre et s'épanouir dans le travail et la carrière de notre choix» dit-elle de façon péremptoire. «Et puis, il sont bien contents aujourd'hui, pour des conseils utiles, d'avoir une banquière dans la famille» lâche-t-elle en riant.

Le système de passe-droits, «bien pire» selon elle que la plus importante des corruptions, qui règne en Mauritanie ne peut pas «satisfaire n'importe quel individu épris de méritocratie». «Le passe-droits, c'est le privilège donné par le système à des individus, et une minorité, de passer sur les autres. Littéralement souvent. Du coup, les documents n'ont aucune valeur. Vous ne pouvez vous fier l'esprit tranquille au travail d'une vie qui peut vous être arraché à n'importe quel moment par ce système de passe-droits, qui enlève toute crédibilité à la plupart des institutions» soupire désolée mais lucide, la directrice d'agence.

La famille et une grand-mère comme modèles

Passionnée de cuisines du monde, Chehida tient cet amour de sa grand-mère, récemment décédée. «Mon exemple! C'est elle qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. C'était une force de caractère, une tolérance et une joie hors du commun» se remémore Chehida. «C'est la lumière que j'ai placée devant moi».

Dans le même temps, ses parents, "particulièrement ouverts d'esprit pour leur génération" ne l'ont jamais limitée dans ses choix. "Ma mère m'a toujours dit, tu fais ce que tu veux de ta vie, mais tu assumes. Du coup, avec une telle exhortation, on réfléchit à deux fois avant tout choix tout acte, surtout quand on est loin d'eux" explique Chehida Bent Abdallahi Ould El Mamy Ould M'Boyrick, de son nom complet.

Métisse de plusieurs cultures, et plusieurs communautés, bambaras, marocaines, maures, wolofs, et bien d'autres, Chehida a fusionné celles-ci et les arborent comme identité, telle que sa grand-mère, affectueusement appelée «Yaye» (mère en wolof et pulaar) l'avait fait, avec ce tatouage bambara (Djamou-ndlr), sur le menton, pour montrer malgré sa blancheur, la présence et la profondeur de ses origines ouest africaines.

Une multiplicité de facettes culturelles, de rencontres, qui l'incite comme sa grand-mère à ne pas juger, et à nouer facilement contact. Cette ouverture d'esprit a incité beaucoup de ses rencontres à réévaluer leur vision de l'islam, des musulmans. «C'est une de mes fiertés : à mon niveau d'avoir montré à travers mes rencontres, une autre face de l'islam, que l'on évoque pas particulièrement souvent en France» estime la jeune femme d'un sourire large. Un large sourire empreint de détermination et que tous ceux qui la connaissent, soulignent.

Débuts parisiens à Evry

Une détermination et une soif d'apprendre, qui ne pouvaient résolument pas lui faire suivre le chemin le plus facile. «J'ai un métabolisme inversé; de la même façon peut-être je raisonne de façon inverse. Par exemple j'ai choisi Paris car c'est une ville que je n'aimais pas du tout, et j'étais persuadée que dans ce contexte je me donnerais à fond dans les challenges que je me fixais alors» s'amuse Mint Boyrik.

En arrivant à Evry, elle découvre la chorale et s'y prête corps et âme pendant neuf ans, à la mairie de cette ville du 91 en Ile-de-France, avec des enfants de tous horizons. «L'argent qu'on gagnait avec cette chorale servait à donner des cours, à des enfants en difficulté» lâche laconiquement la jeune femme, discrète et peu loquace sur ses bonnes actions, qui se souvient tout de même de ses débuts à l'université d'Evry.

«Quand je suis arrivée en 2000, nous étions deux mauritaniennes seulement sur tous le campus, et nous avons vite été remarquées par le recteur de l'université qui nous a recommandé pour cette chorale, espérant faciliter notre intégration» explique Chehida (martyr en arabe- ndlr). Elle rencontrera dans cette parenthèse musicale et sociale Manuel Valls, maire d'Evry et aussi aujourd'hui, porte-parole du candidat à l'élection présidentielle française, François Hollande. «Un homme agréable, qui pouvait comprendre notre situation, car étant lui-même étranger, d'origine espagnole» glisse la jeune femme de Nouadhibou.

Ces rencontres positives l'ont confortée dans la conviction et dans son éducation séculaire, fortement liée au respect des aînés. «Qui n'existe plus ici en France» soupire la bambaro-mauro-berbero-wolof. «Et les gens sont agréablement surpris quand ils sont confrontés à des personnes respectueuses de leur expérience plus ancienne» continue-t-elle en terminant le fond de son thé. «Mais ce sont ces choses qui nous rappellent aussi, qu'où que l'on aille, on ne doit jamais oublier qui on est, et d'où on vient. Cela, Yaye l'a imprimée en lettres d'or dans ma tête. Je sais quelles sont les richesses de mes origines» conclut-elle avec un large sourire. Une grande dame déjà.

Mamoudou Lamine Kane

Noor Info

9 commentaires:

maatala a dit…

salam

Chedida a dit:

«J’ai failli rentrer après mes études, mais quand j’observe ce qui se passe au pays, ça décourage» déplore la directrice. «Les mentalités, le système, tout stagne» soutient avec une grimace Chehida, qui est persuadée que tous les mauritaniens veulent rentrer chez eux, y travailler, y prospérer, participer à l’évolution du pays. «Mais on appréhende tous aussi l’instabilité qui y perdure. Personne, quelle que soit sa valeur professionnelle et personnelle, ne peut espérer réussir en Mauritanie sans l’appui d’une puissante famille, de connaissances aux bras longs. C’est une triste réalité qui fait que le pays stagne toujours, car les énergies créatrices ne sont pas libérées» remarque-t-elle.

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Chedida a dit:

Le système de passe-droits, «bien pire» selon elle que la plus importante des corruptions, qui règne en Mauritanie ne peut pas «satisfaire n'importe quel individu épris de méritocratie». «Le passe-droits, c'est le privilège donné par le système à des individus, et une minorité, de passer sur les autres. Littéralement souvent. Du coup, les documents n'ont aucune valeur. Vous ne pouvez vous fier l'esprit tranquille au travail d'une vie qui peut vous être arraché à n'importe quel moment par ce système de passe-droits, qui enlève toute crédibilité à la plupart des institutions» soupire désolée mais lucide, la directrice d'agence.


Respect dit le fou

maatala

Anonyme a dit…

En Anglais. Quelques bizarreries sur la liberation simultanée de Rosella Urri et Ely Ould El Moctar hier ou aujourd'hui, supposés être enlevés par 2 organisations differentes et qui ne se parlent pas: AQMI pour nous du Nord et MUJAO pour l'Afrique de l'Ouest. Pourquoi donc MUJAO frappe en Algérie.Négociés en même temps, rançon payée en même temps et liberés en même temps. Quelque chose ne tourne pas rond.Mais heureux que notre gendarme et l'italienne sont libres.

A-


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http://thewasat.wordpress.com/2012/03/03/big-happenings-in-a-big-desert/

Anonyme a dit…

Monsieur le PM Ouyahia,

Avec tous mes respects, temps de bouger pour arrêter ce carnage qui ne sert à rien. Álger et Bamako ont trop fermé les yeux sur le GSPC/AQMI et maintenant MUJAO. Les gens commencent maintenant à penser que le ventre mou dans tout ça, ce n'est pas le Mali, mais Alger.

Personne ne croira à ce que vous dites, si nous ne bougez pas le petit pouce.
A-
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L’Algérie combattra le terrorisme jusqu’à son éradication
Romandie News

dimanche 4 mars 2012

LGER - L’Etat algérien est déterminé à combattre le terrorisme jusqu’à son éradication, a déclaré dimanche le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, au lendemain d’un attentat à la voiture piégée contre une brigade de gendarmerie à Tamanrasset, à près de 2.000 km au sud d’Alger.

La lutte contre le terrorisme se poursuivra jusqu’à son éradication, que l’appellation du groupe terroriste soit +Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)+, +Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)+ ou autre, déclaré M. Ouyahia, en marge de l’ouverture de la session de printemps de l’Assemblée nationale. Le GSPC avait été rebaptisé Aqmi en 2006.

Tamanrasset abrite le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cémoc), crée en avril 2010 par l’Algérie, le Mali, Mauritanie et le Niger pour mieux lutter contre les actions d’Aqmi et d’autres groupes criminels armés.

C’est la première fois qu’un attentat à l’explosif est commis dans cette région d’Algérie, frontalière avec le Niger et le Mali.

Le terrorisme est un acte criminel condamnable, quelle que soit l’appellation de la partie ayant perpétré cet acte criminel à Tamanrasset, a-t-il ajouté.

Vingt-trois personnes ont été blessées samedi dans un attentat à la voiture piégée contre la brigade de gendarmerie de Tamanrasset, importante ville de garnison du Sud algérien.

Quinze gendarmes en poste, cinq éléments de la Protection civile et trois personnes qui étaient de passage au moment de la déflagration ont été transportés à l’hôpital, avait précisé le ministère algérien de la Défense.

Le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) a revendiqué cet attentat samedi dans un message à l’AFP au Mali.

Le MUJAO est un nouveau groupe islamiste qui prône le jihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest et est apparu au grand jour en décembre 2011 en revendiquant l’enlèvement de trois Européens à Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie, où est basé le mouvement indépendantiste sahraoui du Front Polisario.

Le président de l’Assemblée nationale Abdelaziz Ziari appelé les Algériens à se mobiliser contre ceux qui veulent porter atteinte à leur pays.

Le président du Sénat Abdelkader Bensalah a estimé pour sa part que cette lâche agression n’influera pas sur les positions fermes de l’Algérie vis-à-vis de la lutte antiterroriste et le renforcement de la sécurité et de la stabilité en Algérie et dans la région.

(©AFP / 04 mars 2012

Anonyme a dit…

Mon colonel,

Il ne fallait pas tripatouiller et les touaregs et AQMI. L'accord d'Alger c'est laisser la zone libre sans mainmise de l'autorité de l'état malien sur son territoire. On n'a vu ça nulle part. Alger a brûlé toutes ses cartes. ATT aussi. Vous nous avez mis la zone sens dessus-dessous. Emchi essrah.

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« La crise des Touareg nous menace »
l’expressiondz

lundi 5 mars 2012

Spécialiste des questions sécuritaires, le colonel à la retraite, Ben Djana Ben Amoueur a indiqué que la crise libyenne a accéléré le réveil de l’insurrection des Touareg. Dans cet entretien, il explique que la rébellion des Touareg est la conséquence directe du refus de Bamako de concrétiser l’Accord d’Alger sur le terrain.

L’Expression : Quelle lecture faite-vous du conflit opposant les autorités maliennes aux Touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) ?

Ben Djana Ben Amoueur : L’insurrection des Touareg, en sommeil depuis 2009, fait craindre le pire à Bamako. Mais aussi aux pays voisins qui sont envahis par de gros flux de réfugiés. Cette insurrection plongera encore plus les pays de Sahel dans l’instabilité. Donc, les affrontements qui se poursuivent, depuis le 17 janvier, n’augurent rien de bon pour toute la région sahélo-saharienne, déjà minée et rongée par l’activisme des groupes islamistes d’Aqmi et des réseaux de trafic. Pour ce qui est des facteurs fondamentaux ayant conduit à cette rébellion, la plus importante depuis 2009, je dirais qu’elle est, d’une part, le résultat du refus du Mali de concrétiser sur le terrain les clauses de l’Accord d’Alger, signé le 4 juillet 2006 entre les représentants de l’Etat malien et représentants de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, sous la médiation algérienne. Mais, hélas, Bamako n’a pas tenu ses engagements à l’égard des populations targuies qui vivent dans des conditions socioéconomiques critiques, bien que ces dernières n’ont pas cessé de rappeler les autorités maliennes au sujet de leurs promesses, inscrites dans le cadre de l’Accord d’Alger. D’autre part, il faut dire également que le retour de plusieurs centaines de Touareg de la Libye, après le chute du régime de Mouaâmar El Gueddafi a accéléré le réveil de l’insurrection des Touareg. Ceux qui sont revenus de Libye, ne sont pas des civils, sont des militaires, prêts à faire feu. Et quand ils sont arrivés chez eux, au nord du Mali, où leurs familles et tribus souffrent le martyre du fait des conditions socio-économiques et de l’abandon manifeste affiché par Bamako à leur égard, tout cela a conduit à l’union des factions rebelles targuies contre les autorités maliennes.

Anonyme a dit…

Mon colonel,

Il ne fallait pas tripatouiller et les touaregs et AQMI. L'accord d'Alger c'est laisser la zone libre sans mainmise de l'autorité de l'état malien sur son territoire. On n'a vu ça nulle part. Alger a brûlé toutes ses cartes. ATT aussi. Vous nous avez mis la zone sens dessus-dessous. Emchi essrah.

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« La crise des Touareg nous menace »
l’expressiondz

lundi 5 mars 2012

Spécialiste des questions sécuritaires, le colonel à la retraite, Ben Djana Ben Amoueur a indiqué que la crise libyenne a accéléré le réveil de l’insurrection des Touareg. Dans cet entretien, il explique que la rébellion des Touareg est la conséquence directe du refus de Bamako de concrétiser l’Accord d’Alger sur le terrain.

L’Expression : Quelle lecture faite-vous du conflit opposant les autorités maliennes aux Touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) ?

Ben Djana Ben Amoueur : L’insurrection des Touareg, en sommeil depuis 2009, fait craindre le pire à Bamako. Mais aussi aux pays voisins qui sont envahis par de gros flux de réfugiés. Cette insurrection plongera encore plus les pays de Sahel dans l’instabilité. Donc, les affrontements qui se poursuivent, depuis le 17 janvier, n’augurent rien de bon pour toute la région sahélo-saharienne, déjà minée et rongée par l’activisme des groupes islamistes d’Aqmi et des réseaux de trafic. Pour ce qui est des facteurs fondamentaux ayant conduit à cette rébellion, la plus importante depuis 2009, je dirais qu’elle est, d’une part, le résultat du refus du Mali de concrétiser sur le terrain les clauses de l’Accord d’Alger, signé le 4 juillet 2006 entre les représentants de l’Etat malien et représentants de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, sous la médiation algérienne. Mais, hélas, Bamako n’a pas tenu ses engagements à l’égard des populations targuies qui vivent dans des conditions socioéconomiques critiques, bien que ces dernières n’ont pas cessé de rappeler les autorités maliennes au sujet de leurs promesses, inscrites dans le cadre de l’Accord d’Alger. D’autre part, il faut dire également que le retour de plusieurs centaines de Touareg de la Libye, après le chute du régime de Mouaâmar El Gueddafi a accéléré le réveil de l’insurrection des Touareg. Ceux qui sont revenus de Libye, ne sont pas des civils, sont des militaires, prêts à faire feu. Et quand ils sont arrivés chez eux, au nord du Mali, où leurs familles et tribus souffrent le martyre du fait des conditions socio-économiques et de l’abandon manifeste affiché par Bamako à leur égard, tout cela a conduit à l’union des factions rebelles targuies contre les autorités maliennes.

Anonyme a dit…

Suite
==

Pensez-vous que les autorités maliennes seront en mesure d’étouffer cette insurrection ?

Non. Je ne pense pas. Bien au contraire, la rébellion qui a éclaté au nord du Mali risque cette fois-ci de s’inscrire dans la durée et porter préjudice à la sécurité des pays voisins. Pire encore, le problème des Touareg au Mali ne date pas d’hier. C’est un problème posé juste après l’indépendance du Mali. Néanmoins, il a été souvent apaisé et atténué par les grands efforts consentis par l’Algérie. Un pays qui a, il est utile de le noter, servi de médiateur entre les Touareg et le pouvoir malien. Le refus du Mali de tenir ses engagements à l’égard des populations du Nord, comme le stipule l’Accord d’Alger est une preuve. Par ailleurs, il convient de souligner que les Touareg réclament aujourd’hui l’indépendance. Cela conduira dans le futur à une crise sous-régionale.

Comment expliquez-vous l’union des différentes factions touarègues ayant donné naissance au Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) ?

Les Touareg sont organisés en plusieurs entités politiques que l’administration coloniale française baptisa « confédérations », c’est-à-dire tribune. L’enracinement tribal et régional constitue l’élément prépondérant de chaque mouvement. De ce fait, la scène insurrectionnelle touarègue n’a pas cessé de s’émietter à la suite de querelles fratricides, ayant donné naissance à 4 mouvements défendant la cause touarègue au Mali (regroupés à l’origine en 1992 au sein du Mouvement et Front unifiés de l’Azawad (Mmfua). Néanmoins, cette union renaît, aujourd’hui, de ses cendres. Il ne s’agit pas d’un mouvement rebelle mené par un groupe isolé, manquant d’organisation. C’est un soulèvement insurrectionnel dirigé par le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla). C’est une formation politico-militaire née fin 2011 de la fusion de plusieurs factions de combattants touareg dont le Mouvement touareg du Nord-Mali (Mtnm) et le Mouvement national de l’Azawad (MNA), dont la majorité des combattants ont fait la Libye. A ces factions s’ajoutent également des rebelles touareg, natifs du Niger et de la Libye.

Anonyme a dit…

Suite
==

Pensez-vous que les autorités maliennes seront en mesure d’étouffer cette insurrection ?

Non. Je ne pense pas. Bien au contraire, la rébellion qui a éclaté au nord du Mali risque cette fois-ci de s’inscrire dans la durée et porter préjudice à la sécurité des pays voisins. Pire encore, le problème des Touareg au Mali ne date pas d’hier. C’est un problème posé juste après l’indépendance du Mali. Néanmoins, il a été souvent apaisé et atténué par les grands efforts consentis par l’Algérie. Un pays qui a, il est utile de le noter, servi de médiateur entre les Touareg et le pouvoir malien. Le refus du Mali de tenir ses engagements à l’égard des populations du Nord, comme le stipule l’Accord d’Alger est une preuve. Par ailleurs, il convient de souligner que les Touareg réclament aujourd’hui l’indépendance. Cela conduira dans le futur à une crise sous-régionale.

Comment expliquez-vous l’union des différentes factions touarègues ayant donné naissance au Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) ?

Les Touareg sont organisés en plusieurs entités politiques que l’administration coloniale française baptisa « confédérations », c’est-à-dire tribune. L’enracinement tribal et régional constitue l’élément prépondérant de chaque mouvement. De ce fait, la scène insurrectionnelle touarègue n’a pas cessé de s’émietter à la suite de querelles fratricides, ayant donné naissance à 4 mouvements défendant la cause touarègue au Mali (regroupés à l’origine en 1992 au sein du Mouvement et Front unifiés de l’Azawad (Mmfua). Néanmoins, cette union renaît, aujourd’hui, de ses cendres. Il ne s’agit pas d’un mouvement rebelle mené par un groupe isolé, manquant d’organisation. C’est un soulèvement insurrectionnel dirigé par le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla). C’est une formation politico-militaire née fin 2011 de la fusion de plusieurs factions de combattants touareg dont le Mouvement touareg du Nord-Mali (Mtnm) et le Mouvement national de l’Azawad (MNA), dont la majorité des combattants ont fait la Libye. A ces factions s’ajoutent également des rebelles touareg, natifs du Niger et de la Libye.

Anonyme a dit…

Couli my brother from Amerika,

Bizarre que tes beaux-parents balancent de l'eau et des vivres à la caserne de Tassalit, alors qu'ils n'ont jamais balancé une petite bombe quand AQMI nous attaquait. Une petite bombe sur la forêt de Wagadou aurait été nice. Donc ils étaient cu et chemise avec ATT, qui a toujours fermé les yeux sur AQMI, contre nous.

Anonyme a dit…

monsieur le Premier Ministre, avec tous mes respects,

Cela fait depuis 2004 qu'on en parle d'éradiquer le terrorisme islamiste. Cela fait 8 ans. personne ne bouge le petit doigt. Tout le monde savait que AQMI se construisait dans la forêt de Wagadou et ni le Mali, ni l'Algérie et ni les autres amis français et américains n'ont bougé le doigt. Tout le monde a plutôt regardé de l'autre côté. N'est-il pas un peu trop tard? C'était voulu ainsi non? qu'est-ce qui a changé maintenant?


Algérie - Aqmi
Algér appelle à "l'éradication" du terrorisme islamiste

Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia à l'aéroport d'Alger le 10 décembre 2011. © AFP Le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a affirmé la volonté des autorités algériennes de "combattre le terrorisme jusqu'à son éradication". Une déclaration qui intervient au lendemain d'un attentat contre la gendarmerie de Tamanrasset.

Au lendemain d'un attentat à la voiture piégée contre une brigade de gendarmerie à Tamanrasset (2 000 km au sud d'Alger), le Premier ministre algérien est monté dimanche au créneau pour incarner la fermeté face au terrorisme. Avec un choix des mots loin d'être anodin : l'Algérie est déterminée à « combattre le terrorisme jusqu'à son éradication », a déclaré Ahmed Ouyahia, qui se pose ainsi clairement en héritier spirituel des « éradicateurs » du djihadisme. Une tendance qui était notamment incarnée par le général Mohamed Lamari, ancien chef d'état-major de l'armée algérienne, décédé le 13 février dernier.

L'éradication du terrorisme est inéluctable, selon Ouyahia, « que l'appellation du groupe terroriste soit "Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)", "Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)" ou autre », a-t-il ajouté, en marge de l'ouverture de la session de printemps de l'Assemblée nationale.

Un "acte criminel condamnable"

L'attentat à la voiture piégée de samedi, perpétré contre la brigade de gendarmerie de Tamanrasset, a fait grand bruit car cette ville abrite le Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cemoc), crée en avril 2010 par l'Algérie, le Mali, Mauritanie et le Niger pour mieux lutter contre l'insécurité au Sahel. Et c'est aussi la première fois qu'un attentat à l'explosif est commis dans cette région d'Algérie, frontalière avec le Niger et le Mali. Preuve que le récent rapprochement des « pays du champs » et le renforcement de leur coopération contre Aqmi n'a pas laissé le groupe salafiste indifférent.

« Le terrorisme est un acte criminel condamnable, quelle que soit l'appellation de la partie ayant perpétré cet acte criminel à Tamanrasset », a martelé Ouyahia. L'attentat n'a heureusement pas fait de mort. Vingt-trois personnes ont été blessées : quinze gendarmes en poste, cinq éléments de la Protection civile et trois personnes qui étaient de passage au moment de la déflagration, qui ont été transportés à l'hôpital.

L'attentat a été revendiqué dans un message à l'AFP au Mali par le Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l'ouest (Mujao). Un groupe qui est apparu au grand jour en décembre 2011 en revendiquant l'enlèvement de trois Européens à Tindouf, dans l'ouest de l'Algérie, où est basé le mouvement indépendantiste sahraoui du Front Polisario.

(Avec AFP)