dimanche 18 novembre 2012

Mauritanie / Ghazouani : L’homme de l’ombre.

Le chef d’état-major de l’armée assure de facto l’intérim du président depuis «l’accident» de celui-ci à la mi-octobre. Portrait d’un général aussi secret qu’influent. Tenir le premier rôle, il s’en serait bien passé. Pourtant, à la demande du président mauritanien, en convalescence à Paris à l’heure où ces lignes sont écrites, le général de division Mohamed Ould Ghazouani, le très consensuel chef d’état major de l’armée, a dû prendre les choses en main. Juste après l’accident dont a été victime Mohamed Ould Abdelaziz, officiellement blessé par balle à l’abdomen à la suite d’une méprise d’un jeune lieutenant de l’armée de l’air, cet homme sorti de l’ombre a tout géré : l’allocution du ministre de la Communication, l’intervention d’ « Aziz » à la télévision, ainsi que son transfert en France. Depuis aucun intérim n’a été décrété, le Conseil des ministres a été reporté trois fois, mais, officiellement, le président est aux commandes. Le très secret Ould Ghazouani – il fuit la presse comme la peste – lui rendrait compte quotidiennement des affaires du pays. Il aurait également demandé à la garde nationale de patrouiller dans la capitale et de surveiller de près les hauts gradés et les personnalités en vue. Rien d’étonnant à cela : experts pour en avoir fomenté ou déjoué, mais au caractère diamétralement opposé – Aziz est réputé sanguin et Ould Ghazouani plus réfléchi -, le président et son chef d’état major se connaissent bien. Et se considèrent comme des frères. Ascension Originaire de la wilaya (région) de l’Assaba, dans le sud, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani, est le fils s’un chef spirituel de la tribu maraboutique Ideiboussat, des berbères à qui l’on prête des pouvoirs mystiques. Entre soufisme et commerce d’importation (change de devises, vente de véhicules, thé, céréales…), ils ont acquis une grande - mais discrète - influence dans le pays. Ould Ghazouani par ailleurs bon connaisseur de la carte tribale mauritanienne, est à leur image : respecté (on ne lui connaît pas d’ennemi, chose rare à Nouakchott) et réservé. En 1980, il s’inscrit à la prestigieuse académie de Meknès. Il y rencontre…un certain Mohamed Ould Abdelaziz, qui a alors 22 ans. Leur formation terminée, ils sont promus lieunants. Ghazouani multiplie alors les poste à l’état major et les stages à l’étranger, en Syrie et en Jordanie surtout. Devenu commandant, il prend, en 2003, la tête de l’ultrasensible bataillon blindé (BB). Le 8 juin 2003, lors de la tentative sanglante de putsch, contre Maaouiya Ould Taya, perpétrée par ce qui allait devenir la rébellion des «Cavaliers du changement», Ould Ghazouani est en stage en Jordanie. Deux ans plus tard, désormais colonel, il se voit confier le deuxième bureau (renseignements militaires) de l’état major de l’armée nationale. Le 3 août 2005, il est le véritable artisan du putsch contre Ould Taya, aux côtés d’Aziz, et remplace Ely Ould Mohamed Vall à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Son rôle est alors déterminant à la tête du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), ainsi que dans l’élection de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, en 2007. La même année, Ould Ghazouani est promu général, Aziz, alors commandant du Bataillon pour la sécurité présidentielle (Basep), ayant usé de son influence auprès de «Sidi». En avr 2008, il est nommé à la tête de l’état major de l’armée. A la mi-juillet 2008, Mohamed Ould Ghazouani est en tournée à l’intérieur du pays pour s’assurer de la loyauté des militaires. Le 6 août, aux alentours de 7 heures du matin il apprend par téléphone qu’il a été limogé par décret, puis, dans un deuxième temps, que son inséparable camarade Aziz a pris le pouvoir en déposant Sidi. Rentré deux jours plus tard à Nouakchott, il va s’atteler à une autre tâche : convaincre l’opinion internationale, qui rejette le putsch. Après une première visite à Alger -un échec-, il se rend au début de 2009 à Paris, où il est reçu au ministère de la Défense. Il aurait été introduit auprès de Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée par le très influent homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, aujourd’hui en exil au Maroc après sa brouille avec Aziz. Alors que Sidi prônait le dialogue avec les islamistes radicaux, Ould Ghazouani promet de fournir aux Occidentaux des informations précieuses sur Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Le 18 juillet 2009 Aziz est élu président avec 52,7% des voix et se refait ainsi une virginité. Il a désormais le soutien de la France. Réseau Depuis 2009, Ould Ghazouani dirige le Conseil supérieur de la défense nationale, avatar du Haut Conseil d’Etat, la junte créée par Aziz après son putsch puis dissoute au lendemain de son élection. Devenu le général le plus gradé de l’armée il est le missi dominici d’Aziz, notamment en France. Son réseau est extrêmement vaste que ce soit au sein de l’opposition (Mohamed Mahmoud Ould Ghazouani, membre influent d’obédience islamiste est son cousin germain), du parti présidentiel (Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lémine, président de l’Union pour la République, est également son cousin), de l’administration ou de l’armée. Sur sa vie privée, on ne sait rien, sinon qu’il est marié à Marieme Mint Mohamed Vadhel, conseillère à l’ambassade de Mauritanie à Washington. «Il a prouvé qu’il est loyal, il ne déposera pas Aziz, commente un observateur mauritanien. Il veut les avantages du pouvoir sans les inconvénients. Il a hâte de reprendre sa place. » Mais pour le moment, la date du retour d’Aziz à Nouakchott n’est pas fixée. Justine Spiegel Source : Jeune Afrique

10 commentaires:

maatala a dit…

salam


Mohamed Ould Abdell Aziz en France : Qui s’occupe de lui? Qui organise ses contacts officiels... ?






Depuis près d’un mois les informations en provenance de Paris sont l’objet de l’intérêt de tous les mauritaniens. Depuis qu’il a été admis à Percy à la suite de la balle reçue « par erreur » le 13 octobre dernier, Mohamed Ould Abdel Aziz et sa santé en particulier font le buzz dans les discussions, les sites et les forums mauritaniens.

Nous avons-nous aussi tenté de percer le mystère en nous rendant à Paris car à Nouakchott. Ceux qui auraient du tout savoir, semblent tout ignorer de l’état de santé du président et surtout, quand il pourrait rentrerait au pays.

En attendant certes les ministres et la petite administration continuent de vaquer à leurs occupations mais l’inquiétude est palpable. Et cette situation d’incertitude sur l’avenir du pays commence à faire de l’effet. Les investisseurs étrangers commencent à ronger leur frein, certains projets sont mis en veilleuses car les affaires s’accommodent peu de l’incertitude.

Bien entendu le manque d’informations fiables, passant par les canaux habituels fait prospérer les rumeurs. Et il ne se passe un jour qui n’apporte pas son lot de « mauvaises » nouvelles. Tantôt le président est plus gravement atteint qu’on aurait pu le penser au premier moment et il pourrait ne pas rentrer de sitôt, tantôt le président a perdu le pouvoir et on ne sait plus qui le contrôle réellement, tantôt le président est l’otage des services français et israéliens qui ne savent plus quoi en faire.

maatala a dit…

L’ambassade hors jeu

En tout cas ici à Paris, on a encore moins de nouvelles du président qu’à Nouakchott. L’ambassade de Mauritanie à Paris est quasiment vide et ignore tout du président. Le nouvel ambassadeur n’a pas encore présenté ses lettres de créance, le comptable a été remplacé et sa passation a fait l’objet d’une mise en demeure de l’inspection des finances pour le remboursement de plus de cent millions d’ouguiyas dépensées indûment ces dernières semaines (officiellement en relation avec la présence du président sur le sol français).

Le nouvel attaché militaire n’à pas encore lui aussi pris fonction et l’ancien chargé d’affaire avait été envoyé à Londres d’où il avait été appelé dans l’urgence pour parer au plus pressé. Et pour compliquer le tout le directeur de cabinet, le directeur du protocole, l’aide de camps et les conseillers ont tous été renvoyés manu militari à Nouakchott. Mais alors qui s’occupe du président ?

Pourquoi ce n’est pas l’état mauritanien qui s’occupe de ses soins et de ses contacts informels et officiels. Qui organise ses rendez vous ? Qui décident des personnes qu’il doit rencontrer ou non ? Qui filtre ses visiteurs ? Qui s’occupe de sa Communication ? Qui s’occupe de régler ses dépenses ? Ce désaveu des ses collaborateurs n’est il pas le signe annonciateur d’un véritable Tsunami qui va balayer la présidence ?

On dit que le directeur de cabinet et les deux conseillers qui l’ont accompagné pourraient en faire les frais. En tout état de cause, ceux qui décident de la communication semblent avoir opté pour la politique des coups de fils bien choisis pour distiller les « bonnes «nouvelles du président. Mais qui appeler ?

Remarquons que les trois grands pôles politiques sont actuellement dirigés par des hommes qui avaient, à l’époque, fait allégeance à l’ancien dirigeant libyen Mouammar Khaddafi au cours d’une cérémonie « épique » à l’époque savamment utilisées par la propagande libyenne.

Il s’agit bien sûr de Saleh Ould Hanena président de la COD, d’Ethmane Ould Ebou Maaly président de la coalition des partis de la majorité présidentielle et Abdesselam Ould Horma président de la CAP Coalition pour une alternance pacifique. Reste bien entendu Messoud Ould Boulkheir, le leader charismatique d’El Hor et président de l’Assemblée Nationale qui est un homme dont la crédibilité ne pourrait être mise en cause. Mais Mohamed El Hacen Ould Deddew, à quel titre reçoit-il une communication du président ? Qui a décidé d’en faire la publicité ?

maatala a dit…

Et surtout les autres érudits mauritaniens ont-ils reçu le même coup de fil ? C’est dire qu’on évolue en plein brouillard avec l’impression d’une communication totalement improvisée et qui réagit au coup par coup. Ainsi pourquoi avoir privilégier une photo avec le professeur plutôt qu’un bulletin médical détaillé signé de lui ? Mystère ! Pourquoi garder secrète le lieu de convalescence dès lors que seules les personnes montrant patte blanche, pourraient y accéder ?

Pour notre part, nous avons tenté de contacter le président ou tout le moins d’avoir ses nouvelles par un canal fiable. Et l’ambassadeur Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil après nos messages répétés nous appelé pour nous signifier que le président se portait bien, qu’ils ne se trouvaient pas à Paris et que le temps était trop court pour organiser une rencontre et qu’il allait rentrer incessamment au pays.

Par ailleurs nous avons appris qu’il avait rendez vous le 22 avec ses médecins et que c’est seulement après ce rendez vous que la date de son retour sera arrêtée. Entre temps il pourrait avoir un rendez vous avec une importante personnalité française.

En attendant le retour qui pourrait selon différentes sources avoir lieu avant le 28 Novembre, les mauritaniens s’adonnent à leur sport favori, la rumeur. Tout le monde s’improvise chirurgien Gastro-entérologue, expert en balistique, constitutionnaliste et bien entendu politologue.

En attendant la guerre psychologique bas son plein. Les adversaires du régime sont à l’affût de la moindre information qu’ils pourraient utiliser pour réaliser leurs desseins alors que ses thuriféraires sont exactement dans la démarche inverse certes, le plus souvent, avec moins de bonheur.

MSS

Anonyme a dit…

Les mauritaniennes et les mauritaniens exigent les bulletins de sante' des dirigeants de l'opposition!!!

Anonyme a dit…

GHAZOUANI N'EST AUTRE CHOSE Q'UN MARABOUT,ON CONNAIS CES GENS LA.

LE PRESI SERA DE RETOURE BIENTOT POUR FAIRE UN PEU LE MENAGE

Anonyme a dit…

J'etais tres content de voir le President Mohamed Ould Abdel Aziz s'exprimer sur France 24. Je lui souhaite un tres bon retour dans notre Mauritanie bien aime'e!!! Il est encore un peu fatigue', je lui conseille donc de continuer a' se reposer a' Nouakchott. Sa sante' mentale est excellente!!!! Je partage a' 100% tout ce qu'il a dit a' propos du Mali!!!!
Tekeyber,just stay strong and take a good care of our President!

Anonyme a dit…

Mais, mon ami Jeune Afrique ne pige encore rien dans cette société, on doit désormais le nommer vieux Afrique. Gazwani est marabout qui ne veux pas mourir d'une manière affreuse car il sait parfaitement qu'il ne peut pas duré, mais toutefois il cherche à rester le plus long possible un décor au top avec son réseau de liens en amont et en aval bénéficiant de tous les avantages imaginaires et possibles.

Anonyme a dit…

Des "officiers dits libres" revendiqueraient l'attentat contre Aziz,selon Elhourrya.net,une piste de plus.

Anonyme a dit…

Ano,

On s'en sort plus avec toutes ces theses. Accident, maitress et maintanant des officiers libres.

Anonyme a dit…

Salam

Le Conducator Kim Jon AZ a dit:

"Citoyens, Citoyennes,
La fête de l’indépendance revêt pour chaque nation et chaque société une importance particulière en raison de la charge symbolique qu’elle représente pour la mémoire collective.

Il s’agit effectivement d’une grandiose occasion que doit marquer chaque membre de notre société en considération du rôle que nos martyrs ont joué, ces héros de la résistance nationale qui se sont sacrifiés sur l’autel de la libération et de l’indépendance de notre cher pays."

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Quels martyres?

Il confond colabos et FLN,

Vite des noms de ces pseudos martyres.......

Vive les 52 ans de gâchis

Vivement la fin de l'indépendance dit le fou

maatala