Un groupe d'amis qui partagent certaines idées. C'est aussi simple que ça. Ces idées sont assez utopiques : croire en la possibilité d'avoir un pays libre, démocratique, prospère, uni dans lequel chacun, d'où qu'il vienne, aura droit de cité. Un pays où la corruption, le vol du bien public, le clientélisme seront ce qu'ils sont ailleurs : des délits et des crimes. Personne ne cherche à imposer ses points de vue, mais personne n'accepte de céder la moindre parcelle de sa liberté.
samedi 21 janvier 2012
2012 : Année de toutes les menaces en Mauritanie
Que nous réserve l’année qui vient de pointer à l’horizon ? Difficile de répondre avec exactitude à cette interrogation mais des indicateurs laissent croire que 2012 ne sera pas une année de calme plat pour la Mauritanie. Plusieurs défis pointent à l’horizon.
Il y a d’abord le contexte mondial difficile marqué notamment par la crise financière internationale, la flambée des prix des denrées alimentaires, la hausse des prix des produits énergétiques (gasoil, essence, gaz butane). Un contexte défavorable qui risque de limiter les effets des politiques initiées par le gouvernement en vue d’améliorer les conditions des populations.
Il y a également le grand défi dû au déficit pluviométrique préoccupant enregistré cette année dans notre pays. Avec ce manque de pluie, le risque de famine est bien réel. Notre pays est cité dans un rapport publié en janvier dernier par l´Organisation des Nations Unies, par les Etats les plus menacés par une crise alimentaire.
Déjà, le monde rural commence à donner des signes de frénésie et les populations fon montre de grise mine. Certes les pouvoirs publics ont concocté un plan d’urgence dit Espoir 2012, pour atténuer les effets pervers de ce manque d’eau mais bien d’acteurs politiques et d’observateurs se montrent sceptiques quant à son efficacité. De fait, il nous faut beaucoup plus que la distribution, même gratuite de quelques kilogrammes de blé, de dattes ou de litres d’huile.
Le troisième grand défi auquel fait face la Mauritanie en cette année 2012, c’est la menace sécuritaire. Certes le pays est confrontée depuis quelques années aux mêmes menaces sécuritaires que ses voisins mais depuis peu son territoire est devenu à la fois le lieu de recrutement et la cible de Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
En effet comme l’explique la consultante en sécurité internationale et défense, madame Laurence Aïda Ammour, « trente à quarante Mauritaniens seraient passés par les camps d’AQMI en Algérie et dans le nord du Mali.
Le pays a également subi de nombreuses pertes depuis 2005 : sur quinze attaques menées dans le Sahara-Sahel, neuf ont eu lieu sur son sol. Ce pays et son armée sont particulièrement visés par les katiba de deux émirs algériens : Mokhtar Belmokhtar et l’intransigeant Abdelhamid Abou Zeid ». Cette menace a pris un nouveau tournant depuis que les terroristes ont kidnappé le jeune gendarme mauritanien en poste à Adel Bagrou.
Le pays est désormais en guerre permanente avec ces terroristes qui guettent la moindre inattention pour frapper fort cette armée mauritanienne qui lui a fait subir ces derniers temps de cuisants revers. Cette vigilance en permanence a un coût financier énorme et difficilement soutenable pour le pays.
Autre risque qui guette la Mauritanie, c’est l’atmosphère particulièrement tendue du paysage politique. En effet, rien ne va plus entre le pouvoir et l’opposition radicale. Présentement en tournée dans les régions orientales du pays (Assaba et les deux Hodhs), les chefs de file de cette opposition vouent aux gémonies le régime accusé d’être à l’origine de tous les maux dont souffre le pays.
Ces mêmes leaders ne cachent guère leur intention de déboulonner le président Mohamed Ould Abdel Aziz, quitte à faire recours à la violence. D’ailleurs, certains d’entre eux n’hésitent pas à se dire prêt à soutenir toute tentative de prise de pouvoir par la force. Autant dire qu’ils encouragent un énième coup d’état.
Ces tirs croisés ne viennent pas seulement que des politiques, d’autres forces également notamment de la société civile à l’image du mouvement IRA ou encore TPMN (Touche pas à ma nationalité) se joignent à ce mouvement de contestation sans compter les jeunes du 25 février qui promettent de déloger le régime en place.
A l’avant-garde de cette guerre contre le pouvoir, se place les Islamistes du parti Tewassoul qui ne ratent plus une occasion pour tirer à boulet rouge sur le pouvoir en place. La récente fatwa du Cheikh Mohamed El Hassen Ould Deddew appelant à la désobéissance civile qui vient après la sortie de l’un des idéologues du courant islamiste en l’occurrence Mohamed El Moctar Chiguitty, n’est pas fortuite.
Face à tant de dangers et de menaces, l’espoir né au lendemain de la signature entre les partis politiques participationnistes au dialogue de l’accord politique risque de fondre comme boule de neige au soleil… !
La Rédaction
Source : Le Véridique (Mauritanie
Inscription à :
Messages (Atom)