dimanche 28 avril 2013

la ligue islamique noir

J’ai hésité pendant longtemps d’écrire sur ce sujet mais, je n’arrivais pas à le faire parce que je me disais étant musulman, arabophone de formation, je ne dois pas écrire sur ce qui pourrait être ressenti comme source de division entre les musulmans.

Mais, ce qui se passe aujourd’hui au Mali m’oblige humainement, intellectuellement, moralement et religieusement de le faire pour donner mon idée et inviter les musulmans à prendre conscience d’une certaine instrumentalisation de l’Islam qui se fait en leur nom.

Les Noirs de cette région sont devenus musulmans depuis le 11ème siècle. L’histoire nous enseigne que Waar Jaabi N’diaye, est le premier roi noir à embrasser cette religion à cette date.

Nous savons aussi qu’Askia Mohamed est parti au pèlerinage à la Mecque au 14 ème siècle avec plusieurs centaines de ses sujets, amenant avec lui des tonnes et des tonnes d’or. L’Islam a marqué cette partie du monde. La Mosquée de Djenne, construite en 1280 est là pour témoigner la date lointaine de cet Islam. Dans l’histoire la plus récente, les conflits religieux qui ont eu lieu entre les Oumariens, les Macinankove, et les Kounta, dénote d’un passé islamique qui n’est ni politique, ni idéologique, ni raciste à plus forte raison banditisme et trafic.

S’il y a un endroit où le Jihad est nécessaire ce n’est pas ici. Que ces « islamistes » sachent, s’ils ne le savent déjà pas, qu’au Maroc à Casablanca précisément, il y a des hôtels de prostituées, dont l’hôtel Mamoura où les filles sont exposées et parfois toutes nues. Il suffit de payer quelques dinars pour en choisir une.
Pourquoi ne pas aller là-bas, faire le Jihad ?
En Tunisie il y a des hôtels similaires où un musulman paie un dinar, un non musulman paie deux dinars ; la religion du client, reconnu par son sexe circoncis ou non étant le critère de cette tarification. Là on oublie que les juifs sont circoncis.
Pourquoi ne pas aller là-bas, faire le Jihad ?
En Libye, on sait que les animaux domestiques servent d’objets sexuels, les grands-mères chargées d’éduquer sexuellement les garçons et d’initier leurs petits enfants, parce qu’elles ne risquent pas de tomber enceintes.
Pourquoi ne pas aller là-bas, faire le Jihad ?
Si c’est vraiment pour l’Islam, il y a des choses à faire dans le monde arabe. Mais, non ! Comme aux yeux des Arabes, un noir est « abd », c'est-à-dire esclave et le Mali est un pays faible, habité majoritairement par les Noirs, il faut l’utiliser comme terrain pour appliquer le Salafisme, d’Ibnou Taymiyya, de Mohamed Abdul Wahab et celui de
Hasnou Albanna.
Sur ce, il faut monter la minorité blanche des Touaregs contre leurs compatriotes Bambara, Peul, Sonrhaï, Soninkés, Dogon et autres. Au lieu d’aller au Mali et faire revivre l’esclavage arabe comme au moyen âge, pourquoi ne pas répandre l’Islam aux non musulmans au Liban, en Syrie, en Palestine, en Irak, en Tunisie, au Maroc. Mais non, ceux là sont Arabes, ils méritent du respect.

D’ailleurs, les Chrétiens Libanais très bien introduits en Afrique, ne respectent pas non plus les Noirs, immigrés chez eux, un autre sujet. Pourquoi ils ne vont pas voiler les femmes journalistes d’Aljazeera, au lieu de vouloir le faire aux femmes noires Maliennes.

Non ce n’est pas pour l’Islam, c’est par mépris, haine et racisme vis-à-vis de la femme et de l’homme noirs. Un racisme que vivent tous les non Arabes, vivant avec eux, Kurdes, Arméniens, Amazigh, Afars, Peuls, Wolof, Soninkés et Bambara en savent quelque chose.

Ce qu’ils ont réussi au Soudan, arabiser des noirs et continuer à les appeler Abid, kahlouche, gurigura et autres appellations dévalorisantes et considérer ces derniers comme des sous-hommes, les Noirs vivant dans le monde Arabe le subissent quotidiennement, ils veulent le faire au Mali, au Niger, en Mauritanie et au Tchad. Pour eux cette colonisation culturelle qu’ils ont réussie au Soudan, à travers l’Islam doit être généralisée partout en Afrique noire. C’est la même politique qu’ils mènent en Somalie.
Que dit le Coran sur ce sujet :
Dans souratou Bagara ayat 256 « Il n’y a pas d’obligation dans l’Islam, la vérité apparait »

Pourquoi donc ces gens veulent inventer un autre Islam qui ne découle ni du Coran ni de la Sonna. Pourquoi s’improvisent-ils prophètes ? Pourquoi veulent-ils remplacer Dieu sur terre ? Allah détient ses paradis et ses enfers, seul lui sait qui y est destiné !

Dans souratou Nissa ayat 93 « Celui qui tue un croyant intentionnellement et sans raison, aura comme récompense l’enfer Jahannama »

Dans souratou Nahli « Si Dieu voulait, il ferait de vous un seul peuple, mais, il rend ignorant celui qu’il veut et met sur le bon chemin celui qu’il veut. »

Ces trois ayats nous montrent le non fondement islamique de ce Jihad au
Mali.
Pour ces gens il faut passer par l’Algérie et par la Mauritanie pour occuper l’Afrique noire par la religion musulmane qui, est devenue une arme dont ils se servent différemment, selon le lieu et le peuple. La politique de ces deux pays vis-à-vis de ce conflit malien confirme mes propos. Sinon, comment imaginer que l’Algérie qui, des années durant a combattu les islamistes chez lui, refuse ce même droit au peuple malien.

L’Algérie qui ne veut dialoguer ni avec le G I A, ni avec le F I S, qui sont des Algériens, comment les autorités de ce pays maghrébin demandent aux autorités Maliennes de dialoguer avec des étrangers, qui envahissent leur propre pays avec la complicité de nationaux Touaregs ?

Quant au système Beïdane Mauritanien, il est resté égal à lui-même, il ne cache pas son hostilité vis-à-vis des Noirs. D’ailleurs c’est le seul pays au monde où l’homme noir peut être encore vendu, acheté, donné, prêté et castré par les Maures au nom de la tradition arabe justifiée par l’Islam. Est-ce que le jihad ne s’impose pas ici ?

De 1975 jusqu'à nos jours, les consulats Mauritaniens livrent des nationalités et des cartes consulaires aux Touaregs maliens et nigériens mais en même temps, ce système Beïdane déporte ses citoyens noirs mauritaniens, vers le Mali et vers le Sénégal en 1989, après en avoir tué des centaines en prison et en avoir exécuté sommairement dans les villages tout au long du fleuve Sénégal : civiles, militaires, gardes ou gendarmes noirs sous le pouvoir de Muawiya Old Taya.

Comme chaque Beïdane doit laisser sa marque de fabrique du système basé sur l’exclusion, le racisme et sur l’esclavage, Mohamed Ould Abdoul Aziz, qui dirige actuellement ce pays, a inventé l’enrôlement, sa méthode pour diminuer le nombre de Noirs dans ce pays. Pour ce faire, on refuse de recenser les Noirs mauritaniens, mais en même temps on emmène des Sahraouis et des Touaregs et on leur donne la nationalité mauritanienne.

Tout ça, c’est parce qu’en 1989 l’O.M.S (Organisation Mondiale de la Santé), pour des raisons sanitaires avait fait des études démographiques pour la ville de Nouakchott : ces études ont révélé que le nombre de Maures blancs dans la capitale Mauritanienne Nouakchott est de 18%. Imaginez leur nombre ailleurs dans d’autres grandes villes en Mauritanie !

Furieux de ces résultats, le sanguinaire Mouawiya Ould Sidi Ahmed Taya déchira ces études en plein conseil des ministres. Parce que ces études ne voulaient pas cautionner des idées reçues, qui fait des Maures les majoritaires dans ce pays. Donc, en Mauritanie tous les moyens sont bons pour gonfler le poids numérique de ceux qui se disent Arabes. Malheureusement pour eux, que Beaucoup de Harratins se rendent compte aujourd’hui qu’ils sont Africains Noirs, fiers d’être Africains, pas d’être Arabes.

En faisant tout ça, le système Beïdane n’arrive pas à renverser la tendance démographique. Ils continuent par contre de garder jalousement le pouvoir politique et économique de ce pays et en exclure les Noirs.

C’est justement ce système Beïdane qui depuis des années participe à la manipulation de Touaregs maliens, les poussant à la révolte contre le pouvoir central de Bamako. Ils les ont hébergés, entrainés, armés, aidés à justifier l’injustifiable qui est l’indépendance de l’Azawad. Au même moment, ils refusent aux Noirs mauritaniens rien que leur nationalité mauritanienne et fait d’eux des étrangers dans leur propre pays.

Frères Touaregs, ressaisissez-vous, ne tombez pas dans les pièges de ce soit disant monde Arabe qui, vous opprime en Algérie, en Libye et en Mauritanie. Réconciliez avec vos frères Maliens. Vous êtes Africains, soyez fières de l’être. Il ne sert à rien de vouloir être ce qu’on ne sera jamais.

Il ne faut pas que vous mourriez dans un combat qui, n’est pas le vôtre, un combat qui vise à arabiser le monde. Touareg, ne veut pas dire Arabe, Arabe ne veut pas dire Touareg. D’ailleurs, vous êtes tellement différents que vous les hommes Touaregs, vous êtes voilés par vos femmes, tandis que chez les Arabes c’est l’homme qui, voile la femme. Par ailleurs, la langue touareg n’est pas écrite en alphabet arabe.

Les événements de ces derniers jours montrent qu’on vous a sacrifiés, votre combat qui, pouvait être noble et réalisable est devenu farfelu, parce que tâché par des mains étrangères et du terrorisme. Ce que je dis est tellement vrai que le monde Arabe est divisé entre ceux qui soutenaient ces bandits et ceux qui sympathisaient avec eux. Voyons les réactions de certains dirigeants de ce pays :

La Tunisie dit être hostile à cette intervention française, alors qu’avant cette intervention française, la Tunisie n’avait à aucun moment dénoncé ces actes inhumains que pratiquaient Mujao, Aqmi, et Ansaroudine, des actes qui faisaient vivre l’enfer au peuple Malien du nord.

Son ministre des affaires étrangères Rafik Abdessalem dit préférer que les problèmes africains soient réglés par les Africains. Si on le suit dans sa logique, pourquoi la Tunisie se mêle des problèmes asiatiques, pourquoi elle ne laisse pas les problèmes palestiniens être réglé par les asiatiques ?
Pourquoi ces deux poids, deux mesures ?
Son président lui dit préférer une solution politique ; pourquoi Mr Moncef n’avait pas proposé cette solution politique quand les innocents Maliens vivaient la lapidation, le viol de femmes, les mutilations... Pourquoi il ne l’avait pas fait quand ce peuple vivait une occupation dans son propre pays ?

Le premier ministre Qatari Cheikh Hamad Ben Jassen Al Thani affirme que la force ne réglera pas ces problèmes, alors que depuis 1945, le monde Arabe dont le Qatar aide la Palestine à régler son problème politique par la force et que tout le monde sait la position raciste et tendancieuse qu’avait ce pays et les relations qu’il avait avec ces terroristes. Le monde est loin d’ignorer son rôle à travers ses fausses organisations humanitaires.

Le Président Egyptien, Mohamed Moursi, lui n’a même pas hésité : il a simplement et ouvertement soutenu ces trafiquants de drogues, lui qui se dit musulman, ayant l’objectif de montrer un bon exemple d’un gouvernement islamique. Quel Islam l’a servi de lanterne ? Quel verset coranique sur lequel il s’est appuyé pour justifier ces injustices ? Par quel hadith il argumenterait pour légaliser ces pratiques ? A-t-il oublié la charia, Malikite, Hanbalite, chaféite ou hanafite ?

Malheureusement que le disciple de Hasan Al banna ne voit dans l’Islam que ce qui arrange le monde et la culture arabe. Son Islam, comme tout frère musulman est une politique d’arabisation le monde.

Quant à l’organisation de la coopération islamique, sensée appartenir à tous les Musulmans, elle demande un cessez le feu et critique l’intervention serval, alors que pendant 10 mois, ces Islamistes violaient les femmes, coupaient les mains des citoyens maliens musulmans, déterraient des saints. Jamais cette organisation n’avait dit un seul mot sur ces crimes. Ont-ils oublié le hadiths du prophète Mohamed : les être humains sont égaux comme les dents de un peigne, le meilleur d’entre eux est le plus pieux. Paix à son âme.

Les autres organisations islamiques, comme la Ligue islamique et la conférence islamique qui depuis presque 40 ans mobilisent toute l’Afrique, même celle non musulmane autour de la cause arabe et palestinienne n’ont dit aucun mot. Ce silence nous suffit en tant qu’Africains pour savoir que ces organisations ne nous servent pas les non Arabes.

A aucun moment ces organisations n’ont dit aucun mot sur les calvaires des noirs, plus particulièrement en Mauritanie et au Darfour, pourtant tous musulmans. Ne parlons même pas de problèmes concernant le Soudan Chrétien. Alors que tous les jours, ils nous impliquent d’avantage dans les problèmes Palestino- Israéliens en leur faveur. En me basant sur ces faits, j’appelle vivement le monde noir à créer sa propre organisation islamique qui se nommerait La Ligue Islamique pour le Monde Noir. Comme :
Nous ne pratiquons pas le même Islam.
Notre Islam, nous Africains est marqué par notre passé, lié à nos histoires et à nos cultures africaines, les cultures qu’ils ne considèrent pas et ils ne respectent pas. Nous vivons au milieu de nos sorciers et de nos féticheurs qui, font partie de nous. Qu’on les croit ou non, ils sont à respecter. Nos traditionalistes « animistes » et nos frères chrétiens font partie de nous. Nous leur devons du respect.

Nous n’avons pas les mêmes problèmes avec l’Occident pour les combattre de la même façon que les Salafistes. Le problème Palestinien, si juste soit-il n’est pas le nôtre.  Ces deux derniers points semblent aujourd’hui être la base de l’Islam. Le Coran, le Charia et les Hadiths sont mis à côté. Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’arabité de l’Islam aux yeux du monde arabe. Ce qu’on enseigne aux jeunes dans les quartiers difficiles c’est le voile et le halal, deux choses qui n’ont rien avoir avec l’Islam. Ils ne figurent ni sur les piliers de l’Islam, ni sur la foi Islamique. Des choses inventées pour arabiser les musulmans non arabes. Tout le monde le sait et personne n’ose en parler ouvertement.

Une fois notre Ligue créée, nous pourrons enseigner à nos peuples Africains le Coran, la loi Islamique et la Sounna du Prophète Aleyhissalam. Nous pourrons aussi contrôler nos mosquées et enseigner à nos enfants, la vraie histoire islamique et notre vraie histoire Africaine, liée ou non liée avec la religion.

Ce n’est pas après treize siècles de pratiques islamiques qu’on nous invente un autre Islam. Nous maitrisons très bien le Coran et ses règles des Warchi et de Qalouna. Aujourd’hui l’un des quatre meilleurs juristes de la récitation du Coran dans le monde est un Peul. Donc, comment je pourrais croire à Alqardaoui qui professe que l’Islam et l’Arabe sont de paire.

Est-ce à dire que tout musulman doit être Arabe. Pour moi, c’est une façon de nous coloniser culturellement. Comme en France, où depuis 1905, l’Eglise et l’Etat sont séparés, il faut que l’on arrive à séparer l’Islam et l’Arabité et faire la différence entre la religion et la politique. L’islam n’a pas besoin des rajouts. Le pays maghrébin dont je salue la position par rapport à l’Afrique noire est le Maroc. Ce pays mérite de notre part un respect, tant qu’il nous respecte.

Pour qu’il y ait des rapports respectueux dans cette région, Le Nigéria, le Tchad, le Niger, le Burkina, le Mali et le Sénégal doivent être forts et prendre leur responsabilité devant l’histoire pour la dignité et la fierté de ce continent. Ils doivent être épaulés par d’autre pays Africains dont, je salue la position sur ce problème Malien qui, touche tous les Africains.

L’autre point important pour moi, est celui de certains frères maliens, de culture Bambara qui, il faut le dire, ont des positions dures et très dures envers ceux qui n’ont pas le Bambara comme langue maternelle. Quand on dit à quelqu’un qui est Malien qui est venu retirer son billet dans une agence à Bamako, que s’il ne parle pas le Bambara, on ne le sert pas, c’est très grave. Un touareg est malien, un Dogon est malin, un Soninké est malien, un peul est malien...
Bamako est leur Capitale.
Depuis le début du monde nous vivons ensemble avec nos différentes langues et nos différentes cultures. Cet héritage doit être respecté. Si quelqu’un ne parle pas ta langue, essaye de le comprendre, pas le rejeter, sinon, c’est une bombe pour l’unité de notre continent. D’ailleurs, tous les Etats africains doivent faire très attention sur ce sujet.

Je dois, remercier vivement la France pour avoir aidé à chasser ces terroristes, dont le seul objectif était d’expérimenter des idées néfastes qui, n’ont rien à voir avec l’Islam. Reste maintenant de revoir les relations qui nous lient avec ce pays ancien colonisateur qui est la France. Nous Africains, nous ne devons pas rester sur le passé colonial qui est certainement très douloureux mais, il faut avancer. Nous devons faire un pas et la France un pas, ce qui fera de nos rapports, des rapports gagnant/gagnant.

A mon avis ce que la France doit faire premièrement c’est d’arrêter d’aider des systèmes dictatoriaux ou racistes en Afrique, comme ce système Beïdane installé en Mauritanie par la France et d’autres dictateurs en Afrique noire. Nos rapports culturels et économiques avec la France doivent être plus humains et plus équilibrés. A mon avis une fois que ces trois conditions sont remplies les africains Francophones n’auront pas besoin d’aller ni en Chine ni en inde ou ailleurs.

Je profite de cette occasion pour remercier les pays occidentaux, des pays qui nous protègent en tant que refugiés et heureusement pour nous Africains que ces pays là existent. On peut critiquer ces pays et dire d’eux ce qu’on veut mais, objectivement parlant, il y a un respect humain et de la tolérance.
Cheikh Oumar Ba

jeudi 25 avril 2013

Les FLAM, 30 ans après : Retour au pays natal ?


 

Cela fait 30 ans que les Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM) ont vu le jour à Nouakchott. Ils  publièrent  3 ans après cette naissance,  le Manifeste des Négros Mauritaniens Opprimés. Cette publication dont l’objectif était la dénonciation de la mise en place d’un système de domination des Arabo berbères sur le reste de la population Noire, conduira avec la tentative de coup d’état de 1987 (par des officiers noirs),  à la répression sanglante, à la déportation, à l’emprisonnement et à l’ assassinats de certains des leurs.

Les FLAM mèneront de l’étranger un combat sans merci contre le pouvoir de Maaouiya Ould Sidi Ahmed  Taya et contre ce qu’ils ont appelé un système d’apartheid Beydane.

Ould Taya sera déchu du pouvoir  le 3 Aout 2005 par son directeur de sureté (Ely  Ould Mohamed Vall) et son chef de la garde présidentielle (Ould Abdel Aziz, ce dernier est le président en exercice suite à un second coup d’état) à la surprise générale suite à un coup d’état.

Suite à ces changements et transitions, le mouvement des  FLAM y voit une opportunité de retour en Mauritanie. Mais très rapidement deux tendances voient le jour, à savoir ceux qui veulent rentrer dans la foulée et peser sur la redéfinition de l’échiquier politique et une autre frange qui veut  observer le climat politique avant un éventuel retour.

Ce sont ces derniers qui aujourd’hui, mettent en place une stratégie de retour « graduel et contrôlé » dont on verra l’effectivité, à en croire M Mamadou Abdoul Sow d’ici l’été 2013.

Ce redéploiement suscite beaucoup d’interrogations quant aux moyens de financement de ce retour, mais aussi sur les potentielles alliances politiques au niveau national. Pour rappel, la première  tendance (nommée FLAM /RENOVATION)  qui est rentrée au lendemain de la première transition s’est  alliée avec  le parti AJD – Mr d’Ibrahima Mokhtar Sarr. Ce retour et cette alliance n’était pas du gout des FLAM.

Quel projet politique offriront-ils aux mauritaniens ?

Le moins qu’on puisse dire est que ce retour est attendu avec beaucoup d’intérêts par les observateurs politique. Car souvent taxés de communautarisme, les FLAM devraient donner des gages au corps électoral et aux différentes franges de la population s’ils veulent arriver au pouvoir par les urnes. La question de la cohabitation étant la pierre angulaire de leur offre politique, elle met un voile sur le modèle de politique sociale et  économique qu’ils aimeraient offrir à la Mauritanie.

De l’offre politique et du discours qu’ils véhiculeront dépendra la réussite du retour en terre mauritanienne.  Après une absence de plus de 20 ans le mouvement des FLAM devrait redorer son blason et se faire connaitre d’une jeune génération qui n’en a pas forcément une bonne connaissance.

Des options politiques sujettes à débat !

La question de la cohabitation étant au centre de leurs préoccupations politique, les FLAM se sont souvent penchés sur cette question en y apportant des réponses alternatives que certains considèrent comme salutaire, tandis que d’autres les pourfendent.

 

Il ressort des différentes communications de ce 30eme anniversaire, l’option de l’autonomie régionale, mais aussi de l’autodétermination et voir enfin de la lutte armée si cela s’imposait.

Voici des alternatives qui pour certaines d’entre elle peuvent être contre productive pour un mouvement sur le point du retour.

Si l’autonomie n’est en réalité qu’une forme de décentralisation poussée, il n’en est pas de même pour le droit à l’autodétermination. Car cette dernière tend plutôt vers une orientation sécessionniste en remettant en cause l’intangibilité des territoires. Cependant, il y’a des précédents (le cas du Soudan) qui permettent aux Flamistes d’espérer.

Tandis que l’option la plus radicale, qui est la lutte armée semble être plus une ultime menace verbale,  qu’une véritable position politique dont ils ont les moyens humains, politiques et financiers.

Reste à savoir s’il y’aura autant de mauritaniens qui partagent ces options politiques et si les autorités permettront par exemple l’introduction de ces différentes options dans le débat politique.

Un soutien de poids 

Le député Razzy Hammady de Seine Saint Denis est venu apporter son soutien plein entier et sans équivoque au mouvement des FLAM.  En ce qui concerne le projet de retour engagé par les FLAM en vue de construire la Mauritanie de demain, le député s’engage à  être leur porte voie chez les politiques français aussi bien de gauche que de droite. Il saisira Laurent Fabuis pour que le Quai d’Orsay  veille à la sécurité des Flamistes qui rentreront.

Etait aussi présent le vice président de SOS Racisme Ibrahima Sorel Keita qui est venu soutenir les FLAM.

Ces soutiens à l’international, s’ils ont un intérêt considérable, en réalité n’auront  d’efficacité et de pertinence que s’ils sont accompagnés par une adhésion et un engouement national réel.

Témoignage poignant d’un rescapé.

L’émotion a traversée la salle pleine à craquer avec le témoignage de Boye Alassane qui  est un survivant des prisons moratoire de Oulatta. Il fera part d’un récit poignant en mettant des mots sur la part d’ombre de ces frères d’armes habités par la haine et la violence gratuite.

Il ne manquera cependant pas de magnifier la gratitude de ces geôliers plutôt avenant et plein d’humanité qui à travers un regard, des gestes, quelques actions de générosité, laissaient s’exprimer ce qu’il y’a de plus humains en eux.

Comme quoi la vie peut être faite d’espérance, et qu’à travers l’obscurantisme et la négation de l’autre, peut jaillir l’espoir et la lumière et la réconciliation des cœurs.

Mais comme le dit si bien le Pr Cheikh Saad Bouh KAMARA dans son ouvrage « AFRIQUE ESPERANCE » la réconciliation doit être précédée par le devoir de mémoire (surtout ne pas tourner la page avant de l’avoir lu et bien conservée), le devoir de vérité (experts neutre pour se pencher sur les événements et en extraire la vérité), le devoir de justice (pas de crimes sans sanctions), le devoir de réparation ( qui n’est pas seulement financière ou matérielle mais aussi morale, politique et sociétale.

C’est seulement à la suite de ces quatre étapes qu’on pourrait envisager la réconciliation comme l’a souhaité M Boye Alassane lors de cette journée.

 

Diallo Saidou dit THIERNO

25/04/2013

Pour kassataya

mercredi 17 avril 2013

Edito de KASSATAYA : Ces pestiférés de Mauritaniens de l’étranger !

      
abdoulayecalameLa Mauritanie serait-elle devenue une préfecture française ? On pourrait le penser avec la décision de la Mission diplomatique de la Mauritanie en France de prêter main-forte aux autorités françaises en considérant comme déchu de ses droits tout Mauritanien ne disposant pas d’un titre de séjour établi par la…France. Désormais, la nationalité mauritanienne est suspendue à la carte de séjour française. Un préfet français pour établir la nationalité mauritanienne.
Lors du recensement de 1998, le syndicat des travailleurs Mauritaniens de France (OTMF) avait adressé un courrier au président d’alors. Mouawwiya Ould Sid’Ahmed Taya, symbole de la dictature, de la gestion solidaire et brutale s’il en est, avait, oh miracle, accédé à la demande des Mauritaniens en supprimant cette mesure absurde. Aujourd’hui, le même syndicat a adressé une lettre similaire au président qui a changé depuis. Mohamed Ould Abdel Aziz peut-il faire moins que son prédécesseur ?
Parce qu’il s’agit bien d’une hérésie : les services consulaires et les missions diplomatiques apportent assistance et protection à leurs ressortissants établis à l’étranger. Même en prison, un étranger bénéficie de l’assistance consulaire de son pays d’origine. Une Nation est grande ou petite aussi selon qu’elle respecte ou non ce principe. Pourquoi l’ambassadeur britannique à New-Delhi est-il donc empêché de quitter l’Inde ? Parce qu’il a porté secours à deux ressortissants britanniques accusés d’avoir tué deux Indiens qu’ils prenaient, selon leur version, pour des pirates. L’Excellence s’est portée garant pour que les deux accusés puissent rejoindre leur patrie. N’est pas Excellence qui veut ! Pourquoi M. Michel Thierry Atangana, ce Franco-camerounais détenu au Cameroun a-t-il bénéficié de l’assistance des services consulaires de la France au Cameroun lors de ses procès à répétition ? Je ne parle pas des ressortissants à l’étranger secourus par leur pays d’origine en cas de crise. En France donc, au lieu de porter assistance à ses ressortissants, l’ambassade de Mauritanie à Paris se fait l’annexe d’une préfecture française et exige un titre de séjour français pour pouvoir enrôler les Mauritaniens. Ce ne sont certainement pas ces autorités qui prêteront assistance à des Mauritaniens en difficulté à l’étranger (arrestation, accident, décès…). On se rappelle que lors du conflit post électoral en Côte d’Ivoire, c’étaient des militaires français qui avaient porté secours aux Mauritaniens d’Abidjan transformé en champ de bataille.
Les pays soucieux de leur développement s’arrangent pour faciliter le retour des membres de leur Diaspora. Celle-ci représente une valeur ajoutée à bien des égards. D’abord par les savoirs acquis et les transferts de compétences qu’elle peut favoriser. Ensuite par les flux financiers qu’elle génère et qui permettent à plusieurs pays d’échapper à l’implosion, les migrants suppléant des Etats défaillants, incapables de répondre aux attentes de populations de plus en plus démunies. Malgré la crise, la Banque Mondiale estime à un peu moins de 400 milliards de dollars les flux issus de l’émigration et à destination des pays en développement.
La Mauritanie n’a manifestement pas fait ce choix. Les Mauritaniens de l’étranger n’ont par exemple pas leur mot à dire dans le choix de leurs représentants dans les deux chambres du parlement. Qui connaît un seul élu des Mauritaniens de l’étranger ? Pourquoi sont-ils désignés par d’autres que ceux dont ils sont supposés défendre les intérêts ? Ubuesque !
D’autre part, le pays n’organise aucune manifestation tendant à présenter à ses ressortissants de l’étranger les opportunités qui pourraient s’offrir à eux en matière d’investissent. C’est chacun sa m… pour soi.
Quant aux situations nées des choix de vie (carrières, travail, vie privée et familial), la Mauritanie n’en fait pas une priorité. Les enfants nés à l’étranger ou d’union mixte n’ont qu’à s’en prendre à leurs parents… d’avoir choisi d’aimer autre qu’un Mauritanien.
Bien sûr si vous êtes premier ministre, femme de Général ou d’ambassadeur, ou homme d’affaires proche du chef, cette règle ne vous concernera pas. Vous pourrez comme M. Ould Bouchraya, membre du très select sérail du Président des pauvres, clamer à qui veut l’entendre que vous disposez de la nationalité espagnole. Vous ne risquerez rien. En 1678, dans sa fable titré Les animaux malades de la peste, Jean De La Fontaine écrivait que « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. » Près de quatre siècles plus tard, cette morale n’a pas pris une ride dans la Mauritanie d’aujourd’hui.
Abdoulaye DIAGANA pour kassataya.

dimanche 14 avril 2013

De nos revendications communautaires


     
De nos revendications communautaires En effet, ces idées sont anachroniques, démodées et constituent un frein à l’évolution d’une nation moderne. Depuis l’avènement de la démocratie en Mauritanie, on a vu naitre des mouvements politiques, lobbyistes ou associatifs maures ou Haratines, négro-africains, forgerons, griots, féministes, régionalistes, tribalistes, et j’en passe…, qui ont mis en évidence des problèmes à la fois socio-économiques et culturels, que les dictatures du passé avaient muselés jusqu’en 2005.

Malheureusement les moyens de l’Etat sont faibles face aux besoins considérables de nos populations qui veulent tout et tout de suite. Avec la persistance des crises économiques dans le monde et en particulier leurs impacts dans les pays d’Afrique en terme d’investissements directs ou d’aides publiques au développement, ainsi que la croissance démographique élevée dans notre pays, ces besoins vont continuer de s’amplifier.

Mais qu’on se rassure, il n’existe aucun pays, excepté certains pétroliers, qui ait trouvé un remède viable et radical, à toutes ces difficultés économiques qui sont le catalyseur des problèmes sociaux.

Les idées de bon sens sont à l’œuvre dans la plupart des pays, y compris le nôtre, et montrent leurs éclatantes limites. Elles sont aujourd’hui le problème et non la solution que beaucoup de nos politiciens vendent à nos concitoyens. Une fois au pouvoir, nos opposants se trouveront confrontés au manque structurel de moyens financiers et à l’ampleur du désarroi des populations. Et ce n’est certainement pas avec une phraséologie aiguisée qu’ils peuvent venir à bout de problèmes réels.

Certes, ils peuvent recourir, un temps, au piège infernal de l’endettement qui les conduira inexorablement à la faillite de l’Etat et donc à son abandon aux forces centrifuges et aux organisations criminelles. Ils ne feront, sans nul doute, pas mieux qu’Aziz, voir sur le site du FMI les commentaires sur la bonne tenue de l’économie mauritanienne.

Le dernier Rapport d’Audit du Cabinet International Ernest and Young constate le niveau, record historique, de nos réserves de change, soit un montant de 978,5 millions USD à la fin décembre 2012, confirmant l’efficacité de la politique menée. Les difficultés économiques et sociales qui en fait touchent, depuis la période coloniale, la majorité de la population de notre pays, sont largement utilisées pour critiquer le Président Aziz, comme s’il est et était responsable de tous nos maux y compris ceux d’avant sa naissance.

La survenue de tout malheureux fait divers, comme cela arrive quotidiennement dans tout pays, est présentée comme une preuve irréfutable d’une dégradation définitive de la sécurité en Mauritanie. Si le bon indicateur de la santé d’une démocratie se mesure aux attaques contre le Président de la République, nous pouvons être fiers de la nôtre, puisque dans le panier d’accusations contre Aziz, on a mis tous les délits ou crimes du code pénal.

A l’avenir nous ne pourrons plus améliorer cet indicateur, à moins de l’accuser d’être le diable en personne. Comme aucun messager de Dieu n’a échappé à l’infâme calomnie, qui sommes-nous pauvres humains pour prétendre à un traitement meilleur. Conscient que notre dernière demeure est le cimetière et que cela ne saurait tarder, au plus la durée d’une vie humaine, Aziz doit répondre par le pardon à tous ceux qui l’ont diffamé ou ont répandu des mensonges sur lui. Ne dit-on pas que « ceux à qui beaucoup a été donné, beaucoup sera demandé ».

Certes, la République ne reconnait pas les lobbies ou communautés puisque tous les citoyens sont égaux, mais il est du devoir de tous de ramener nos controverses à leur juste place, dans le respect de nos traditions et bien entendu de nos lois. Il convient de trouver une solution acceptable au différend fiscal avec le Groupe Bouamatou, tout en préservant les intérêts de l’Etat, ceux des actionnaires et des salariés de ce groupe, l’un des fleurons de notre économie.

Toute démocratie ne peut se concevoir sans une vraie opposition, constituant un contre-pouvoir et une possible alternance. Son rôle est donc essentiel et exige pour sa crédibilité une haute qualité de ses combats. Nos leaders politiques, qu’ils soient de l’opposition ou du pouvoir, se battent quotidiennement pour nos intérêts.

Ils peuvent se tromper humainement mais loyalement, être des adversaires, mais jamais des ennemis. Cependant, il est triste de voir qu’une certaine élite politique, pour arriver au pouvoir, encourage et soutient des idées, indexant explicitement certaines communautés. Une telle stratégie peut entrainer à terme notre pays dans une guerre civile aux conséquences incalculables.

Chercher à opposer nos communautés reviendrait à remettre en cause l’existence de notre pays. Il y a un seuil de tolérance au-delà duquel une revendication légitime au départ deviendrait inaudible voire inacceptable dans sa formulation, quand elle exprime une défiance à l’égard d’une communauté donnée. De nombreux conflits communautaires de par le monde ont pour origine l’exploitation irréfléchie, des difficultés économiques de pauvres citoyens, par une élite avide de pouvoir ou de revanches à prendre.

Il est manifeste qu’il y a confusion entre le renversement du pouvoir d’Aziz et la lutte contre les inégalités socio-économiques. Ceux qui revendiquent pour leur ethnie ou communauté doivent présenter un projet crédible et faisable pour mettre fin ou réparer les discriminations ou exclusions supposées. Dans une démocratie comme la nôtre, ce sont les acteurs politiques dans leur naturelle recherche de voix qui le feront.

Qu’on le veuille ou non, il n’y a pas de mécanismes d’exclusion socio-économique ou politique d’une communauté ou ethnie dans notre pays. Que cela nous plaise ou pas, l’idée selon laquelle il n’y aurait pas de racisme en Mauritanie reste largement répandue. Les mouvements revendicatifs communautaires peuvent s’opposer au pouvoir, renforcer toutes les formes de contestations syndicales ou politiques mais ne doivent pas «criminaliser» une communauté donnée.

Faire croire à une communauté que tous ses maux ont pour source une autre communauté, aboutirait inexorablement à un conflit violent puisque vécu comme une lutte de libération pour la survie. Les exemples sur notre continent africain sont nombreux et terrifiants : - Rwanda, plus d’un million de morts en 6 semaines - Nigeria/Biafra, près de 1,5 millions de morts - Ouganda, plus d’un million de morts en 20 ans - Soudan, près d’un million de morts en 20 ans - RDC, des centaines de milliers de morts depuis 25 ans

Un vrai, bon indicateur de la santé de notre démocratie – pas celui mentionné ci-dessus – se mesure au sort qu’elle réserve aux revendications légitimes de nos différentes communautés. Leur apporter des solutions acceptables, renforcerait l’unité nationale, la paix et l’égalité entre mauritaniens. De toute manière, les mouvements communautaires non-violents sont beaucoup moins dévastateurs sur le plan des vies humaines et des institutions, que les rébellions et les massacres ethniques.

Avec la démocratie, la preuve est faite dans notre pays que la plupart de ces mouvements communautaires, n’ont pas de base sociale. Il faut probablement veiller à l’équilibrage des intérêts des différentes communautés au sein du pouvoir, sans en faire un acquis « institutionnel». Les urnes sont le vrai thermomètre de la représentativité des opinions et elles sont, à échéances régulières, ouvertes à tous. Elles nous dictent l’importance à accorder à tout sujet y compris celui de nos revendications communautaires.

Ould Amar Yahya

mardi 9 avril 2013

Lo Gourmo : Touche pas a mon pays, ma Mauritanie

Chaque « communauté » croit que tous les problèmes du monde sont sur sa tête. Et cela entretient la théorie du complot des « autres » contre soi. La vérité est que aussi bien chez les maures que les les noirs de ce pays s’accumulent les problèmes du fait de la nature de cet accumulateur de problèmes qu’est notre Etat. La souffrance des Négro-africains est réelle du fait de l’accélération des processus de discrimination. Ne parlons pas des graves problèmes que connaît la composante hrattine. Mais la masse de la composante maure Bidhane est loin de vivre le paradis que certains imaginent même si le système tente de faire croire le contraire en se fondant sur une partie de l’élite maure. Tout ça c’est notre peuple! Nous devons apprendre à marcher ensemble tout en cherchant à résoudre les problèmes qui se posent aux uns et aux autres et faire la différence entre ceux qui sont responsables (une infime minorité toutes ethnies confondues) et l’immense majorité de notre peuple multinational, qui souffre et se bat à son rythme… Source : Lo Gourmo sur page FB : « Touche pas a mon pays: Ma Mauritanie »

jeudi 4 avril 2013

Nouvelles d’ailleurs : Penda Sogue est morte : nous sommes tous coupables....

L'assassinat barbare de Penda Sogue jeudi dernier est venu nous rappeler une triste réalité chez nous : les femmes, en Mauritanie (et ailleurs), sont les première victimes de l'insécurité, les premières victimes sociétales, les premières victimes des violences. Nonobstant un certain discours trompeur sur le statut et la place des femmes dans nos sociétés, il est le révélateur de tous nos maux et de nos non-dit. Pendant longtemps, on a voulu nous faire croire qu'il y avait un « avant » enchanteur où la violence envers les femmes n'existait pas ou peu, et un « aujourd'hui » qui serait synonyme de crise profonde de nos sociétés et d'apparition d'une nouvelle forme de violences. Ce crime abominable, ce meurtre d'une jeune femme, martyrisée, violée, mutilée, nous renvoie à nos fantasmes et à nos peurs. Par delà l'indignation et l'empathie, par delà l'immédiateté de nos réactions, ce meurtre sauvage doit nous rappeler certaines choses : chez nous, peut être plus qu'ailleurs, les violences faites aux femmes sont une réalité sordide, quotidienne. Selon les chiffres de l'AFCF, l'an dernier 4732 femmes ont été violées. Et là on ne parle que des cas recensés. Pour ces 4732 cas de viols combien de cas tus, cachés, escamotés? Pour le seul mois de Mars, toujours selon les chiffres de l'AFCF, sur Nouakchott, 17 cas de viols ont été recensés. 17. Sans parler des cas de pédophilies sur petits garçons et petites filles. Sans compter les cas de violences conjugales. Sans parler des mariages forcés. Sans parler des excisions. Sans parler des viols conjugaux. Sans parler des harcèlements sexuels.... Nos sociétés ont toujours préféré l'hypocrisie d'une pseudo morale et préservation de l'ordre social, familial et/ou tribal à la dénonciation. « Aidées » en cela par des autorités religieuses qui ont toujours confondu Charia et statut des femmes, mêlant allégrement et sans scrupules traditions et religions et qui ont cautionné des comportements abominables, sans rougir. Il y a des réalités mauritaniennes qu'il faut rappeler, marteler aux oreilles de nos gouvernants, eux qui décident de lois mais qui les font rarement appliquer dès lors qu'il s'agit de violences faites aux femmes. Ces mêmes autorités qui ratifient toutes les conventions internationales sur les droits des femmes mais qui s'empressent de « bidouiller » nos lois nationales dès le retour au pays. L'exemple de la loi du 19 Juillet 2001 portant sur le Code du Statut Personnel est aberrant : la loi mauritanienne interdit le mariage des filles avant l'âge de 18 ans mais permet, dans un tour de passe passe, le mariage d'une mineure du fait de la décision de son tuteur sous l'appellation « mariage des incapables »! Une façon comme une autre de légitimer les mariages précoces! Les violences faites aux femmes n'ont pas de couleur. Elles touchent toute la société, dépassant les clivages communautaires, les stratifications sociales, les appartenances politiques ou religieuses. Elles ne sont pas l'apanage de tel ou tel groupe social ou de telle ou telle tribu. Elles ont, cependant, un dénominateur commun : l'application de la loi et de peines exemplaires. Notre justice a du mal à punir, soumise qu'elle est aux pressions des familles des violeurs et autres, aux pressions de certains religieux, aux pressions politiques quand les coupables sont issus de la haute bourgeoisie... Mais la justice ne fait pas sont travail, aussi, parce que la société ne fait pas son travail. Penda Sogue est morte parce que, pendant des siècles, nous avons entériné les violences, les avons érigées en comportements admis, code de vie teinté de religieux. Penda Sogue est morte parce que, depuis toujours, nous avons décidé que les femmes sont les premières coupables de ce qui leur arrive; que si une femme est violée c'est parce qu'elle « l'a cherché ». Penda Sogue est morte parce que nous avons fermé les yeux sur les hommes qui battent leurs femmes, que nous nous sommes tus au nom d'une non ingérence dans les affaires privées. Penda Sogue est morte parce que nous avons éduqué nos garçons comme des petits coqs à qui tout est permis et qui ne vivent que sur la domination, eux à qui on apprend qu'ils sont les maîtres, supérieurs. Penda Sogue est morte dans la mémoire des milliers de petites filles excisées. Penda Sogue est morte parce que nous avons fermé les yeux sur les viols conjugaux. Penda Sogue, et tant d'autres, sont mortes parce que pendant des siècles il a été normal d'être mariée de force, en polygamie, d'être remariée au frère de son défunt mari, d'être violée, d'être gavée, excisée, d'être l'étendard de l'honneur de la famille et de la tribu. Penda Sogue est morte parce que nous avons tu les « petits arrangements entre amis » après l'abominable : l'art d'étouffer les scandales, de se taire pour éviter la honte d'avoir une fille violée, donc automatiquement soupçonnée de « mauvaise vie ». Penda Sogue est morte du silence de nos oulémas, de leurs tripatouillages pseudo religieux, moyens pratiques d'asservir les femmes, de les nier, de les escamoter. Penda Sogue est morte parce que la violence aux femmes est un fait incontestable chez nous, cette violence qui commence dans nos « coutumes » comme pour les mariages quand une fille ne se marie que dans son groupe social ou sa caste ou sa tribu. Penda Sogue et les 2 petites filles qui ont été violées par leur maître coranique la semaine dernière sont victimes. VICTIMES et non coupables, hormis du fait d'être de sexe féminin. Elles sont victimes parce que nos sociétés, non contentes d'avoir érigé des systèmes de discriminations et de violences, se radicalisent dans un pseudo islam premier, voilant intégralement les femmes pour mieux les faire disparaître. La négation des femmes jusqu'à les nier.... Elles sont VICTIMES parce que les femmes sont soumises à tout, à la prostitution, à la traite, au négoce, aux viols commis par des étrangers ou par leurs maris. Elles sont victimes quand elles tuent leurs bébés conçus hors mariage, pour échapper à la « honte ». Elles sont victimes quand elles subissent les harcèlements sexuels au bureau, dans les taxis, dans les bus, dans les cafés. Elles sont victimes. Et tant que nous n'aurons pas entériné ceci, il y aura d'autres Penda Sogue, d'autres cris, d'autres abominations, d'autres atrocités. Nos politiques sont notre reflet. Il ne suffit pas de demander l'application de la loi; il faut que nous aussi nous fassions notre introspection. Quand un juge est clément, il ne fait qu'entériner une manière de percevoir les femmes. Il fait ce que la société fait en fermant les yeux. Il nous faut, une bonne fois pour toutes, dénoncer et avoir le courage de dire que tout n'est pas beau et rose dans nos comportements et reconnaître que nos sociétés ont toujours eu des comportements violents envers les femmes. Que quelque chose est pourri chez nous dès lors que nous tuons, massacrons, mutilons, enfermons nos femmes. Salut Mariem mint DERWICH