samedi 22 juin 2013

Le droit des minorités : Le mali aujourd'hui..................demain la mauritanie


Les origines de la guerre civile au Soudan et au Tchad


Le Soudan est aujourd’hui aux mains d’une dictature qui se dit islamiste mais qui est d’abord une dictature de la classe bourgeoise et de l’armée. Elle est connue dans le monde entier parce qu’elle est désignée du doigt par les grandes puissances, USA en tête, comme responsable d’exactions contre les populations du Darfour. Un mandat d’arrêt international vient d’être lancé contre son chef, Omar el Béchir. Cette dictature a été soutenue longtemps par la France puis par la Chine. Tant que les Usa ne pouvaient pas profiter du pétrole du sud soudan, ils soutenaient une guerre du sud menée par l’armée de John Garang qui employait des moyens non moins barbares que la dictature du nord. Ensuite ils se sont réconciliés, ont partagé le pouvoir et le pétrole. Mais les USA, estimant sans doute que la dictature de Khartoum faisait trop profiter la Chine, plus que les USA, exercent une pression sur le régime qui vient d’être dénoncé par l’ONU.

Si le pouvoir est aux mains des islamistes, ce n’est pas faute que le pays ait connu des luttes de classe où la classe ouvrière a pu jouer une rôle important. Mais ces luttes ont été dirigées par un parti stalinien dont la politique a toujours été de ne pas déborder le cadre bourgeois. La classe ouvrière a été ainsi détournée de ses intérêts et de son rôle.

Le PC soudanais a été créé en Egypte[2] en mars 1947 sous le nom de Mouvement soudanais de libération nationale. Il fut alors soutenu et appuyé notamment par une organisation communiste égyptienne dirigée par Henri Curiel[3]. Il prit alors racine dans la société soudanaise. Ses dirigeants - Abd El Khaleg Mahjoub (futur secrétaire général), Al Tajini al Tayeb Babikir, Izz al-Din Amer - et ses militants choisirent et mirent en œuvre une ligne politique reliant les revendications nationales aux revendications socio-économiques de la même manière que le parti stalinien d’Egypte. Ils suivaient ainsi les conceptions de Staline consistant à chercher des leaders bourgeois modérés et nationalistes parmi les dirigeants de la petite bourgeoisie ou de l’armée. ils allaient le trouver en Egypte avec Nasser et les "officiers libres". Mais cette politique était bien sûr à l’inverse d’une politique communiste visant à une intervention indépendante du prolétariat en vue sa propre prise du pouvoir. La politique stalienienne peut être qualifiée politiquement de "menchevik". C’est tout lm’opposé de la conception dite de la "révolution permanente" de Trotsky et qui a été aussi celle menée par Lénine en Russie en 1917 : celle visant à mettre le prolétariat à la tête de toutes les aspirations des opprimés, y compris les revendications démocratiques bourgeoises.

A l’indépendance, le 1er janvier 1956, le programme politique et social du MSLN - qui se transforma en Parti communiste soudanais (SCP) – était relativement classique parmi les pays débarrassés du colonialisme. C’est-à-dire qu’il restait dans le cadre des revendications bourgeoises, du nationalisme et de la démocratie au sens bourgeois et non au sens prolétarien. Il revendiquait une démocratie pluraliste, appelant à l’« unité des forces vives de la nation », l’« union de la classe ouvrière, de la paysannerie, de la bourgeoisie nationale, des intellectuels progressistes », et réclamant des investissements dans l’industrie, alors quasi inexistante, et dans les secteurs délaissés par le pouvoir colonial.

Le SCP s’appuyait sur une puissante base syndicale (surtout chez les cheminots et les métayers) organisée dans l’Union des travailleurs soudanais[4]. Mais ce parti stalinien considérait que la classe ouvrière devait être la dernière roue du carrosse d’une alliance avec la bourgeoisie. La force de la classe ouvrière était ainsi transformée en un moyen pour les forces bourgeoises dites nationales ou démocratiques. Les ouvriers étaient les mains liées et ne devaient qu’attendre que les forces armées les écrasent, ce qu’elles firent. Le putsch militaire de 1958, dirigé par le général Abbud, et téléguidé par les Etats Unis et la Grande-Bretagne, contraignit le SCP à la clandestinité. La ligne d’unité contre la dictature, qui sous des appellations diverses, constitue jusqu’à nos jours, la stratégie permanente du SCP, déboucha alors sur la formation du Front national unifié, animé pour l’essentiel par ses militants. Sous la pression d’un mouvement de masses, ce régime, lié à la haute bourgeoisie soudanaise et à l’impérialisme, tomba en octobre 1964.

La dictature Nimeiry

Après quatre années de régime « démocratique » marquées par l’instabilité politique et la volonté de mettre le Parti communiste hors-la-loi, les militaires reprirent le pouvoir le 25 mai 1969. Le Parti communiste (stalinien) s’impliqua militairement aux côtés des “ Officiers Libres ”. Il participa aux manifestations populaires qui les accueillirent au début. Les militaires, pour leur part, cherchèrent à déborder le SCP. Ils instaurèrent une politique de nationalisations qui se révéla très vite inefficace. De plus, Nimeiry entendit fondre toutes les organisations en un parti unique, l’Union socialiste soudanaise, ce que la majorité des communistes refusa[5]. Dès lors, la tension alla croissant : arrestation du secrétaire général (qui put néanmoins s’enfuir de son lieu d’internement, le 29 juin 1971), appel du SCP à la lutte contre la dictature le 30 mai 1971, rébellion d’une partie de l’armée, le 19 juillet, laquelle fut rapidement défaite. La répression du pouvoir se voulut exemplaire : le secrétaire général du Parti, celui des syndicats, le ministre représentant le Sud et 11 militaires furent pendus, sans autre forme de procès. Le pouvoir chercha à accréditer la thèse d’une "tentative de coup d’Etat communiste". En réalité, la tactique de Nimeiry, animé d’un anticommunisme violent (largement partagé par les Frères musulmans et les autres confréries) et qui bénéficiait du soutien de l’Egypte, de la Libye, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, consista à multiplier les provocations pour pousser le SCP et ses alliés militaires à la faute politique majeure afin de se débarrasser de la seule force progressiste réellement existant au Soudan.

La question du Sud

Au début des années 80, le Soudan était miné par une corruption endémique, le délabrement de son économie et la famine dans le sud du pays (famine nettement moins médiatisée que celle de l’Ethiopie, à la même époque). A ces maux, il fallut ajouter la reprise de la guerre dans le Sud, à partir de 1983, qui greva lourdement un budget déjà exsangue. Le coût de la guerre est d’un million de dollars par jour dans un pays où l’on vit avec 1 dollar par jour et par personne.

Le SCP, dans son appel du 9 juin 1969, justifiait le soutien à Nimeiry, posant les principes suivants pour la question du sud :

1°) un gouvernement autonome

2°) le respect de la diversité culturelle et religieuse

3°) la correction des inégalités économiques

Ces propositions du SCP, parce qu’elles étaient verbalement reprises par Nimeiry, servirent de justification au soutien du SCP à Nimeiry Elles ne furent jamais appliquées : les années 79-83 marquèrent un retour en arrière[11].

Fidèle à sa stratégie d’"unité contre la dictature", le PC a soutenu le combat mené par l’Armée Populaire de Libération du Soudan (SPLA), fondée par John Garang. Forte d’environ 13 à 15000 hommes, la SPLA, si elle a depuis longtemps abandonné son credo socialisant, et est soutenue par les Etats-Unis et leur relais régional, l’Ouganda, compte de nombreux cadres communistes ou de formation communiste. En Juin 1995, le SCP a reconstitué, de son côté, en liaison avec la SPLA, une force de plusieurs centaines d’hommes armés. Des divergences subsistent cependant sur des questions politiques et stratégiques entre les deux organisations.

L’après Nimeiry

A la chute de Nimeiry, en 1985, à laquelle les communistes ont puissamment contribué, le PC est sorti de la clandestinité. Pourtant, malgré une réelle popularité due à leur opposition constante à Nimeiry et aux diktats du FMI et de la BM, il n’obtint, aux élections de 1986, que des résultats modestes avec six élus (3 membres officiels du SCP et 3 soutenus)[12]. Une nouvelle fois, en 1989, l’armée mit fin à cette expérience démocratique, souvent tumultueuse. En réalité, le Front national islamique, avec son principal idéologue, Hassan El Tourabi, tirait les ficelles et imposait sa dictature. Dans les premiers temps, les Etats-Unis ne virent pas d’un trop mauvais œil l’arrivée de ce régime anticommuniste. Mais la rivalité entre Khartoum et Kampala et la tactique de Washington dans la région mena à la rupture entre le Soudan et les Etats-Unis. En juin 1995 se tint en Erythrée la principale réunion de l’Alliance nationale démocratique (NDA), regroupant les grands partis d’opposition. Cette stratégie d’union reprenait celle du SCP dans la lutte contre les dictatures précédentes. La deuxième conférence de la NDA, à laquelle participa la SPLA, approfondit les thèmes suivants : actions armées en coordination avec la SPLA et préparation du soulèvement populaire, profitant de l’isolement du régime et de la situation sociale et économique désastreuse. La nouvelle stratégie de la dictature islamiste Progressivement des signes de fragilité apparurent au sein du régime islamiste installé à Khartoum. D’une part, dans le Sud, l’impasse politique et militaire était totale. La population, frappée par la famine, était, de plus, terrorisée par les milices du pouvoir (dites Forces de défense populaire). Le pouvoir central comme la SPLA ont intégré cyniquement dans leurs calculs tactiques l’arme politique de la faim mais le besoin d’une solution politique négociée est devenue incontournable. D’autre part, pour briser son isolement (aidé en cela semble-t-il, par une certaine diplomatie française), et se débarrasser de l’encombrante étiquette d’intégriste, le régime a dû concéder une ouverture politique. Dans un premier temps celle-ci est restée relativement timide. Ainsi fin février 1999, un grand nombre de "partis" ont été légalisés à l’exception des principaux partis d’opposition. Le but était encore de briser la NDA et d’isoler les partis qui en sont membres (représentant 80 % du corps électoral avant la dictature). Fin 1999, le régime a donné d’évidents signes de changement. Ceux-ci vont de pair avec l’accentuation de divisions internes entre d’une part l’appareil d’Etat et l’armée emmenés par le général Omar Al Beshir et d’autre part l’appareil politique du Front islamiste (NIF), dirigé par Hassan al-Thourabi. Le premier réussit, le 12 décembre, à éloigner du pouvoir son concurrent. Du point de vue diplomatique les Etats de la région, préoccupés par la guerre et la sécheresse, ainsi qu’une partie de la diplomatie des Etats-Unis[13] appuient le général et l’ouverture des négociations avec la SPLA. Ces négociations se déroulent à l’heure actuelle dans deux cadres différents. Les unes sont menées sous l’égide des gouvernements de la région regroupés dans l’IGAD[14] et l’autre sous celle du binôme Egypte/Libye, représentant plutôt un point de vue arabe, préoccupé de l’ancrage d’un Soudan unifié dans le monde arabe. La SPLA, pour sa part, cherche à élargir le contenu des négociations, au delà de la seule question du Sud. Pour négocier une issue démocratique au régime soudanais elle cherche à insérer la NDA dans ce processus. C’est dans ce cadre qu’une ouverture politique a été initiée avec, en février 2000, l’autorisation de 11 journaux dont un quotidien de gauche, Al Ayam, et l’annonce le 12 mars de la légalisation de quelques partis politiques marginaux. Le Parti communiste affronte une nouvelle phase de clandestinité, qu’il aborde en poursuivant ses luttes sans négliger ses débats internes[15]. Dominique MAZIRE et Rashid SAEED Notes : [1] C’est l’entreprise Chevron qui découvrit les gisements dont l’exploration coûta environ 200 millions de dollars américains. Placés à la frontière entre les zones nord et sud du Soudan, ces gisements ont conduit Nimeiry à re-découper en 1981 les frontières pour les placer en zone nord. C’est l’une des causes, deux ans plus tard, en 1983, de la rébellion sudiste conduite par Garang. Par ailleurs, la localisation géographique frontalière (et non nordiste) de ces gisements plaide, de fait, plutôt en faveur de l’unité du Soudan et fait reculer dans le Sud la revendication proprement séparatiste. [2] Les liens entre l’Egypte et le Soudan sont profonds et anciens. Pour ne remonter qu’au XIX° siècle, entre 1821 et 1884, le Soudan est occupé par l’Egypte, représentante de l’Empire ottoman. Après l’intermède d’un Etat indépendant et islamiste, conduit par le Mahdi, les Egyptiens alliés aux Britanniques revinrent au pouvoir de 1898 à 1956. [3] En 1943 Curiel avait fondé le Mouvement égyptien de libération nationale. La spécificité de ces liens originels devait expliquer que le PC soudanais conservât des relations avec les réseaux Curiel formés à l’échelle internationale dans les années cinquante alors mêmes que ceux-ci étaient, au contraire, violemment rejetés par le Mouvement communiste international, notamment dans les pays arabes. [4] En 1964, 45 des 60 dirigeants de la Confédération syndicale étaient membres du SCP. [5] Les communistes furent profondément divisés entre deux attitudes. Certains, emmenés par 12 des 30 membres du Comité central, soutinrent l’initiative de Nimeiry, qui avait également les faveurs de Moscou. Cette position a conduit en 1971 à une scission du parti. [6] Un tiers du pays, environ 5 millions d’habitants. [7] La région est clairement identifiée parce que séparée du Nord par une chaîne montagneuse. [8] Alors que le Nord est majoritairement musulman, le Sud est animiste et chrétien de différentes obédiences (protestants, catholiques, coptes …). [9] Au Nord la population est arabophone et musulmane. Le Sud est constitué d’ethnies différentes mais toutes noir-africaines. [10] Au Sud on parle environ 70 langues ou dialectes ainsi que l’anglais, langue officielle qui sert de langue commune. Au Nord, c’est l’arabe qui est la langue officielle. [11] Ce retour en arrière s’est traduit, notamment, par trois décisions de Nimeiry : en 1981 le re-découpage entre Nord et Sud pour placer au Nord les gisements pétroliers, la séparation du Sud en trois provinces pour exploiter les différences locales et en 1983 l’imposition de la Charia musulmane dans cette région chrétienne et animiste. [12] Compte tenu de la complexité du scrutin ces élus ont été obtenus de manières différentes. Les deux premiers responsables du PCS ont été élus dans deux circonscriptions de Khartoum. Un troisième a été élu dans le collège des « diplômés » où le PC fait ses meilleurs résultats au niveau national (19,2%). Sur les dix sièges réservés à ce collège, il en emporte un, celui du Sud. Les trois autres communistes ont remporté des circonscriptions au nord sans être présentés officiellement par le parti. Leurs rôles dans leurs tribus respectives en faisaient des représentants légitimes. [13] La position US est divisée entre une hostilité frontale avec le régime islamiste et un appui à Beshir. [14] Intergovernmental Authority Against Drought [15] Le SCP n’a pas pu tenir de congrès depuis 1967. Son Comité central (28 membres) y a été formé et depuis renouvelé par cooptation. Malgré la clandestinité, le SCP mène depuis 1990 un débat politique et idéologique portant non seulement sur sa stratégie mais également sur son identité (cf. extraits de déclarations).

jeudi 19 mars 2009, par Robert Paris

 

 

L’indépendance du Sud Soudan peut-elles inspirer les Camerounais anglophones ?

 
Le 9 juillet est né la république du Sud Soudan. Un nouvel Etat africain est cause de célébration. Allons-nous être contents au Cameroun ? Paul Biya se précipitera-t-il pour reconnaître cette nouvelle République comme le fit l’Afrique du sud, et même la Lybie ? Les anglophones du Cameroun devraient regarder eux l’indépendance du Sud Soudan avec intérêt, car pour ceux qui ont mon âge elle représente la concaténation de trois choses essentielles qui font que notre temps soit particulier et donc prélude sans doute à ce futur que chacun de nous veut comprendre, et d’une certaine manière réaliser à peu de couts.

La première est que les Etats ne sont jamais éternels. La seconde est que finalement le principe sacro-saint des frontières héritées de la colonisation devient ce qu’il a toujours été : un des derniers vestiges politiques du colonialisme qu’il nous faut liquider. La troisième est que tant qu’ils lui opposeront la sourde oreille, nos Etats se fracasseront sur la question du respect des droits humains, et surtout sur celui du droit des minorités. C’est simple, tout Etat qui piétine les droits humains ouvre la porte de son histoire à cette violence citoyenne dont la sécession est une forme. Le respect de nos droits est notre seul espoir.

Notre génération a cette particularité, et c’est sans doute cela qui la distingue de celle de nos parents, que nous avons grandi avec la fin des nations. De l’ancienne Union soviétique à l’ancienne Allemagne de l’Est, de la Somalie au Soudan, nous avons aussi vu des Etats disparaître. Nous avons vu des pays respectés jadis soudain devenir du papier. Les causes de ces disparitions sont diverses, mais en Afrique, plusieurs fois, elles sont liées à la violence centralisatrice d’un Etat qui s’imagine que seule la violence de frontières héritées de la colonisation dont chacun veut se séparer, peut maintenir ensemble des êtres humains qui exigent le respect de leurs droits.

A ce centralisme à outrance s’ajoute une conception du président comme omniprésent dans la vie de communautés pourtant distinctes à plusieurs égards : chez nous l’œil du président ce sont les gouverneurs, les préfets et sous-préfets. A cette violence d’en haut est opposé ici et là autant la fronde, la dissidence de citoyens, que plusieurs fois des rebellions militaires qui d’une manière ou d’une autre sont le visage d’un ras le bol citoyen effectif. Il lui est imposé donc cette sagesse qui, nous avait dit Ernest Renan dans sa définition devenue classique de la nation, fait de celle-ci un plébiscite permanent.

Les Constitutions du Cameroun, et les politiques qui l’ont mise en application, ne nous ont pas aidé pour nous protéger contre les frustrations violentes de peuples à la voix bâillonnée. Car autant d’une part les textes qui nous régissent nous imposent un Etat jacobin, autant nous sommes tenaillés entre l’héritage français qui nous a livré une forme pyramidale de l’Etat et la multiplicité de peuples de notre nation. Mais d’autre part, la phobie maniaque du modèle fédéral nigérian (‘fédéral’ est chez nous une injure) qui faisait encore trembler nos constitutionnalistes lors de la Tripartite, survit au Cameroun comme un faire-peur. Le fédéralisme équivaut à la fin de la République du Cameroun, nous dit la vulgate au pouvoir, à la guerre. La République fédérale du Cameroun qui était pourtant notre passé est devenue notre véritable épouvantail. C’est comme si ni les Etats-Unis ni l’Allemagne ne pouvaient nous enseigner ce que c’est qu’une République fédérale et les libertés que l’on en tire, surtout pour ce qui concerne la reconnaissance du caractère particulier des régions.

Seule la République française a toujours raison chez nous, et de la Constitution française de la cinquième République dont une copie nous sert de document de base, nous n’avons au fait repris que les défauts, surtout le déni de droit aux communautés et aux régions, ce qui fait que pour notre pays aux deux cents langues, aux deux langues officielles, aux trois religions majoritaires, celle-ci devient plus qu’une camisole de force : elle devient un étouffoir des particularismes.

Longtemps le dogme du sacro-saint des frontières héritées de la colonisation qui est ironiquement au début de l’Union africaine, nous a servi de fuite en avant. Pourtant l’histoire n’est pas une imposition infinie et une justification de la violence d’Etat par l’idéologie, car alors elle serait de l’incantation et donc une véritable imposture. Au contraire, elle est la transformation lente, mais parfois tumultueuse aussi, de précédents légaux en jurisprudence effective. C’est ici donc que la naissance de la République du Sud Soudan dans les traces de l’Erythrée, une tache d’huile pour le vêtement du panafricanisme idéologique qui nourrit encore nos intellectuels, sera de plus en plus une peinture colorante.

Il fallait qu’ici deux symboles de l’unité africaine soient fracassés : d’abord celui de l’Ethiopie qui en cédant jadis à la demande indépendantiste érythréenne avait rendu sa position symbolique de plus vieil Etat africain insoutenable dorénavant. Et puis aujourd’hui celui du Soudan, après l’Egypte le premier Etat africain indépendant (le 1er janvier 1956), qui ainsi nous permet de rectifier la position frauduleuse que le panafricanisme a toujours donné au Ghana de Nkrumah d’avoir ouvert le bal de notre séparation effective du colonialisme.

Le contentieux historique que la République du Sud Soudan permet de mettre une fois de plus sur la table de l’histoire africaine est bien celui du respect des minorités. La question des minorités chez nous se perd très vite dans les débats tribaux que la vision jacobine de notre République taxe de tribalisme. Elle se perd quand on rappelle au tout venant que le droit des minorités signifie la protection de populations autochtones, tout comme lorsque l’on cite la chaine des calamités qui étranglent chaque province de notre pays pour disqualifier le déni de droit des habitants des deux provinces anglophones.

Pourtant le respect des minorités est bien au fondement de la conception de la démocratie qui décidera de notre futur, car il vient d’une demande suis generis et donc inaliénable. C’est qu’autant il se révèle de plus en plus que la définition de la démocratie comme loi de la majorité nous a ouvert sur des enfers nombreux, et les génocides au Rwanda et au Darfour en sont deux, autant il devient de plus en plus salutaire pour notre futur de lui adjoindre le principe fondamental du respect des minorités. C’est ce principe que l’indépendance de la République du Sud Soudan, nous oblige dorénavant à prendre encore plus au sérieux. C’est ce principe qui devient jurisprudence en Afrique et qui donc plus que l’idéologie panafricaniste dessine notre futur.

Au Cameroun, ne sont-ce pas les anglophones qui le plus vivement l’ont manifesté dans la cour de notre République, eux dans la province de qui se sont exprimées autant les voix qui en 1990 ont fabriqué le multipartisme chez nous, avec la création du SDF, que celles qui ont le 30 décembre 1999 déclaré précipitamment l’indépendance du Southern Cameroon ? C’est que, et ce n’est pas un hasard, c’est bien dans les provinces anglophones, dans l’Ambazonie donc, que les revendications sociales et les turbulences corporatistes qui secouent notre pays sporadiquement, pour notre salut commun, se sont, ces dernières vingt années, le plus évidemment transformées en revendications politiques, et pas autour du tombeau d’Um Nyobé ni encore dans le fief d’Ahidjo.

Les anglophones sont de caractère frondeur, on pourrait dire, selon une lecture culturaliste ; on croirait que ce sont des ‘tchouk head’, comme on dit à Bamenda ; que faux. Il suffit de voir les dénis de droit qui sont leur quotidien, et qui emplissent les dossiers d’Amnesty international, ainsi que de l’Agence des Nations unies pour les refugiés, pour comprendre leur rage. La précipitation du pouvoir de Yaoundé devant quelques troubles sociaux ayant lieu dans cette zone, par opposé à cette violence de gangs meurtriers qui secoue par exemple Douala, montre bien que celui-ci soupçonne que notre futur sera sans doute décidé de l’autre côté du Mungo.

Que cinq ministres, Marafa Hamidou Yaya, Jean Baptiste Béléoken, Bernard Messengue Avom, Jean Baptiste Bokam, Martin Mbarga Nguélé, se retrouvent soudain ce 27 juin 2011 au chevet de deux communautés anglophones en conflit foncier, alors que même les forces de l’ordre tardent à se présenter à Bilonguè ou deux gangs s’entretuent, montre l’attention craintive de Biya devant la rage anglophone.

Pourtant ne nous y trompons pas, comme me disait encore un ami anglophone : francophones et anglophones sont comme deux amis assis dans des trains différents et qui se voient passer. Cependant, me rappelait-il encore dans un débat sur l’apartheid littéraire qui sévit chez nous, c’est dans les romans écrits par des anglophones que l’on trouve une nation camerounaise bilingue, quand chez les auteurs francophones les personnages anglophones n’existent pas. Comment le contredire ? La réaction des grandes ambitions à cette critique à l’exclusion des anglophones aura été autant d’user de la violence, en faisant de la zone anglophone la plus militarisée du Cameroun, que de la carotte, en passant par l’éducation.

Au sommet de ces deux stratégies cependant se trouve l’humiliation continue de la minorité anglophone. Ainsi, selon le « Journal du Cameroun », dans un article de 2009 de Sandrine Gaingne, dans les programmes de lecture de la section anglophone, on retrouve des textes comme « L’enfant de la révolte muette « de Camille Nkoa Atenga pour le programme des Lower et Upper 6 classes, et « Ils ont mangé mon fils » de Jacques Fame Ndongo pour les Form 3. Comme si la meilleure manière de fonder un vivre ensemble dans la nation camerounaise, était d’imposer aux enfants anglophones la lecture des livres du chargé de la communication du RDPC, tout comme du général qui, il y a quelques années, menait une campagne militaire dans leurs cours.

L’un des échecs les plus cuisants des grandes ambitions c’est la question anglophone. C’est évident aujourd’hui : le modèle de l’‘Etat unifié’ est un synonyme de dictature jacobine. L’investissement militaire en zone anglophone plus que partout ailleurs au Cameroun en est la preuve. La politique d’‘intégration nationale’ aura été en fait la tribalisation des anglophones qui, on l’a oublié, ont rejoint la République du Cameroun en 1961 en tant qu’Etat souverain – chose sans précédent en Afrique ! Dire qu’au besoin de sa survie, ce régime les transforma en ‘anglo-bami’ ! C’est que Biya aura fait la question anglophone reculer de vingt ans, de là ou Ahidjo l’avait laissée. A son départ, notre pays ne saurait échapper à une révision de l’organisation de son territoire, révision qu’il avait initiée d’ailleurs lui-même à son arrivée au pouvoir quand il créa de la province du Nord défunte, trois provinces comme on sait. Cette fois il faudra retourner vers la fédération : élire les gouverneurs serait le premier pas.

S’il n’y a pas plus sourd que qui refuse d’entendre, peut-être plus que la déclaration d’indépendance du Southern Cameroon en1999, qui valut de nombreuses arrestations aux Camerounais anglophones, c’est sans doute lorsque Biya signera lui-même la reconnaissance par le Cameroun de l’indépendance de la République du Sud Soudan que tous – mais les francophones surtout – nous nous réveillerons enfin à l’évidence que la République fédérale est le modèle que notre futur commun permet à notre nation si diverse. Il n’y a aucune honte à retourner sur ses pas quand on s’est trompé de chemin, car après tout, l’histoire camerounaise est notre futur.


* Patrice Nganang es



L’autre Mauritanie racontée à monsieur Gaston Kelman : Mauritanité ! Radioscopie d’une exclusion programmée ?
L’autre Mauritanie racontée à monsieur Gaston Kelman :  Mauritanité ! Radioscopie d’une exclusion programmée ? Depuis son accession à l’indépendance, le 28 novembre 1960, la Mauritanie a mis en place un système d’exclusion de sa composante noire tendant à l’affirmation d’une identité exclusive arabe et la négation de tout soubassement africain à travers la mise en place d’une série de reformes politiques.

Le pouvoir militaire a procédé, au détour d’un conflit banal à l’origine, entre éleveurs mauritaniens et agriculteurs sénégalais en avril 1989, à des déportations massives de plusieurs dizaines de milliers de noirs mauritaniens vers le Sénégal et le Mali.

Entre 1989 et 1992, sous le régime du Colonel Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya, des milliers de civils et militaires noirs mauritaniens furent tués selon un mode opératoire présentant toutes les caractéristiques d’un génocide au sens retenu par les Nations Unies en 1948, dont une des conventions reconnait comme tel tout acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux».

Le général président Mohamed Ould Abdel Aziz a lancé depuis 2011 une opération dite d’ «enrôlement des populations» visant officiellement à doter la Mauritanie d’un état civil fiable et sécurisé, comme dans tous les pays. Cet enrôlement s’est révélé dans son application être une opération d’exclusion et de bannissement des noirs, suspectés d’être sénégalais ou maliens, ou d’avoir acquis frauduleusement les états civils en leur possession.

Nombre d’entre eux qui se sont vu refuser l’enregistrement, deviennent donc apatrides dans leur (propre) pays, d’autres l’ont été au prix d’humiliations de toutes sortes. Même de hautes personnalités civiles et militaires, ayant servi le pays pendant des décennies, se sont dans un premier temps fait exclure de l’enrôlement.

Dans le même temps, échappent à ces exactions, des étrangers, originaires de pays arabes, installés parfois depuis peu en Mauritanie. Parmi eux, des libanais, des maghrébins, et … des touareg maliens ou nigériens.

Aujourd’hui, cette opération se poursuit dans une relative opacité après de violentes manifestations encadrées par un mouvement de défense des droits civiques dénommé « Touche Pas à Ma Nationalité » et une partie de l’opposition.

La deuxième phase de cet enrôlement réservée aux étrangers vivant en Mauritanie a commencé, brutalement imposée par les autorités depuis mai 2012, sans en avoir précisé les modalités, par la traque de ressortissants d’Afrique noire donc majoritairement des sénégalais et des maliens. Des expulsions (comme en 1989) ont suivi vers le Sénégal, puis des tractations avec certains pays ont donné un répit à ces étrangers auxquels l’Etat mauritanien impose de se munir de carte de séjour dans un délai très court.

La troisième phase réservée aux mauritaniens établis à l’étranger met à nu les intentions et la ferme volonté du régime actuel de retirer la nationalité à la majorité des mauritaniens établis en France et en Europe. Pour parvenir à cette fin, les autorités de Nouakchott qui clament sous tous les cieux leur attachement à la souveraineté nationale, exigent pourtant à leurs citoyens la présentation d’une carte de séjour délivrée par le pays hôte pour mériter de rester mauritaniens.

Une immersion dans l’histoire de création récente de notre pays nous invite pourtant à la tolérance, à la mesure et à l’acceptation de notre diversité pour construire la nation et entretenir des relations apaisées avec nos voisins. La Mauritanie n’est pas une île, elle est le reflet de ses voisins avec sa propre personnalité.

La frontière avec le Sénégal, un enjeu humain d’abord

Le nom de la Mauritanie n’apparait officiellement que le 27 décembre 1899 par décision ministérielle qui délimitait un territoire qui englobe les régions s’étendant de la rive droite du fleuve Sénégal et de la ligne entre Kayes et Tombouctou, jusqu’aux confins du Maroc et de l’Algérie. Cette décision ministérielle et le choix du nom ont été inspirés par Xavier Coppolani.

En 1900, la première limite du Territoire fut fixée à travers un tracé théorique délimitant les zones d’influences franco – espagnoles au Nord. Le 10 avril 1904, par arrêté, tous les territoires situés sur la rive droite du fleuve Sénégal sont rattachés aux protectorats des pays Maures.

Le 25 février 1905, un décret précise et fixe la frontière au milieu du fleuve Sénégal puis le 8 décembre 1933, un autre décret repousse la frontière sur la limite du lit majeur du fleuve, c’est-à-dire sur la rive droite englobant le sud de la Mauritanie.

En 1975 puis en 1989 surtout, l’internationalisation des eaux du fleuve dans le cadre de l’Organisation de Mise en Valeur du fleuve Sénégal a permis d’éviter le pire entre les deux pays mais jusqu’à quand ?

A chaque crise majeure, chaque partie brandit « son décret », à ce jeu dangereux la Mauritanie donne plus l’impression de vouloir en découdre militairement. Les deux pays ont tout intérêt à trancher ce flou juridique au grand bonheur des populations riveraines. Enfin, le décret du 5 juillet 1944 rattache la région du Hodh, jusqu’alors sous dépendance du Soudan (actuel Mali), à la Mauritanie.

Ce rattachement revêt un cachet sécuritaire, l’administration cherchant à neutraliser le mouvement Hamalliste (Cheikh Hamahoullah) dans cette région.

En lieu et place des Émirats (Adrar, Trarza, Brakna, Tagant) et des États du Sud (Guidimakha, Waalo, Fouta Tooro) se substitue et se superpose le futur État de Mauritanie. Jusqu’au 2 juin 1946, le nom de la Mauritanie continuera d’être associé, jumelé avec celui du Sénégal sous l’appellation de « Circonscription Mauritanie – Sénégal » et Saint Louis du Sénégal restera capitale de la Mauritanie jusqu’à la veille de l’indépendance. On comprend dès lors que bon nombre de Mauritaniens soient nés au Sénégal.

Tel est le contexte historique et politique dans lequel a été enfantée la Mauritanie actuelle, regroupant Sooninko, Wolofs, Maures, Bambaras, Haratines et Haal Pulaaren qui vont devoir désormais vivre sur un même territoire unifié et placés sous une même autorité. Il va s’en dire que pour présider aux destinées de notre pays, il vaut mieux connaître ce contexte et tenir compte de toutes les pièces du puzzle. Le prix à payer pour les fils de notre pays, maures comme noirs, sera énorme.

Dès 1946 lors des premières élections législatives dans le cadre de l’Union Française, la question était déjà posée. En 1945, en prévision de ces élections, deux tendances s’étaient dessinées : Chez les maures « le représentant de la Mauritanie ne saurait être un noir » tandis que les notables noirs, inquiets, font appel à une candidature européenne (source : Sous – série : 2G45 : 134, Archives Nationales du Sénégal).

Un territoire, deux administrations et un système éducatif différencié Paradoxalement, la fracture entre maures et noirs de la vallée du Fleuve était déjà « officialisée » par les arrêtés n°469 et 470 du 20 août 1936 qui organisaient séparément les commandements et administrations : une administration indirecte chez les « indigènes maures », avec des émirs dépendant désormais de l’administration coloniale ; et une administration directe chez les populations sédentaires noires, avec la création de cantons dont les chefs étaient auxiliaires de police judiciaire et percepteurs des impôts.

Ce mode de gestion séparée est renforcé par la mise en place d’un système éducatif différencié. En effet l’administration coloniale, pour asseoir son autorité, affirme son intérêt pour l’école en vue d’une plus grande emprise sur les populations autochtones.

Dans sa circulaire du 22 juin 1897, le Gouverneur Général E. Chaude écrit : « l’école est le moyen le plus sûr qu’une nation civilisatrice ait d’acquérir à ses idées les populations encore primitives». « C’est elle (l’école) qui sert le mieux les intérêts de la cause française » ajoutera le Gouverneur Général William Ponty dans une circulaire du 30 août 1910, comme pour confirmer les propos de son prédécesseur.

Simplement, l’implantation de cette école en Mauritanie se fera, et pendant longtemps, dans le Sud : Kaédi en 1898, Boghé en 1912…. alors que les Médersas le seront seulement à partir de 1916 à Boutilimit, puis à Atar en 1936…., en raison notamment de l’hostilité affichée en pays Maures. C’est ce qui explique qu’à l’accession de notre pays à sa souveraineté le 28 novembre 1960, l’essentiel des cadres et des lettrés en langue française sont du Sud. Du non règlement de la question nationale à la reconnaissance du génocide

Plus de cinquante deux ans de vie commune, d’oppression, d’injustices, de domination, de persistance de l’esclavage, de déportation, de luttes et …. un pays à reconstruire. Pourtant, à la veille de l’accession du pays à la souveraineté internationale des signaux clairs avaient été lancés de part et d’autre.

Mais celui qui présidait aux destinées du pays, croyant en sa bonne étoile, s’est lancé comme si de rien n’était dans la construction « d’un Etat moderne, trait d’union entre l’Afrique Noire et le Maghreb » dans lequel devraient disparaître tous les particularismes.

Cet équilibre affiché sera foulé dès les premières années de l’indépendance à travers une série de politiques préparant l’ancrage de la Mauritanie à l’ensemble maghrébin et arabe. Les clefs de ce nouvel ensemble, fraîchement créé, encore fragile, ont été confiées à Mokhtar Ould Daddah. Si celui-ci appelait à construire ensemble la nation mauritanienne, sa conduite des affaires sera très tôt considérée comme partisane :

- Une conduite tendancieuse des affaires de l’Etat visant à donner une image exclusivement arabe du pays à l’étranger. Cette diplomatie a tellement réussi que bon nombre de Noirs Mauritaniens sont régulièrement suspectés de mentir sur leur nationalité ; pour cause « la carte postale Mauritanie » est autre. Il n’est pas rare de voir des compatriotes mondialement connus par leurs talents, par honte ou par facilité, être catalogués originaires du Mali ou du Sénégal.

- l’imposition de la langue l’arabe dans le système éducatif s’avèrera être un subtil moyen de sélection par l’école : en quelques années les résultats des examens de l’entrée en sixième et au baccalauréat, jusque là marqués par un fort taux de réussite d’élèves francophones, majoritairement noirs, vont s’inverser en faveur des élèves arabophones. Comme langue de travail, le rôle de l’arabe va être déterminant dans la réussite aux examens et concours, notamment d’accès à la fonction publique.

En tant qu’unique langue officielle à travers la politique d’« arabisation des ministères qui n’ont pas un caractère technique et qui sont en relation directe avec l’ensemble de la population comme la Justice et l’Intérieur », l’utilisation de l’arabe dans la sphère administrative se révélera comme un puissant outil de domination et d’exclusion : l’Etat laisse entendre sa volonté de s’adresser à toute la population mauritanienne au moyen de la seule langue arabe.

- la concentration de l’essentiel des pouvoirs économiques, politiques et militaires depuis le coup d’Etat de Juillet 1978 entre les mains d’une partie de la composante maure. Cette armée budgétivore, véritable fonction publique parallèle, qui dirige le pays depuis, a trouvé le moyen de se débarrasser de sa composante noire ou de l’écarter des centres de décisions.

- l’entrée en vigueur brutale à partir de 1983 d’une réforme foncière mal préparée et dont le seul objectif est l’expropriation, eut pour conséquence l’accentuation de la pression sur les terres agricoles de la vallée du Fleuve Sénégal d’investisseurs privés maures, bénéficiant de largesses de bailleurs arabes, et plus récemment d’investisseurs étrangers.

- Plus généralement, les frustrations et les injustices ressenties par les noirs, nées des traitements différenciés qui leur sont réservés et autrement plus sévères que ceux rendus pour les maures. L’opinion publique noire a souvent du mal à comprendre que les auteurs du dernier coup d’Etat manqué en Mauritanie, (appelé « coup d’Etat de Hannana », en juin 2003, certainement le plus violent du genre), n’aient été condamnés qu’à des peines d’emprisonnement de quelques mois.

Moins compréhensible encore la reconversion de deux des présumés auteurs qui se sont présentés à leur libération aux suffrages de nos compatriotes et réussi à se faire élire à la représentation nationale. Leur mandat court toujours.

Alors que quatorze années plus tôt, en 1987, pour une tentative de coup d’Etat qui n’a jamais connu de début d’exécution, le régime d’alors, a, au terme d’une procédure expéditive, jugé, condamné et exécuté trois officiers noirs. S’en est suivie une purge au sein de la grande muette qui a laissé dans le secret des tombes hâtivement creusées à Inal, Jreida, Akjoujt, Azlat, … des dizaines d’hommes qui s’étaient engagés au service de leur pays.

Les effets cumulés de tous ces facteurs présageaient d’une explosion de conflits. Une partie des maures, embrigadés par les mouvances pan arabistes et ayant le sentiment de plus en plus renforcé, et le disent, d’être chez eux, le seul chez qui leur soit propre (ça rappelle quelque chose), où l’Etat leur garantit tout : sécurité, impunité.

La majorité des noirs vivent cette condition comme un non choix, une condamnation à cohabiter, avec le recensement discriminatoire (enrôlement) en cours, ils ont fini par se dire qu’ils ne sont que tolérés ? Leurs revendications ont toutes été réprimées dans le sang ; sans qu’à aucun moment le régime en place ne prenne le temps de réfléchir sur les motivations réelles de ces crises à répétition, et ne propose des solutions qui aillent dans le sens du maintien de l’unité nationale.

Le calcul politique qui sous-tendait ces mesures, les conditions de leurs applications, la mauvaise gestion des conséquences de ces applications en termes de contestations cristalliseront toutes les frustrations et « pollueront » pour ainsi dire le climat politique de notre pays. La brèche ouverte depuis est devenue un fossé, si grand aujourd’hui qu’il fait courir à notre pays le risque de conflits à répétitions.

L’exclusion peut-elle durer encore ? Combien de temps ?

Les gouvernants, tous régimes confondus – exception faite des parenthèses Ould Haidalla et Sidi Ould Cheikh Abdallah - ont invariablement œuvré au maintien et au renforcement de l’option arabe irréversible de la Mauritanie. Une option que même l’opposition dans son écrasante majorité ne remet pas en cause, en dépit des conflits et les risques d’explosion auxquels elle a exposé notre pays en cinquante et une années de vie commune.

L’exacerbation de cette politique raciste, injuste et d’exclusion donnera naissance aux événements de 1989 et suivants, avec des massacres massifs des populations noires du Sud. Des actes que l’on peine encore à qualifier avec les mots qui conviennent.

La victoire a beaucoup de pères : Génocides reconnus

Historiquement, ce sont les vainqueurs qui ont imposé leur volonté quand il s’est agi de qualifier les faits. Leur camp ayant eu le soutien des instances internationales, quand il ne les a pas créées, pour traduire les bourreaux : le Tribunal de Nuremberg pour qualifier le traitement réservé aux Juifs lors des deux grandes guerres de crime contre l’Humanité, ceux d’Arusha pour le génocide des Tutsi au Rwanda et de la Haye pour le génocide des Musulmans de Bosnie Herzégovine. La Cour Pénale Internationale pour Charles Taylor et récemment Laurent Gbagbo pour les crimes commis contre les peuples Sierra Léonais et Ivoirien respectifs.

La défaite est hélas orpheline : Génocide voilé

Ce qui s’est passé en Mauritanie entre 1989 et 1992 présente toutes les caractéristiques d’un génocide au sens retenu par les Nations Unies en 1948 dont une des conventions reconnait comme tel tout acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Abstraction faite du débat que peut soulever l’usage des concepts renvoyant au nombre de victimes, à l’ethnie, à la race, voire à la religion notamment chez certains scientifiques puristes, cette définition lève toute ambiguïté sur le caractère des massacres commis lors de la période référencée.

Trois facteurs accablants sont à considérer ici, pris séparément ou mis ensemble.

Premier facteur : l’intention (de détruire tout ou partie d’un groupe national). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle y était, on est allé les chercher là ils se trouvaient : villages, lieux de travail (bureaux, écoles et marchés), au sein des forces armées et de sécurité.

Deuxième facteur : le motif apparent pour désigner puis massacrer les cibles, était leur appartenance à une ethnie. A l’exclusion des exécutions au sein de l’armée, les pogroms le long de la vallée ont ciblé les peulhs. La population victime a donc délibérément été sélectionnée (tous ceux qui ont été massacrés avaient la particularité d’être Noirs).

Troisième facteur : ces massacres ont été pensés, planifiés, et exécutés au nom d’une idéologie raciste dont l’objectif était la purification ethnique. Le maître d’œuvre en était le Colonel Ould Taya, conseillé par des idéologues civils se réclamant du Baathisme.

Il en découle que les crimes commis l’ont été sur la base d’une sélection, un tri. Une effroyable opération qui a précédé l’exécution collective des victimes. La sélection confère donc à ces crimes la condition nécessaire de leur qualification en génocide, tandis que le caractère collectif érige le mal en crime d’Etat. Faut-il encore un argument supplémentaire pour convaincre qu’il s’agit bien là d’un génocide. La réponse est assurément NON.

A l’évidence, ce drame est bien issu d’une volonté systématique et planifiée d’extermination. La Mauritanie doit porter un regard apaisé sur son passé d’autant que certaines franges pan arabistes n’hésitent pas à accuser les exilés et déportés Mauritaniens au Sénégal d’avoir participé aux massacres de leurs compatriotes en 1989 dans ce pays, telle la réplique de l’Etat Turc accusant la France de génocide en Algérie en réponse au vote par le Parlement Français, le 22 décembre 2011, de la proposition de loi pénalisant la contestation du génocide Arménien.

Pourquoi alors s’obstine-t-on à utiliser d’autres qualificatifs ?

D’abord parce que les bourreaux sont encore en activité, dans les premiers cercles du pouvoir. Conscients de leur responsabilité certainement directe dans les forfaits commis, ils font tout pour retarder ou empêcher la manifestation de la vérité.

Ensuite, la majorité des partis politiques ont préféré laisser les ONG sous-traiter la question, désertant ainsi cet épineux terrain rendu glissant par sa connexion avec la question nationale. Le débit des autres partis est faible, presqu’inaudible, en raison d’un réseau saturé par des dissensions des associations des victimes.

Enfin les divisions au sein des associations de victimes elles mêmes, liées peut être aux traumatismes subis, sont un pain béni pour les présumés coupables, pourtant répertoriés, qui n’ont eu aucun mal à surfer sur ces divergences pour essayer de passer la solution de cette question par pertes et profits. Victimes et ayant droit s’accommoderont du discours édulcorant les crimes en « passif humanitaire ». En acceptant ainsi de suivre les autorités dans cette démarche, ils espéraient peut-être donner une chance à ces dernières de cheminer vers une véritable réconciliation, impliquant réparations et pardon.

Mohamed Ould Abdel Aziz, qui fut aide de camp du président Ould Taya et commandant du Bataillon de Sécurité de la Présidence de la République (BASEP) de 1987 à 1991 puis commandant du bataillon de commandement et des services à l’Etat Major national d’août 1991 à juillet 1993 selon son cv, aurait été épargné pour accorder une chance supplémentaire à la chance de réconcilier la Mauritanie avec elle-même. Ce fut un coup de poker perdant.

La « prière aux morts » qu’il a orchestrée en grande pompe, n’avait d’autres motivations que mystiques. La campagne qui l’a suivie, autour du pardon participait à une démarche de diversion, visant à faire passer les victimes pour des haineux, des rancuniers qui ne pouvaient pardonner.

N’entendions-nous pas les chantres de cette campagne répéter à qui voulait l’entendre que « Allah, dans Son infinie bonté, accordait Son pardon à Ses créatures (fautives) qui le Lui demandaient ». Ce qu’ils omettaient de dire, c’est qu’Allah n’a jamais fait de mal à personne.

Les victimes des exactions n’ont pas de contentieux avec Allah, mais bien avec des créatures comme elles qui se sont adonnées à des abominations, dont elles doivent répondre ici bas, avant de devoir en rendre compte devant notre Créateur et Ses Anges. Ils semblent être frappés d’amnésie, oubliant que certains de ces crimes ont été commis pendant le mois de Ramadan.

Faute d’avoir pu l’empêcher de se produire, nous n’avons pas le droit de laisser les autorités ajouter au crime la bêtise de le minimiser. En effet, les expressions utilisées pour qualifier ces faits de « passif humanitaire », l’ont été, parfois sous la pression des bourreaux et de leurs amis au pouvoir. Comme si ce qui s’est passé n’était pas suffisamment grave pour mériter d’être qualifié autrement.

Le « passif » (et l’ « actif »), usité en comptabilité ou en grammaire, ne peut ni ne doit en aucun cas être employé pour parler de cette abomination. On est en politique. En politique, comme en tout autre domaine, il est préférable d’utiliser les mots qui conviennent pour désigner les maux causés au risque de tomber dans le négationnisme. Les propos tenus récemment par le Général Meguett en constituent un début de commencement.

Souvenons nous qu’Hitler, tirant la leçon de la non application des résolutions du traité de Sèvres, signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l’empire Ottoman, qui prévoit la mise en jugement des responsables du génocide arménien, aurait lancé en 1939 « Qui se souvient des massacres des Arméniens » à la veille de massacrer les handicapés, l’extermination des Juifs viendra deux ans plus tard.

Rappelons aussi que le général père de la nation Turque, Moustapha Kemal avait pris soin de faire voter une amnistie générale des dits crimes le 31 mars 1929. En Mauritanie le colonel Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya a fait voter une loi d’Amnistie de ses crimes, adoptée en 1993 par une Assemblée à ses ordres. La tentation de tracer un trait sur les faits était déjà là.

Le temps ne doit donc pas avoir de prise sur notre détermination et notre volonté à œuvrer pour la reconnaissance de ces crimes en génocide et la traduction pendant qu’il encore temps de leurs commanditaires devant la Cour Pénale Internationale.

Est-il possible d’éviter à notre pays un futur incertain?

Les mauritaniens peuvent-ils s’arrêter un instant pour s’accorder sur l’essentiel en vue de construire un destin commun ? Quel modèle pour la Mauritanie : Etat unitaire, Etat fédéral ? Ancrage dans le monde Arabe ou dans l’Afrique noire ? Trait d’union ?

Quoi qu’il en soit, nul ne peut gouverner paisiblement notre pays en méconnaissance totale de son histoire ou au mépris de celle-ci, faite de recompositions, de brassages, de mélanges de sociétés si différentes que tout éloignait au début, mais qu’il faut désormais administrer harmonieusement selon un principe si simple de justice et d’égalité, non pas de principe, mais d’égalité effective. Pour cela l’armée au pouvoir depuis 1978, n’ayant pas vocation à faire de la politique et considérée comme comptable et responsable de ce génocide, n’est pas qualifiée à diriger la Mauritanie. Monsieur Kelman, maintenant vous savez.

Ciré Ba et Boubacar Diagana - Paris, le 22 juin 2013.

9 commentaires:

maatala a dit…

Lu sur Cridem


Tout à fait d'accord avec vous. Le célèbre philosophe grec Platon disait "la perversion de la cité commence par la fraude des mots." Par "passif humanitaire", les auteurs du pogrom des années de braise tentent d'aseptiser le mot génocide.

L'"émasculation du vocabulaire" est une marque de fabrique bien de chez nous. C’est connu et ça ne sert qu'un temps.

Quand la boîte de Pandore sera ouverte,les génocidaires (toutes communautés confondues) et leurs relais auront à répondre devant l’histoire.

Anonyme a dit…

salam


Le Cheikh Mohamed al-Arifi, prédicateur wahabite saoudien a appelé les jeunes musulmans à se diriger vers la Syrie pour faire le jihad. Et juste après son appel, il s’envole pour la capitale britannique, pour …passer ses vacances.




Le cheikh Al-Arifi appelle au djihad en Syrie, puis part en vacances à Londres où il se fait tabasser








Aussitôt, la blogosphère, Twitter et Facebook, se sont emballés pour critiquer cette façon peu amène du genre, faites ce que je vous dis mais ne faites pas ce que je fais, qui a irrité les internautes.



Même des journaux saoudiens n’ont pas été tendre vis à vis du cheikh salafiste. C’est ainsi que le célèbre quotidien saoudien Okaz a affublé Al-Arifi du titre de « cheikh des moudjahidines à Piccadilly », en référence à une grande avenue de Londres.



« Le cheikh des moudjahidines a déclaré le Djihad. Les cris des fidèles se sont élevés, répondant positivement à son appel. A la grande surprise de tous, le cheikh réserve en première classe (en avion) pour passer l’été à Londres […] Du point de vue militaire, le cheikh possède cinq millions d’adeptes qui le suivent quotidiennement sur Twitter. […] Le commandant des jeunes se trouve dans la capitale du brouillard, allongé sur le lit de l’un des plus luxueux hôtels de Londres, pendant que des centaines de jeunes, partis en Orient, meurent chaque jour, suite à son appel retentissant » ajoute Okaz.



Un autre quotidien saoudien Dammam, jouant sur le chapitre de l’ironie écrit : « L’homme n’a jamais dit qu’il vivait dans l’austérité […] Laissez-le tranquille et allez au djihad auquel il vous a appelé et cessez de le pourchasser, pauvre Arifi ! »



Les critiques ont concerné aussi d’autres prédicateurs qui ont appelé les jeunes au jihad en Syrie, sauf que ce jihad ne concerne nullement leurs enfants. Un prédicateur, interrogé par la presse à propos de ses quatre enfants qui ne sont partis faire le jihad, a affirmé toute honte bue qu’ils sont à Ryad (capitale saoudienne) entrain de faire le plus grand des jihad.



Quant au cheikh Al-Arifi, il se défend en affirmant s’être rendu à Londres pour coordonner avec la chaine internationale Iqraa les programmes sur les événements en Syrie…



Durant ses vacances dans la capitale britannique, cheikh Al-Arifi a été pris à partie par deux hommes alors qu’il sortait d’un restaurant situé sur Oxford Street, l’avenue commerçante la plus longue au monde. Les deux personnes ont tabassé de coups le cheikh wahabite qui s’est retrouvé à l’hôpital.



Pour rappel, le Cheikh wahabite saoudien, Mohamed el-Arifi, est devenu célèbre depuis qu’il émis une fatwa intitulée ” ouverture de la porte du djihad par le mariage en Syrie”.


Ce décret religieux tend à rendre légal d’un point de vue religieux, les rapports sexuels avec des filles syriennes, pour les mercenaires islamistes présents sur le sol syrien, non mariés ou loin de leurs épouses, qui pourront grâce à cette fatwa contracter mariage, pour une durée ne dépassant pas quelques heures, avec celles qui ne sont pas mariées ou celles qui ont été répudiées ou divorcées.

Source : algerie1.com

Noorinfo

Anonyme a dit…

salam

Le racisme contre les noirs: «une honte» pour la Tunisie


Le péril noir n'est pas un mythe en Tunisie. Des noirs et des étrangers sont victimes de racisme.

Le racisme contre les noirs: «une honte» pour la Tunisie

Le constat dressé par les noirs Tunisiens et les étrangers est alarmant: le racisme ne recule pas en Tunisie. Nombreux sont les exemples qui attestent de ce climat délétère.


Un article du site d'information La Presse.tn revient sur les cas les plus emblématiques du racisme ordinaire en Tunisie:

«A Sidi Makhlouf, par exemple, les écoliers blancs et noirs prennent des bus différents.»

Les étudiants subsahariens, qui seraient au nombre de 8.000, sont victimes d'injustices et ce, même de la part de l'Etat tunisien.

«Entre les 19 et 20 juin, 700 étudiants subsahariens ont dû payer une amende d’au moins 300 dinars à l’aéroport de Tunis avant de rentrer chez eux. Motif de l’amende: ils ont séjourné quelques mois en Tunisie sans papiers. Sauf que la faute revient à l’administration tunisienne qui a pris 6 à 7 mois de retard pour leur délivrer leur carte de séjour définitive», raconte La Presse.tn

Depuis la chute du régime Ben Ali, l’expression du racisme et de la xénophobie ont explosé, notent plusieurs associations. Des étudiants racontent ce qu'ils endurent. Ils se font insulter et escroquer régulièrement. Dans certaines écoles, les frais de scolarité sont deux fois plus élevés pour les subsahariens que pour les Tunisiens, poursuit le site tunisien.

Les associations ont interppelé les députés de l'assemblée constituante pour qu'un article condamne explicitement le racisme et la xénophobie.


Lu sur La Presse.tn

Noorinfo

Anonyme a dit…

salam

Limogeage de la ministre de la culture, de la jeunesse et des sports

Limogeage de la ministre de la culture, de la jeunesse et des sports
Comme attendu, il a été mis fin par décret présidentiel aux fonctions de la ministre de la culture, de la jeunesse et de sports, madame Cissé Mint Cheikh Boide. Le mari de la ministre est actuellement en détention ; Il est impliqué dans une affaire de malversations financières portant construction d’un stade a Nouadhibou.

Mint Cheikh Boide a été citée par plusieurs medias dans cette affaire.

Le ministère de la culture et des sports a été « provisoirement » rattaché au département des affaires sociales des familles et de l’enfance (MASEF).

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Après ABDOU le fou.

Madame vous présente son époux (l’officier Ehbib Ould Ahmed Salem) le sreirigue.

Kim pourquoi ne pas envoyer l'IGE pour vérifier la gestion de la martiniquaise presqu'arabe dit le fou

maatala

Anonyme a dit…

salam

SCANDALE : Corruption à ciel ouvert !

Lu sur LTV

S’il y avait gabegie du temps de Moawiya , elle était plus ou moins cachée . Mais, cette fois elle est sans scrupule !
Ould Oumere-Taiwan , directeur du journal la Tribune , est entrain d’ empocher la somme de deux millions d’ ouguiyas sonnantes et trébuchantes , sur instruction expresse du directeur de cabinet du président de la république , monsieur Isselkou Ould Izidbih , via la ministre de la culture Cissé Mint Boyda qui a reçu l’ordre de lui donner cet argent pour services non rendus ! !

Mais Oumere a joué au maitre chanteur qui lui sied bien, pour décrocher ce montant au complet, en exerçant un chantage sur la pauvre Mint Boydé …

L’émir –arrivage, journaliste bidon, évoqua avec la ministre le fond destiné à la culture et le sport grâce aux prélèvements de 1% sur les droits de douane, en insinuant qu’il dispose de preuves sur sa gestion opaque !

Finalement, la ministre compose le numéro de son secrétaire général pour lui demander de confirmer un engagement de deux millions d’ouguiyas (2000 000UM) , pour soit disant acheter le silence du journaleux !

Oumère prit les références de l’engagement financier du ministère en sa faveur et poursuit son chemin à la recherche d’une nouvelle victime : voilà comment se passe la journée d’un faux journaliste, vrai truand dans un pays en pleine lutte contre la corruption et la gabegie !

Rappelons que le fonds de 1%, n’est pas une mince affaire : c’est la valeur des grands nombres prélevée sur tout dédouanement au quotidien ! Il est estimé à 13 milliards par an , et c’ est de l’argent liquide parce que tous les droits des douanes sont payés au comptant , illico presto !

Le présent scandale de corruption à ciel ouvert, aura au moins eu pour mérite de lever un coin du voile qui cache l’existence de ce fond et sa gestion par la ministre Cissé !

Il n’est pas exclu aussi, si l’IGE passe par là, que Oumere –arrivage soit appelé à la barre pour corruption active qu’il ne peut nier, parce que Verba volante, Scripta Manent (les paroles s’en vont, les écrits restent).

Avec l’engagement de 2 millions d’ouguiyas, actuellement en circuit au secrétariat général du ministère de la culture, il n’est pas difficile de remonter la filière ! Mais il ne faut pas s’attendre à grand-chose de la part de l’ IGE , sous Mohamed Aly Ould Semlali , dont on connait les faiblesses pour se servir de la chose publique du temps où il était chef de visite des douanes , moments mémorables , pour l’ex ministre des finances sous Moawiya … Est-ce peut être aussi l’ occasion pour les pouvoirs publics de débarrasser le quatrième pouvoir de Ould Oumere , une araignée qui le ronge de l’intérieur ! A suivre

Anonyme a dit…

http://www.noorinfo.com/ENFIN-LA-VERITE-SUR-LE-PRINTEMPS-ARABE-VIDEO_a9821.html

Anonyme a dit…

http://www.noorinfo.com/ENFIN-LA-VERITE-SUR-LE-PRINTEMPS-ARABE-VIDEO_a9821.html

Anonyme a dit…

Vlane,

Mes respects. A-


http://www.cridem.org/C_Info.php?article=644734

Bebe BA a dit…


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Encore une nouvelle rectification, lol!!!! l'armée egyptienne a rectifié le président Morsi