mercredi 28 août 2013

On nous avait caché ça : en Mauritanie, révolte des esclaves en milieu Soninké…


Ça s’est pourtant passé en Mauritanie et tout est parti d’une affaire de cœur entre une noble et un esclave soninké pour finir en révolte des esclaves ; le tout entre Paris et le village où presque tous les coups furent permis. En milieu maure, les h’ratines en sont encore au discours car ils sont mieux lotis que les esclaves soninkés auxquels il est interdit d’être maire, député ou ministre. Voilà pourquoi apparemment en milieu soninké régulièrement on est au bord de l’explosion mais cette information n’arrive pas jusqu’à Nouakchott car ce genre d’exemple pourrait faire désordre à une tout autre échelle. Pourtant ça vaut le détour, à lire entièrement c’est très fluide.

« Le second cas concerne Mlle Aminata M. et Omar T. du village de R. En 1994-1995, un jeune homme d'une trentaine d'années (déjà marié au pays), nommé Omar T. débarque à Paris. Bien que d'extraction servile et « sans-papiers », Oumar T. était apparemment heureux de son sort, entre un foyer africain de Montreuil-sous-Bois où il habitait, et la maison du maître de ses parents à Drancy, où il se rendait régulièrement pour y exécuter de menus travaux ménagers ou des courses.

Tout allait bien pour lui jusqu'au jour où un employé de mairie d'origine soninkée interpella M. M., ledit maître, pour lui annoncer que, de ses propres yeux, il a reconnu formellement sa fille sortant d'un hôtel avec « son petit esclave ». M. M. ne s'en offusqua guère et rétorqua fièrement que ce garçon n'est que l'ange gardien de sa fille, en l'occurrence son « petit esclave » et qu'il fait entièrement confiance à sa fille aînée.

D'autres témoignages arrivèrent par la suite jusqu'à ses oreilles ; il ne voulait pourtant rien entendre de ces « calomnies ». Mais avec le temps, le père fut instruit de la « triste réalité » et cessa de jouer les autruches ; il se rendit avec son fusil de chasse chez le chef du village de R. au foyer « Rochebrune » à Montreuil pour exiger la convocation de l'esclave en question afin de lui signifier de cesser immédiatement de fréquenter sa fille. Il menaça (en son absence) des plus sombres destins, y compris d'une mort prochaine, l'insolent et téméraire descendant d'esclaves qui osa le bafouer et le traîner dans la boue. Le chef de village à Paris convoqua alors une première assemblée des nobles devant laquelle M. M. refusa de se présenter, faute peut-être d'avoir été satisfait dans sa requête ; il écopa d'une amende de 5 000 francs français pour refus d'obtempérer. Néanmoins, les nobles du village, appartenant en majorité au patronyme M., se mirent en colère contre le « petit esclave » par solidarité avec M. M. et, du coup, déclenchèrent contre l'« effronté » les procédures d'exclusion des instances villageoises de France et de Mauritanie. Lors de cette réunion avec les chefs de village, on lui expliqua que la fille qu'il convoite « est née en France et ignore tout de nos coutumes ; mais que lui, en revanche en a profité pour l'égarer volontairement ». Il semblerait que durant cette réunion il ne se soit pas exprimé lui-même, cependant un de ses amis (un esclave de mangue) a déclaré à la fin de la réunion que « ces histoires de mariages [endogames] sont des histoires du passé ». Ce dernier écopa de 5 000 francs d'amende pour cette affirmation mais il déclara qu'il ne les paiera jamais.

Entre temps, quand le ventre de Mlle M. commença à s'arrondir, elle décida, à titre préventif, d'aller vivre son idylle hors du domicile parental. Ayant senti les choses se gâter, suite aux menaces de son père, elle se rendit alors au commissariat pour y demander une protection policière pour son ami ; les policiers qui ne comprirent rien à son discours sur l'esclavage (mais les a-t-elle vraiment informés sur le sujet), ont, semble-t-il, malgré tout, convoqué le père pour lui demander de se calmer et de ne menacer quiconque et, a fortiori de mort.

À Paris, les nobles du village, après avoir exclu Omar T. de la caisse centrale des ressortissants du village en France, demandèrent par un message envoyé au pays, au chef de village — il est simultanément chef du clan de M., patronyme régnant — d'exclure immédiatement les parents du jeune homme (père, mère et oncles paternels) de toutes les affaires du village, y compris, chose gravissime, de l'accès à la grande mosquée pour la prière du vendredi. En France également ses oncles paternels furent exclus de la caisse du village. Du coup, à Paris, on assista à la réaction immédiate et concertée de trois ou quatre anciens étudiants de l'université Al-Azar du Caire, eux-mêmes d'origine servile. Ils provoquèrent une réunion avec les nobles pour leur annoncer que les mesures punitives prises à rencontre des parents d'Omar T. sont contraires au droit musulman, car leur responsabilité n'est nullement engagée dans cette affaire, ni de près, ni de loin. Par conséquent, en tant que musulmans, ils doivent réviser leur position sur ce point précis.

Après les avoir attentivement écoutés, les nobles décidèrent immédiatement de leur infliger une amende de 4 000 FF chacun, payable dans les plus brefs délais. En cas de non-paiement de cette amende, ils seraient exclus de l'association villageoise de Paris (à laquelle ils ont pourtant toujours participé en versant leurs cotisations mensuelles obligatoires). Ils répliquèrent aussitôt qu'ils ne payeront l'amende en aucun cas, car ils n'ont énoncé que le droit, tout en montrant la voie tracée par Allah et sans aucune arrière-pensée de protection, ni du jeune Omar T. ni même de ses deux parents. Ils furent alors exclus sur le champ de toutes les instances organisationnelles du village de R., en France comme en Mauritanie.

À partir de ce moment l'affaire deviendra progressivement un différend entre les nobles et les esclaves du village de R. Peu à peu, les descendants d'esclaves commencèrent à se concerter collectivement pour adopter une attitude commune qui, m'a-t-on précisé, ne puise ses arguments essentiels que dans l'attitude intransigeante des nobles du village. À Paris, en vue de réconcilier les deux groupes de la communauté villageoise de R. (les jeunes esclaves contre les nobles alliés aux « vieux » esclaves), tous les ressortissants des villages environnants intervinrent, mais en vain.

Certains villages ont tenté de parler aux deux parties rassemblées, mais sans résultats. Ces interventions, souvent organisées à l'initiative des seuls nobles des villages voisins, ont provoqué de graves problèmes au sein de leurs propres communautés villageoises, car certains esclaves de ces villages ont estimé que la démarche de réconciliation doit concerner tout le village et non pas seulement les nobles et leurs niaxamalani. C'est ainsi que les nobles du village de L. ont été menacés de représailles au cas où ils interviendraient au nom de l'ensemble du village. La situation en ce début d'année 2000 ne semble guère s'améliorer. Les aristocrates et les « vieux » esclaves ont conservé l'ancienne caisse avec en épargne près de trente années de cotisations des deux communautés ; la centaine (plusieurs centaines selon d'autres sources) de jeunes descendants d'esclaves réfractaires ont été contraints de créer leur propre caisse. Ils l'ont fait autour d'une association loi 1 90 1 , d'où la très grande portée symbolique et matérielle de leur décision. Les nobles exigeraient désormais le retour inconditionnel des jeunes réfractaires avec leur nouvelle caisse, et l'ancienne également, sans aucune garantie ni contrepartie. En fait, les esclaves ont deux caisses car depuis le début des années 1970 ils se sont organisés autour d'une « caisse des esclaves » distincte de celle du village. Ils versaient à cette caisse des esclaves, créée à la suite d'un différend avec les nobles, une cotisation exceptionnelle (équivalent à la moitié de la cotisation villageoise).

En effet, les nobles de France, suite à un incendie de brousse déclenché involontairement par des enfants d'esclaves qui gardaient les champs au pays, avaient payé l'amende exigée par le gouvernement mauritanien avec les deniers de la caisse villageoise. Ils ont menacé les esclaves en leur disant que la prochaine fois que pareille mésaventure arrivera à leurs enfants, la caisse de France ne prendrait plus rien en charge. D'où la création d'une caisse spécifique par les esclaves !

Au village de R. en Mauritanie, au début du conflit, les deux groupes étaient séparés et se combattaient, mais les nobles ont progressivement réussi à convaincre, par divers moyens, tous les vieux esclaves. Les parents de Omar T., murmure-t-on ici, ont fini par renier leur fils tandis qu'à Paris, ses oncles ont recouvré leurs droits auprès de la caisse villageoise. Au village cependant, dans tous les actes de la vie quotidienne s'opposent d’un côté les jeunes révoltés et, de l'autre, les nobles alliés aux vieux esclaves. Les deux groupes sont désormais séparés ; les nobles ont repris les terres précédemment louées aux jeunes esclaves (en contrepartie d'un dixième de la récolte). On est allé jusqu'à détruire des constructions en cours sur des terrains jadis gracieusement concédés ou vendus aux jeunes esclaves révoltés. Certains d'entre eux rentrés au village pour s'y marier, ont été contraints par les nobles d'aller se marier à Dakar ou à Nouakchott ; il leur fut ainsi interdit d'organiser les festivités au village.

Lors de l'enterrement d'un immigré décédé à Paris et dont le corps fut rapatrié au village, un autre immigré d'origine esclave (appartenant au groupe des révoltés de France) en vacances, s'est vu interdire au cimetière la participation à la dernière prière d'avant la mise en terre. Tous les musulmans des autres villages représentés furent indignés et les nobles de R., dès les funérailles achevées, déclarèrent que désormais ils ne refuseraient plus la présence des révoltés lors d'un enterrement. Dorénavant, chaque groupe prie dans ses propres mosquées de quartiers. L'islam qui proclame l'égalité entre musulmans n'est utilisé, on le voit, que de façon instrumentale pour pallier les inconvénients de la non-tranversalité des mariages et, dans ce cas d'espèce, de l'hypogamie. L'inégalité matrimoniale ici n'est pas dénoncée dans une perspective de généralisation et d'application du principe d'égalité énoncé par le Coran. Mais l'exemple du cimetière, conséquence directe de cette inégalité matrimoniale, montre bien le refus des musulmans soninkés dans leur écrasante majorité de tirer toutes les conséquences de leur islamité : on refuse le mariage transversal entre descendants d'esclaves et de nobles, tous musulmans et égaux devant Allah ; mais on s'indigne devant l'humiliation subie par un musulman, fut-il descendant d'esclaves, lorsqu'on empêche celui-ci de prier sur la dépouille mortelle de son compagnon d 'exil et de misère. Est-on plus musulman que Soninké ? Peut-on continuer à sanctionner au nom de l'islam les conséquences de comportements liés à la tradition ? Ce principe d'accommodement sera-t-il long temps tenable ? Il me semble qu'il y a là un cloisonnement des diverses facettes culturelles de l'identité dangereux pour l'équilibre des hommes et des femmes vivant en société.

S'agissant du couple de jeunes, Mlle M. a eu un deuxième enfant pendant le second semestre de l'année 1999 et son père a tout fait pour dissuader sa « brebis égarée » de poursuivre cette liaison. Pour éviter que ses autres filles ne suivent la même voie que leur aînée, il les a envoyées à Nouakchott et au village « afin qu'elles se rendent compte par elles-mêmes que leur famille est honorable, et qu'en aucun cas, elles ne doivent transgresser les normes et les traditions de leurs ancêtres. Elles ont le devoir sacré de conserver leur rang et d'en être fières » (équivalent en français des termes employés par le père). Quels que soient les résultats de sa démarche, le père veut encore circonscrire le comportement anomique  de sa fille aînée.

Il semble même qu'un jour, au plus fort de la crise, il se soit rendu dans le quartier du couple pour y camper dans la rue, sous leur fenêtre, histoire visiblement de leur chercher querelle. Les jeunes du quartier décidèrent alors de s'« occuper du cas du vieux ». Aussitôt dit, aussitôt fait : il rentra chez lui les habits déchirés et non sans avoir essuyé quelques coups. À son retour, et à quelques dizaines de mètres de son domicile, il ameuta, accusateur, l'ensemble du quartier en clamant le nom de son épouse à l'instar des célèbres pleureuses de son village d'origine, afin de la prendre à témoin de sa « déchéance » :

« Ma chère F. je suis déshonoré!
À partir de ce jour, je suis le dernier des M.!
Ma propre fille aînée a préféré un esclave à son père!
Moi, aujourd'hui, je préfère la mort à l'opprobre éternel!
Je suis le dernier des M. que les esclaves bafouent et piétinent à Paris! »
Chaque phrase étant suivie du refrain : « Mon destin a basculé (npere bono) ».

Мmе M., malgré les éclats de son mari, est restée très discrète dans cette affaire, même si d'aucuns pensent qu'elle serait derrière certaines menaces viriles de son époux à l'égard du jeune homme. En tout cas, elle sait que les plaintes de M. M. lui sont directement adressées et que la moindre maladresse de sa part peut déclencher une avalanche d'injures, voire lui coûter son mariage pour cause de connivence avec sa fille. Ne dit-on pas chez les Soninkés qu'une fille reflète toujours l'éducation reçue de sa mère ? Une mauvaise fille est le miroir de sa mère. La mère est la première accusée dès qu'un enfant « échoue ». Mais le règlement des conflits liés à la mésalliance et, en particulier, à l'hypogamie relève chez les nobles de la compétence des hommes, tout comme la guerre. On m'a affirmé que le père, depuis le départ de sa fille, « a vieilli de plus de quinze ans, rongé par un désespoir sans remède ». Plusieurs personnes tentent de « raisonner » la fille pour qu'elle prenne son père en pitié et renonce enfin à son mari ou, à défaut, pour qu'elle fasse l'effort de rendre visite à ses parents pour les consoler. Mais c'est peine perdue car elle a définitivement coupé le cordon. En coulisse, d'aucuns affirment que « ces jeunes nés en France ne sont pas élevés comme des Africains, car ils ignorent le poids des liens familiaux et n'ont pas de sentiments. Sont-ils encore des Africains ? »

Les niveaux de lecture de ce conflit sont multiples, alors qu'il est encore loin d'avoir produit tous ses effets sur l'ensemble des communautés villageoises soninkées de France et des villages, en particulier sur les rapports entre descendants d'esclaves et de nobles. À titre d'exemple, un noble d'un autre village a affirmé que « les nobles du village de R. ont mal géré cette crise, ce qui risque de provoquer une révolte générale de tous les esclaves des pays soninkés contre nous les nobles ». Un autre noble indigné m'a affirmé que lors de leur troisième intervention, ils ont été « humiliés par les jeunes esclaves (komo) qui ne savent même plus parler aux anciens et nous ont traités de Gaulois attardés [sic]. À la fin de l'assemblée, ils nous ont invités à manger, et nous étions tellement écœurés que nous n'avons même pas jugé utile de répondre à leur invitation » .

Un descendant d'esclave d'un autre village, situé non loin de R., m'a confié qu'ils ont mis en demeure « leurs nobles » de parler au nom de tout leur village dans ce conflit, car dit-il, « les nobles de notre village ont pris l'initiative d'y aller seuls et ils se réunissent tantôt avec les nobles de R. tantôt avec les esclaves ; dans ce cas, comment vont-ils réussir à les réconcilier s'ils ne les réunissent pas ensemble ? Ils aggravent la situation par leurs fumisteries interminables ». « D'ailleurs », ajouta-t-il, « sais-tu que la caisse du village de R. ne rapatriait que les corps des nobles décédés en France ; jusqu'à ce jour les esclaves se débrouillaient entre membres de la même famille ou entre amis pour rapatrier les corps de leurs défunts ; c'est bien fait pour les nobles que les esclaves de R. aient quitté la caisse villageoise ».

Ce conflit a, par ailleurs, mis en relief de façon éclatante, les liens étroits existant entre les émigrés de France et leurs villages d'origine. En effet, jamais les comptes rendus des réunions des ressortissants de R. en France n'ont été si systématiquement communiqués au village afin que les décisions soient immédiatement répercutées là-bas et réciproquement. Il est également significatif de noter qu'aucune des parties n'a estimé utile ou indispensable de porter l'affaire devant les tribunaux français ou mauritaniens, sauf Mlle M. pour les menaces de son père à l'égard de son compagnon. On dit même que les nobles régnants du village appartenant tous au patronyme M., se sont donné la consigne du silence en France face à l'« insolence et aux provocations des jeunes esclaves » car ici, constatent-ils, « nous ne sommes pas au village ». De même, en Mauritanie, aucune action en justice n'a été intentée par l'une ou l'autre partie et le gouverne mauritanien, qui a certainement eu connaissance du conflit, ne semble aucunement pressé d'intervenir pour calmer le jeu.

Toutes les démarches de réconciliation émanant des différentes communautés villageoises de la région du Fleuve résidant en France ont échoué. Est-ce parce qu'elles ont emprunté les voies traditionnelles que les jeunes esclaves condamnent ? Quels que soient les résultats futurs de ces démarches, ce conflit demeurera une mine d'informations pour l'étude du changement social en milieu urbain hors contexte social global du pays d'origine et des traditions villageoises. »

Yaya SY
(Extraits : P54 à P60)
L'esclavage chez les Soninkés : du village à Paris
In: Journal des africanistes. 2000, tome 70 fascicule 1-2. pp. 43-69.

mercredi 21 août 2013

Serions-nous racistes au sein du parti RAG et d'IRA?

Serions-nous racistes au sein du parti RAG et d'IRA?
Serions-nous racistes au sein du parti RAG et d'IRA? Serions-nous, au sein du parti Radical pour une Action Globale (RAG) et de l'Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), racistes ? Serions-nous contre les Maures "blancs" (Bidhane[1])? Est-il vrai que nous dénonçons seulement l'esclavage chez les Bidhane et passons sous silence la même servilité dans les communautés négro-africaines?

Pourquoi réclamons-nous des mesures de ségrégation positive au profit de la communauté des Hratine[2] alors que la pauvreté est prégnante au sein de toute la population? Serions-nous communautaristes, des politiciens comme il s'en trouve partout, qui voudrions faire des Hratine nos fieffés et des Adwabe (villages hratine) nos chasses gardées électoralistes?

C'est certainement ce que laisse penser de nous l'administration de Ould Abdel Aziz en rejetant la demande de légalisation de RAG par son évocation de l'article 6 de la loi sur les partis.

C'est aussi ce que laissent penser l'aristocratie et la féodalité esclavagistes maures (arabo-berbères) qui voient en nous un danger mortel pour l'ordre qu'elles s'échinent à perpétuer et dont elles tirent justification et finalité de leur domination. C'est aussi, et nous le regrettons, ce que semblent penser une frange de l'intelligentsia arabo-berbère qui se laisse intimider par le discours des féodaux obscurantistes hargneux. A tous, nous adressons le présent rappel.

Nous vivons dans un pays où les esclavagistes les plus notoires sont des Bidhane (ethnie arabo-berbère, minoritaire et dominante). Des générations de maîtres, au fil des siècles, s’élevaient, dans la vie, par-dessus la sueur et les cadavres de leurs esclaves, comparables au bétail, ce troupeau de somme dont ils viennent récolter la moisson, chaque saison, chaque jour.

Les maitres, exemptés, tant d’années durant, de tout labeur, détiennent la propriété des terres arables et l’usufruit conséquent ; ils détiennent le privilège exclusif et définitif, en vertu de la loi du plus fort, habilement maquillée en précepte religieux ; eux qui violent des filles à peine pubères, en renient la descendance, exploitent des mineurs à domicile et des familles entières sans contrepartie, se retrouvent sous la protection du droit et ce depuis toujours.

Ce sont des Bidhane qui protègent d'autres Bidhane en usant de leur influence au sein de l'Administration et de l'Etat qu'ils dirigent. Ce sont aussi des Bidhane qui monopolisent – oui le terme reste faible - les leviers de l'économie, de l'Armée et de la presse y compris la majorité des journaux, radios et télévisions, réputés « indépendants ».

Ce sont des Bidhane qui régentent les âmes en Mauritanie et profitent de cet insigne et terrible privilège pour élever, au statut de sacré, des interprétations rétrogrades et anachroniques de notre sainte religion, commises par des jurisconsultes moyenâgeux aux fins de réglementer, par exemple, le commerce des esclaves et la conservation de cette infamie ; ceux-ci, les plus redoutables parmi les maîtres, gardiens de l’orthodoxie religieuse, décident que la vie d'un esclave ne vaut pas celle du fils de son maître, ainsi, coule-t-il de source qu’ils s’opposent à l’égalité des droits, découragent l’exercice démocratique et considèrent comme criminel le mariage mixte et par mésalliance.

C'est dans le milieu Bidhane que l’on use de vocables racistes, tels "Kahlouch" (noiraud au sens péjoratif et méprisant) et "abd" (esclave), pour désigner à la fois un Hartani et un Négro-mauritanien, par référence à la pigmentation de leur peau. Cette forfaiture est si bien ancrée chez les Bidhane qu’elle en constitue le socle culturel, un trait de distinction qui les différencient des autres Arabes et Berbères dans l’espace sahélo-saharien.

Mais loin de nous l'idée de penser que tous les Bidhane sont coupables de ces monstruosités, ni directement et encore moins par hérédité. Nous en voulons pour preuve que nombre de nos militants et alliés descendent de féodalités notoires titulaires de positions sociales dominantes. Aurions-nous accepté de placer une telle confiance en de telles personnes si elles n’étaient la négation incarnée du racisme ? Non, évidemment, non !

Il est vrai que nous nous sommes tous, Hratine, Bidhane et Négro-mauritaniens (membres des ethnie peulh, soninké, ouolof ou bambara)[3] au sein du RAG et d'IRA, donné le mot de ne pas accepter le déterminisme de nos naissances. Nos origines ethniques, de caste, de région ou de naissance n'épuisent pas nos volontés respectives. Nous trouvons réducteur de se laisser définir par la seule épithète bidhani, hartani ou kowri (nègro-africain).

Il y a, dans la formulation de l’identité, nos propres expériences, nos observations, notre vécu, nos lectures, nos rencontres qui forgent une vision des choses et établissent des échelles de valeurs. Les Bidhane, dans nos rangs, sont absolument décomplexés et ne prennent en rien pour eux le discours de dénonciation que nous adressons, avec eux, aux esclavagistes de leur communauté d'origine. Bien au contraire. Et comment aurait-il pu en être autrement?

Pourquoi les progressistes arabo-berbères se laisseraient-ils intimider par ce qui s'apparente à du terrorisme intellectuel pratiqué par les esclavagistes ? L'intelligentsia progressiste et moderniste arabo-berbère n'a rien à voir avec le syndicat du crime de l'esclavage que constituent la conjonction de la féodalité et de l'obscurantisme religieux et les détenteurs du pouvoir au sein de l’Etat.

Nous en sommes sûrs et certains au sein du RAG et d'IRA, mais c'est aux membres de cette intelligentsia, née de et dans la domination de naissance, de le prouver ; au demeurant, la parole courageuse qui dénonce la supériorité de race et promeut l’égalité des droits, doit commencer à sourdre, de nouveau, parmi les Bidhane ; pourtant elle y restait si minoritaire, presque inaudible et souvent caricaturée, ces deux dernières décennies.

Les partis politiques classiques, opérant sur la scène mauritanienne, ont tous, dans leur programme, une ou deux lignes se référant à la lutte contre "les séquelles de l'esclavage" qu'ils dépoussièrent à intervalles plus ou moins réguliers lors de joutes électorales. Les plus progressistes parmi eux inscrivent la lutte contre "les séquelles de l'esclavage" dans un vaste schéma conditionné par l'avènement d'un hypothétique Etat de droit dont les contours et l'échéancier sont régulièrement et indéfiniment discutés, donc différés.

Pour nous au sein du RAG et d'IRA, la méthodologie est toute autre, pour ne pas dire inverse. Nous partons de la question spécifique de la lutte contre l'esclavage pour hâter l'avènement de l'Etat de droit, pas seulement au bénéfice des Hratin mais de tous les cadets sociaux, sans omettre, la réhabilitation des groupes victimes de persécution spécifiques et d’impunité, tels les Négro-africains de Mauritanie, les femme et les membres des castes.

Nous commencerons par abolir, dans les faits et irréversiblement, toute relation de servilité et d’infériorité pour instaurer l'équité entre les gens. Nous accorderons, aux esclaves et anciens esclaves, le droit – naturel- de l'accession à la propriété foncière, grâce à l'instauration d'une réforme agraire volontariste, efficace et planifiée pour rétablir les éternels laissés-pour-compte dans leur dignité ; ainsi, goûteront-ils, enfin au fruit légitime de leur labeur.

Par une telle réforme nous valoriserons le travail et impulserons l'agriculture nationale, dans la perspective d’une écologie exigeante qui allie rentabilité, économie des ressources et reboisement généralisé du pays. Nous instaurerons des mesures de "rattrapage" économique et éducationnel en faveur des zones de plus grande pauvreté qui se trouvent être peuplées majoritairement par les Hratin.

Une telle « correction », si elle est menée en toute efficience, rehausserait le niveau de vie moyen des Mauritaniens, étant entendu que la population concernée représente une bonne moitié des habitants. Une telle ségrégation positive renforcerait l'idée de solidarité nationale, l'une des tâches dévolues à l'Etat de droit au même titre que la sécurité sociale, le recouvrement de l'impôt et tous les mécanismes de redistribution de la richesse nationale.

L'égalité des droits, le rétablissement dans leur dignité des citoyens mauritaniens, la redistribution des richesses, le métissage matrimonial, le respect de la diversité culturelle du pays, sont des thématiques que nous aborderons concrètement, sur le terrain, aux côtés des gens. C'est un combat contre toutes les formes d’exclusion, héritées de notre jeune histoire.

Comment, en effet, lutter pour l'égalité entre Hratin et Bidhane et accepter qu'il y'ait un racisme anti-Noir? Comment concevoir la lutte pour l'émancipation des Hratin et accepter l'institutionnalisation de la marginalisation des femmes? Comment, une fois les Hratin rétablis dans leur dignité, accepter le système de castes où sont confinés les "Maalmine" [4], "Igawen"[5], "Aznaga"[6] et autres groupes injustement méprisés par le modèle de stratification de notre société.

Quant à l'esclavage au sein des communautés négro-africaines, son éradication s’achèvera, à un rythme encore plus soutenu, car il n’en subsiste plus que des expressions résiduelles, déjà condamnées à l’extinction. L’on agit, dans ce domaine, comme dans la fable du berger - bien connue chez les Bidhane - qui entra dans l'enclos et choisit de commencer par faire semblant de traire le plus beau bélier du troupeau; à son voisin qui s'étonnait, il répondit: "je commence par le bélier pour que les brebis sachent que leur tour ne saurait tarder".

Nous sommes, avant tout, des combattants pour l'égalité et la reconquête de la dignité. Nos rangs sont ouverts à toute personne mue par les mêmes objectifs. Nous comptons, parmi nous, des Bidhane, des Hratin et des Kwar. Notre effort est entièrement tendu vers l'éradication effective et définitive de l'esclavage en Mauritanie. Si vous êtes progressistes et épris de justice, si vous souhaitez faire avancer les mentalités et libérer les énergies des Mauritaniens, rejoignez-nous et ne vous laissez pas intimider par ceux qui mènent une bataille perdue d'avance : nos détracteurs.

Touré Balla TOURE
, Secrétaire Général de RAG
Brahim BILAL RAMDHANE, Vice-président d'IRA
Mohamed BABA, Coord. Chargé des sections d'IRA en Europe

Nouakchott le 21 Août 2013

dimanche 18 août 2013

Droit de réponse

KBG a dit depuis son asile psychiatrique  allemand :

Le regain d,interet de Canalh pour la cause des negro-mauritaniens est suspect.Je crois que ce faisant Maata voudrait s,assurer du silence des officines negromauritaniennes.

KBG

Les officines n'existent que dans ta tête, celle qui ne tourne plus rond selon tes propres aveux.

Revenons aux faits:

-Entre jeudi et vendredi, sur eu 84 nominations de fonctionnaires, il n'y a que deux négro-africains dont aucun dans les forces de police.

- 19 banques privés dont aucune n'appartient à un négro-africain.

- Aucune licence de prospection minière n'a été attribué à un négro-africain.

- Sur dix licences de radio et de télévision, aucune n'a était attribué à un négro-africain, pourtant le dossier de kassataya de l'avis de tous était le plus solide et sérieux, pire on a interdit à Abdoulaye diagana de risquer son fric.

- Sur 49 ambassadeurs uniquement 3 sont  dirigées par des négro-africain etc...........idem pour le reste de l'administration.

- La mise en place de l'enrôlement dé-négrification............

Nous sommes  vraiment loin le trait d'union.

Les négro pensent que leur pays se bâtit à leur détriment, pourquoi les palestiniens auraient le droit de le dire et pas eux.

Personnellement, je suis contre ces soi disant officines, que tu cites pour la simple et bonne raison qu'elles ne tirent pas la seule conséquence évidente des faits cités plus haut, à savoir.

" qu'il faut avoir le courage de faire le deuil de faire partie d’un ensemble qui ne veut pas de la construction d’une citoyenneté nationale commune".

Pour moi  séparation de la Mauritanie en deux état s'impose dit le fou.


samedi 10 août 2013

La division de la Mauritanie en deux Etats : Nord et Sud

        
La division de la Mauritanie en deux Etats : Nord et Sud Le titre de ce texte aurait pu s’intituler « la division de la Mauritanie en deux Etats (Nord et Sud) subdivisés en plusieurs autres Etats’’. D’ailleurs, ce titre lui est plus approprié.

En lisant le titre, certains pourraient penser à la Corée – du Nord et du Sud - ou se dire que je m’y crois, d’autres pourraient penser que c’est un lapsus, d’autres encore (ceux qui en rêvent) pourraient ne rien penser de tout cela et, au contraire, s’en réjouir et d’autre aussi (comme moi) pourraient rejeter cette idée, ne pas adhérer à cette philosophie.

Ainsi, il m’arrive d’entendre dire que l’on doit diviser la Mauritanie en Deux Etats : Nord et Sud. La Mauritanie du Nord serait celle Maure. Celle-ci serait frontalière avec les pays maghrébins (nord africain) donc arabes (comme le Maroc et l’Algérie). La Mauritanie du Sud, quant à elle, serait celle négro-mauritanienne ou africaine. Celle-ci serait frontalière avec les pays de l’Afrique de l’Ouest donc de l’Afrique Occidentale Française.

Je disais qu’il m’arrive d’entendre dire que l’on doit diviser la République Islamique de Mauritanie en Deux Etats : Nord et Sud. En entendant cela - surtout pour la première fois - je reste ébahie, étonnée et dépassée. La division de la Mauritanie en Deux Etats : Nord et Sud !!! (?)

J’ai appris dans l’un de mes cours de licence – intitulé projet de développement – que quand on a un projet, il faut toujours faire une analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces).

Celle-ci consiste à étudier, au préalable, le projet et à jauger sa faisabilité. Cela éviterait de se lancer aveuglement et hasardeusement dans un projet qui pourrait ne pas donner de fruits, de bons fruits et conduire à la perte, à l’échec des concernés.

Pour ce projet immature – heureusement qu’il est encore trop immature - de scission nationale, je vous invite à analyser cette situation avec moi. Nous allons nous comporter en ‘‘médium’’ afin de faire notre voyage analytique en imaginant et supposant les faits et conséquences de cette division. Seulement, je tiens à le souligner, dès à présent, ce projet ne contient que des faiblesses et des menaces (chaos national), il ne renferme aucune force encore moins la moindre opportunité.

Fermons les yeux car notre rêve, non !, je dirai plutôt, notre cauchemar commence ici.

Il y a trop d’injustices en Mauritanie et les négro-mauritaniens trouvent qu’il y a une communauté ou une composante communautaire (beydane) qui est privilégiée par rapport au reste, aux autres.

Se sentant ou étant délaissées, opprimées, maltraitées, dépourvues et évincés de leurs droits, les autres composantes marginalisées en ont ‘‘marre’’. Marre de continuer à subir cette injustice.

Pour cesser de vivre cette inégalité, les composantes marginalisées – certaines personnes - se lèvent comme un seul corps et demande d’un coup la division de cette nation entre les deux grandes communautés qui la composent : celle Maure et Négro-mauritanienne.

Division de la Mauritanie : Zeyne hateu. Continuons le cauchemar.

Cette division se ferait-elle au simple coup d’une baguette magique ? Autrement dit, aurait-elle lieu après une simple sollicitation d’une communauté, je dirai plutôt, d’une partie (majoritaire ou minoritaire) d’une communauté ? Se ferait-elle sans conséquences néfastes ? En combien de temps et de parties se verrait-elle diviser ?

Evidemment que non ! Evidemment que cette division, si jamais on y songe, ne s’obtiendrait pas pacifiquement. Il s’obtiendrait dans la catastrophe. Autrement dit, pour avoir deux Etats mauritaniens, il faut qu’il y ait un/des conflit(s), du sang versé, l’insécurité (entrainant une situation incontrôlée), la séparation de nombreuses familles (due au deuil des membres, au métissage, etc.), la multiplication des orphelin(e)s, l’accroissement des veuf(ve)s, la perte de la stabilité sur tous les plans, des troubles physiques et psychologiques (causés par la peur et la violence), les viols (et grossesses indésirées causées par ces viols), etc..

Ce n’est qu’après tous ces malheurs que la Mauritanie pourrait se diviser et même cela, c’est à voir si elle le serait malgré les longues périodes de conflits aussi intenses qu’elles soient.

Prenons, brièvement, l’exemple du Soudan. Un pays, initialement unique, qui a connu des problèmes d’ordre communautaire, notamment religieux opposant ainsi les musulmans aux chrétiens.

En combien de temps – après le début de la guerre – ce pays s’est vu diviser en deux Etats ? Quel a été les conséquences et le bilan de ce souhait de division ? Les conséquences de la guerre au Soudan : ce conflit - demande d’une division nationale - a duré plus de 20 ans avant que le pays ne se voit scinder en deux Etats (Soudan et Soudan du Sud), ses conséquences ont été très néfastes et fatales sur tous les plans car conduisant le pays, d’une manière ou d’une autre, à un chaos national. Pire est que malgré cette division, la paix et la stabilité ne sont que précaires pour ne pas dire qu’elles ne sont pas revenues pas dans ce (ou ces) pays qui vit toujours dans l’instabilité.

Un autre exemple, celui malien. Ce dernier constitue un bel exemple car cet Etat nous est proche. Parti aussi d’un souhait de division nationale, nous connaissons tous les coûts, les conséquences de ce geste au Mali.

Ne se passant pas sur notre terre mais sur une frontalière, on s’est inquiété de notre sécurité, sort car on n’est conscient du fait que la situation malienne pourrait se répercuter sur nous si jamais les frontières ne sont pas bien surveillées et que le problème ne se règle pas.

D’un projet de division nationale d’un pays voisin, nous en avons senti les secousses et que dire si jamais cela passait sur notre propre terre. Revenons à cette dernière, à la Mauritanie. Je disais que la division de cet Etat en deux autres ne pourrait se faire qu’à la suite d’une fatalité nationale. C’est seulement après celle-ci qu’elle se diviserait – si cela aurait lieu bien sûr.

Supposons qu’à la suite de cette catastrophe nationale que le pays se soit divisé en deux Etats comme souhaité : Nord et Sud.

Au Nord, qui présiderait : les Maures Blancs ou les Maures Noirs ? Et au Sud, aussi, qui présiderait : les Peulhs, les Soninkés, les Wolofs ou les ‘‘Bambarras’’ ?

Ayons toujours les yeux fermés car le cauchemar n’est pas encore fini, d’ailleurs, il est loin de l’être ! Au contraire, il ne fait que débuter !

Visitons le nouvel Etat nommé la Mauritanie du Nord, celle des Maures. Est-ce que tout se passerait-il bien (en rose) maintenant qu’une communauté socioculturelle (Maure) possède sa propre nation ?

Je dirai, sans tarder, non ! Il y aurait une multitude de maux pire qu’au moment où les deux communautés partageaient le pays.

Imaginons qu’en Mauritanie du Nord aussi qu’il y ait de la discrimination due à la stratification sociale et au problème de race aussi. Autrement dit, dans ce nouvel Etat, certains pourraient penser qu’il n’y a qu’un seul groupe (de personnes) appartenant à une race qui préside leur pays. Je fais ici allusion aux Maures Blancs et Noirs.

Déjà, nous savons qu’il est, actuellement, de sérieuses tensions entre eux surtout avec l’émergence (incroyable) du mouvement de l’IRA, chapoté par Biram Ould Abeid, qui ne cesse de s’accroitre.

Face à cette situation, les Maures Noirs aussi pourraient se révolter et demander, à leur tour, la division de leur nouvel Etat en deux autre Etats : un appartenant aux Maures Blancs (peut-être nommé Mauritanie (du Nord) des Maures Blancs ou Mauritanie Beydane) et l’autre aux Maures Noirs (peut-nommé Mauritanie (du Sud) des Maures Noirs ou Mauritanie ‘‘Haratine’’).

Dans chacun de ces deux derniers nouveaux Etats (Mauritanie Beydane et ‘‘Haratine’’), il pourrait avoir des problèmes de cohabitation et des tensions entre les différents habitants…

Ainsi, dans la Mauritanie des Maures Blancs ou Beydane, il se pourrait qu’il y ait juste certaines tribus (limitées) qui dirigent ce nouvel Etat. Cela pourrait créer des malentendus surtout que dans cette société, le tribalisme occupe une place prépondérante. Autrement dit, il y a un rapport de force entre les différentes tribus.

A part cela, il y a aussi le classement hiérarchique - au sein de chaque tribu - qui occupe une place importante chez les maures. Alors, il se pourrait que les classes sociales dites ‘‘nobles’’ dirigent ce nouvel Etat. Dans cette situation, les ‘‘roturiers’’ (griots, forgerons, pêcheurs, etc.) ne tarderaient pas aussi à riposter en demandant à ce que leur pays, la Mauritanie du Nord Beydane déjà subdivisée en tribus soit encore départie en fonction des classes sociales.

Cette fois ci, en combien d’Etats faudrait-il diviser cette Mauritanie du Nord Beydane déjà subdivisée ? Et comment faudrait-il les nommer ?

Après la division de cet Etat en plusieurs tribus et classes sociales, les Etats qui en découleraient pourraient se nommer, peut-être, de la sorte : la Mauritanie Beydane ‘‘Noble’’, la Mauritanie Beydane ‘‘Griote’’, la Mauritanie Beydane ‘‘Forgeronne’’, etc. ou mettre le nom de chaque tribu suivi par la classe sociale (par exemple : Mauritanie Beydane Oulad Sébaa ‘‘Noble’’, etc.).

Dans la Mauritanie des Maures noirs, il pourrait avoir des problèmes entre les ‘‘affranchis’’ - qui pourraient se croire supérieurs et diriger cet Etat - et les ‘‘esclaves’’. Alors, il pourrait avoir des injustices et des revendications de division. Situation oblige, cet Eta se diviserait en deux autres Etats : Mauritanie des Maures Noirs ‘‘Affranchis’’ et Mauritanie des Maures Noires ‘‘Esclaves’’.

Maintenant, c’est le tour de visiter la Mauritanie du Sud.

Une fois que cette communauté aurait son propre pays, je suppose qu’elle reconnaitrait officiellement l’ethnie Bambarra comme quatrième ethnie et langue nationale négro-mauritanienne si jamais cela n’a pas été fait dans la Mauritanie (mère, unie dans l’histoire).

Après la réalisation du rêve de certains négro-mauritaniens, celui d’avoir leur propre Etat, demandons-nous qui le dirigerait : un Peulh, un Soninké, un Wolof ou un Bambarra ? Comment les autres ethnies réagiraient si jamais le leader n’est pas un de leur ?

Ainsi, tout comme la Mauritanie du Nord, je doute fort qu’il y ait une (parfaite) entende dans la Mauritanie du Sud car il existe, actuellement, des problèmes et des tensions entre les différentes ethnies négro-mauritaniennes. Je m’explique, m’argumente en racontant une anecdote (à laquelle j’ai assisté et) qui m’a interpelé, beaucoup interpelé même.

A kaédi, j’ai assisté à une bagarre entre deux filles négro-mauritaniennes : une peulhe et une soninkée. Cette bagarre a pris une ampleur (extraordinaire) car l’une des parties a porté plainte. Durant cette situation, les gens étaient beaucoup plus subjectifs qu’objectifs, je dirai même que l’objectivisme n’y avait pas du tout sa place.

Les stéréotypes sociaux, les préjugés ethniques et les injures incessants étaient au rendez-vous durant cette période. C’était un moment ‘‘chaud’’ où la prise de partie – que l’on ait tord ou pas – avait atteint le summum.

Cet événement a permis à toute personne qui observe la société de façon objective de mesurer et de limiter les relations qui existent entre ces deux ethnies qui sont pourtant proches, en tout cas, les deux ethnies les plus proches du pays.

Ceci est un exemple - parmi tant d’autres - qui prouve les failles relationnelles existantes entre ces ethnies.

Concernant l’ethnie Wolof, il faut le noter, elle est la plus ‘‘mésestimée’ dans communauté négro-mauritanienne. Ainsi, les stéréotypes sociaux véhiculés pour nommer ou parler de cette ethnie ou des Wolofs le prouvent suffisamment.

Alors, compte tenu des problèmes interethniques de cette communauté, revenons à la question : qui dirigerait cet Etat nouveau ?

Restant dans l’esprit de ce qui est développé, je dirai qu’il aurait des problèmes de leadership entre les différentes ethnies. En plus de cela, il se pourrait que l’ethnie dirigeante privilégie les siens en créant une répartition inégale et une injustice.

Ce faisant, comme la Mauritanie du Nord, situation oblige, il faut, désormais, départager la Mauritanie du Sud entre les quatre groupes ethniques négro-mauritanienne qui la composerait. Cela donnerait la Mauritanie du Sud Peulhe, la Mauritanie du Sud Soninké, la Mauritanie du Sud Wolof et la Mauritanie du Sud Bambarra.

Et au sein de chaque nouvelle Mauritanie, il pourrait avoir des problèmes dus à la région d’appartenance et à la stratification sociale. Par exemple en Mauritanie du Sud Soninké qui dirigerait ? Un Soninké de Kaédi ou un du Guidimakha (surtout que nous savons qu’il y a une/des différence (s) entre les deux) ?

Aussi dans ces différentes Mauritanies du Sud, il se pourrait que les ‘‘nobles’’ dirigent ces pays et les autres, ‘‘roturiers’’, se sentiraient délaisser… Il se pourrait aussi que ce soit le contraire : les ‘‘roturiers’’ dirigent ces pays et les ‘‘nobles’’ pourraient désapprécier ce fait et se révolter afin d’inverser la donne.

Pour ce point, je mets en exergue une autre petite anecdote argumentative. Il parait qu’à Kaédi, des jeunes voulaient créer une association. Le problème qui s’est posé est que chacun voulait qu’un membre de sa classe sociale en soit le leader. Les ‘‘nobles’’ se sont catégoriquement opposés à ce qu’un ‘‘esclave’’ soit à sa tête.

Absence de consensus, la triste décision finale prise est la séparation, la division du groupe en fonction des classes sociales. C’est vraiment grave ! Vraiment lamentable !

D’autres exemples peuvent être donnés aussi mais je me limite à celui ci.

Si au sein d’une association, on ne parvient pas à s’entendre, cela pourrait-il être possible au niveau national, au sein d’un Etat ? Non, j’en doute fort, très fort !

Compte tenu de ces tensions hiérarchiques, on pourrait solliciter la (sub)division de chacun des quatre Etats de la Mauritanie du Sud en fonction des appartenances sociales et des régions.

Dans ce contexte, on aurait trop de pays en Mauritanie du Sud. En Mauritanie du Sud Peulhe, on aurait, entre autres : la Mauritanie du Sud Peulhe ‘‘Noble’’, la Mauritanie du Sud Peulh ‘‘Forgeron’’. En Mauritanie du Sud Soninké, on aurait, entre autres : la Mauritanie du Sud Soninké ‘‘Griot’’, la Mauritanie du Sud Soninké ‘‘Esclave’’. Cela serait pareil pour les autres Mauritanies : Wolof et Bambarra.

Ce qu’il faut retenir ce que toutes ces divisions et subdivisions ne se feraient jamais de façon pacifique. Il faudrait qu’il y ait des conflits (massacres), une catastrophe nationale afin et avant d’y parvenir.

Nous pouvons sursauter en ouvrant les yeux car notre cauchemar s’interrompt ici. Ainsi en faisant l’analyse FFOM de ce/ces projet(s) de division, le constat fait est que cette division initiale conduirait à la mort de la Mauritanie de façon générale. Une autre question essentielle qui immergerait davantage ce pays dans cette situation chaotique : comment, en combien de parties les matières premières seraient-elles départagées entre ces nombreux Etats ?

Au terme de ce texte, ce que j’ai voulu mettre en lumière, c’est l’aspect raciste de tous les mauritaniens. Oui, les mauritaniens sont, consciemment ou inconsciemment, racistes. Ce racisme se situe au niveau intercommunautaire, interraciale, interethnique, interlinguistique, etc.

Cela parce que chez les mauritaniens, le subjectivisme, le communautariste, l’ethnicité, l’ethnocentrisme, l’égoïsme… sont toujours présents voire prennent le dessus. Et, inconsciemment, les enfants sont éduqués sur ces valeurs et, sont recroquevillés sur elles tout en se dépossédant de certaines valeurs vitales telles que l’ouverture, l’acceptation de l’autre, son amour…

Tout cet article juste pour dire que je suis contre la division (initiale) de la Mauritanie Mère en deux Etas : Sud et Nord. Une fois que cette division aurait lieu, elle engendrerait d’autres divisions et nos problèmes et difficultés actuels ne feraient que se multiplier, s’accroitre. Aussi, ne perdons pas de vue que chaque projet de division serait fatal, très fatal trop fatal.

L’intérêt national est de nous entendre, de mettre fin à la discrimination (quelque soit sa nature), d’être objectif, d’être juste et équitable, de répartir les biens de façon logique et équilibrée, etc.

En tant que citoyenne mauritanienne, j’ai mon avis à donner, mon mot à dire, mon opinion à mettre en exergue et cela qu’elle soit prise en compte ou pas. Ainsi on comprend pourquoi le titre aurait pu ou dû être « la division de la Mauritanie en Deux Etats (Nord et Sud) subdivisés en plusieurs autres Etats ».

Baye Tidiane Diagana
diaganabayby1@hotmail.com

samedi 3 août 2013

Exécutions, déportations et répressions au Guidimakha (sud de la Mauritanie) de 1989 /1990 : Peut-on les oublier nos victimes ?


Exécutions, déportations et répressions au Guidimakha (sud de la Mauritanie) de 1989 /1990 : Peut-on les oublier nos  victimes ? Au cours de nos recherches de mémoire de maitrise (1997 ) intitulé (Les Peulh du Guidimakha,réparation et organisation sociale),nous avons  enquêté sur les noms des personnes victimes (mortes,rescapées et déportées) lors des événements de 19 89 /90 dans la wilaya du Guidimakha.

Nous mettons à la disposition des lecteurs et tous ceuxquise sentent intéressés par cette question, qui un jour sera utile pour mettre de  la lumière sur des cas qu’a connu cette région .Voire même pour contrebuter à la résolution du dossier  du passif humanitaire, qui pour nous est loin être réglé.

Dans un premier temps, nous avons établi la liste des personnes civiles mortes suite aux tortures soit de l'armée soit de certains éléments de la garde nationale, de la police, et même d’une milice organisée par le gouverneur du Guidimakha à l'époque. Nous  devons certaines informations aux rescapés qui sont encore en vie malgré les humiliations subies pendant cette période lourde de séquelles et de conséquences.

Dans un second temps, nous avons établi la liste de ces derniers et en fin celle des familles, personnes expatriées de la ville de Sélibaby et en fin la liste des villages déguerpis au cours de même période de tragédie dans notre histoire. Cependant nous tenons à préciser que d'autres cas existent dans cette wilaya.

A. /les exécutions

Dans la commune de Gouraye, plus précisément dans la localité de Boroudji, pendant la tabaski de 1989 sont arrêtés et tués par des militaires basés à Diaguilly les nommés :

1/ Killé Samba Ba
2/ Samba Diouldé touré
3/ Samba Yero Barry

Ces trois personnes sont enterrées dans une fosse commune entre Diaguilly et Moullisimo dans la même commune. Nous avons recueilli ces informations auprès d’Alassane kalidou Saoqui réside à Boroudji (rescapé de cette arrestation) et N'Dama Demba Sao qui était berger à Diaguilly, grâce à qui a d'ailleurs la fosse a été retrouvée. Toutes les 4 (les 3 tués et le rescapé) étaient allés vendre leurs bœufs pour les préparatifs de la tabaski.

A Moudji,dans la même commune ,le dimanche12 Ramadan1990 sont arrêtés et tués par un groupe d’hommes composé d’ éléments de la garde nationale, de la gendarmerie ,de la police et même des civils qui avaient comme prétexte la vérification des pièces d'identité.Il s’agit de

1/ Abdoulaye Galo Ba
2/ silly loumé
3/ Baillo M'bourel Ba
4/ Deya Sankoulé
5/ Boubou Mamadou Diallo
6/ Demba Sall de wendou Goubé
7/ Saidou Moussa Sow de Moudji
8/ Samba Barry

nous devons cette information à Diallo Mamoudou Sinthiou (rescapé). Dans cette même commune toujours, le vendredi 1ér jour de la fête de Korité ( 1990) sont arrêtés pour ne plus être revus à feytas les nommés :

1/ Souleymane N'donguel Sow
2/ Souleymane Gory Sow (élève coranique)
3/ Boulo Sow

Nous devons cette information à Abou Hamady Sow (rescapé).

Jeudi, 24 Ramadan19 90 dans la commune de Sélibaby,dans la localité de woyndouyol (campement situé à 3 km de sélibaby>) sont tués:

1/ Harouna Ousmane Diallo
2/ Adama Oumar Diallo
3/ Galo Dieye Ba
4/ Yéro Hawa Dia
5/ Séyel M'Baye Ba
6/ Koudel Diallo
7/ Adama Bocar Ba

Ces 7 personnes sont enterrées dans une fosse commune près de Tomiyatt dans la commune de Souvi.

Sont rescapés:

- Harouna Omar diallo
- Yéro Samba yéro sow
- yéro M'Beri sy
- Doulo Dialo
- Moussa Douré

Ces informations nous ont été données par les rescapés.

Le 27 du mois de ramadan 19 90, ce fut le tour de Amadou Dadiouguel Diallo et de Moussa Ciré, Demba Mody Ba de disparaître

Le 28 du même mois Samba Kolo Ba(un mineur) est tué par prés de >Hamdallahi de la commune de >Hassi Cheggar.

Le 1ér jour de la fête de korité de la même année, Bala Sow est tué lui aussi à Bafou à quelques kilomètres de la ville de Sélibaby, ses vaches sont retrouvées 3jours après dans une clôture à soufi, chef lieu de la commune.

Dans la commune de wompou, meurent suite aux tortures des militaires : Mamadou Demba M'Baye et Samba Habi Ba de Diarrebé. La responsabilité de ces exactions est attribuée à ceux qui commandaient l'unité de l'armée basée à Tagou Talla avaient réclamé 20 beoufs pour les libérer. Le commandement de l’unité basée à Lougueré Poli Bodhedji est cité parmi les auteurs des ces crimes. Ces informations sont de Demba M'Baye, père des deux victimes, qui d'ailleurs a été emprisonné à >Nouakchott en même temps que Demba Rédou Deh et Samba Guessel Deh,Yaya Bocar sall (militaire) et Mamadou Gambi.

C’est par écrit n;535 PAG/CSJ du 7/6/90 et celui du 492/PAG:CSJ/ du 01/8/91 de l'avocat Général auprès de la cour spéciale de justice au ministère du Développement Rural que Demba M'Baye a été libéré. Pendant cette période, plusieurs personnes arrêtées au commissariat de police de Sélibaby la brigade de la gendarmerie, au camp de la 10ème région ont été déclarées mortes. Parmi elles, on peut citer : Yaya Tall, Dia Abdoul Modi Demba Diogoré Sow Abdoulaye Demba Rédou, Ifra Mamadou Samba Deh Samba Tibillé, Issa Mamadou Ifra Ba, Samba Modiel Ba et N'Gadiary leelé.

Dans la commune de khabou également étaient tués : Moussa Boubou de Touroula, Sadio, M’Baré tué entre Coumba Ndao et Touroula, YeroAlioun Sow tué et attaché derrière une voiture à khabou et Mamadou Coumba Sow, bucheron parti à ma recherche de bois.

A cette liste s'ajoute Hamadi Kibbo Diallo, tué à Goudiawol par un certain Brahim Salaye de la tribu d’oulad Béri accompagné de Zouber pendant que Saidou Abdoulaye Dia a été tué à windé Gniby dans la commune d’Arr.

Samba Racine Ba, un malade mental disparu a été retrouvé mort au cours de cette période aussi.

Hamady Sambel sow , Hamady Saidou sow, Ifra Bailo kanté qui étaient allés présenter leurs condoléances à Doumolly suite à la tuerie de Sambayel Niaka sow par Toumony et Med ould khay ont été déclarés morts. Les assassins de Sambayel Niaka ont été arrêtés grâce à Bamba ould Ely Maouloud, chef de tribu Tajounit.

En octobre 89, Ba Hadiya, directeur de l'école de Kalinioro de la commune de Boully a été tué à bout portant par un garde alors qu'il était venu s'enquérir des nouvelles de son neveu qui était à la recherche de ses vaches et arrêté par l'unité du garde assassin.

Dans le même village Djiby Samba, berger de profession a été assassiné à coups de bâtons par des hommes de la tribu de Hel mbarek alors qu'il rentrait de voyage du Mali.

Dans la localité de Mouta alla, 27 personnes ont été ramassées dans leur village et embarquées par une patouille militaire pour une destination inconnue. Selon Galo Penda Diam So ya de Seye Sidi (moughataa de Mbout) une femme et sa fille faisant partie de ce groupe de disparus ont été vues par lui même à Oualata et qu'il était prêt à témoigner à quelque niveau que cela soit. La commission interministérielle qui était chargée du dossier des refugiés, lors de sa visite à Sélibaby a été saisie pour cas. Mais en vain.

A Nébiya (commune de ould yengé),Adama N'Diaye et sa famille dont une femme qui venait d'accoucher ont été embarqués pour ne plus être revu et ses animaux emportés ,une seule vache a pu s'échapper pour venir se réfugier dans la localité de Boujoubayé. A cette liste s'ajoute Samba Modiel Ba de Dioubayé.

B/Rescapés des Tueries et Tortures

1/ Alassane kalidou sao de Borouji
2/ Demba Rédou Deh de sounatou
3/ Samba Guessel Deh de sonatou
3/ Yaya Bocar Sall de Sélibaby
Demba M'baye de Diarébé
4/ Samba galo Ba de sélibaby
5/ Sadio Alel Diallo de sélibaby
5/ Abou Hamady sow de sélibaby
6/ Mamoudou Sinthiou D iallo de kitan
7/ Yero Samba yero de woydouyol
8/ yéro M bery sy de woydouyol
9/ Moussa Douré de woydouyol
10/ DouréDIalo de woydouyol
11/ IssaSamba Ba de woydouyol
12/ Alassane Samba yero Deh
13/ Samba Galayel BA
14/ Samba Dopperé Ba
15/ Niaka Birass Dia
16/ Kane Amadou Demba
17/ Kibo Diallo
18/ Alasane Adel sow
19/ Moudou yero Nialé sow
20/ Demba Doudou Dialla
21/ Demba Hamady Deh
22/ Abou Galoyel Ba

Les 11, derniers ont été arrêtés dans le mois de septembre 89 dans un petit campement situé à l'est de Daffort lors que des vaches enlevées aux peulh dans le département de sélibaby et confiées à des maures de Doubaly par Tourad, juge d'instruction à sélibaby ont été razziées.

Après 4 jours de Tortures à Awoitawal, ils ont été envoyés à la brigade de gendarmerie de ould yengé pour 11 jours avant d'être envoyer à Sélibaby où ils sont restés pendant 9 mois et 13 jours en prison. Notons au passage que pendant leur séjour en prison, ils ont été obligés de signer le remboursement de ces vaches à hauteur de 6 vaches par individu soit au total 66 vaches pour être libérer.

C//les familles déportées de sélibaby et villages déguerpis:

- Famille de Sy Hamodine instituteur
- Famille de Hada Diallo, employé à la direction régionale de l'enseignement fondamental du Guidimakha
- Famille de Dia Adama Karou,instituteur
- Famille de Ba Mamadou Boye
- Famille de sow AMADOU,prof
- Famille de Boubou Guenguel
- Famille de Séga soumaré
- Famille d’ifra soumaré
- Famille de Belle soumaré
- Famille de Diallo Harouna tero
- Famille de Bambado camara
- Famille de Demba samba woury
- Famille de Y aya tall
- Famille de Bocar Hamady sall
- Famille de Sow Demba Malal
- Famille de yero Datt
- Famille de Mamadou TALL
- Famille de Malik Diagne Ba
- Famille de Sadio woury
- Famille d’Ismaila Sall

Et quelques personnes dont :

- Ba El Housseinou Bocar
- Hamady Maro sarré
- Belal AW, prof
- Diallo Kalidou yero Salam
- Ndim Mamadou.

Quant aux villages et /ou campements qui déguerpis on note:

Dans le département d’ould yengé:
- Gourel seydi Tabara - Mouta alla - Takadé Thierno Samba - Ould jiddou guanguébé et ould Jiddou foulabé - Goupou mbondi louboyré(revenu en 93)

Dans de Sélibaby on note aussi:

- loobiya
- kajel pobbi
- bafou
- talabé
- Gourel adama
- Sounatou

Pour finir, nous avons fait ce travail pour que l’opinion nationale et internationale sache que règlement du passif humanitaire est autre chose qu’une simple prière ou indemnisation de certains victimes. Les douloureux événements de 1989 et 91 qui ont secoué notre pays et menacé notre cohésion sociale peuvent pas être oubliés que quand il y a reconnaissance des torts et autres concernés que ceux indemnisés par l’auto proclamé président des pauvres alors qu’il les ignore. Nous espérons toute fois que justice sera rendue un jour à l’ayant droit et que l'impunité cessera dans ce pays pour consolider notre unité nationale.

Nous nous engageons à mettre à la disposition de tous ceux intéressés par ces cas la liste des tortionnaires et/ou de personnes ayant contribué à cela.

Signé Amadou Bocar Ba

vendredi 2 août 2013

Après mon article sur le don d’un milliard de Bouamatou : l’Agence de l’Enseignement Français à l’Etranger ajourne la bourse de mon fils à Abidjan…


Peut-on constater qu’il s’agit là de pratiques mafieuses ? En citant la somme de 2,680 millions d’euros offert par Bouamatou pour l’extension du lycée français à Nouakchott, j’ai mis comme source un lien vers l’Agence de l’Enseignement Français à l’Etranger car la France étant une république démocratique et transparente, autant que faire se peut, ce genre de choses laisse des traces publiques car ce n’est pas un secret d’état.  Beaucoup n’ont pas compris l’enjeu et on s’étonne qu’à Paris personne ne s’est offusqué ni scandalisé de voir un lycée français être financé pour moitié par un homme d’affaire milliardaire sulfureux parfaitement redoutable ayant des réseaux politiques et économiques puissants capables de faire changer la politique étrangère d’un Sarkozy à l’époque à savoir valider et même adouber un général ayant fait un coup d’état contre un président démocratiquement élu après l’avoir condamné clairement la veille car pour une fois, disent certains, la France n’a pas vu arriver le coup.

Qui ignore, vu que l’intéressé et ses partisans le crient partout depuis que le général, ami d’hier, s’est retourné contre son banquier, que monsieur Bouamatou a non seulement financé la campagne présidentielle de Mohamed Ould Abdel Aziz mais surtout qu’il a mis à profit son réseau françafricain via le fameux Bourgi et autres pour permettre à ce général sans contact sérieux à Paris de se faire accepter via Guéant par la métropole ? Faut-il, pour rappeler combien monsieur Bouamatou est redoutable, rappeler l’épisode de son ancien DGA à la sa banque la BGM qui a été exfiltré par la France via l’ambassade où il est allé se réfugier craignant pour sa vie quand il a eu affaire à monsieur Bouamatou ?

Monsieur Hamza qui sait certainement de quoi il parle, président bien-aimé de la C.U.N accablé par l’IGE,  a dit dans un article de Jeune-Afrique que monsieur Bouamatou finance tous les partis politiques en Mauritanie et ce, avant d’avoir pris fait et causes pour Aziz.


Quand Boumatou a financé Aziz et mis sur le trône, l’a-t-il fait gratuitement comme son don d’un milliard ou voulait-il ensuite avoir un retour fabuleux d’ascenseur en plaçant ses hommes autour du président jusqu’à la Banque Centrale ? Ne rêvait-il pas de faire avec Aziz ce que les empires AON et autres MAOA ont fait avec l’ancien tyran Taya qui a enrichi son entourage sans limites sans penser à lui dit-on ? Que dire des rapports de Bouamatou avec nos journalistes qui vivent dans des situations terribles sauf les patrons de presse qui ont un train de vie de pachas ? Rappelons tout simplement que lorsque la guerre entre Bouamatou et Aziz fut déclarée, pas un journaliste ayant pignon sur rue n’a défendu Aziz, tous ont chanté pour Bouamatou même Oumeir, le remora du pouvoir, à telle enseigne qu’on l’a fait remarquer.


Aussi, dans un pays où le système éducatif est ruiné, dans un pays où tous ce qui le peuvent, essayent d’inscrire leurs enfants dans le lycée français de Nouakchott Théodore Monod qui ne peut pas vivre sans l’affût financier des mauritaniens, peut-on ou pas s’inquiéter de savoir qu’un Bouamatou puisse financer pour moitié une extension du lycée ? Que pourra-t-on refuser à Bouamatou ? Les enfants de ceux qui s’opposent à sa politique ont-ils quelque chose  à craindre ? Quant aux enfants de ceux qui sont proches de ses intérêts ont-ils quelque chose à espérer ? En tant que mauritanien ami de la France et soucieux des intérêts de tous les mauritaniens, je me dois de dénoncer ce genre de don qui, la nature humaine faisant, peut permettre à un homme d’affaire très politisé sous des régimes autoritaires de faire pression contre ses adversaires jusqu’aux intérêts de leurs enfants. C’est d’ailleurs pour les mêmes raisons que le don de 50 millions d’euros pour les banlieues parisiennes venant du Qatar a fait un tollé à Paris jusqu’à l’annulation du don car le Qatar s’est vu rétorquer «  que les banlieues ne sont pas à vendre »

D’ailleurs je n’ai rien contre monsieur Bouamatou dont je connais personnellement certains de ses enfants à telle enseigne que j’ai défendu sans le connaître le président de son groupe BSA monsieur Debagh  lorsqu’il a été emprisonné suite la guerre entre Bouamtou et Aziz via la Banque de l’homme d’affaire et la Banque Centrale de Mauritanie et autres affaires d’impôts et de responsabilités dans l’affaire de la ruine de la compagnie Mauritania Airways dans laquelle Bouamatou avait de sérieux intérêts à tel point qu’il fut accusé à l’époque d’avoir aidé à la déconfiture totale d’Air Mauritanie afin d’installer sa compagnie.


Cependant, n’ai-je pas raison de faire un lien de cause à effet quand subitement après l’article au sujet du don d’un milliard citant comme source l’Agence de l’Enseignement Français à l’Etranger, je reçois indirectement une lettre portant en-tête du  Consulat d’Abidjan  et signé « pour la directrice de l'angence de l’Enseignement Français à l’Etranger, le président de la commission locale des bourses A.S » m’annonçant l’ajournement de la bourse pour mon fils 5 ans franco-mauritanien pour justificatifs insuffisants produits pour établir la situation financière du père qui n’a pas changée depuis que le garçon est boursier ?


Peut-on imaginer un instant qu’un article sur cette affaire du milliard pouvant entraîner un trafic d’influence et une mainmise par un homme d’affaire mauritanien politisé à l’excès sur un lycée de la république française, peut-on imaginer que cet article citant comme source un lien vers une page de l’Agence de l’Enseignement Français à l’étranger, peut-on imaginer que cet article ayant été lu quasiment partout en Mauritanie sauf sur Cridem.org  et publié même sur un site de journalisme citoyen à grande échelle français agoravox.fr, peut-on imaginer que ni Bouamatou ni l’Agence de l’Enseignement Français à l’Etranger n’ait été informé de la chose ?


Hélas, tout semble prouver que nos craintes sont justifiées bien au-delà de ce qu’on pouvait imaginer car voilà qu’à défaut de m’atteindre moi et on attaque la scolarité d’un enfant de 5 ans franco-mauritanien car son père est machallah un prolifique journaliste-blogueur indépendant et donc fatalement sans le sou même si mille personnes sont venues me demander de rejoindre leur camp financement à l’appui, ce qu’il m’a bien fallu refuser par honnêteté maladive et fidélité hystérique à des convictions ridicules dans le tiers-monde surtout sur nos terres.

Ce genre de pratique ressemble à des pratiques mafieuses.

Je prends l’opinion publique à témoin et j’invite l’antenne de l’Agence de l’Enseignement Français à l’Etranger à Abidjan, si bien informée, à se renseigner en envoyant un mail au consulat français à Nouakchott, ils sauront ce qu’il en est car ils me connaissent bien pour m’avoir délivré un visa d’un an justement car mon fils est franco-mauritanien et que je suis un journaliste-bloggeur libre, indépendant et donc fatalement pauvre.

L’enseignement est gratuit en France et s’il est payant pour les enfants des français à l’étranger c’est surtout car les expatriés touchent 3 ou 4 fois le salaire qu’ils auraient en France. Est-ce une raison de prendre en otage les métis de la république car leurs parents ne sont pas des expatriés ?

Pendant que nous y sommes, vu que parmi plus d’un millier d’articles sur mille sujets touchant à tous les aspects de la vie politique économique et sociale de mon pays, j’ai écrit encore un article, le seul sur le sujet, sur l’affaire de l’alcool à l’ambassade de France, nous verrons si après avoir coupé la bourse à mon fils va-t-on aussi me priver de visa ?


La belle affaire ! Je suis curieux de voir ça ! Les USA dont j’ai attaqué la dérive de leur politique étrangère sans rien passer à leur allié Israël, ont reconnu mon honnêteté intellectuelle et m’ont invité chez eux, la France avec laquelle je partage des liens de sang, de culture me fera-t-elle ça ?

Qu'elle fasse comme elle l’entend, je n'en resterais pas moins Franc avec ce « c » avec lequel autrement je serais français et sans lequel je reste assez franc pour censé l’être assez comme c'est écrit en français...